“Bling-bling” fait des bêtises
1er mars 2008 — En ce
début de mars, qui pourrait être le
mois des fous mais qui, paraît-il, ne l’est pas, quel jugement porter?
Abritons-nous derrière quelques pointures.
«Ce type est
fou, complètement fou je vous dis»
(Jean-François Kahn in illo tempore non suspecto, lors de la campagne
électorale).
«Et pourquoi
ça serait-y pas qu’y voudrait foutre le
bordel dans le pays, histoire de secouer les Français?» (Guillaume
Durand, au
vol, dans un fauteuil télé et en col Mao, type révolution culturelle.)
L’édition
Global Europe Anticipation Bulletin n°22
(février 2008) prévoit une “crise de régime” en France «d’ici l’automne
2008»,
notamment à cause du comportement du président de la république par
rapport à
sa fonction. Ce document du groupe LEAP/E2020 estime que les sondages
sont
biaisés favorablement pour le président, que le soutien réel de
l’opinion au
président est actuellement de l’ordre de 20% et qu’il pourrait
atteindre le
seuil critique des 10% à la fin du printemps. Le groupe prévoit une
explosion
sociale à l’automne 2008 entraînant une “crise de régime” «pouvant
aboutir à la
démission du président ou à son effacement politique au profit du
premier
ministre».
«Euh... Bien sûr,
c’est vrai... Mais, voyez-vous, je crois qu’il ne faut pas porter de
jugement
trop vite... C’est sur la longueur qu’on pourra juger, et alors là, je
crois
que ce sera positif.» (La présidente du MEDEF, sur I-Télé.)
Explication de
l’algarade du Salon de l’Agriculture dans
The Independent du 27 février, avec (c’est ce qui nous intéresse)
traduction de
l’interjection: «The bystander told the President not to touch him. M.
Sarkozy replied, “Casse-toi”, or “get lost”. The
man told him to take his dirty hands off him. The President
responded:
“Casse-toi, alors, pauvre con, va.” “Con”
is a fairly mild swear word in French. The President's words can be
translated
as: “Sod off, you arsehole, get lost.”»
Catherine Nay,
à l’émission Le Grand Journal de Canal +,
estime que le Président n’est plus lui-même depuis son divorce, que
quelque
chose s’est brisé en lui. L’homme s’est-il séparé de sa fonction de
président?
«Il devrait se reposer, il est fatigué, il traîne une angine dont il
n’arrive
pas à se débarrasser.»
«Casse-toi,
pauvre con...» (Le visiteur du Salon de
l’Agriculture, en substance dans ses oeuvres.)
Chirac, il y a
quelques années face à un anonyme dans la
foule qui l’avait interpellé façon Sarko («Connard!»): «Enchanté, moi
c’est
Chirac...»
De Gaulle
passant en revue des chars de la France Libre en
1944, avisant sur l’un d’eux cette inscription à la craie: “Mort aux
cons”,
commentant: «Vaste programme».
Quelque chose
d’étrangement nouveau
Bien entendu,
nous nous sommes attachés à l’“incident” le
plus récent et le plus spectaculaire des frasques étranges quoiqu’assez
communes du président “bling-bling” (ou “dling-dling”, après tout?).
Nos
lecteurs savent qu’à cet égard le “dossier“ est épais depuis quelques
mois,
depuis le début de sa présidence; qu’il embrasse tous les aspects d’une
attitude, d’un comportement, jusqu’aux détails les plus dérisoires de
l’habillement, des vacances en bataclan, des services jet set, des
comédies de
boulevard chic (plutôt Saint-Germain que les Capucines) sur la vie
sentimentale
et ainsi de suite, – sorte d’instinct pour le rôle de “nouveau riche”
appliqué
à la fonction présidentielle. Rien de fondamentalement politique dans
tout cela
ou bien est-ce que la politique a changé à la fois de forme et de
substance. On
admettra que la deuxième hypothèse est séduisante et a le mérite, –
c’est la
seule logique qu’on lui reconnaît, – de correspondre à une époque de
vertigineuse décadence, où la tragédie de la chose est balancée par la
dérision
de ses manifestations.
