Dépigmentation :
Une association pour l’organisation d’un débat national
"Aux grands maux
les
grands remèdes." C’est ce que préconise la présidente de l’Association
burkinabè pour la valorisation d’une image positive de la femme dans
les médias
(ABVIPF/M) contre la dépigmentation. Elle estime qu’il faut organiser
un débat
national sur ce fléau.
Pratique
remontant dans la nuit des temps, la
dépigmentation prend de nos jours des proportions on ne peut plus
inquiétantes.
En dehors de toutes statistiques, le simple constat visuel ne suffit-il
pas à
nous situer sur l’ampleur du phénomène ? En effet, un petit
tour chez les
vendeurs de produits dépigmentants achève de convaincre qu’il y a péril
en la
demeure.
La
problématique de la dépigmentation mérite l’organisation
d’un débat sur le plan national. Voici plusieurs années que le mal
persiste, et
aucune mesure n’est prise par les pouvoirs publics pour apporter des
réponses
énergiques à ce phénomène. Il suffirait qu’une loi portant interdiction
d’importation de ces produits soit votée et appliquée pour décourager
ces
marchands sans vergogne. Nous sommes conscients que de gros intérêts
sont en
jeu, mais rien n’est plus précieux que la santé des Burkinabè. C’est
pourquoi
ce combat doit être celui de toutes les personnes qui sont fières
d’affirmer
leur identité profonde. Nous lançons un cri de guerre contre
l’utilisation des
produits éclaircissants et espérons qu’il sera entendu et que de
nombreux
combattants se joindront à nous.
Nous invitons
également les autorités coutumières et
religieuses à s’approprier cette lutte afin de préserver la culture que
nous
ont laissée nos ancêtres.
Depuis
plusieurs années, la dépigmentation se pratique,
malheureusement, dans notre pays. Quelle que soit leur motivation, il
est
déplorable de voir nos chères mères et soeurs dépenser autant d’argent
pour
détruire une si belle peau naturelle que Dieu leur a donnée.
Comment, en
effet, comprendre que des personnes décident
de s’attaquer, d’une manière ou d’une autre, à leur peau par des
pratiques
aussi négatives que diverses aux conséquences énormes et
mortelles ?
Nous croyons
que c’est une offense et même une insulte de
vouloir changer la couleur de sa peau. Senghor qui disait :
"femme
nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est vie..." nous invite à
magnifier ce beau corps que Dieu nous a donné. Femmes noires d’ici et
d’ailleurs, soyez fières de votre peau et louez le Seigneur jour et
nuit, lui
qui vous a créées belles.
Notre peau,
faut-il le rappeler, joue, entre autres, le
rôle d’enveloppe protectrice du corps. Elle est l’un des organes les
plus
importants du corps au regard de sa surface et de sa masse. La peau
constitue
une barrière physique qui protège les tissus et organes sous-jacents
des
agressions extérieures. Elle est donc une barrière efficace face aux
microorganismes. En outre, elle évite les pertes de fluides corporels
et
représente une membrane semi-perméable face aux liquides extérieurs.
Enfin,
elle est une protection contre les rayons du soleil, notamment grâce à
sa
pigmentation.
Il faut, par
ailleurs, souligner que certaines cellules
épidermiques jouent un rôle important dans la protection immunitaire du
corps
humain.
Comme
l’affirme Paul Valéry, "notre peau est notre
organe le plus profond". Elle doit faire notre fierté. C’est pourquoi,
nous vous invitons à vous engager avec l’ABVIPF/M pour lutter contre la
dépigmentation.
La main dans
la main, nous viendrons à bout de ce
phénomène aux conséquences dramatiques.
Tous
déterminés et unis, nous gagnerons le combat !
Sylvie
Ouédraogo
Présidente de
l’ABVIPF/M
source
mercredi 13 février 2008.
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Votre
peau est noire ? Laissez-la vivre !
Gardez-vous
des produits dépigmentants à visée cosmétique ! Une
équipe britannique relate en effet, la mésaventure d’une jeune femme
d’origine
africaine obnubilée par la couleur de sa peau, et qui voulait à tout
prix
l’éclaircir. A tout prix, l’expression n’est pas trop forte. A grands
renforts
de crèmes soit-disant « adaptées », elle s’est
finalement retrouvée…
gravement malade.
