Fidel
Castro abandonne le pouvoir à Cuba
À 81 ans, le Lider Maximo éloigné du pouvoir
par la maladie
depuis un an et demi a annoncé mardi 19 février qu'il renonçait à la
présidence

Fidel Castro,
à Pedernales, à Cuba, en juillet 2006 (photo
Galeano/AP).
Une longue page de l’histoire contemporaine de Cuba s’est tournée mardi
19
février à La Havane. « Je n’aspirerai ni n’accepterai – je répète – je
n’aspirerai ni n’accepterai la charge de président du Conseil d’État et
de
commandant en chef », a écrit mardi le président cubain Fidel Castro
dans un «
message à ses compatriotes » publié dans l’édition électronique du
quotidien
Granma, organe officiel du régime communiste.
Éloigné du pouvoir par la maladie depuis le 31 juillet 2006, le chef de
la
révolution cubaine de 1959 a annoncé mardi qu’il abandonnait le
pouvoir,
mettant ainsi un terme, à l’âge de 81 ans, à près d’un demi-siècle de
pouvoir
sans partage. Certaines rumeurs bruissaient ces derniers jours à La
Havane sur
une « annonce de grande importance » du vieux leader à quelques jours
de la
convocation, dimanche, du Parlement pour désigner les plus hautes
instances
exécutives du régime.
Fidel Castro passe la main. Il admet n’avoir pu surmonter les séquelles
d’une
grave hémorragie intestinale qui l’a conduit à céder les rênes du
pouvoir à son
frère Raul Castro. « Ma première obligation après tant d’années de
lutte était
de préparer le peuple à mon absence, psychologiquement et
politiquement. Jamais
je n’ai cessé de signaler qu’il s’agissait d’un rétablissement qui
n’était pas
exempt de risques », a expliqué Fidel Castro dans le message signé de
sa main.
Premières
réactions pleines d’espérance
En visite en
Afrique, le président américain
George W. Bush a été parmi les premiers chefs d’État à réagir, disant
espérer
que le retrait de Castro aboutisse « à une transition démocratique » à
Cuba.
Même message de la part du gouvernement espagnol, engagé depuis des
années sur
la voie du dialogue critique avec La Havane.
À Paris, le secrétaire d’État aux affaires européennes, Jean-Pierre
Jouyet, a
souhaité quant à lui qu’une « voie nouvelle » s’ouvre à Cuba : « Le
castrisme a
été un symbole de totalitarisme. On ne peut que souhaiter qu’il y ait
après ce
retrait une voie nouvelle qui s’ouvre et qu’il y ait plus de démocratie
dans ce
pays. »
Ces premières réactions pleines d’espérance sur le destin du régime ne
doivent
pas occulter les véritables ressorts du système politique cubain, la
situation
des droits de l’homme et une économie catastrophique. Figure majeure de
la
seconde moitié du XXe siècle, Fidel Castro quitte le pouvoir en
laissant
derrière lui une vie quotidienne difficile pour les 11 millions de
Cubains.
Marché noir et
économie parallèle
Sous perfusion
économique soviétique jusqu’à
la chute de l’URSS en 1991, Cuba bénéficie aujourd’hui d’une aide
pétrolière de
son allié vénézuélien Hugo Chavez et de deux millions de touristes
chaque
année. Les vitrines des magasins sont un peu moins vides que par le
passé mais
la vie des Cubains reste un combat permanent.
Le pouvoir d’achat d’un enseignant (qui faisait autrefois la gloire du
régime
castriste) s’élève péniblement à la hauteur de celui d’un chauffeur de
taxi :
entre 360 et 480 pesos par mois (11 à 14 €). Les médecins gagnent un
peu plus
de 18 €. Dans ce contexte, c’est le système D qui fonctionne, le marché
noir et
l’économie parallèle.
