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“Bling-bling” fait des bêtises

imperator

1er mars 2008 — En ce début de mars, qui pourrait être le mois des fous mais qui, paraît-il, ne l’est pas, quel jugement porter? Abritons-nous derrière quelques pointures.

«Ce type est fou, complètement fou je vous dis» (Jean-François Kahn in illo tempore non suspecto, lors de la campagne électorale).

«Et pourquoi ça serait-y pas qu’y voudrait foutre le bordel dans le pays, histoire de secouer les Français?» (Guillaume Durand, au vol, dans un fauteuil télé et en col Mao, type révolution culturelle.)

L’édition Global Europe Anticipation Bulletin n°22 (février 2008) prévoit une “crise de régime” en France «d’ici l’automne 2008», notamment à cause du comportement du président de la république par rapport à sa fonction. Ce document du groupe LEAP/E2020 estime que les sondages sont biaisés favorablement pour le président, que le soutien réel de l’opinion au président est actuellement de l’ordre de 20% et qu’il pourrait atteindre le seuil critique des 10% à la fin du printemps. Le groupe prévoit une explosion sociale à l’automne 2008 entraînant une “crise de régime” «pouvant aboutir à la démission du président ou à son effacement politique au profit du premier ministre».

«Euh... Bien sûr, c’est vrai... Mais, voyez-vous, je crois qu’il ne faut pas porter de jugement trop vite... C’est sur la longueur qu’on pourra juger, et alors là, je crois que ce sera positif.» (La présidente du MEDEF, sur I-Télé.)

Explication de l’algarade du Salon de l’Agriculture dans The Independent du 27 février, avec (c’est ce qui nous intéresse) traduction de l’interjection: «The bystander told the President not to touch him. M. Sarkozy replied, “Casse-toi”, or “get lost”. The man told him to take his dirty hands off him. The President responded: “Casse-toi, alors, pauvre con, va.” “Con” is a fairly mild swear word in French. The President's words can be translated as: “Sod off, you arsehole, get lost.”»

Catherine Nay, à l’émission Le Grand Journal de Canal +, estime que le Président n’est plus lui-même depuis son divorce, que quelque chose s’est brisé en lui. L’homme s’est-il séparé de sa fonction de président? «Il devrait se reposer, il est fatigué, il traîne une angine dont il n’arrive pas à se débarrasser.»

«Casse-toi, pauvre con...» (Le visiteur du Salon de l’Agriculture, en substance dans ses oeuvres.)

Chirac, il y a quelques années face à un anonyme dans la foule qui l’avait interpellé façon Sarko («Connard!»): «Enchanté, moi c’est Chirac...»

De Gaulle passant en revue des chars de la France Libre en 1944, avisant sur l’un d’eux cette inscription à la craie: “Mort aux cons”, commentant: «Vaste programme».

Quelque chose d’étrangement nouveau

Bien entendu, nous nous sommes attachés à l’“incident” le plus récent et le plus spectaculaire des frasques étranges quoiqu’assez communes du président “bling-bling” (ou “dling-dling”, après tout?). Nos lecteurs savent qu’à cet égard le “dossier“ est épais depuis quelques mois, depuis le début de sa présidence; qu’il embrasse tous les aspects d’une attitude, d’un comportement, jusqu’aux détails les plus dérisoires de l’habillement, des vacances en bataclan, des services jet set, des comédies de boulevard chic (plutôt Saint-Germain que les Capucines) sur la vie sentimentale et ainsi de suite, – sorte d’instinct pour le rôle de “nouveau riche” appliqué à la fonction présidentielle. Rien de fondamentalement politique dans tout cela ou bien est-ce que la politique a changé à la fois de forme et de substance. On admettra que la deuxième hypothèse est séduisante et a le mérite, – c’est la seule logique qu’on lui reconnaît, – de correspondre à une époque de vertigineuse décadence, où la tragédie de la chose est balancée par la dérision de ses manifestations.