Prise de poids
incontrôlable, grossesse impossible, teint zébré,
ecchymoses… L’équipe médicale du Hammersmith Hospital
de Londres, n’en
revenait pas. « Cette jeune femme de 28 ans
présentait également une
faiblesse musculaire et une inflammation des muqueuses de la bouche et
du
pharynx » précisent les auteurs dans la dernière
livraison du Lancet.
Face à ce
tableau clinique inquiétant, la patiente a bien été obligée
de « lâcher » le morceau : depuis 7 ans,
elle étalait quotidiennement
sur sa peau une « crème dépigmentante »
vendue (illégalement)
en épicerie ! Une crème qui s’est révélée contenir du
clobétasol. Or ce
dermocorticoïde très puissant, habituellement utilisé à très faibles
doses dans
le traitement de dermatites atopiques et de psoriasis en plaques, ne
devrait
pas être accessible sans ordonnance. Et moins encore, hors
pharmacie !

« Ce
problème existe aussi en France et il est certainement
sous-estimé » nous explique le Dr François
Desruelles, dermatologue à
Nice. « Ces crèmes sont achetées en dehors du circuit
légal par des
personnes d’origine africaine. Je ne peux pas vous donner des noms de
marque,
puisque ces produits sont très souvent importés et de préparation
artisanale.
Ils contiennent généralement des corticoïdes potentiellement dangereux. »
Certes il existe des crèmes dépigmentantes vendues en officine. Mais si
leur
innocuité est garantie, « leur efficacité, elle, est
limitée ».
L’occasion de rappeler qu’un médicament n’est pas un produit comme les
autres.
Il s’achète en pharmacie, et nulle part ailleurs. Certainement pas en
épicerie.
Et puis… restons nous-mêmes, tel(les) que la Nature nous a
fait(e)s !
Source :
Lancet, 14 février 2008, interview du Dr François Desruelles,
dermatologue à
Nice |
Cosmétiques :
quand
la dépigmentation laisse des traces

Séduire à
tout prix !
A Brazzaville au Congo, l’utilisation à visée cosmétique de produits
dépigmentants connaît un essor inquiétant. Chez les femmes, mais aussi
chez les
hommes. Des médecins mettent en garde contre les complications
fréquentes
et potentiellement graves de ce que les initiés
appellent kapokola.
C’est en
effet
ce que révèle une étude réalisée à Brazzaville, dans le cadre d’une
mission
humanitaire, par le Dr Mohamed Boui et son équipe de l’hôpital
militaire
Mohammed V de Rabat au Maroc. Sur les 450 hommes qui ont été examinés,
18 soit
4%, présentaient des signes cliniques liés à cette pratique.
Les auteurs précisent que
ces hommes étaient soit aisés, soit fonctionnaires.
Les complications
observées –principalement sur le visage, les mains et les pieds- sont
des hyper
ou des hypo-pigmentations, ainsi que des vergetures. Des cas
d’infections et
d’acné ont également été signalés.
En revanche, pas de complications
à type de diabète ou d’hypertension, retrouvées
notamment chez les femmes.
Les auteurs avancent à cela deux raisons: le début
tardif de cette
pratique chez les hommes, et l’utilisation d’une quantité moins
importante de
produits par rapport aux femmes.
Malgré tout, l’usage
inconsidéré de produits de dépigmentation expose à des complications
graves, nous a confirmé le Dr Boui. Il a également identifié
quelques
substances toxiques comme l’hydroquinone. Interdite dans
l’Union européenne
depuis février 2001, cette dernière est utilisée en Afrique
sub-saharienne à
des concentrations très élevées.
Malheureusement, les
notices d’utilisation ne font aucune mention des concentrations des
produits
utilisés. Le Dr Boui ajoute enfin que la plupart
des produits de
fabrication artisanale contiennent des substances corrosives comme
l’acide,
le citron ou encore le savon noir…
source
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