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De la «diversité» dans le gouvernement de la France

lemery

Comme l’hebdomadaire Jeune Afrique me demandait récemment ma «réaction» à la première de Nicolas Sarkozy, à savoir l’entrée au gouvernement de ministres de la «diversité», après avoir exprimé ma perplexité quant à ce mot de «diversité», il m’a semblé bon de rappeler quelques faits historiques apparemment oubliés. Si l’on entend par «diversité» les personnes d’origine étrangère, je crois me souvenir, par exemple, que l’Italien Giulio Mazarino, dit Mazarin, naturalisé en 1639, devint Premier ministre en 1642. Si l’on entend par « diversité » les personnes d’origine africaine, ce qui me semble être généralement le cas de ceux qui ont trouvé cette formule, à mon sens raciste, pour éviter de dire « noir » ou « arabe », la présence de ministres de la «diversité» au gouvernement ne date vraiment pas d’hier.

Soixante treize ans avant Rachida Dati, un ministre de la "diversité" à la Justice : Henry Léméry !

Qu’on en juge : Sans parler du parlement français où la « diversité » fut représentée dès 1794 par les députés haïtiens Mills et Belley, Severiano de Heredia, député de la Seine d’origine afro-cubaine, entra au gouvernement en 1887 où il occupa les fonctions de ministre des Travaux publics dans le gouvernement Rouvier. Le Martiniquais Henry Lémery participa au gouvernement Clémenceau en 1917 où il côtoya le Sénégalais Blaise Diagne, qui siégeait au gouvernement avec le titre de commissaire général des troupes africaines. Henry Lémery occupa le fauteuil de ministre de la Justice en 1934. Soixante-treize ans avant Rachida Dati ! Il fut même ministre de Pétain. Le Martiniquais Alcide Delmont fut sous-secrétaire d’État aux colonies en 1929 dans le gouvernement Tardieu. Il fut remplacé à ce poste par le Guadeloupéen Gratien Candace en 1932, puis par le Guyanais Gaston Monnerville dans le gouvernement Chautemps en 1937. L’Ivoirien Houphouët-Boigny fut de tous les gouvernements entre 1957 et 1961, notamment avec le portefeuille de la Santé publique et le titre de ministre d’État. Plus récemment, la Guadeloupéenne Lucette Michaux-Chevry entra au gouvernement Chirac avec le portefeuille de la Francophonie en 1986, poste qu’elle occupa jusqu’en 1988. Elle fut ensuite ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères chargée des Droits de l’Homme dans le gouvernement Balladur en 1993. Quatorze ans avant Rama Yade ! Le Guadeloupéen Roger Bambuck fut secrétaire d’État aux Sports de Michel Rocard de 1988 à 1991. Kofi Yamgnane, d’origine togolaise, fut secrétaire d’État à l’intégration dans les gouvernements d’Edith Cresson et de Pierre Bérégovoy de 1991 à 1993. Seize ans avant Fadela Amara ! La Réunionnaise Margie Sudre fut secrétaire d’État à la Francophonie en 1995 dans le gouvernement Juppé et le Guyanais Léon Bertrand secrétaire d’État au Tourisme dans les gouvernements Raffarin et Villepin de 2002 jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy. La présence de la «diversité» dans les gouvernements de toutes tendances (extrême droite collaborationniste incluse) et pas seulement à des postes liés aux colonies ou aux anciennes colonies est donc une tradition française vieille de plus d’un siècle. Presque aussi vieille que les colonies, presque aussi vieille que le colonialisme. La présence de femmes de la «diversité» a été inaugurée il y a 22 ans. Plus généralement, cela fait également 22 ans (à l’exception, très curieusement, du quinquennat socialiste de Lionel Jospin) que siègent au gouvernement français des hommes et des femmes de la «diversité». Je ne vois donc rien de bien nouveau. Le nombre et le sexe, peut-être, puisqu’il y a aujourd’hui trois ministres issues de la «diversité» et que ce sont trois femmes. Mais cette innovation est compensée par le fait qu’aucun homme d’origine africaine ne figure sur la liste du gouvernement de François Fillon et que l’Outre-mer n’y est pas représenté. Dommage !

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 Les réparations multiples envers les descendants d’esclaves

(Ile Maurice)

La traite et l’esclavage ne peuvent être les seuls «crimes contre l’humanité» à rester impunis, alors qu’on connaît les «responsables». La Commission Justice et Vérité pourrait participer à une «réparation historique». La compensation financière serait une preuve de justice.

La mise en place de la commission «Justice et Vérité» relève-t-elle d’un désir profond et d’une volonté ferme du gouvernement à vouloir prendre à bras le corps les problèmes de réparations historiques, sociologiques, psychologiques et financières envers les descendants d’esclaves ? Les propos tenus par le Premier ministre à Hull l’année dernière dans le cadre du 200e anniversaire de l’abolition de la traite et ses positions antérieures sur la question laissent transparaître la sincérité de ses intentions. Ira-t-il pour autant jusqu’au bout ou cédera-t-il à la pression des «lobbies» qui ne tarderont pas sans doute à se manifester ?