Le serveur vend son alcool et non celui du restaurant. Le paysan qui
est censé
vendre toute sa production (à très bas prix) au gouvernement en garde
une
partie et la vend aux particuliers. D’autres téléchargent des films sur
Internet et ouvrent, avec la plus grande prudence, des vidéoclubs
clandestins…
Le régime le sait mais ne peut que tolérer ces dérives s’il veut
préserver une
certaine paix sociale.
Le système de contrôle de la population par la police politique reste
redoutable d’efficacité. Selon la Commission cubaine pour les droits de
l’homme
et la réconciliation nationale (CCDHRN), dirigée par le célèbre
dissident
Elizardo Sanchez, il y a au moins 234 détenus politiques dans les
prisons
cubaines aujourd’hui, chiffre qui a peu baissé par rapport aux 246
enregistrés
l’année passée lorsque Fidel Castro est tombé malade.
Tout se jouera
dimanche 24 février
Les quatre
prisonniers politiques (arrêtés
durant la vague de répression dite du « printemps noir » en 2003 et
condamnés à
des peines allant jusqu’à vingt-six ans de prison) libérés dimanche et
qui sont
arrivés à Madrid ne doivent pas faire illusion.
Les opposants cubains en exil étaient partagés mardi entre espoir et
prudence
après l’annonce du retrait de Fidel Castro. « C’est une bonne nouvelle,
les
événements se précipitent à Cuba et le régime est terminé, s’est réjoui
Enrique
Gutierrez, responsable des organisations d’opposants cubains en
Espagne. Il y a
deux possibilités, ou bien le changement se produit par le haut avec
Raul
Castro ou bien il se précipitera de l’intérieur de la société cubaine,
qui va
faire pression sur le régime. »
Le rédacteur en chef du portail Internet Cubaencuentro,
Luis Manuel
Garcia, plus prudent, estime que ce retrait « ne veut pas dire que
Fidel
abandonne le pouvoir. Son frère Raul devra se libérer de la présence
tutélaire
de son frère. » Pour le vice-président de l’Union libérale cubaine
(UCL),
Antonio Guedes, « il n’y aura pas de changement à court terme à Cuba ».
Tout se jouera dimanche 24 février lorsque le successeur de Fidel
Castro à la
tête de l’État sera désigné par les 614 députés de l’Assemblée
nationale. Âgé
de 76 ans, Raul Castro, le cadet de Fidel, fait figure de favori.
Numéro deux
du régime, ministre de la défense depuis 1959, il a assuré l’intérim de
son
frère depuis juillet 2006.
La Chine
inspire l’héritier de Fidel Castro
Seul dans la
génération montante, Carlos
Lage, médecin de formation âgé de 57 ans, l’un des cinq vice-présidents
du
Conseil d’État, fait figure d’outsider dans le cas où la direction
cubaine
déciderait de donner un « coup de jeune » au leadership cubain. Mais ce
rajeunissement pourrait être jugé un peu prématuré par les caciques du
pouvoir.
Depuis le début de son intérim il y a dix-neuf mois, Raul est parvenu à
modifier son image de militaire endurci au profit de celle d’un
réformateur
prudent. Il dirige depuis un demi-siècle d’une main de fer l’armée
cubaine mais
s’est montré partisan d’un changement pragmatique ces derniers mois.
Pour autant, personne ne s’attend à un bouleversement de régime
maintenant que
Fidel Castro s’éloigne de la scène politique. Raul Castro a déjà
prévenu en
décembre dernier : « Rien de spectaculaire ne se fera et les
changements iront
petit à petit » car il faut que les Cubains « forgent un consensus ».
Il a
toutefois prévenu que le système « doit se démocratiser plus », et si
le Parti
communiste reste un parti unique, il doit être « le plus démocratique
qui existe
».
À travers ses paroles, on sent la forte influence de l’allié chinois
auquel il
s’intéresse de près par de fréquentes visites à Pékin. Premier
partenaire
économique de Cuba depuis la chute de l’URSS, la Chine inspire
l’héritier de
Fidel Castro, qui pourrait bien devenir « l’homme des réformes et de
l’ouverture économique » sans toucher au système politique toujours
placé sous
la direction du Parti communiste, dont Fidel Castro demeure le
secrétaire
général.