Effectivement, la situation marie une étrange dérision et la possibilité de plus en plus grande d’une situation tragique. La disproportion entre les deux choses est stupéfiante. L’ensemble fait un tableau pathétique et surréaliste. La marque principale en est une étrange absence de cohérence, de cohésion, de dignité d’apparence, comme une sorte d’immaturité fonctionnelle dans le comportement de la principale personne en cause. On dirait également, – autre tentative d’explication ou explication complémetaire, – qu’il y a des erreurs d’appréciation des événements et de leurs effets par substitution des références; on dirait que le personnage évolue dans un monde différent du réel, donc qu’il ne peut imaginer les conséquences extrêmement dommageables, dans le réel, de ce comportement.

En effet, nous appuyons sur cet aspect du “comportement” de l’homme par rapport à la fonction, car là se situe bien sûr l’originalité extrême de la situation. S’il n’y a pas de précédent d’une chute aussi brutale de la popularité d’un président, si vite après son élection particulièrement réussie du point de vue du soutien populaire, il y a encore moins de précédent d’une chute de popularité en raison notamment, – en raison principalement selon notre sentiment, – de son comportement personnel par rapport à sa fonction. Ce mélange de l’aspect le plus intime d’une personne et de l’aspect le plus fondamentalement public d’une fonction de la plus haute importance régalienne possible est un phénomène complètement inédit.

Ainsi est engagée une bataille complètement dérisoire, mais qui s’accorde tous comptes faits au caractère d’une époque qui n’a plus aucune capacité à distinguer des références sérieuses. Si, demain, la crise devenue paroxystique, ce président de la République faisait une déclaration pour annoncer solennellement, comme une concession fondamentale qu’il fait pour dénouer la crise, qu’il abandonne le port des lunettes Ray Ban, on n’en serait pas vraiment étonné. On analyserait la portée politique de la décision, avec autant de sérieux qu’on avait examiné le 30 mai 1968 la portée politique de la décision du général de Gaulle de dissoudre l’Assemblée Nationale. Si le coup des Ray Ban ratait, l’actuel président se replierait-il sur la décision de dissoudre l’Assemblée? Cela a-t-il un rapport?

La confusion des genres est désormais une pratique universelle, on dirait un sport “globalisé”. C’est la marque d’une civilisation, phase finale. Plus personne ni plus rien ne dissimule dans la recherche forcenée et affichée de l’apparence la plus voyante l’ignorance complète du fond des choses qui est la cause évidente de cette agitation. Les slogans réduits aux rudiments les plus expéditifs qui tiennent lieu de programme des hommes politiques sont pris au pied de la lettre, acceptés comme tels, considérés effectivement comme une ligne de conduite et une orientation politique conséquente (nous alions écrire “comme une philosophie” mais la plume a refusé l’obstacle). Le cas de Sarko est extrême parce que sa psychologie ne semble connaître aucun frein à cet égard. La chose est en train de s’avérer à la fois assez dangereuse et assez fascinante. Comment, se demande-t-on, parvient-il à ainsi tenir le trait d’une caricature aussi épurée de ce que lui a intimé d’être le vote populaire?

Que s’est-il passé? Le président français actuel est fascinant, n’en déplaise aux esprits étroits. Avec des moyens étonnants de médiocrité, – du port des Ray Ban au «Casse-toi, pauvre con...», – il remet d’actualité un problème absolument fondamental. En nous offrant le défi dérisoire de la “désacralisation” de la fonction présidentielle, il nous démontre que la modernité, l’hyper-libéralisme, le “bling-bling” ne peuvent exister, même sous la forme de la seule apparence du comportement (car il lui arrive aussi d’être, sur le fond, lorsqu’il défend un dossier bien ficelé sur la scène européenne, président selon les consignes), qu’en attaquant la “sacralisation” de la présidence. Ainsi place-t-il les Français devant l’essentiel. Bref, par son comportement, Sarkozy organise un référendum massif sur la légitimité du pouvoir politique dans le cadre régalien de la Vème République. L’on en connaît les résultats, qui sont dans les sondages le concernant.