Quarante ans d’hypocrisie envers les descendants d’esclaves !

Il convient de dire que pendant ces quarante ans d’indépendance, plusieurs conférences, causeries, colloques et séminaires ont été organisés tant à Maurice qu’à l’étranger sur le thème «l’esclavage et ses séquelles». Des résolutions ont été votées ou encore des actions «correctives» (corrective actions) proposées pour aider les descendants d’esclaves, aujourd’hui parmi les plus pauvres et les exclus de la société, à se réhabiliter et à sortir de l’ornière dans laquelle l’esclavage les a plongé. Tout cela, malheureusement, n’a rien, ou presque rien, donné en termes d’actions. Et Shyam Hurbungs, directeur du Trust Fund for Social and Vulnerable Groups, de confier qu’une «culture de la pauvreté» s’installe à Maurice, et qu’il trouvait la situation «critique». «Nous sommes assis sur une bombe», s’alarme-t-il. Mais, le problème de pauvreté à Maurice, comme affirmait un ancien président de la République est avant tout politique.

Saura-t-on pourquoi les conclusions de la seule étude sur la pauvreté jamais entreprise à Maurice en 1997 à l’initiative du ministère de la Planification économique sont restées muettes ? La raison, paraît-il, c’est parce que l’enquête indiquait que les descendants d’esclaves se trouvaient très majoritairement dans les dizaines de poches de pauvreté identifiées à travers l’île !

Cette exemple illustre dans une certaine mesure un des gros problèmes de la société mauricienne : l’hypocrisie. Certains de nos politiciens et de nos dirigeants disent avec raison qu’il faut s’attaquer aux «causes» (root cause) des problèmes, et non aux «effets ». Mais dès lors que les résultats pointent une communauté, surtout lorsqu’il s’agit des «descendants d’esclaves», c’est un fait notoire, le processus s’arrête ! On sort alors les théories archi connues : pas de communautarisme, on n’ethnicise pas la pauvreté , pas politiquement correct, etc. Alors, ils ne font rien, ou presque rien !… «Répondre à la souffrance humaine par de grandes théories, c’est la trivialiser», nous dit Michel Foucault.

Choc culturel

Cette abdication de l’État qui dépasse tout argumentation rationalisée serait-elle liée à la culture, à des croyances ou à des idéologies ? Dans des sociétés «égalitaires», une pareille attitude choque. Quand on visite des pays européens qui adhèrent aux principes d’égalité et de liberté des droits de l’homme et du citoyen, la vue de la pauvreté choque. Dans des sociétés «inégalitaires», la pauvreté ne choque pas, les gens n’ont même pas conscience de l’inégalité engendrée par le système. Dans la tradition de l’Inde, pays des valeurs spirituelles, par exemple, «l’échelle sociale apparaît comme une échelle morale. L’inégalité des naissances (communément appelée l’inégalité des «castes») apparaît comme la manifestation même de la justice... L’inégalité sociale apparaît alors comme moralement juste», nous rappelle P. Amado.

La communauté des descendants d’esclaves serait-elle condamnée à vivre dans la pauvreté ou devrait-elle se résigner à vivre ainsi, pour être ou paraître cette «caste d’arriérée» nécessaire selon un certain ordre cosmique ou métaphysique ? Le volonté du gouvernement à vouloir faire adopter l’Equal Opportunity Act à Maurice butte-t-elle à cause de la réticence de certains membres du gouvernement ou des «lobbies» qui ne croient pas en une société «égalitaire» ou qui n’en veulent pas ?

La Traite et l’Esclavage : Tous concernés

L’histoire de la traite négrière et de l’esclavage mérite d’être connue parce qu’elle compte parmi les plus grands évènements - et des crimes - du monde moderne, tels les deux Guerres mondiales, l’Holocauste, les Grandes Révolutions. Elles ne devraient pas concerner seulement les descendants d’esclaves et/ou les territoires qui ont connu l’esclavage, mais tout le monde, dans la mesure où les lois régulant ce trafic d’êtres humains ont été reprises et intégrées dans les cadres légaux de plusieurs pays. Ces lois ont façonné les sociétés, modelé les mentalités, engendré la colonisation, la ségrégation, les préjugés eurocentrés stigmatisant l’africain et l’idéologie raciste dont l’hydre est présente partout dans le monde.