Dorian MALOVIC
Cuba light
Non, vous ne
rêvez pas : «Cuba c’est la vie», nous
expliquent ces affiches vues ce mois-ci dans le métro parisien et sur
les bus.
Juste après le sketch des frères Castro. Et alors que la fréquentation
touristique française sur l’île a baissé de 22 % en 2007. Gros
problème à
l’agence Colorado (indépendante, ex-Havas) : vendre Cuba aux vacanciers
d’ici
sans qu’ils aient l’impression d’aller en congés sur les rivages de
Corée du
Nord. Stephan Oliel, DG de l’agence, reconnaît que l’image de Cuba en
France
est «assez moyenne, à cause de la politique et des conflits
du passé». Exact.
Ajoutez à ça la concurrence de la République dominicaine qui casse les
prix.
Heureusement, Cuba a des plages de sable blanc, des vieilles bagnoles
américaines et de la musique partout. Du coup, poursuit Stephan Oliel, «nous
avons décidé de dévoiler les secrets de Cuba… en faisant abstraction de
la
politique, car les touristes ne s’y intéressent pas».
Ah ben oui. Vu comme ça…
D’où les
affiches vantant les deux trucs qui plaisent aux
vacanciers : de la plage bien dégagée sous les palmiers et de la teuf
hispano
au milieu de caisses hors d’âge. «L’important c’est de les faire venir
une
première fois. Le taux de retour à Cuba est important. Une fois qu’on y
goûte
on veut y revenir.» Politiquement, ça se discute, mais touristiquement
c’est
possible. On notera quand même la typographie qualifiée de «festive» du
slogan
«Viva Cuba» qui évoque une invitation pour l’anniversaire du gamin chez
McDo.
Et les moches transats en plastique, synonymes de détente dans les
hôtels pieds
dans l’eau du monde entier. L’ensemble donne une impression assez
surréaliste,
hors du temps et de la réalité. Mais après tout, les vacances c’est ça…
Non ?
Par Didier Pourquery
source
vendredi 7 mars 2008
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Préparez-vous
aux colères du ciel !
Comme chaque
année, les
prêtres ont annoncé leurs prédictions. Mais en 2008, signe des temps,
l'oracle
a été dévoilé au cours d'une conférence de presse et les catastrophes
prévues
sont écologiques, rapporte l'hebdomadaire mexicain Proceso.
Les babalaos,
les prêtres de la santería [une religion syncrétique très
pratiquée à Cuba, voir Repères] réunis en tenue blanche traditionnelle,
ont
présenté le 31 décembre dernier la Lettre de l'année, un édit par
lequel ils
rendent publiques leurs prédictions pour les douze prochains mois. Mais
pour la
première fois les membres de la Commission organisatrice de la Lettre
de l'année,
l'un des deux groupes du pays qui rendent les oracles, ont révélé leurs
augures
au cours d'une conférence de presse organisée à la maison de la culture
de la
Vieille Havane. "Cela signifie que nous avons enfin un
espace",
commente Lázaro Cuesta, membre de la Commission.

Selon les
prédictions de l'Ifá (l'Etre suprême), 2008 sera donc gouverné par
Oggún, dieu de la Guerre et du Fer, représenté par saint Pierre dans le
panthéon chrétien. Oggún sera accompagné de Yemayá, divinité de l'Eau,
mère de
la religion yoruba et équivalent de la Vierge de Regla pour les
chrétiens.
Selon Victor Betancourt, l'un des prêtres de cette commission, des
catastrophes
climatiques se produiront en 2008 – il en a vu le signe annonciateur,
Iwori
Rete, et c'est la première fois qu'il le rencontre en vingt et un ans
de
pratique. Il affirme que "le défi à relever ne sera pas
politique ou
social, mais viendra de la nature". "Les problèmes politiques ont une
solution, mais, lorsque le défi est posé par la nature, les choses sont
un peu
plus difficiles, poursuit-il. L'humanité n'a pas
aujourd'hui la capacité
ni les moyens d'affronter une catastrophe mondiale."