En quelques mois et a contrario, Sarkozy a restauré la légitimité de l’architecture institutionnelle du général de Gaulle comme personne avant lui. Il est également en train de démontrer qu’ils se font rares, les êtres humains, – puisque les hommes politiques restent partie intégrante du genre humain, – qui, parvenus au faîte de l’architecture institutionnelle, peuvent endosser avec grâce et justesse la tunique de Nessus de la fonction régalienne. (Parmi les trois significations qu’on attribue à l’expression sur la tunique, retenons-en deux: “cadeau empoisonné” et “contrainte morale”.)



Sarkozy se marie sous les sifflets

nicolas sarkozy photo d'evariste zephyrin

Le chaud. Le froid. L’intimité du bonheur. L’exposition de la déconvenue. Un mariage, samedi, avec Carla Bruni. Un divorce hier, avec les Français. Et à l’arrivée, un week-end politique décisif où tout s’emmêle, vie privée et cote d’amour publique. Avec d’un côté, le premier chef de l’Etat ayant divorcé en cours de mandat qui se marie quelques semaines plus tard avec une chanteuse et ex-mannequin. De l’autre, la confirmation par l’institut LH2, dans une enquête réalisée pour Libération, d’une chute extraordinaire de la cote de confiance du Président : seulement 41% des Français avaient de lui, ce week-end, une opinion positive, contre 54 % au début du mois de janvier.

Choc de défiance. Pour François Miquet-Marty, directeur des études à l’institut LH2, cette défection massive n’a qu’un précédent, celui de Jacques Chirac en 1996. A l’époque, les Français étaient déçus par celui qui avait promis de combattre la «fracture sociale». Aujourd’hui, le fiasco du «choc de confiance» annoncé par Sarkozy provoque en retour un véritable «choc de défiance» qui, à cinq semaines des municipales, provoque la panique chez les candidats de l’UMP.

«Sentiment d’imposture». Selon l’enquête de LH2, le discrédit touche toutes les catégories sociales et toutes les générations. Il concerne à la fois la politique économique et le style du chef de l’Etat : 84 % des Français sont insatisfaits des résultats de la politique sur le pouvoir d’achat, 76 % contestent l’affichage de sa vie privée. François Miquet-Marty constate que les «désenchantements constatés» finissent par donner «le sentiment d’une imposture». La formule est assassine. Mais elle rend bien compte de ce que constatent, sur les marchés, les élus et les militants en campagne. Sentiment que confirme la large victoire de la gauche hier à Chartres (Eure-et-Loir) lors d’une législative partielle face au député-maire UMP sortant (lire page 13).

Il n’y a d’ailleurs plus que les proches du Président qui contestent la réalité de cette désillusion généralisée. Yves Jego, porte-parole de l’UMP et candidat à sa propre succession à Montereau (Seine-et-Marne), soutient que le débat sur le «style Sarkozy» est une construction médiatique. Et il espère que le mariage aura aussi pour effet d’éteindre enfin «la passion journalistique pour le sujet». C’est aussi l’espoir de l’Elysée, où l’on s’est contenté samedi d’un communiqué confirmant un mariage «dans la plus stricte intimité».

Mais chez les candidats de la majorité présidentielle qui ne veulent pas entendre parler de politisation de l’élection, le mot d’ordre est bien : «Cachez ce Sarkozy que je ne saurais voir, ma campagne est purement locale.» Y compris chez les ministres comme Xavier Darcos, Laurent Wauquiez ou Luc Chatel, engagés dans des batailles périlleuses. Dans ces conditions, l’initiative du ministre chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karouchi, ne devrait connaître qu’un succès d’estime. Il a diffusé à usage des candidats, un pense-bête rappelant toutes les réformes votées depuis juin.