L’île Maurice connut l’esclavage dès le début de sa création avec l’arrivée des Hollandais au 17e siècle et des Français en 1715. Cela s’est passé en plein cœur de la traite négrière transatlantique, celle qui est qualifiée aujourd’hui de «crime contre l’humanité». Cette traite a déporté, de 1440 à 1870, 13 millions d’individus, dont deux millions sont morts pendant la traversée, sans compter des milliers qui sont morts en Afrique même, capturés pendant les guerres ou au cours de leur transport jusqu’aux ports, nous dit Marc Ferro dans Le livre noir du colonialisme.

Il convient de souligner que selon la loi du 21 mai 2001 votée en France et présentée par Christiane Taubira, député de la Guyanne, seuls «la Traite négrière transatlantique et l’esclavage perpétrés du XVe siècle contre les populations africaines déportés en Europe, aux Amériques et dans l’océan Indien constituent un crime contre l’humanité». Elle fait la distinction entre la traite négrière et l’esclavage lié à cette traite et toutes autres formes d’esclavages : l’esclavage pratiqué dans l’antiquité (les traites saharienne, l’asiento entre autres), l’engagisme (esclavage déguisé), le «salariat contraint» et l’esclavage moderne, dont on fait souvent l’amalgame. A Maurice, cette précision devrait mettre un frein à la rivalité absurde «esclavage v/s engagisme», deux évènements qui se sont succédé sur le sol de Maurice que plus d’un siècle sépare : l’arrivée des esclaves africains et malgaches (1722) de celle des engagés indiens (1835). Elle devrait aussi mettre fin à l’autre tentation facile et puérile consistant à vouloir fusionner les mémoires quand celles-ci ne sont pas en concurrence. C’est pire : l’assimilation, c’est mettre les mémoires dans une fosse commune !

L’histoire de la traite négrière et de l’esclavage lié à cette traite, comme l’histoire de l’engagisme des travailleurs indiens et celle du système colonial avec l’arrivée des colons blancs d’Europe, sont toutes intimement liées à la construction de Maurice. Elles font partie de son patrimoine historique. Celui qui ne connaît pas son histoire et l’histoire de son pays vit avec des trous de mémoires ! «Si on a souffert d’amnésie historique», disait le regrêté Gérard Fanchin, «gardons-nous de la transmettre aux futures générations »…

Commission Justice et Vérité

Si la commission a de grandes ambitions elle pourrait participer à combler une lacune dans l’histoire de l’esclavage et de ses abolitions dans la mesure où le monde est passé de l’esclavage à l’abolition, sans un tribunal de Nuremberg ou sans une commission de «Truth & Reconciliation» ! Elle est sans doute la toute première instance à être constituée et à siéger depuis que la traite négrière et l’esclavage lié à cette traite ont été reconnus comme crime contre l’humanité par un ancien pays esclavagiste, la France. Cette reconnaissance est une avancée indéniable dans le sens de «réparation historique». Elle pourrait ouvrir la voie aux attentes des victimes de l’esclavage dans le monde en général et à Maurice en particulier.

La traite et l’esclavage lié à cette traite ne peuvent être les seuls «crimes contre l’humanité» dans l’histoire du monde moderne et «civilisé» qui resteraient impunis alors qu’on connaît les «responsables».

L’intelligence humaine, l’histoire de l’humanité, le droit à la connaissance et à la vérité exigent que les pays esclavagistes regardent leur passé en face, avec sérénité. La honte et la gêne ne doivent pas en faire obstacle. Tout pays comporte son lot de pages sombres. Parvenir à les lire toutes est l’une des conditions d’un vivre ensemble apaisé. Après les avoir lues, on fera le travail de deuil qui s’impose et on tournera les pages. On construira, mais pas sur les débris et des trous …
Réparations et compensations.

La réalité de la traite et de l’eclavage ne peut être restituée par la seule célébration de leurs abolitions, des festivals populaires ou encore des excuses, des pardons dont nul ne met en doute la sincérité et l’efficacité. Ces manifestations ne peuvent être qu’une étape vers une finalité. Celle-ci, «the bottom line» devrait être la mise en place des stratégies de compensation et la création d’un fonds de solidarité en faveur des descendants d’esclaves pour recueillir des indemnités et des donations. Il est temps d’enlever le tabou sur l’argent. Les compensations financières sont aujourd’hui, dans la société de marché, la seule expression visible et tangible de la justice. Tous les jours partout dans le monde des centaines de personnes et de compagnies sont condamnées par des tribunaux de justice à dédommager leurs victimes en nature ou en espèces une fois la culpabilité établie ou à purger des peines d’emprisonnement. Les Etats, ne pouvant être jetés en prison, ne sont pas à l’abri des autres sanctions. L’histoire en est truffée d’exemples :

- Suite au procès de Nuremburg, les juifs, victimes de l’Holocauste et du travail forcé sous Hitler, reçurent des indemnisations considérables du gouvernement allemand.

- En 1988, environ 80 000 Américains d’origine japonnaise emprisonnés et internés dans des camps pendant la Seconde Guerre mondiale reçurent en dédommagement la somme de $1,8 milliard.