Effectivement,
la situation marie une étrange dérision et
la possibilité de plus en plus grande d’une situation tragique. La
disproportion entre les deux choses est stupéfiante. L’ensemble fait un
tableau
pathétique et surréaliste. La marque principale en est une étrange
absence de
cohérence, de cohésion, de dignité d’apparence, comme une sorte
d’immaturité
fonctionnelle dans le comportement de la principale personne en cause.
On
dirait également, – autre tentative d’explication ou explication
complémetaire,
– qu’il y a des erreurs d’appréciation des événements et de leurs
effets par
substitution des références; on dirait que le personnage évolue dans un
monde
différent du réel, donc qu’il ne peut imaginer les conséquences
extrêmement
dommageables, dans le réel, de ce comportement.
En effet, nous
appuyons sur cet aspect du “comportement”
de l’homme par rapport à la fonction, car là se situe bien sûr
l’originalité
extrême de la situation. S’il n’y a pas de précédent d’une chute aussi
brutale
de la popularité d’un président, si vite après son élection
particulièrement
réussie du point de vue du soutien populaire, il y a encore moins de
précédent
d’une chute de popularité en raison notamment, – en raison
principalement selon
notre sentiment, – de son comportement personnel par rapport à sa
fonction. Ce
mélange de l’aspect le plus intime d’une personne et de l’aspect le
plus
fondamentalement public d’une fonction de la plus haute importance
régalienne
possible est un phénomène complètement inédit.
Ainsi est
engagée une bataille complètement dérisoire,
mais qui s’accorde tous comptes faits au caractère d’une époque qui n’a
plus
aucune capacité à distinguer des références sérieuses. Si, demain, la
crise
devenue paroxystique, ce président de la République faisait une
déclaration
pour annoncer solennellement, comme une concession fondamentale qu’il
fait pour
dénouer la crise, qu’il abandonne le port des lunettes Ray Ban, on n’en
serait
pas vraiment étonné. On analyserait la portée politique de la décision,
avec
autant de sérieux qu’on avait examiné le 30 mai 1968 la portée
politique de la
décision du général de Gaulle de dissoudre l’Assemblée Nationale. Si le
coup
des Ray Ban ratait, l’actuel président se replierait-il sur la décision
de
dissoudre l’Assemblée? Cela a-t-il un rapport?
La confusion
des genres est désormais une pratique
universelle, on dirait un sport “globalisé”. C’est la marque d’une
civilisation, phase finale. Plus personne ni plus rien ne dissimule
dans la
recherche forcenée et affichée de l’apparence la plus voyante
l’ignorance complète
du fond des choses qui est la cause évidente de cette agitation. Les
slogans
réduits aux rudiments les plus expéditifs qui tiennent lieu de
programme des
hommes politiques sont pris au pied de la lettre, acceptés comme tels,
considérés effectivement comme une ligne de conduite et une orientation
politique conséquente (nous alions écrire “comme une philosophie” mais
la plume
a refusé l’obstacle). Le cas de Sarko est extrême parce que sa
psychologie ne
semble connaître aucun frein à cet égard. La chose est en train de
s’avérer à
la fois assez dangereuse et assez fascinante. Comment, se demande-t-on,
parvient-il à ainsi tenir le trait d’une caricature aussi épurée de ce
que lui
a intimé d’être le vote populaire?
Que s’est-il
passé? Le président français actuel est
fascinant, n’en déplaise aux esprits étroits. Avec des moyens étonnants
de
médiocrité, – du port des Ray Ban au «Casse-toi, pauvre con...», – il
remet
d’actualité un problème absolument fondamental. En nous offrant le défi
dérisoire de la “désacralisation” de la fonction présidentielle, il
nous
démontre que la modernité, l’hyper-libéralisme, le “bling-bling” ne
peuvent
exister, même sous la forme de la seule apparence du comportement (car
il lui
arrive aussi d’être, sur le fond, lorsqu’il défend un dossier bien
ficelé sur
la scène européenne, président selon les consignes), qu’en attaquant la
“sacralisation” de la présidence. Ainsi place-t-il les Français devant
l’essentiel. Bref, par son comportement, Sarkozy organise un référendum
massif
sur la légitimité du pouvoir politique dans le cadre régalien de la
Vème
République. L’on en connaît les résultats, qui sont dans les sondages
le
concernant.
