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Famine en
Haïti : la population en est réduite à manger des galettes d’argile 
Haïti crie famine. Dans ce pays où plus de la moitié de la population a moins
de 15 ans, la flambée du cours des céréales oblige 6 habitants sur 10 à se
nourrir de boue, un mélange d’argile et d’eau croupie, «cuisinée» sous la forme
de gâteaux. La crise alimentaire est telle dans cette île de la mer des
Caraïbes que c’est le seul repas que peuvent se procurer des milliers de
Haïtiens depuis quelques semaines. Les Haïtiens ont toujours mangé de la boue,
une habitude locale pour l’apport en calcium. Mais dans cette proportion, les
galettes, pleines de microbes, sont très nocives pour la santé.
Des galettes de boue pour tout repas
Dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde,
les paysans affamés finissent par manger de la boue salée et séchée.
L'augmentation du prix des céréales, les inondations, l'instabilité politique
et la mauvaise gestion de l'aide humanitaire sont en cause.
Quand il n'y a rien à manger, il y a encore de la terre.
Le mélange, avec un peu d'eau, du sel et de la matière grasse végétale, donne
une masse boueuse lisse. Découpée en rondelles plates et séchées au soleil,
elle devient une sorte de "biscuit", "peu appétissant et qui
donne des maux de ventre", disent ceux qui en goûtent. Mais c'est bien le
seul repas que prennent des milliers de Haïtiens trois fois par jour depuis
quelques semaines. Autant dire que Haïti n'en finit pas sa descente aux enfers.
Comment en est-on arrivé là? Charles Ridoré, un Fribourgeois d'origine
haïtienne et ancien secrétaire romand de l'organisation caritative Action de
carême, accuse d'emblée la classe politique de son pays natal.
"L'instabilité et la guerre des clans ont empêché tout progrès. Les
réformes, notamment agraires, n'ont pas eu lieu, et le pays importe l'essentiel
des produits alimentaires de base", explique-t-il. En effet, la totalité
de la farine consommée, soit 200 000 tonnes par an, est importée. Pour le
riz, 75 % de la consommation – soit 320 000 tonnes – vient de l'étranger.
Or les prix du riz et de la farine ont pris l'ascenseur ces derniers temps sur
le marché mondial. Les raisons sont multiples : mauvais temps, récoltes
insuffisantes, forte demande de l'Asie émergente et utilisation de blé pour les
biocarburants. "Pour les 6 millions de Haïtiens qui vivent dans l'extrême
pauvreté, sur une population de 9 millions d'habitants, la hausse des prix des
produits alimentaires est insupportable", explique Mario Rapacosta,
fonctionnaire à l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),
basée à Rome. Il fait aussi remarquer qu'il y a de moins en moins de vivres
disponibles pour l'aide humanitaire.
Autre raison de cette catastrophe : Noël et Olga, deux cyclones tropicaux qui
ont dévasté le pays en novembre et en décembre. "Ils ont frappé juste
avant la récolte des bananes plantain et des légumes et ont tout détruit",
poursuit Mario Rapacosta. Selon lui, ce sont précisément les paysans des hauts
plateaux qui ont tout perdu et qui sont aujourd'hui réduits à l'extrême
pauvreté.
Marco Gilli, responsable de l'aide humanitaire suisse à Port-au-Prince, la
capitale haïtienne, n'est pas surpris que les gens démunis finissent par manger
de la boue. "Nous voyons de plus en plus d'enfants à la campagne, ayant
une teinte rouquine. C'est un indicateur fiable de l'extrême
malnutrition", dit-il. La coopération suisse consacre environ 5 millions
de francs par année à Haïti. L'essentiel est versé au Programme alimentaire
mondial (PAM), qui achète et distribue les vivres.
Mario Rapacosta ne cache pas sa frustration face à cette situation. Il estime
que le fonctionnement de la FAO, mais aussi de l'ensemble des organisations
onusiennes et non gouvernementales, est en cause. "Nous agissons en cas
d'urgence et négligeons les problèmes structurels, dit-il. Le travail de
prévention des catastrophes – construction des infrastructures, éducation des
paysans – passe à la trappe."
Pour Charles Ridoré, il y a un autre coupable: les exportations subventionnées
du riz, de la farine et d'autres denrées par les Etats-Unis et l'Europe.
"Petit à petit, nos paysans ont abandonné les champs parce qu'ils ne
pouvaient pas faire face aux importations à bas prix, explique-t-il.
Aujourd'hui nous sommes dépendants des importations et payons le prix fort
lorsque le marché international est à la hausse."