- En 1865, après la guerre de Sécession, le Général Scherman promit à chaque famille d’esclave libéré, «quatre acres et une mule pour labourer comme indemnité du crime de l’esclavage».

– L’Aetna Incl., une compagnie d’assurances vie aux États-Unis, après avoir reconnu que les propriétaires d’esclaves avaient bénéficié d’une assurance vie sur leur «cheptel», à la mort d’un de leurs esclaves, investit plus de $34 millions dans un fonds d’aide à la communauté afro-américaine.

– Au moment de l’abolition de l’esclavage dans les colonies, des indemnisations furent accordées aux «maîtres» et aux propriétaires d’esclaves. Les Français payèrent bien 6 millions de francs aux «maîtres colons» aux Antilles. Les Anglais versèrent bien «une somme de £ 2,112,632-10shs-11_d, soit un taux de £69-14shs-3d par esclave», aux propriétaires d’esclaves à Maurice.

Et la liste n’est pas exhaustive !

En marge de l’inauguration des travaux de la Commission Justice et Vérité, il est utile de rappeler aux participants l’horreur de l’esclavage lié de la traite négrière. Elle a été à l’origine

– d’un «génocide culturel» comme l’a fort bien mis en relief Jocelyn Chan Low pour qui «l’esclavage a détruit la famille, le siège des valeurs culturelles» (Week End, 11 février 1996).

– d’un «génocide religieux» comme le fait resortir Gérard Fanchin qui observe que «pour des raisons multiples la religion traditionnelle des esclaves n’a pu s’implanter à l’îsle de France... Dès 1722 le catholicisme devient la religion hégémonique et le Code Noir (Les lettres patentes) de 1723 fit de la christianisation des esclaves une stricte obligation».

– d’un «génocide humain», ou presque, dans la mesure où au moment de la libération, après avoir travaillé pendant plus d’un siècle, comme esclave, sans salaire, «les affranchis furent abandonnés à leur propre dénuement ... à une inertie qu’aggravaient de tenaces préjugés ...Rien n’avait été fait pour leur assurer une authentique indépendance» selon Mgr Amédé Nagapen.

Justice et Vérité

De quelle justice parleront ou voudront entendre les membres de la commission ? Dans une société de droit, la justice est vécue comme vengeance et châtiment. Ce n’est sans doute pas le but recherché par la commission. On pourrait être emmené à penser qu’il s’agira, comme ce fut le cas en Afrique du Sud avec la Commission Truth and Reconciliation présidée par Monseigneur Desmond Tutu d’une «justice de réconciliation» ou une «justice restaurative». Et de quelle Vérité ? «Méfiez vous de la vérité, disait Romain Garry, elle commet toujours des erreurs.» Il sera nécessaire, comme le rappelle par ailleurs François Gèze, «de sortir de la guerre des mémoires où chacun dit sa vérité, créant ainsi l’impression qu’il y a plusieurs vérités de sens opposés, afin d’arriver à construire un récit partagé et ainsi faire un véritable travail d’historien».

À cet égard, la commission devrait pouvoir avoir accès aux archives des Etats esclavagistes et des Eglises afin de faire la lumière sur ces pages sombres de l’histoire de Maurice. On peut espérer que les autorités respectives coopéreront avec les membres de la commission , les historiens et autres chercheurs. Il y a des vérités à faire revivre, des mythes à déconstruire et des mensonges à démanteler !

Rester vigilant

Tout en souhaitant que la commission réussisse à satisfaire et à combler les attentes des victimes de l’esclavage, il importe de rester vigilant et de se rappeler que le droit à la vérité ne peut compromettre le droit à la justice ou encore le droit qu’a toute personne à ce que sa cause soit entendue équitablement par un tribunal impartial et indépendant…

Lindsay DESCOMBES

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La Martiniquaise d'Oslo emportée par un scandale 

Manuela Ramin-Osmundsen

Première femme de couleur à être membre d'un gouvernement norvégien, elle a dû démissionner sur des soupçons de népotisme.

Une candidate à une haute fonction administrative qui hésite. Une ministre de tutelle, amie de ladite candidate, qui l'encourage à persévérer. Et finalement, la candidate est nommée. Dans bien des pays, un tel scénario provoquerait juste des haussements de sourcils. Pas en Norvège, où la ministre de l'Enfance et de la Famille, Manuela Ramin-Osmundsen, vient de démissionner.

Cette femme d'origine française, née à la Martinique il y a 44 ans, était devenue, en octobre 2007, la première personnalité de couleur à entrer dans un gouvernement norvégien. Arrivée au début des années 1990, active dans la lutte contre les discriminations mais sans expérience politique, elle aura eu un parcours ministériel d'à peine quatre mois. L'affaire est partie de la nomination d'un ombudsman de l'enfance, fonction administrative en vue dans les pays scandinaves. Manuela Ramin-Osmundsen a découvert que l'un des quatre candidats présélectionnés était une amie, Ida Hjort Kraby. Cette avocate de 47 ans est nommée le 8 février.