En quelques
mois et a contrario, Sarkozy a restauré la
légitimité de l’architecture institutionnelle du général de Gaulle
comme
personne avant lui. Il est également en train de démontrer qu’ils se
font
rares, les êtres humains, – puisque les hommes politiques restent
partie
intégrante du genre humain, – qui, parvenus au faîte de l’architecture
institutionnelle,
peuvent endosser avec grâce et justesse la tunique de Nessus de la
fonction
régalienne. (Parmi les trois significations qu’on attribue à
l’expression sur
la tunique, retenons-en deux: “cadeau empoisonné” et “contrainte
morale”.)
Sarkozy
se marie sous les sifflets

Le
chaud. Le froid. L’intimité du bonheur. L’exposition de la déconvenue.
Un
mariage, samedi, avec Carla Bruni. Un divorce hier, avec les Français.
Et à
l’arrivée, un week-end politique décisif où tout s’emmêle, vie privée
et cote
d’amour publique. Avec d’un côté, le premier chef de l’Etat ayant
divorcé en
cours de mandat qui se marie quelques semaines plus tard avec une
chanteuse et
ex-mannequin. De l’autre, la confirmation par l’institut LH2, dans une
enquête
réalisée pour Libération, d’une chute
extraordinaire de la cote de
confiance du Président : seulement 41% des Français avaient de lui, ce
week-end, une opinion positive, contre 54 % au début du mois de janvier.
Choc de
défiance. Pour François
Miquet-Marty,
directeur des études à l’institut LH2, cette défection massive n’a
qu’un
précédent, celui de Jacques Chirac en 1996. A l’époque, les Français
étaient
déçus par celui qui avait promis de combattre la «fracture
sociale».
Aujourd’hui, le fiasco du «choc de confiance»
annoncé par Sarkozy
provoque en retour un véritable «choc de défiance» qui, à
cinq semaines des municipales, provoque la panique chez
les candidats de
l’UMP.
«Sentiment
d’imposture». Selon
l’enquête de LH2, le
discrédit touche toutes les catégories sociales et toutes les
générations. Il
concerne à la fois la politique économique et le style du chef de
l’Etat : 84 %
des Français sont insatisfaits des résultats de la politique sur le
pouvoir
d’achat, 76 % contestent l’affichage de sa vie privée. François
Miquet-Marty
constate que les «désenchantements constatés»
finissent par donner «le
sentiment d’une imposture». La formule est assassine. Mais
elle rend bien
compte de ce que constatent, sur les marchés, les élus et les militants
en campagne.
Sentiment que confirme la large victoire de la gauche hier à Chartres
(Eure-et-Loir) lors d’une législative partielle face au député-maire
UMP
sortant (lire page 13).
Il
n’y a d’ailleurs plus que les proches du Président qui contestent la
réalité de
cette désillusion généralisée. Yves Jego, porte-parole de l’UMP et
candidat à
sa propre succession à Montereau (Seine-et-Marne), soutient que le
débat sur le
«style Sarkozy» est une construction
médiatique. Et il espère que le
mariage aura aussi pour effet d’éteindre enfin «la passion
journalistique
pour le sujet». C’est aussi l’espoir de l’Elysée, où l’on
s’est contenté
samedi d’un communiqué confirmant un mariage «dans la plus
stricte
intimité».
Mais
chez les candidats de la majorité présidentielle qui ne veulent pas
entendre
parler de politisation de l’élection, le mot d’ordre est bien : «Cachez
ce
Sarkozy que je ne saurais voir, ma campagne est purement locale.» Y
compris
chez les ministres comme Xavier Darcos, Laurent Wauquiez ou Luc Chatel,
engagés
dans des batailles périlleuses. Dans ces conditions, l’initiative du
ministre
chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karouchi, ne devrait
connaître
qu’un succès d’estime. Il a diffusé à usage des candidats, un
pense-bête
rappelant toutes les réformes votées depuis juin.
Claude
Goasguen, député UMP de Paris (et assuré de sa réélection dans le XVIe
arrondissement) est l’un des rares à reconnaître clairement des «remontées
difficiles, notamment dans les grandes villes». Il en a
profité pour
contester violemment l’ouverture aux «vieilles momies»
du
mitterrandisme : Lang, Védrine, Attali ou Rocard.
