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HUMAGE
Quel butin,
quelle affaire, le moment de nos jours
Falbalas de transit et rumeur de machins,
Source de soupe au pain et cargaison d'amour
Peuplant le solitaire et le carbone à jeun.
Caramel de
santé retenu par la mer
Sous le silence amène où crèche une crédence
Je porte un air de muse à mon art, et ma panse
Danse le calumet de la passion cerbère.
Parfums
d'oisiveté pour oiseaux démunis
Venus manger l'avoine des jours sans appel
Je vous livre mon âme humée par les vents d'Est
Carambolage en
duo je m'ouvre au scalpel
De l'amour dissonant qui m'a rendu plus leste
Et fait d'un moi ténu ce berger ébloui.
Parolier
du Dru

Photo J.S Sahaï
Consuelo Marlin, danseuse
classique de Bharata-Natyam de l'Inde, elle enseigne dans son île
natale de la Martinique.
DAME
DE LETTRES
Dame aux seins
abondants de sève
littéraire
Dès
que le quidam dort et que l'enfant sommeille,
Ta
prose s'enhardit de ta lune
intérieure,
Ta harpe se dévêt, ta
muse se réveille.
Prends ton luth et dis-toi! Crève ces ciels
de lit,
Fais fleurir ton amour en quinconce au
village,
Amène tes pensées aux rebords de ta page,
Afin que l'on t'entende honnir tes hallali.
Comme le quidam dort
et que l'enfant sommeille,
Dame aux seins
abondants, de ta sève rieuse,
Amène tes
pensées en quinconce au village
La harpe se dévêt, la
muse se réveille.
De ta
prose enhardie par la lune oublieuse,
Fais fleurir ton
amour aux rebords de ta page!
Parolier
du Dru
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Rabindranath
Tagore
Mes chants
Ce sont les mousses flottantes :
Elles ne sont pas fixées
Sur leur lieu de naissance ;
Elles n'ont point de racines -- seulement des feuilles -- seulement des
fleurs.
Elles boivent la lumière joyeuse
Et dansent, dansent sur les vagues.
Elles ne connaissent pas de port,
N'ont point de moisson,
Hôtes inconnues étranges ! incertaines en tous leurs mouvements.
Et quand soudain les pluies tumultueuses de Crâvana
Descendent en nuages sans fin,
Noyant les rivages de leur flottant déluge,
Mes mousses-chansons
Soudainement sans repos, inspirées d'une vie sauvage,
Recouvrent tous les chemins de l'inondation,
Plongent dans la poursuite qui n'a plus de chemins,
Flottent de terre en terre,
De régions en régions,
Mes chansons !
Cygne
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Quelques vues
des ciels pointois

Regain
Regain de vie
ami, carême pointant sa fin. Déjà sèves
sevrées se remettent en bouillon, Les cumes se réveillent, la
jouvence
s'étire et le mordant revient, Adieu vieux février, trop court
pour
bavarder, et vive le pointant, le temps tout frais tout chaud, tout
neuf, aux
bels abois d'étreinte et de folicourchons.
Parolier du Dru

Photographies de Jean Sahaï
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