Un coup dur

Les médias ont alors vent du fait que l'avocate et la ministre étaient plus proches l'une de l'autre qu'elles ne l'avaient publiquement affirmé. Les intéressées nient, de peur d'être accusées de collusion. Bon nombre des 4,6 millions de Norvégiens vivent avec l'idée solidement ancrée que leur pays est, ou doit être, égalitaire. Tout ce qui ressemble à un passe-droit est mal vu, du moins dans la sphère publique.

L'erreur de la ministre aura été de ne pas avoir informé à temps le chef du gouvernement travailliste, Jens Stoltenberg, qu'en janvier elle avait incité son amie, via une connaissance commune, à revenir sur sa décision de ne plus postuler. « Cette démarche peut avoir influencé le processus de nomination, et même si ce n'est pas le cas, j'aurais dû être informé plus tôt », a déploré le chef du gouvernement. Fait aggravant, la ministre a demandé ces derniers jours à ladite connaissance commune de taire cet épisode.

Le Parti du progrès, une formation populiste xénophobe créditée de plus de 20 % des intentions de vote dans les sondages, a profité de ces atermoiements pour exiger le retrait d'une ministre qu'il avait critiquée dès son entrée au gouvernement. La démission de cette Martiniquaise mariée à un ancien conseiller du parti conservateur norvégien est un coup dur pour le chef du gouvernement. Il avait longtemps été critiqué pour ne pas avoir de personnalité immigrée au sein de son équipe. Hier, il s'est consolé en se disant « fier » de compter une Sami (Lapone) parmi ses ministres.


Délit d'amitié, par Jérôme Fenoglio

manuela ramin

En Norvège, une ministre démissionne à cause d'une nomination contestée. En France, le pouvoir ne s'impose plus qu'une règle : la transparence sur ses liens avec les personnes qu'il promeut.

Les lecteurs les plus assidus du Monde 2 se souviennent sans doute de Manuela Ramin-Osmundsen. Il y a quelques semaines (Le Monde 2 du 12 janvier), notre magazine avait brossé un portrait de cette Martiniquaise devenue ministre de l'enfance et de la parité au sein du gouvernement norvégien. Celle-ci y évoquait quelques-unes des différences notables entre sa France d'origine et sa Norvège d'adoption.

Hélas !, Mme Ramin-Osmundsen n'aura pas occupé son poste longtemps. Elle vient d'être contrainte à la démission par une affaire qui en dit plus long que toute autre considération sur ce qui nous sépare des mœurs scandinaves. Sa faute ? S'être immiscée dans le processus de désignation d'un "médiateur des enfants"  en encourageant l'une des postulantes à maintenir sa candidature. Et, une fois que cette dernière fut choisie, avoir nié qu'elles se connaissaient depuis longtemps.

La presse norvégienne ne goûte guère ces cachotteries. Ses enquêteurs ont vite démontré que la ministre était beaucoup plus proche de la candidate retenue qu'elle ne l'avait dit. Selon le quotidien Aftenposten, leur relation était en réalité "très amicale", les deux femmes avaient été vues "ensemble à nombre de manifestations publiques". Le délit d'amitié était avéré. Et, bien que des experts eussent conclu que cette proximité ne constituait en aucune manière un conflit d'intérêts, la ministre ne résista pas longtemps à l'aversion locale pour toute forme de passe-droit, pour toute entorse, même vénielle, au strict principe d'égalité entre citoyens.

La République française ne risque pas d'être salie par ce genre de scandale. Dans sa grande sagesse, elle a pris le problème à l'envers : les questions d'indépendance ou d'impartialité, les éventuels risques de conflits d'intérêts ou de mélange des genres ne sont pas pris en considération. En revanche, la dissimulation de toute forme de proximité est désormais proscrite. Nos responsables ont choisi de tout assumer au grand jour, pour que personne ne puisse leur reprocher le moindre mensonge.

Ainsi, tout récemment, une journaliste mariée au ministre des affaires étrangères a-t-elle été nommée à la tête d'une structure d'information qui peut être amenée à rendre compte fréquemment de l'action de son mari. La relation conjugale étant connue de tous, elle n'allait tout de même pas constituer un handicap pour la carrière de l'épouse, a-t-on fait valoir en haut lieu. Un peu plus tôt, un industriel susceptible de bénéficier de commandes de l'Etat avait mis yacht et avion personnels à disposition du président de la République. Là encore, les principes ont été respectés : "Je n'ai pas l'intention de me cacher", a déclaré Nicolas Sarkozy. Puisque la seule contrainte est de ne rien occulter, certains ont même jugé bon d'en rajouter. Ainsi un autre industriel, patron de plusieurs organes de presse, s'est-il revendiqué "frère"  de M. Sarkozy, comme si le statut d'ami ne suffisait pas.

