le logo du magazine d'informations pyepimanla du mois de mars


Actualités Archives Forum Liens Annuaire Boutique Contact

Dépigmentation : Une association pour l’organisation d’un débat national

savions depigmentant

"Aux grands maux les grands remèdes." C’est ce que préconise la présidente de l’Association burkinabè pour la valorisation d’une image positive de la femme dans les médias (ABVIPF/M) contre la dépigmentation. Elle estime qu’il faut organiser un débat national sur ce fléau.

Pratique remontant dans la nuit des temps, la dépigmentation prend de nos jours des proportions on ne peut plus inquiétantes. En dehors de toutes statistiques, le simple constat visuel ne suffit-il pas à nous situer sur l’ampleur du phénomène ? En effet, un petit tour chez les vendeurs de produits dépigmentants achève de convaincre qu’il y a péril en la demeure.

La problématique de la dépigmentation mérite l’organisation d’un débat sur le plan national. Voici plusieurs années que le mal persiste, et aucune mesure n’est prise par les pouvoirs publics pour apporter des réponses énergiques à ce phénomène. Il suffirait qu’une loi portant interdiction d’importation de ces produits soit votée et appliquée pour décourager ces marchands sans vergogne. Nous sommes conscients que de gros intérêts sont en jeu, mais rien n’est plus précieux que la santé des Burkinabè. C’est pourquoi ce combat doit être celui de toutes les personnes qui sont fières d’affirmer leur identité profonde. Nous lançons un cri de guerre contre l’utilisation des produits éclaircissants et espérons qu’il sera entendu et que de nombreux combattants se joindront à nous.

Nous invitons également les autorités coutumières et religieuses à s’approprier cette lutte afin de préserver la culture que nous ont laissée nos ancêtres.

Depuis plusieurs années, la dépigmentation se pratique, malheureusement, dans notre pays. Quelle que soit leur motivation, il est déplorable de voir nos chères mères et soeurs dépenser autant d’argent pour détruire une si belle peau naturelle que Dieu leur a donnée.

Comment, en effet, comprendre que des personnes décident de s’attaquer, d’une manière ou d’une autre, à leur peau par des pratiques aussi négatives que diverses aux conséquences énormes et mortelles ?

Nous croyons que c’est une offense et même une insulte de vouloir changer la couleur de sa peau. Senghor qui disait : "femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est vie..." nous invite à magnifier ce beau corps que Dieu nous a donné. Femmes noires d’ici et d’ailleurs, soyez fières de votre peau et louez le Seigneur jour et nuit, lui qui vous a créées belles.

Notre peau, faut-il le rappeler, joue, entre autres, le rôle d’enveloppe protectrice du corps. Elle est l’un des organes les plus importants du corps au regard de sa surface et de sa masse. La peau constitue une barrière physique qui protège les tissus et organes sous-jacents des agressions extérieures. Elle est donc une barrière efficace face aux microorganismes. En outre, elle évite les pertes de fluides corporels et représente une membrane semi-perméable face aux liquides extérieurs. Enfin, elle est une protection contre les rayons du soleil, notamment grâce à sa pigmentation.

Il faut, par ailleurs, souligner que certaines cellules épidermiques jouent un rôle important dans la protection immunitaire du corps humain.

Comme l’affirme Paul Valéry, "notre peau est notre organe le plus profond". Elle doit faire notre fierté. C’est pourquoi, nous vous invitons à vous engager avec l’ABVIPF/M pour lutter contre la dépigmentation.

La main dans la main, nous viendrons à bout de ce phénomène aux conséquences dramatiques.

Tous déterminés et unis, nous gagnerons le combat !

Sylvie Ouédraogo

Présidente de l’ABVIPF/M

source
mercredi 13 février 2008.

Votre peau est noire ? Laissez-la vivre !