Claude Goasguen, député UMP de Paris (et assuré de sa réélection dans le XVIe arrondissement) est l’un des rares à reconnaître clairement des «remontées difficiles, notamment dans les grandes villes». Il en a profité pour contester violemment l’ouverture aux «vieilles momies» du mitterrandisme : Lang, Védrine, Attali ou Rocard.

Les ailes des dissidents. Cet embarras manifeste des têtes de liste UMP donne même des ailes aux représentants de la droite non-sarkozystes. Des dissidents, engagés dans des combats plutôt symboliques se prennent à espérer. Dans les fiefs de droite comme Boulogne, Neuilly et les arrondissements de l’ouest parisien (VIIe, XVe et XVIe), ils se donnent de bonnes chances d’empêcher l’élection dès le premier tour des champions de l’UMP. Pour les plomber, leurs adversaires insistent sur leur proximité avec Sarkozy : à Reims, Renaud Dutreil est qualifié de «candidat bling-bling»; à Angers, la gauche souligne que Christophe Béchu avait ouvert le premier meeting de la présidentielle.

L’un des rares candidats à proclamer sa proximité avec le chef de l’Etat était hier le maire du VIIIe arrondissement François Lebel, candidat à sa propre succession contre Pierre Lellouche, investi par l’UMP. Lebel a multiplié les interviews sur le mariage qu’il a célébré samedi matin. Il raconte même que le marié lui a souhaité «bonne chance pour les municipales». L’Elysée dément…

ALAIN AUFFRAY
lundi 4 février 2008


Le discours de Nicolas Sarkozy lors de son déplacement en Afrique du Sud : Téléchargez en format doc.

Rétention de sûreté : levée de boucliers contre l'initiative de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois tenté de justifier, samedi 23 février, son souhait de voir la loi sur la rétention de sûreté appliquée immédiatement, y compris aux détenus déjà incarcérés. En marge du Salon de l'agriculture, le chef de l'Etat s'est placé du côté des "victimes", estimant qu'on ne peut pas "laisser des monstres en liberté après qu'ils aient effectué leur peine".

Alors que le Conseil constitutionnel a en partie censuré le texte, jeudi, M. Sarkozy a appelé la Cour de cassation à la rescousse, demandant à son Premier président, Vincent Lamanda, de lui faire des propositions visant à rendre la loi immédiatement applicable. Cette solution "n'est pas un contournement" du Conseil constitutionnel, a assuré le président, sans toutefois convaincre syndicats de magistrats, constitutionnalistes et opposition.
Pour les syndicats de magistrats, Nicolas Sarkozy tente bel et bien un contournement du Conseil constitutionnel. Dans un communiqué, le Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, s'élève contre "un coup de force inacceptable", demande à Vincent Lamanda de refuser de donner suite à la demande présidentielle et appelle à manifester le 20 mars à Paris pour une "nuit de défense des libertés". Même indignation du côté de de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire au sein de la profession : "C'est une décision ahurissante, unique dans l'histoire de la Ve République", a estimé son secrétaire général, Laurent Bedouet.

nicolas sarkozy

Les superlatifs son également de rigueur au Parti socialiste. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a dénoncé une "stupéfiante atteinte à l'état de droit". "Le président de la République n'est plus le garant de la Constitution dans notre pays", écrit le député-maire de Nantes dans un communiqué.
 
"NOUS SOMMES DANS UNE PÉRIODE SOMBRE POUR NOTRE JUSTICE"

Dans un entretien au Monde, Robert Badinter juge "singulier de demander au plus haut magistrat de France les moyens de contourner une décision du Conseil constitutionnel". "Aujourd'hui, nous sommes dans une période sombre pour notre justice", prévient l'ancien Garde des Sceaux socialiste.

Pour l'ancienne ministre de la justice socialiste Elisabeth Guigou, on assiste là à une manoeuvre "inconcevable". La réaction de Nicolas Sarkozy "est une dérive grave et dangereuse car le plus haut personnage de l'Etat doit donner l'exemple à tous les citoyens en matière de respect des institutions", souligne la député de Seine-Saint-Denis qui demande la convocation de la Commission des lois de l'Assemblée nationale.