Pour être juste, il ne faudrait pas laisser croire que l'actuel président est à l'origine des mœurs en vigueur. La classe dirigeante française s'adonne depuis longtemps au favoritisme et au mélange des genres. Nicolas Sarkozy est simplement le premier à avoir théorisé ce primat absolu de la transparence sur l'impartialité. En inventeur d'un style de pouvoir "décomplexé", qui légitime le laisser-aller général, il pose notre régime à l'exact opposé des scrupules des Norvégiens.

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Il y a 42 ans disparaissait Angrand Armand Pierre.

De Armand Angrand beaucoup de dakarois, de sénégalaises et sénégalais de notre génération ne connaissent que la rue qui porte son nom dans le quartier de Reubeus.  Au Sénégal si les Maires par « générosité patriotique» ou par effet de mode sont enclins à baptiser une rue au profit d’un personnage de renom, du côté des enseignants, rares sont ceux qui se préoccupent d’enseigner sérieusement, notre histoire de façon dynamique. Il s’y ajoute que, des préjugés tenaces font que, s’agissant des métisses, certains de nos compatriotes, historiens ou non, les rangent le plus souvent du coté de leur parent blanc, les colons.  Sans chercher à comprendre que parmi eux on y trouve des patriotes, comme on retrouve des apatrides parmi les sénégalais, les africains bon teint.  Sous ce rapport il convient de rappeler ou de préciser, car beaucoup d’africains ne connaissent pas leur histoire, comme le soulignait Monsieur Amadou Moctar Mbow, que lorsque, en 1802, Napoléon Bonaparte sous l’influence de sa femme Joséphine, décida de rétablir l’esclavage dans les Antilles, le Général mulâtre Alexandre Pétition s’est t’écrié : « Jamais ma mère de redeviendra esclave ». Puis, lui et plusieurs de ses compagnons d’armes désertèrent l’armée française pour rejoindre les esclaves noirs en révolte. Avec les autres généraux indigènes ils infligèrent un « Dien Ben Phu » caché depuis des siècles à tous les élèves des colonies, (la Vertières la mère des batailles), une défaite historique mémorable à la puissante armée d’Europe de l’époque avant de fonder la première république noire d’Amérique à Haïti.  Au Sénégal, Angrand Armand Pierre peut être rangé parmi les patriotes sénégalais du cru qui n’ont jamais voulu admettre l’ordre établi comme le général Pétion.  Armand et son aîné, Alexandre, le radical « tous deux actifs dans la politique, firent l’objet d’une enquête de police pour leurs tendances garveyiste (1) au début des années 20 ». Lit-on dans les bulletins de renseignements, selon Notes Africaines de l’IFAN-U.C.A.D, n° 173 de juillet 1972.

Angrand Armand Pierre, dont le père est issu d’une grande famille franco-sénégalaise, est né à Gorée (Sénégal) le 9 octobre 1892. Il fit ses études à Gorée puis à Bathurst, ville natale de sa mère.  A la fin de ses études primaires, il regagna Bordeaux pour y effectuer  ses études secondaires puis à Paris au Lycée Louis LEGRAND, pour une carrière d’Administrateur des colonies. Mais très doué en Anglais et sur instance de son père, il s’orienta dans les affaires, option à la base de sa réorientation vers les études économiques et commerciales. Son retour au Sénégal à la fin de ses études coïncide avec le déclenchement de la première guerre mondiale en 1914. Ce fut Verdun, février 1916, Pétain.  Blessé par deux fois au front et atteint de surdité, il fut décoré de la croix de guerre avec palme et de la médaille militaire pour sa conduite exemplaire durant la guerre. Démobilisé par la suite il intègre l’entreprise paternelle.

Un homme politique sénégalais s’est écrié récemment : « Je suis un prisonnier politique catholique ». Nous le paraphrasons pour dire qu’Armand Pierre Angrand fut un « catholique révolutionnaire » à coté des « musulmans révolutionnaires ». Cela est important à souligner politiquement. Car, il n’était pas donné sous le régime colonial, à n’importe qui de s’afficher socialiste. Donc animé d’une conscience politique certaine, Armand crée le journal L’INDEPENDANT avec son frère aîné et fondèrent avec le Président Lamine GUEYE, le Parti Socialiste Sénégalais (Pss) en 1936, dès de celui-ci de la Martinique. Avec le recul, on comprend pourquoi les futurs « socialistes du Sénégal n’ont pas voulu adjoindre l’adjectif qualificatif sénégalais à leur parti. Deux choses pourraient l’expliquer : 1° Eviter que les sénégalais se souviennent que le premier parti socialiste fut fonde par Lamine Guèye, Armand Angrandet Alexandre, le « radical ». 2° Faire un peu français, comme toujours. ENAM est devenu ENA par exemple. Elu conseiller municipale Armand  devint Maire de Gorée, sa ville natale de 1928 à 1932. Cette dernière fut rattachée politiquement à la commune de Dakar en 1933, sous la législature de DIAGNE.