Les rituels
pratiqués par les mille prêtres de la Commission laissent aussi
prévoir des maladies cutanées et neurologiques, des dérèglements du
système
nerveux et une augmentation du nombre de vols avec violences. A en
croire les
babalaos, les moins de dix-huit ans auront des comportements
inappropriés.
L'émigration augmentera, ainsi que les déplacements à l'intérieur du
pays. Il y
aura des problèmes de logement et des usurpations de droits et de
fonctions par
la violence et la duperie.
Pour Lázaro Cuesta, la Lettre de l'année donne aussi place à des "espérances
parce qu'il est possible de prendre des mesures pour éviter les
désastres".
D'après lui, la présence d'Oggún comme divinité régnante indique que la
force
de l'intelligence aidera à "vaincre les obstacles et les
difficultés".
Le Conseil des
prêtres majeurs de l'Ifá de l'Association culturelle yoruba de
Cuba a quant à lui publié sa lettre de façon indépendante. Comme la
Commission,
il prévoit des "changements climatiques" et
conseille de "prendre
des mesures pour réduire les inondations et les dégâts provoqués par la
montée
de la mer et ses conséquences". Selon ce groupe, 2008 sera
gouverné
par le signe Igouri Ogbem, qui certes annonce des difficultés, mais pas
"insurmontables".
Ce procédé divinatoire est utilisé depuis des milliers d'années par le
peuple
yoruba du Nigeria et a été importé en Amérique par les esclaves
originaires de
cette partie d'Afrique. Cuba est l'un des pays où la religion yoruba
est le
plus enracinée et où les anciennes traditions sont le mieux conservées.
Au début de l'année, une file de personnes attendaient à la porte de
l'Association yoruba de Cuba dans l'espoir d'obtenir une copie de la
Lettre de
l'année. Car, que ce soit par foi ou par curiosité, de nombreux Cubains
(et
parmi eux autant d'hommes que de femmes) lisent et relisent la Lettre
de
l'année. L'intérêt pour les prédictions transcende les frontières entre
les
ethnies, les religions, les classes sociales et les niveaux
d'éducation. "C'est
un phénomène social et culturel", explique l'ethnologue
cubaine
Natalia Bolívar. "C'est quelque chose que nous avons dans le
sang, qui
nous appartient et que nous offrons au monde, un avertissement sur ce
qui peut
nous faire du mal."
Pour l'anthropologue et historienne María I. Faguaga, "la
Lettre de
l'année fait partie intégrante de la culture cubaine et montre le
caractère
pragmatique de tous ceux qui sont nés dans ce pays. La majorité de la
population cubaine tient compte de ces prophéties."
Raquel Sierra
Proceso
Un monastère bénédictin à Cuba
La
congrégation bénédictine d'origine bavaroise de St.
Ottilien prévoit de fonder un monastère à Cuba d'ici fin 2008, a
indiqué un
porte-parole des missionnaires de la congrégation.
Le futur
monastère bénédictin sera une première historique à Cuba, qui vit sous
le régime castriste depuis 1959. Il s'agit d'apporter dans l'île
caribéenne un
"vent nouveau de spiritualité" et de la "renforcer", selon
Martin Wind.
Parmi
les quatre frères missionnaires qui seront envoyés sur l'île caraïbe
pour
ouvrir le monastère, un seul sera issu de l'abbaye de St Ottilien
(Bavière),
les autres provenant d'autres monastères de cette congrégation présente
sur les
cinq continents.
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L'Église
cubaine commence à donner de la voix

À
La Havane,
Alors que l'envoyé du Pape
est attendu sur l'île, l'Église
se risque à relayer l'exaspération populaire.