"Le gouvernement ne peut que s'incliner devant la décision du Conseil constitutionnel", met en garde, sur France Info, le constitutionnaliste Jean Gicquel. Le premier président de la cour de Cassation dispose d'une "marge de manoeuvre extrêmement étroite" selon lui.. "Je n'imagine pas le premier magistrat de France se mettre en travers du Conseil constitutionnel."

Seule voix à s'élever pour prendre la défense du chef de l'Etat, celle de Rachida Dati, qui, dans un entretien au Figaro assure qu'"il ne s'agit pas de remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel, mais de proposer de nouvelles solutions".

En marge de cette agitation, les services du Premier président de la Cour de cassation se sont réunis vendredi soir, se contentant de confirmer avoir reçu la proposition de mission de l'Elysée.

 source ( Lemonde AFP reuters)
23/02/08

Le PS accuse Sarkozy de chercher «à porter atteinte à l'Etat de droit»

nicolas sarkozy

Le secrétaire national du PS chargé de la Justice, André Vallini, estime que la volonté du Président de contourner la censure du Conseil constitutionnel sur la rétention de sureté est «un acte très grave».

Pour André Vallini, le secrétaire national du PS chargé de la Justice, la décision de Nicolas Sarkozy de demander à la cour de cassation les voies d'une application immédiate de la loi sur la rétention de sûreté malgré la censure des sages du Palais Royal "n'est pas qu'une gesticulation médiatique destinée à l'opinion oublique". Pour lui, c'est carrément une "remise en cause de l'Etat de droit".

"C'est aussi un acte très grave qui revient à mettre en cause l'autorité suprême des décisions du Conseil constitutionnel", selon le député, par ailleurs avocat. Or les décisions du Conseil "s'imposent à toutes les autorités politiques administratives et judiciaires du pays", observe celui qui présida la commission sur le scandale judiciaire d'Outreau. "L'initiative du président de la République est donc le signe d'une dérive dangereuse de la part de celui qui est chargé par la constitution de veiller au fonctionnement régulier des pouvoirs publics et qui, en l'espèce, cherche à porter atteinte à l'Etat de droit", a encore dit André Vallini.

Par ailleurs, Me Lionel Escoffier, président de la Fédération Nationale des Unions des Jeunes Avocats (FNUJA) a qualifié samedi de "dérive grave" la saisine de la Cour de cassation par le chef de l'Etat qui souhaite une application immédiate de la rétention de sûreté. "C'est une dérive grave. Nous considérons qu'il s'agit là d'une nouvelle violation des principes généraux du droit", a déclaré Me Escoffier.

Le chef de l'Etat a demandé au premier président de la Cour de cassation Vincent Lamanda "d'examiner la question et de faire toutes les propositions nécessaires" pour permettre l'application immédiate de la rétention de sûreté. Le Conseil constitutionnel avait stipulé jeudi que cette rétention de criminels jugés dangereux à l'issue de leur peine "ne saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication de la loi" ou condamnés "pour des faits commis antérieurement" à cette publication

Libération.fr 23/02/08

Pourquoi il agace la planète

 Nicolas Sarkozy et le Premier ministre indien Manmohan Singh, hier à New Delhi. (Reuters)

Alors qu’il est en visite d’Etat en Inde, Nicolas Sarkozy et son style provoquent de plus en plus d'agacement dans les grandes capitales du monde.

Il intriguait les dirigeants de la planète, il les agace de plus en plus. Dans la presse étrangère, Nicolas Sarkozy, présenté à ses débuts comme un Président «réformateur», «moderne», décidé à rompre avec les postures gaullistes de la France, reste plus que jamais à la Une, mais pour d’autres raisons. Après l’épisode «Cécilia, le divorce», c’est désormais son style, ses goûts de luxe et les frasques de sa vie privée qui sont disséqués par les médias du monde entier. Comme ceux d’une star abonnée aux revues people.