Ami de Blaise Diagne dont il fut l’adjoint à la Mairie de Dakar, il lui succéda comme Maire en 1934. Sous son magistère à la Mairie de Dakar, il est mis à son compte, l’édification du complexe scolaire de la Médina et les écoles de Ouakam, Ngor, Yoff, ainsi que le bitumage de certaines principales rues, de l’électrification et d’adduction d’eau de ces villages.

Ses proches notent que: «  Grand ami des Lébous, comme son père, il a su régulariser la situation des terres leur appartenant et de calmer ainsi les conflits qui les opposaient au gouvernement et qui risquaient de s’aggraver de jour en jour ». Pour ce fait, il a reçu un témoignage de satisfaction du gouvernement de l’époque.

Au plan littéraire, Agrand a été lauréat en 1952 du prix de l’A.O.F décerné par le Conseil Supérieur Scientifique  de l’IFAN, pour son œuvre « Les lébous de la presqu’île du Cap-Vert. Un essai sur leur histoire. Monsieur Armand Angrand est aussi l’auteur d’un manuel Français-wolof, préfacé par  Monsieur le Pr. Théodore Monod.  Il fut désigné par le Gouverneur français de l’époque auprès de MONOD pour la création de l’IFAN (Institut Fondamental d’Afrique Noir. Il fit par la suite don à cet institut au nom de sa famille, d’une précieuse bibliothèque familiale d’une grande valeur, comprenant des livres rares, des manuscrits et autres documents rassemblés par ces aïeux dont certains datent d’avant la Révolution française de 1789, ou du 20 ème siècle. Selon toujours des proches de la famille, ces documents ont servi et servent encore à retracer, en parti, l’histoire de l’A.O.F, en général, du Sénégal et surtout de Gorée l’Ile natale de la famille Angrand, en  particulier.

Au niveau de ses actions envers les communautés religieuses, quant aux rapports entre musulmans et chrétiens (certains agitent le « Dialogue islamo- chrétien, comme s’il s’agissait d’une découverte), voici à ce sujet, le témoignage le Gouverneur Général Brevié : « J’approuve pleinement vos activités, car vous êtes le trait d’union vivant entre le Gouvernement et les populations lébous, les chrétiens et les musulmans ».

 Notons qu’il « assista en tant que Maire de Dakar avec le conseil Municipal au complet, à la Consécration de la cathédrale du Souvenir Africain par son éminence le Cardinal Verdier archevêque de Paris et Légat de sa Sainteté  le Pape Pie XI  Souverain Pontife ainsi qu’à la première ordination Sacerdotale dans cet édifice, d’un prêtre sénégalais du nom d’Alexandre NDIAYE »

Par ailleurs, un des gestes d’Armand PierreAngrand, donne une idée de sa vision et de son engagement envers son peuple : le don de la bibliothèque familiale à l’IFAN. Qui, à moins d’être quelqu’un à la mentalité d’un pilleur de caveau de tombeaux égyptiens ou d’un vendeur de tableaux rares, peut mettre un prix sur les œuvres d’une bibliothèque ? Car la Joconde, de Léonard De Vinci, comme le « David » de Michel Ange, œuvres devant lesquelles s’évanouissent des personnes de toutes conditions de toutes nationalités, une bibliothèque n’a pas de prix.

Nous pensons que l’enseignement de l’histoire ne devrait être que « nettali » (raconter de manière linéaire les faits historiques), mais les expliquer, donner leurs causes, leurs interactions et les enjeux. Bien évidemment beaucoup parmi ceux qui enseignent l’histoire ne sont pas neutres. C’est pourquoi selon que l’on soit « noble » ou roturier, riche ou pauvre, on peut toujours trouver un communicateur traditionnel ou un Pr. agrégé pour vous écrire, raconter votre histoire. A cet égard Gorgi Yelli Cissé de Louga (paix à son âme) nous disait souvent : «  je n’ai pas tellement envie de pénétrer l’histoire  du Sénégal, car personne n’aime que l’on fasse cas de la défaite de ses aïeux » (Ku nu ci daq sa maam doo bëg nu waxko ». En tout cas parcourant le curriculum vitae de ce fils de Léopold Angrand et de Mathilde Faye, on ne peut manquer de se demander s’il ne portait pas ombrage quelque part à certains ? D’autant que c’est comme qui dirait que l’ostracisme est le lot commun de tous ceux portent l’IFAN  dans leur cœur : Armand Angrand, Théodore Monod, Cheikh Anta Diop. M. Ibrahima Sagna, Maître Assistant à cet Institut qui de par son engagement travaille  à régénérer le Laboratoire Carbonne 14, fondé par

Cheikh Anta Diop que certains cherchent à liquider irrémédiablement, fait également partie du lot.