Un petit air frondeur
parcourt les rangs de l'Église
catholique cubaine. Une envie de jouer la caisse de résonance des maux
qui
étouffent la société. De l'interdiction faite aux Cubains de séjourner
dans les
hôtels de luxe à l'extrême faiblesse du pouvoir d'achat, en passant par
les
transports publics fantomatiques : le répertoire des doléances
est
tellement vaste que, lors de son homélie du jour de l'An, le
cardinal-archevêque
de La Havane s'est épargné l'effort de les égrainer pour
rapporter les
aspirations de ses compatriotes à un seul mot : «Changement.»
«Ces derniers
mois, les autorités ont demandé aux Cubains
ce qui les préoccupait. Elles ont fait un pas en avant. Maintenant, les
changements nécessaires doivent être introduits», a asséné Mgr Jaime
Ortega. À
l'autre bout de l'île, Mgr Wilfredo Pino, évêque de Guantanamo, l'avait
précédé
la veille de Noël sur la radio régionale d'État, estimant que «les
autorités doivent
trouver une solution rapide aux angoisses et aux mécontentements de la
population».
Cuba n'est pas
la Pologne
Ces critiques
délivrées au gouvernement de Raul Castro
signifient que l'Église prend date, dix ans jour pour jour après la
visite du
pape Jean-Paul II sur l'île, et à un mois de l'arrivée du cardinal
Tarcisio
Bertone, l'actuel numéro deux de l'État pontifical. Signe aussi que les
choses
vont mal à Cuba. «Très mal», surenchérit Orlando, fidèle de l'église
Santa Rita
du quartier havanais de Miramar.
Le cardinal
Ortega n'a pas soufflé mot lors de toute la
campagne des législatives qui ont eu lieu hier. De même qu'il se garde
bien
d'appeler de ses vœux le départ à la retraite de Fidel Castro ou son
remplacement définitif par son frère cadet Raul. «Trop
brûlant !,
s'exclame Orlando. La hiérarchie catholique cubaine sait très bien
qu'elle ne
jouera jamais le rôle de l'Église polonaise dans les années 1980,
lorsque le
système a implosé, explique Orlando. C'est inenvisageable à Cuba. Fidel
Castro
le sait, l'Église le sait.» C'est probablement à cause de cette
timidité
maladive que l'Église catholique cubaine est en mal de fidèles. En dix
ans, le
nombre de baptêmes par an a chuté de 12 %.
Nombreux sont
les curés qui se demandent comment porter
l'Évangile, et, plus prosaïquement, comment remplir leur église. Le
père
franciscain Pedro Angel Chasco est de ceux-là. «Il y a bien eu un boom
au
moment de la venue de Jean-Paul II, insiste le prêtre. Certains se sont
dit :
«Oh, mais c'est lui qui a changé la Pologne !» Mais ils ont
vite été
déçus. Ils ont compris que l'Église cubaine n'allait jamais rien
entreprendre
pour changer le système. Alors, ils sont partis» . Profil bas et
discours tout
en retenu, donc ?
«L'affrontement
ne sert à rien. J'ai tout à perdre là-dedans.
Alors, je ne me mêle pas de politique», s'exclame le père Jesus Maria
Luzarretal. Dans son quartier havanais de «Santo Suarez», le prêtre
espagnol a
monté il y a dix ans le premier centre de jour catholique réservé aux
personnes
âgées. Sans rien demander à qui que ce fût et surtout pas au
gouvernement. «La
meilleure façon d'arriver à quelque chose à Cuba», explique le père
Luzarretal.
Lui n'a d'ailleurs pas à se plaindre d'une quelconque désaffection. Son
église
«la Miraculeuse» fait le plein chaque dimanche.
Signe des
temps, il dit même baptiser des militaires ou
des membres du PC (unique). «Les catholiques cubains sont sortis de
l'ombre.» À
eux maintenant de trouver leur rôle dans la société.
Guillaume
Decamme
source
21/01/08
Cuba:
le président Raul Castro reçoit son premier visiteur, le cardinal
Bertone

LA
HAVANE (AFP) — Le nouveau président cubain, Raul Castro, a reçu mardi à
La
Havane le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat et numéro deux
du
Vatican, marquant sa première rencontre avec un représentant étranger
après son
élection dimanche, a constaté l'AfP.