«Speedy» et «sexy». L’Inde, où le président français effectue une visite d’Etat depuis vendredi, en est l’illustration. Depuis des jours, «speedy Sarko» et «sexy Carla» occupent des pages entières dans les quotidiens du pays. Des portraits sauce Bollywood leur sont consacrés. Rien, en revanche, sur la diplomatie française ou les réformes menées à Paris. Invité d’honneur de la fête nationale, Sarkozy a par ailleurs heurté les dirigeants indiens par l’extrême rapidité de sa visite. Pas plus qu’ils n’ont apprécié de lanterner pour savoir s’il venait ou pas avec sa nouvelle compagne. Même si la visite était présentée comme «essentiellement politique» par l’Elysée, la faiblesse des accords de coopération et la quasi-absence de contrats signés entre les deux pays sont édifiantes.

Dessiné en joggeur pendu à son portable ou caricaturé en Napoléon par la presse internationale, Sarkozy a réussi en quelques mois à dilapider l’énorme a priori positif dont il jouissait auprès des opinions publiques étrangères. Son énergie, sa volonté réformiste et sa campagne électorale ont eu un écho retentissant. Au lendemain de son élection, son livre Témoignage a été traduit en chinois, en américain, en hongrois… Des milliers de reportages positifs et plusieurs biographies lui ont été consacrés de par le monde. Aux Etats-Unis, les républicains, fâchés avec Chirac et la France, l’ont un temps présenté en modèle.

Arrogant. Voyageur compulsif qui n’aime cependant pas rester plus de quarante-huit heures loin de Paris, le président de «la nouvelle France» a honoré des dizaines d’invitations de chefs d’Etat pressés de faire sa connaissance. Il a déjà effectué l’équivalent de près de dix fois le tour de la terre dans son avion. En Chine, sa diplomatie de VRP tournant le dos - comme ses prédécesseurs - à la «diplomatie des droits de l’homme» affichée après son élection a été appréciée. En Afrique, son discours de Dakar a fait grincer bien des dents. Aux Etats-Unis, sa difficulté à tourner la page Bush par ses quasi-silences sur l’Irak ou le réchauffement climatique a surpris. En Europe, il irrite Angela Merkel, insupporte Gordon Brown et n’amuse pas du tout les dirigeants des petits Etats, qui le jugent arrogant.

Sarkozy, qui jubile ouvertement de son costume de «grand de ce monde» et raffole des tribunes internationales, n’a pas fini de faire parler de lui. Dans les mois à venir, il est attendu en Angleterre, en Roumanie, au Brésil, en Angola, en Afrique du Sud, au Tchad… En attendant le Japon, le Pérou… De bien belles images en perspective !


ANTOINE GUIRAL
source 26 janvier 2008


Royal, Bayrou, Villepin: ensemble contre «la monarchie élective»

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Aux côtés de 17 autres personnalités, dont Jean-Pierre Chevènement, Bertrand Delanoë ou Noël Mamère, ils formulent un appel «pour une vigilance républicaine» et contre l'Etat Sarkozy.

Royal, Bayrou, Villepin. Triplette improbable, qui le temps d’«un appel du 14 février pour une vigilance républicaine», publié dans l'hebdomadaire Marianne, se réunit pour formuler une critique de l’Etat Sarkozy et une défense des valeurs de la République, aux côtés de dix-sept autres personnalités de tous bords : le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement (MRC), les députés Arnaud Montebourg (PS), Noël Mamère (Verts), André Gérin (PCF), Jean-Pierre Brard (app-PCF), ou encore Nicolas Dupont-Aignan (souverainiste) et Maurice Leroy (Nouveau centre).

Se réclamant de «sensibilités très diverses», ils affirment avoir «en commun un certain nombre de convictions et de valeurs», ils entendent notamment réaffirmer «leur attachement au principe républicain» et «leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective».