Les ailes des
dissidents. Cet embarras
manifeste des têtes
de liste UMP donne même des ailes aux représentants de la droite
non-sarkozystes. Des dissidents, engagés dans des combats plutôt
symboliques se
prennent à espérer. Dans les fiefs de droite comme Boulogne, Neuilly et
les
arrondissements de l’ouest parisien (VIIe, XVe
et XVIe),
ils se donnent de bonnes chances d’empêcher l’élection dès le premier
tour des
champions de l’UMP. Pour les plomber, leurs adversaires insistent sur
leur
proximité avec Sarkozy : à Reims, Renaud Dutreil est qualifié de «candidat
bling-bling»; à Angers, la gauche souligne que Christophe
Béchu avait
ouvert le premier meeting de la présidentielle.
L’un
des rares candidats à proclamer sa proximité avec le chef de l’Etat
était hier
le maire du VIIIe arrondissement François Lebel,
candidat à sa
propre succession contre Pierre Lellouche, investi par l’UMP. Lebel a
multiplié
les interviews sur le mariage qu’il a célébré samedi matin. Il raconte
même que
le marié lui a souhaité «bonne chance pour les municipales».
L’Elysée
dément…
ALAIN AUFFRAY
lundi 4
février 2008
Le discours de Nicolas Sarkozy
lors de son déplacement en Afrique du Sud : Téléchargez
en format doc.
|
Rétention
de sûreté : levée de boucliers contre l'initiative de Nicolas
Sarkozy
Nicolas Sarkozy
a une nouvelle
fois tenté de justifier, samedi 23 février, son souhait de voir la loi
sur la
rétention de sûreté appliquée immédiatement, y compris aux détenus déjà
incarcérés. En marge du Salon de l'agriculture, le chef de l'Etat s'est
placé
du côté des "victimes", estimant qu'on ne peut pas "laisser
des monstres en liberté après qu'ils aient effectué leur peine".
Alors que le
Conseil constitutionnel a en partie censuré le texte,
jeudi, M. Sarkozy a appelé la Cour de cassation à la rescousse, demandant à son Premier président,
Vincent Lamanda, de lui
faire des propositions visant à rendre la loi immédiatement applicable.
Cette
solution "n'est pas un contournement" du Conseil
constitutionnel, a assuré le président, sans toutefois convaincre
syndicats de
magistrats, constitutionnalistes et opposition.
Pour les syndicats de magistrats, Nicolas Sarkozy tente bel et bien un
contournement du Conseil constitutionnel. Dans un communiqué, le Syndicat
de
la magistrature (SM), classé à gauche, s'élève contre "un
coup de
force inacceptable", demande à Vincent Lamanda de refuser de
donner
suite à la demande présidentielle et appelle à manifester le 20 mars à
Paris
pour une "nuit de défense des libertés". Même
indignation du
côté de de l'Union syndicale des magistrats (USM),
majoritaire au sein
de la profession : "C'est une décision
ahurissante, unique dans
l'histoire de la Ve République", a estimé son secrétaire
général,
Laurent Bedouet.

Les
superlatifs son également de rigueur au Parti
socialiste. Jean-Marc Ayrault, président du groupe
socialiste à
l'Assemblée nationale, a dénoncé une "stupéfiante atteinte à
l'état de
droit". "Le président de la République n'est plus le
garant de
la Constitution dans notre pays", écrit le député-maire de
Nantes dans
un communiqué.
"NOUS SOMMES DANS UNE PÉRIODE SOMBRE POUR NOTRE JUSTICE"
Dans un entretien au Monde,
Robert Badinter juge "singulier
de demander au plus haut
magistrat de France les moyens de contourner une décision du Conseil
constitutionnel". "Aujourd'hui, nous sommes dans
une période
sombre pour notre justice", prévient l'ancien Garde des
Sceaux
socialiste.
Pour
l'ancienne ministre de la justice socialiste Elisabeth
Guigou, on assiste là à une manoeuvre "inconcevable".
La
réaction de Nicolas Sarkozy "est une dérive grave et
dangereuse car le
plus haut personnage de l'Etat doit donner l'exemple à tous les
citoyens en
matière de respect des institutions", souligne la député de
Seine-Saint-Denis qui demande la convocation de la Commission des lois
de
l'Assemblée nationale.