L'envoyé
du Vatican était porteur des demandes de l'Eglise cubaine d'ouverture
de la
part du nouveau dirigeant cubain, notamment en matière d'accès aux
médias, sous
contrôle du gouvernement communiste.
La
rencontre s'est déroulée au Palais de la Révolution et concluait une
intense
visite de six jour du prélat dans l'île communiste, durant la semaine
historique qui a vu Fidel Castro renoncer mardi au pouvoir et son frère
Raul
lui succéder dimanche.
Souriant,
le nouveau président cubain, qui avait troqué son uniforme de général
pour un
costume bleu, une chemise blanche et une cravate, a accueilli son hôte
avant de
s'enfermer avec lui pour un entretien que le prélat, la veille, a
souhaité
empreints de "clarté et de sincérité".
"Je
suis venu ici dans un moment spécial, extraordinaire", et "le moment
du changement est très important pour Cuba et pour tout le monde",
avait
déclaré la veille le cardinal aux côtés du chef de la diplomatie
cubaine,
Felipe Perez Roque lors d'une conférence de presse commune.
"Mais
la ligne fondamentale est la ligne du +lider maximo+", Fidel Castro,
avait-il souligné.
Il
avait écarté une entrevue avec Fidel Castro, qu'il avait déjà rencontré
en
2005, envoyant ses voeux de "bonne santé" au vieux dirigeant cubain,
qui poursuit sa convalescence dans un hôpital de La Havane.
La
tournée cubaine de l'envoyé du Vatican, âgé de 73 ans, commémorait la
visite du
pape Jean-Paul II à Cuba, dix ans plus tôt, la première d'un pape dans
l'île.
"Raul
Castro continuera" à mener une politique de "développement de
Cuba" et "de développement des relations internationales de Cuba avec
le monde", a prédit le cardinal.
Avant
la rencontre, Tarcisio Bertone a assuré que les autorités cubaines lui
ont
promis "davantage d'ouverture dans la presse, à la radio, ainsi que,
dans
des cas exceptionnels, à la télévision", selon l'agence catholique
italienne Sir, citée à Rome par Ansa, l'agence italienne.
"Tout
commence toujours par des promesses, mais nous espérons une ouverture,
car rien
n'est impossible", a ajouté le cardinal.
Dès
le premier jour de sa visite, lors de son homélie jeudi place de la
Cathédrale
à La Havane, le cardinal Bertone avait rappelé la demande de l'Eglise
cubaine
de pouvoir "développer sans limites le rayon de son action dans tous
les
domaines, pour contribuer avec ténacité au bien commun du peuple
cubain".
La
presse officielle a publié mardi, fait inédit, un communiqué des
évêques
cubains, dans lequel ils prennent acte du retrait de Fidel Castro et
demandent
à son successeur de prendre des mesures "progressives" mais
"avec décision" pour soulager "les angoisses et les
inquiétudes" des Cubains.
Les
médias officiels, tous sous contrôle gouvernemental, ont donné une
large
couverture à la visite, la télévision retransmettant en direct la messe
de La
Havane et, en différé, sa conférence de presse lundi.
Arrivé
mardi dernier, le cardinal, après l'office célébré jeudi en plein air à
La
Havane, s'est rendu en province à Santa Clara (centre), Santiago de
Cuba et
Guantanamo (sud).
Le
cardinal a qualifié d'"excellentes" les relations du Vatican avec les
autorités cubaines, souhaitant qu'elles "mûrissent toujours plus comme
au
cours de ces 10 dernières années".
"En
lente mais progressive amélioration" à Cuba, avait commenté le cardinal
Jaime Ortega, archevêque de La Havane peu avant la visite.
La
visite de Jean-Paul II il y a dix ans, avait permis un relatif
apaisement des
relations entre l'Eglise cubaine et l'Etat communiste, après la longue
période
d'affrontement et de répression qui suivit la révolution de 1959.
26 févr. 08
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