Défense de la laïcité, de l'indépendance de la presse

Alors que Nicolas Sarkozy a ressorti son couplet sur la place des religions lors du dîner annuel du Crif, les signataires rappellent leur «attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante», mais aussi «à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information» et enfin «à une politique étrangère digne, attachée à la défense des droits des peuples, soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXIe siècle».

Sans mentionner le nom de Nicolas Sarkozy, cet appel reprend nombre de critiques formulées contre le style de gouvernement ou les grands thèmes défendus par le chef de l'Etat. Reconnaissant avoir «sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes», les signataires, en tête desquels figure l'ancien chef de cabinet du général de Gaulle, Pierre Lefranc, s'engagent «à défendre séparément ou ensemble ces impératifs comme toujours ce fut fait au cours de l'histoire de la République.»


Extrait

coq faciste

« Se faire élire sur un discours sécuritaire quand la population se fait insidieusement et adroitement manipuler par la presse et en premier lieu la télévision, majoritairement aux mains des tenants de l'ordre libéral mais surtout policier , il n'y a rien de plus facile.

Se faire élire sur la promesse de baisser les impôts en omettant de préciser que moins d'impôts c'est moins de services publics pour ceux qui en ont le plus besoin, ceux qui de toute façon ne paient déjà pas d'impôts ( 53% des foyers français ne paient pas l'impôt sur le revenu), ça aussi c'est simple....

Se faire élire en désignant l'étranger comme le coupable de tous nos maux, et en promettant une chasse à l'immigré, ça aussi c'est basique et ça rapporte gros ....
Cela dit, il n'y a que la droite - et encore pas n'importe quelle droite : la pire , c'est à dire la droite populiste, berlusconnienne et sarkozyste - pour oser un tel discours.

Mais quand il s'agit d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés et les retraites des vieux, ça c'est plus compliqué..... Alors on contorsionne le discours, on fait semblant, on invente un slogan « travailler plus pour gagner plus » d'un vide sidéral dont on a du mal à expliquer le fabuleux succès !
Mais la réalité est toute autre. Le but affiché - pour ceux qui savent lire et entendre - de la politique de Sarkozy, c'est de diminuer les salaires, accroître la précarité des salariés pour mieux les livrer au patronat le plus réactionnaire mais aussi, et surtout, diminuer les retraites afin que les salariés cotisent de plus en plus largement aux assurances privées qui, comme chacun sait, sont des associations philanthropiques ! »

Lire sur Marianne


TF1 avait demandé à l'Elysée la suppression de la publicité sur les chaînes publiques fin 2007

sarkozy

TF1 avait plaidé fin 2007 auprès des pouvoirs publics pour la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, avant que le président Nicolas Sarkozy n'annonce cette mesure début janvier. Cette demande figurait dans un Livre blanc que le groupe a remis à l'Elysée quelques semaines avant l'annonce du président Sarkozy, rapporte, vendredi 7 mars, le quotidien Les Echos.

Le financement du service public "uniquement par des fonds publics" figure en quatrième position parmi les huit propositions du Livre blanc de TF1, rapporte le quotidien. Citant en exemple le modèle britannique, le groupe de Martin Bouygues fait valloir que cette mesure "aurait le mérite d'assainir le marché publicitaire, soumis enfin aux seules lois de l'offre et de la demande". Aux yeux de TF1, les chaînes publiques opèrent "une ponction très significative sur le marché publicitaire" et "mènent une véritable politique de dumping, entraînant une pression artificielle à la baisse du coût des écrans", tirant l'ensemble du marché publicitaire vers le bas.

Le 8 janvier, jour de l'annonce de Nicolas Sarkozy, l'action de TF1, qui devrait être le principal bénéficiaire de cette mesure au regard de sa part de marché prépondérante, avait bondi de 9,47 %. "Très vite, la chaîne a cherché à corriger l'image d'un 'cadeau' qui lui serait ainsi fait par le président de la République", expliquent Les Echos. Le 27 février, le principal actionnaire de la chaîne, Martin Bouygues, avait ainsi assuré avoir "découvert" l'annonce présidentielle lors de sa conférence de presse.