"Le
gouvernement ne peut que s'incliner devant la
décision du Conseil constitutionnel", met en
garde, sur France
Info, le constitutionnaliste Jean Gicquel. Le
premier président de la
cour de Cassation dispose d'une "marge de manoeuvre
extrêmement
étroite" selon lui.. "Je n'imagine pas le premier
magistrat de
France se mettre en travers du Conseil constitutionnel."
Seule voix à
s'élever pour prendre la défense du chef de
l'Etat, celle de Rachida Dati, qui, dans un entretien au Figaro assure qu'"il
ne s'agit pas de
remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel, mais de
proposer de
nouvelles solutions".
En
marge de cette agitation, les services du Premier président de la
Cour de cassation se sont réunis vendredi soir, se contentant de
confirmer
avoir reçu la proposition de mission de l'Elysée.
source
( Lemonde AFP reuters)
23/02/08
Le
PS accuse Sarkozy de chercher «à porter atteinte à l'Etat de droit»

Le secrétaire
national du PS chargé de la Justice, André
Vallini, estime que la volonté du Président de contourner la censure du
Conseil
constitutionnel sur la rétention de sureté est «un acte très grave».
Pour André
Vallini, le secrétaire national du PS chargé de la Justice,
la décision de Nicolas Sarkozy de demander à la cour de cassation les
voies
d'une application immédiate de la loi sur la rétention de sûreté malgré
la
censure des sages du Palais Royal "n'est pas qu'une
gesticulation
médiatique destinée à l'opinion oublique". Pour lui, c'est
carrément
une "remise en cause de l'Etat de droit".
"C'est aussi
un acte très grave qui revient à mettre
en cause l'autorité suprême des décisions du Conseil constitutionnel", selon
le député, par ailleurs avocat. Or les décisions du Conseil "s'imposent
à toutes les autorités politiques administratives et judiciaires du
pays",
observe celui qui présida la commission sur le scandale judiciaire
d'Outreau. "L'initiative
du président de la République est donc le signe d'une dérive dangereuse
de la
part de celui qui est chargé par la constitution de veiller au
fonctionnement
régulier des pouvoirs publics et qui, en l'espèce, cherche à porter
atteinte à
l'Etat de droit", a encore dit André Vallini.
Par ailleurs, Me Lionel Escoffier, président de la Fédération Nationale
des
Unions des Jeunes Avocats (FNUJA) a qualifié samedi de "dérive
grave" la saisine de la Cour de cassation par le chef de
l'Etat qui
souhaite une application immédiate de la rétention de sûreté. "C'est
une dérive grave. Nous considérons qu'il s'agit là d'une nouvelle
violation des
principes généraux du droit", a déclaré Me Escoffier.
Le chef de l'Etat a demandé au premier président de la Cour de
cassation
Vincent Lamanda "d'examiner la question et de faire toutes
les
propositions nécessaires" pour permettre l'application
immédiate de
la rétention de sûreté. Le Conseil constitutionnel avait stipulé jeudi
que
cette rétention de criminels jugés dangereux à l'issue de leur peine "ne
saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication
de la
loi" ou condamnés "pour des faits commis
antérieurement" à cette publication
Libération.fr
23/02/08
|
Pourquoi il agace la
planète

Alors qu’il est en visite
d’Etat en Inde, Nicolas Sarkozy
et son style provoquent de plus en plus d'agacement dans les grandes
capitales
du monde.
Il intriguait
les dirigeants de la planète, il les agace
de plus en plus. Dans la presse étrangère, Nicolas Sarkozy, présenté à
ses
débuts comme un Président «réformateur», «moderne»,
décidé à
rompre avec les postures gaullistes de la France, reste plus que jamais
à la
Une, mais pour d’autres raisons. Après l’épisode «Cécilia,
le divorce», c’est désormais
son style, ses goûts de luxe et
les frasques de sa vie privée qui sont disséqués par les médias du
monde
entier. Comme ceux d’une star abonnée aux revues people.