Pour terminer, nous pensons que le nom d’Agrand Armand Pierre, mérite d’être porté au fronton d’un aéroport, d’un stade ou d’un boulevard. Aussi vu la dimension, la vision de ce fils de Goréé, enraciné dans les valeurs de civilisations, sénégalaises, africaines, on ne peut manquer d’interroger l’histoire pour savoir si la personne ne portait pas ombrage, ne dérangeait pas quelque part. En tout cas à notre connaissance, il n’a pas été suffisamment célébré, par les hommes de culture, proportionnellement à son envergure historique et culturelle. Voilà pourquoi nous disions tantôt que l’historien n’est pas toujours neutre. Qui a vu, par exemple, une rue, une place, porter le nom de Nkrumah, Lumumba, Ben Barka, Pétion, Toussaint Louverture, Dessalines etc., à Dakar, Kaolack, Saint-Louis Ziguinchor ? Nous pensons que la même question peut être posée aux ressortissants de toutes les ex-colonies.

Notons enfin un autre trait à relever en la personnalité de Monsieur le Maire. Hormis sa probité morale, c’est son attachement à sa patrie, à sa terre qui retient l’attention. Armand Angrand a toujours résidé à Goré et Dakar et avait domicilié tout son patrimoine au Sénégal. Cela, est important à souligner au moment ou on occulte l’émigration des hommes d’Etat, de l’élite pour médiatiser fortement l’émigration dite clandestine. Sans parler des détournements du patrimoine national.

Après sa retraite il a continué de résider au Sénégal ou il a succombé d’une crise cardiaque, le 29 août 1964, entouré des siens. La cérémonie fut célébrée avec les honneurs militaires, à la Cathédrale du souvenir africain en présence des Généraux de l’armée sénégalaise, française et d’autres corps constitués de la Nation.

Dakar 12 juillet 2006
Ababacar FALL-Barros

Coordonnateur général du Groupe de Recherche et d’Initiative pour la libération de l’Afrique (GRILA-Sénégal)


Les Français de plus en plus négrophobes ?

negresse

Par Claude Ribbe,

Il est bien difficile de donner un sens absolu aux chiffres des sondages, mais une enquête d'opinion qui sera rendue publique au printemps 2008 laisse néanmoins penser que la négrophobie serait bel et bien en hausse au pays des droits de l'homme. Les Français seraient en effet plus nombreux que l'an passé à considérer que les "noirs" constituent "un groupe à part" dans la société : inassimilables, il se ressembleraient tous. Une hausse qui, cette fois, viserait plus encore les Antillais (+20 %) que les "Africains", même si cette vision raciste de la "négritude" est plus que largement teintée de xénophobie et d'intolérance.

Oscar Peterson, compositeur canadien 1925-2007

Lucien Poirier dit Julien Gracq, écrivain français, 1910-2007. Refusa le prix Goncourt en 1951

Cela n'empêche pas les personnes interrogées de considérer que le racisme est moins important que naguère et qu'on voit assez de "noirs" à la télévision ou en politique pour n'avoir pas à en réclamer davantage. Une sorte d'effet Yade-Roselmack : on en met deux devant pour ne plus avoir à parler des autres. Il est évident que la médiatisation des campagnes prônant le comptage "ethno-racial" de la population et les revendications identitaires de certaines associations ne sont pas étrangères à ce résultat calamiteux, largement tributaire au demeurant de la manière dont la prétendue "question noire", à la télévision, est insidieusement mêlée aux problèmes d'immigration et de violences urbaines. Car c'est malheureusement la télévision, de plus en plus abrutissante, qui conditionne la "pensée" de 97 % des Français (telle est la proportion de ceux qui la regardent : trois heures et demie en moyenne par jour !). Les personnes interrogées en ont d'ailleurs parfaitement conscience : elles déclarent que l'information télévisée renforce le racisme. Le seul signe encourageant est que les sondés seraient un peu plus nombreux à penser que la notion de "race humaine" n'a pas de sens. Il y en a cependant encore trois quarts pour croire le contraire et plus de dix pour cent, je crois, racistes et fiers de l'être, à estimer, comme au bon vieux temps, que certaines "races" sont supérieures aux autres. Pour oublier toutes ces sottises, les 3 % qui ne regardent pas la télévision pourront toujours profiter de leurs congés pour lire Un balcon en forêt, tout en écoutant Tenderly. Ils rêveront peut-être qu'il suffit d'"être blanc" pour écrire comme Julien Gracq, de même qu'il suffit d'"être noir", c'est bien connu, pour jouer et composer comme Oscar Peterson.

mercredi 26 décembre 2007