Ram Etwareea
L'ONU
identifie Haïti parmi 18 zones de conflit dans le monde affectant les enfants
Le Conseil de sécurité a évoqué des sanctions contre les groupes armés et
gouvernements responsables du recrutement d'enfants soldats, lors d'une session
spéciale mardi à New York
mardi
12 février 2008, Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est engagé mardi
à protéger la population infantile affectée par les conflits armés et a menacé
d'adopter des sanctions contre des groupes impliqués dans le recrutement
d'enfants soldats en soulignant les abus commis contre des mineurs dans 18
zones de conflit dont Haïti.
Les
quinze membres du Consei se sont exprimés avec beaucoup de fermeté à l'issue
d'une session spéciale intitulée "Les enfants et les conflits armés"
et à laquelle a notamment participé la représentante spéciale des Nations Unies
pour les mineurs en conflit, Radhika Coomaraswamy. Elle a répertorié différents
types d'abus commis en 2007 contre les enfants à travers le monde, citant leur
recrutement forcé comme combattants, des agressions sexuelles, des attaques
contre des établissements scolaires et l'impossibilité pour les mineurs d'avoir
accès à l'aide humanitaire.
Devant
la directrice de l'UNICEF, Ann Veneman et les représentants de 51 pays, dont le
chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, Mme Coomaraswamy, qui
présentait le septième rapport du Secrétaire général de l'ONU sur les enfants
et les conflits armés, a indiqué que dans 13 des 18 régions concernées
l'organisation a repéré 58 groupes armés et gouvernements ayant assumé de
lourdes responsabilités dans le recrutement d'enfants soldats.
Parmi
les pays où des situations de conflit ont directement affecté des mineurs
figurent l'Irak, l'Afghanistan, la République Démocratique du Congo (RDC), le
Soudan, la Birmanie, la Colombie et Haïti. Ces deux derniers pays sont les
seuls du continent américain où les enfants ont été associés à des conflits
armés.
Entre
la deuxième Présidence de Jean-Bertrand Aristide (2001-2004) et "l'Opération
Bagdad", la guérilla urbaine de ses partisans ayant suivi son départ du
pouvoir en février 2004, de nombreux enfants soldats ont été recrutés par des
gangs notamment à Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince). Certains
d'entre eux ont même avoué à la télévision avoir commis des meurtres ou
participé à des enlèvements.
spp/Radio
Kiskeya
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Cité Soleil






Haïti : Ma vie ne me ressemble pas…
Je
dois vous rapporter, le cœur gros, la rage au ventre, que ce type
d’établissement n’existe pas à Port-au-Prince.
Les
Port-au-Princiens ne savent pas ce qu’ils manquent. En fait, oui, ils le savent
et selon mes sources dans le monde diplomatique, l’ambassadeur américain a été
vertement sermonné par le président de l’État, M. Préval. « Pas de McDo feng
shui en Haïti ? C’est injuste en pile ! » aurait déploré le président.
***
Hier,
nous sommes allés à Cité-Soleil. Oui, c’est un bidonville, oui, ça frappe
l’imaginaire. Mais cessez de capoter, bonne gens. Cité-Soleil est un peu
devenue une sorte de Disneyland haïtien, pas dans le sens où y défilent des
mascottes de Mickey Mouse mais dans le sens où les étrangers de passage vont
tous faire un tour dans la zone. Bientôt, ils en rapporteront des t-shirts. Et
s’ils vont tous y faire un tour, croyez-moi, c’est que la situation sécuritaire
n’y est plus aussi grave qu’à une certaine époque. Mais, me racontait hier une
Canadienne basée en Haïti, les étrangers de passage ne veulent pas que ça
sache, ils aiment bien les frissons que provoque chez leurs proches la
révélation qu’ils sont allés braver le danger à Cité-Soleil…
De
toute façon, aussi bien vous le dire, vous étiez si inquiets pour moi avant le
départ : sans me sentir aussi en sécurité qu’à Drummondville, ce n’est pas
Bagdad non plus. Depuis un an, semble-t-il, le climat s’est amélioré, les gens
ont recommencé à marcher de soir dans certains coins de la ville. Oui, il y a
encore du banditisme, mais ça s’améliore, me dit-on, pour les étrangers et,
surtout, pour les Haïtiens…
***
Fin
des entrevues, hier, avec les jeunes de Haïti en scène qui joueront un
Starmania créolisé à la Tohu, fin mars. Pour la plupart, ce sera un premier
voyage hors d’Haïti. On a fait une sorte de Droit de parole où chacun
s’exprimait sur une variété de sujets touchant le spectacle et touchant leur
pays, du fric en passant par les politiciens, l’homosexualité, la sécurité et
la pauvreté.