«Speedy»
et «sexy». L’Inde, où le
président français effectue une visite
d’Etat depuis vendredi, en est l’illustration. Depuis des jours, «speedy
Sarko» et «sexy Carla» occupent des pages
entières dans les
quotidiens du pays. Des portraits sauce Bollywood leur sont consacrés.
Rien, en
revanche, sur la diplomatie française ou les réformes menées à Paris.
Invité
d’honneur de la fête nationale, Sarkozy a par ailleurs heurté les
dirigeants
indiens par l’extrême rapidité de sa visite. Pas plus qu’ils n’ont
apprécié de
lanterner pour savoir s’il venait ou pas avec sa nouvelle compagne.
Même si la
visite était présentée comme «essentiellement politique»
par
l’Elysée, la faiblesse des accords de coopération et la quasi-absence
de
contrats signés entre les deux pays sont édifiantes.
Dessiné
en joggeur pendu à son portable ou caricaturé en Napoléon par la presse
internationale, Sarkozy a réussi en quelques mois à dilapider l’énorme
a priori
positif dont il jouissait auprès des opinions publiques étrangères. Son
énergie, sa volonté réformiste et sa campagne électorale ont eu un écho
retentissant. Au lendemain de son élection, son livre Témoignage
a été
traduit en chinois, en américain, en hongrois… Des milliers de
reportages
positifs et plusieurs biographies lui ont été consacrés de par le
monde. Aux
Etats-Unis, les républicains, fâchés avec Chirac et la France, l’ont un
temps
présenté en modèle.
Arrogant. Voyageur
compulsif qui n’aime cependant pas rester plus de
quarante-huit heures
loin de Paris, le président de «la nouvelle France»
a honoré des
dizaines d’invitations de chefs d’Etat pressés de faire sa
connaissance. Il a
déjà effectué l’équivalent de près de dix fois le tour de la terre dans
son
avion. En Chine, sa diplomatie de VRP tournant le dos - comme ses
prédécesseurs
- à la «diplomatie des droits de l’homme» affichée
après son élection a
été appréciée. En Afrique, son discours de Dakar a fait grincer bien
des dents.
Aux Etats-Unis, sa difficulté à tourner la page Bush par ses
quasi-silences sur
l’Irak ou le réchauffement climatique a surpris. En Europe, il irrite
Angela Merkel,
insupporte Gordon Brown et n’amuse pas du tout les dirigeants des
petits Etats,
qui le jugent arrogant.
Sarkozy,
qui jubile ouvertement de son costume de «grand de ce monde»
et raffole
des tribunes internationales, n’a pas fini de faire parler de lui. Dans
les
mois à venir, il est attendu en Angleterre, en Roumanie, au Brésil, en
Angola,
en Afrique du Sud, au Tchad… En attendant le Japon, le Pérou… De bien
belles
images en perspective !
ANTOINE GUIRAL
Royal,
Bayrou, Villepin: ensemble contre «la
monarchie élective»

Aux côtés de
17 autres personnalités, dont Jean-Pierre
Chevènement, Bertrand Delanoë ou Noël Mamère, ils formulent un appel
«pour une
vigilance républicaine» et contre l'Etat Sarkozy.
Royal,
Bayrou, Villepin. Triplette
improbable, qui le temps d’«un appel du 14 février pour une
vigilance
républicaine», publié dans l'hebdomadaire Marianne,
se réunit
pour formuler une critique de l’Etat Sarkozy et une défense des valeurs
de la
République, aux côtés de dix-sept autres personnalités de tous bords :
le maire
PS de Paris Bertrand Delanoë, l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement
(MRC),
les députés Arnaud Montebourg (PS), Noël Mamère (Verts), André Gérin
(PCF),
Jean-Pierre Brard (app-PCF), ou encore Nicolas Dupont-Aignan
(souverainiste) et
Maurice Leroy (Nouveau centre).
Se réclamant
de «sensibilités très diverses», ils
affirment avoir «en commun un certain nombre de convictions
et de valeurs»,
ils entendent notamment réaffirmer «leur attachement au
principe
républicain» et «leur refus de toute dérive vers
une forme de pouvoir
purement personnel confinant à la monarchie élective».