Gardez-vous des produits dépigmentants à visée cosmétique ! Une équipe britannique relate en effet, la mésaventure d’une jeune femme d’origine africaine obnubilée par la couleur de sa peau, et qui voulait à tout prix l’éclaircir. A tout prix, l’expression n’est pas trop forte. A grands renforts de crèmes soit-disant « adaptées », elle s’est finalement retrouvée… gravement malade.

Prise de poids incontrôlable, grossesse impossible, teint zébré, ecchymoses… L’équipe médicale du Hammersmith Hospital de Londres, n’en revenait pas. « Cette jeune femme de 28 ans présentait également une faiblesse musculaire et une inflammation des muqueuses de la bouche et du pharynx » précisent les auteurs dans la dernière livraison du Lancet.

Face à ce tableau clinique inquiétant, la patiente a bien été obligée de « lâcher » le morceau : depuis 7 ans, elle étalait quotidiennement sur sa peau une « crème dépigmentante » vendue (illégalement) en épicerie ! Une crème qui s’est révélée contenir du clobétasol. Or ce dermocorticoïde très puissant, habituellement utilisé à très faibles doses dans le traitement de dermatites atopiques et de psoriasis en plaques, ne devrait pas être accessible sans ordonnance. Et moins encore, hors pharmacie !

congolaise

« Ce problème existe aussi en France et il est certainement sous-estimé » nous explique le Dr François Desruelles, dermatologue à Nice. « Ces crèmes sont achetées en dehors du circuit légal par des personnes d’origine africaine. Je ne peux pas vous donner des noms de marque, puisque ces produits sont très souvent importés et de préparation artisanale. Ils contiennent généralement des corticoïdes potentiellement dangereux. » Certes il existe des crèmes dépigmentantes vendues en officine. Mais si leur innocuité est garantie, « leur efficacité, elle, est limitée ». L’occasion de rappeler qu’un médicament n’est pas un produit comme les autres. Il s’achète en pharmacie, et nulle part ailleurs. Certainement pas en épicerie. Et puis… restons nous-mêmes, tel(les) que la Nature nous a fait(e)s !

Source : Lancet, 14 février 2008, interview du Dr François Desruelles, dermatologue à Nice

Cosmétiques : quand la dépigmentation laisse des traces

depigmentant

Séduire à tout prix ! A Brazzaville au Congo, l’utilisation à visée cosmétique de produits dépigmentants connaît un essor inquiétant. Chez les femmes, mais aussi chez les hommes. Des médecins mettent en garde contre les complications fréquentes et potentiellement graves de ce que les initiés appellent kapokola.

C’est en effet ce que révèle une étude réalisée à Brazzaville, dans le cadre d’une mission humanitaire, par le Dr Mohamed Boui et son équipe de l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat au Maroc. Sur les 450 hommes qui ont été examinés, 18 soit 4%, présentaient des signes cliniques liés à cette pratique.

Les auteurs précisent que ces hommes étaient soit aisés, soit fonctionnaires. Les complications observées –principalement sur le visage, les mains et les pieds- sont des hyper ou des hypo-pigmentations, ainsi que des vergetures. Des cas d’infections et d’acné ont également été signalés.

En revanche, pas de complications à type de diabète ou d’hypertension, retrouvées notamment chez les femmes. Les auteurs avancent à cela  deux raisons: le début tardif de cette pratique chez les hommes, et l’utilisation d’une quantité moins importante de produits par rapport aux femmes.

Malgré tout, l’usage inconsidéré de produits de dépigmentation expose à des complications graves, nous a confirmé le Dr Boui. Il a également identifié quelques substances toxiques comme l’hydroquinone. Interdite dans l’Union européenne depuis février 2001, cette dernière est utilisée en Afrique sub-saharienne à des concentrations très élevées.

Malheureusement, les notices d’utilisation ne font aucune mention des concentrations des produits utilisés. Le Dr Boui ajoute enfin que la plupart des produits de fabrication artisanale contiennent des substances corrosives comme l’acide, le  citron ou encore le  savon noir…

source