Ce
qui en ressort ? Eh bien, ils pourraient tous vous chanter un bout de l’opéra
de Plamondon, un bout qui ressemble pas mal à ce qu’ils ressentent, en 2008, en
tant que Port-au-Princiens qui vivent dans une ville où il n’y a pas d’eau
courante, pas de cadastre, pas de jobs, pas beaucoup de possibilités
d’éducation supérieure, où il faut comme à peu près tout le monde tenir de
petites jobines pour survivre : « Ma vie ne me ressemble pas… »
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Haïti/Cité Soleil : Vivre, un casse-tête
par Djems Olivier
P-au-P, 11 févr. 08 ---Sans secours, Josselène, une jeune
femme dans la trentaine, est bel et bien mère de neuf enfants. Dans sa bicoque
au toit de chaume à Soleil 21, elle vit entassée avec douze âmes dont elle est
incapable de nourrir dignement, constate l’agence en ligne AlterPresse.
« M ap viv nan yon depotwa, m pa gen rele ni reponn
(Je vis piteusement dans un taudis, personne ne me tient la main pour sortir de
cette situation difficile) », se plaint-elle, l’air désespéré.
A une distance de 20 mètres, il
est difficile de croire que des humains logent dans cet abattoir presque à ciel
ouvert. La présence de porcs dans le voisinage de cette « maison » en
est déjà une preuve tangible. Pourtant, Josselène y demeure bon an mal an. A la moindre averse, « nous ne pouvons pas fermer les
yeux », explique-t-elle à AlterPresse, regardant avec désolation sa jeune
fille en âge de travailler.
Soleil 21, communément appelé Norway, est l’un des
quartiers misérables de Cité Soleil, un bidonville enclavé situé à la sortie
nord de Port-au-Prince. Contrôlée auparavant par des bandes armées,
l’agglomération de Cité Soleil, jusqu’à la fin de 2006, était difficile
d’accès.
De nombreuses familles avaient
dû laisser la zone pour échapper aux attaques des individus illégalement armés.
Josselène était l’une des principales victimes de ces violences qui ont secoué
toute la capitale haïtienne. Sur son épaule droite, les cicatrices de
projectiles sont encore visibles.
Entre septembre 2005 et décembre 2006, l’organisation
humanitaire Médecins sans Frontières (Msf) a soigné 579 blessures par balles
dans la seule commune de Cité Soleil et enregistré un minimum de 1000 décès
liés à la violence.
Des chiffres vraiment impressionants, selon Jessica
Neerkorn, cheffe de mission de Msf Belgique en Haïti.
Avec les opérations conjointes de la Mission des Nations
Unies de stabilisation en Haïti (Minustah) et de la police nationale haïtienne,
les bandes armées ont été démantelées, les principaux caïds de la zone ont été
arrêtés ou tués. La situation sécuritaire s’est depuis améliorée, mais les
conditions de vie de la population sont encore très critiques.
Depuis le 31 décembre 2007, Médecins sans Frontières a mis
fin à ses activités à Cité Soleil pour se consacrer à Martissant (banlieue sud
de la capitale), une zone réputée fragile, où 23% des cas de décès sont liés à
la violence.
« A Cité Soleil, la situation d’urgence est terminée,
mais la situation de crise chronique perdure », affirme Jessica Neerkorn.
Msf Belgique a laissé des médicaments pour trois mois dans
les centres hospitaliers, mais ce n’est pas suffisant.
Un étranger, qui arrive pour la première fois à Cité
Soleil, n’a pas de besoin de guide ni d’interprète pour se faire une idée de la
misère qui sévit dans ce favela, où manger est plus qu’un luxe.
Là, ce sont des milliers de laissés-pour-compte, des gens
sinistrés qui attendent l’arrivée des bons samaritains, les journalistes ne
sont pas toujours les bienvenus.
« Vous venez ici pour prendre nos images pour faire
de l’argent. Vous devez, pour cela, me payer avant de me prendre en
photo », déclare un jeune homme, à moitié-nu, à un cameraman belge.
Ce qu’on observe le plus à Cité
Soleil, ce sont les marchands de « chenjanbe » (aliments populaires
déjà prêts à la consommation). A chaque corridor, on rencontre des marchands de
nourriture.
« Parfois nous sommes obligées de vendre même à
crédit, parce que les gens ne travaillent pas », dit une marchande
rencontrée à Soleil 19.
Au bord de la mer, à quelques
mètres près, des pêcheurs de poissons s’installent, tressant chacun leur
épervier.
La « chambre froide »,
une poissonnerie construite par la Minustah au profit des pêcheurs, ne
fonctionne presque pas.
Là, y-a-t-il toujours de l’électricité ?
Pas de carburant, Monsieur, pour allumer la génératrice.
Cité Soleil 

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