Défense de la laïcité, de
l'indépendance de la presse
Alors que Nicolas Sarkozy a ressorti son couplet sur la
place des religions lors du
dîner annuel du Crif, les signataires rappellent leur «attachement
aux
fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante», mais aussi «à
l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information»
et enfin «à
une politique étrangère digne, attachée à la défense des droits des
peuples,
soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une
Europe
propre à relever les défis du XXIe siècle».
Sans mentionner le nom de Nicolas Sarkozy, cet appel reprend nombre de
critiques formulées contre le style de gouvernement ou les grands
thèmes
défendus par le chef de l'Etat. Reconnaissant avoir «sur un
certain nombre
de sujets importants des positions très différentes», les
signataires, en
tête desquels figure l'ancien chef de cabinet du général de Gaulle,
Pierre
Lefranc, s'engagent «à défendre séparément ou ensemble ces
impératifs comme
toujours ce fut fait au cours de l'histoire de la République.»
Extrait

«
Se faire élire sur un discours sécuritaire quand la population se fait
insidieusement et adroitement manipuler par la presse et en premier
lieu la télévision, majoritairement aux mains des tenants de l'ordre
libéral mais surtout policier , il n'y a rien de plus facile.
Se
faire élire sur la promesse de baisser les impôts en omettant de
préciser que moins d'impôts c'est moins de services publics pour ceux
qui en ont le plus besoin, ceux qui de toute façon ne paient déjà pas
d'impôts ( 53% des foyers français ne paient pas l'impôt sur le
revenu), ça aussi c'est simple....
Se
faire élire en désignant l'étranger comme le coupable de tous nos maux,
et en promettant une chasse à l'immigré, ça aussi c'est basique et ça
rapporte gros ....
Cela
dit, il n'y a que la droite - et encore pas n'importe quelle droite :
la pire , c'est à dire la droite populiste, berlusconnienne et
sarkozyste - pour oser un tel discours.
Mais
quand il s'agit d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés et les
retraites des vieux, ça c'est plus compliqué..... Alors on contorsionne
le discours, on fait semblant, on invente un slogan « travailler plus
pour gagner plus » d'un vide sidéral dont on a du mal à expliquer le
fabuleux succès !
Mais
la réalité est toute autre. Le but affiché - pour ceux qui savent lire
et entendre - de la politique de Sarkozy, c'est de diminuer les
salaires, accroître la précarité des salariés pour mieux les livrer au
patronat le plus réactionnaire mais aussi, et surtout, diminuer les
retraites afin que les salariés cotisent de plus en plus largement aux
assurances privées qui, comme chacun sait, sont des associations
philanthropiques ! »
TF1
avait demandé à l'Elysée la suppression de la publicité sur les chaînes
publiques fin 2007
TF1 avait
plaidé fin 2007 auprès
des pouvoirs publics pour la suppression de la publicité sur les
chaînes
publiques, avant que le président Nicolas Sarkozy n'annonce cette
mesure début
janvier. Cette demande figurait dans un Livre blanc que le groupe a
remis à
l'Elysée quelques semaines avant l'annonce du président Sarkozy,
rapporte,
vendredi 7 mars, le quotidien Les Echos.
Le financement
du service public "uniquement par
des fonds publics" figure en quatrième position parmi les
huit
propositions du Livre blanc de TF1, rapporte le quotidien. Citant en
exemple le
modèle britannique, le groupe de Martin Bouygues fait valloir que cette
mesure "aurait
le mérite d'assainir le marché publicitaire, soumis enfin aux seules
lois de
l'offre et de la demande". Aux yeux de TF1, les chaînes
publiques
opèrent "une ponction très significative sur le marché
publicitaire" et "mènent une véritable politique de
dumping,
entraînant une pression artificielle à la baisse du coût des écrans",
tirant l'ensemble du marché publicitaire vers le bas.
Le
8 janvier, jour de l'annonce de Nicolas Sarkozy, l'action de TF1, qui
devrait
être le principal bénéficiaire de cette mesure au regard de sa part de
marché
prépondérante, avait bondi de 9,47 %. "Très vite, la chaîne a
cherché à
corriger l'image d'un 'cadeau' qui lui serait ainsi fait par le
président de la
République", expliquent Les Echos. Le 27
février, le principal
actionnaire de la chaîne, Martin Bouygues, avait ainsi assuré avoir "découvert"
l'annonce présidentielle lors de sa conférence de presse.
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