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ÉTATS-UNIS •  Derrière les barreaux, la foule grossit

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La population carcérale des Etats-Unis – 2,3 million de détenus – est la plus importante de la planète. Un Américain majeur sur cent est en prison.

Pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, une récente étude révèle que plus d'un adulte sur cent se trouve derrière des barreaux. Au plan national, la population carcérale a augmenté de 25 000 prisonniers en 2007 pour atteindre près de 1,6 million de détenus, trois fois plus qu'il y a trente ans. Sans compter les quelque 723 000 personnes enfermées dans des pénitenciers régionaux. Cela signifie que sur une population de 230 millions d'adultes américains, plus de 1 sur 99,1 est en prison. Le taux d'incarcération augmente aussi en fonction des groupes sociaux. Dans la communauté hispanique, 1 homme sur 36 vit dans une cellule. Dans la communauté noire, la proportion s'élève à 1 adulte sur 15, et même 1 sur 9 pour les hommes âgés entre 20 et 34 ans.

Le rapport du Pew Center on the States indique également que dans la tranche d'âge des 35-39 ans, 1 femme blanche sur 355 est incarcérée, contre 1 sur 100 dans la communauté noire. La méthode de calcul utilisée pour ce rapport diffère de celle du ministère de la Justice, qui se sert de la population totale comme référence, et non de la seule population adulte. Selon les chiffres du ministère, 1 Américain sur 130 est emprisonné. Selon Paul Cassel, professeur de droit à l'université de l'Utah, l'étude du Pew Center ne considère que la moitié de l'équation et occulte certains "bénéfices tangibles, comme la baisse de la criminalité". Le FBI rapporte que le nombre de crimes violents a diminué de 25 % au cours des vingt dernières années pour passer de 612,5 pour 100 000 personnes en 1987 à 464 en 2007.

"Certes, nous devons faire preuve de discernement quand nous envoyons quelqu'un en prison, reconnaît Paul Cassel, mais ce serait une erreur de croire que l'on peut libérer un grand nombre de prisonniers sans augmenter la criminalité. Si 1 Américain sur 100 se trouve derrière les barreaux, c'est parce que 1 Américain sur 100 a commis une infraction." La population carcérale des Etats-Unis est la plus importante du monde, la Chine n'arrivant qu'en deuxième position avec 1,5 million de détenus. L'écart entre les deux pays est encore plus flagrant en proportion de leurs populations.

Adam Liptak

Plus d'un adulte sur 100 en prison aux Etats-Unis (rapport)

usa louisiane une prison

WASHINGTON, 28 fév 2008 (AFP) - Plus d’un adulte sur 100 se trouve actuellement derrière les barreaux aux Etats-Unis qui détiennent la plus importante population carcérale de la planète avec un jeune Noir sur neuf en prison, selon un rapport publié jeudi.

La population carcérale s’élevait l’an dernier aux Etats-Unis à quelque 2,3 millions de personnes, sur une population adulte de 230 millions de personnes, soit le taux le plus élevé dans l’histoire américaine, selon le Pew Center. Par comparaison, la Chine, avec une population de plus d’un milliard de personnes arrive en deuxième position avec 1,5 million de prisonniers, suivie de la Russie avec 890.000 de personnes détenues, précise le rapport. Les statistiques sont particulièrement frappantes parmi les minorités : alors qu’un adulte américain blanc sur 106 est incarcéré, c’est un Hispanique sur 36 et un Afro-américain sur 15 qui sont en prison. Dans la tranche d’âge de 20 à 34 ans, c’est un jeune Noir sur neuf qui est derrière les barreaux. Alors que les hommes sont dix fois plus susceptibles d’être emprisonnés que les femmes, la population carcérale féminine "progresse d’une manière très rapide", selon le rapport de Pew. Une femme sur 265, entre 35 et 39 ans, se trouve derrière les barreaux, mais des femmes appartenant à des minorités sont également placées en détention en plus grand nombre que les femmes blanches. Une femme noire sur 100 et une Hispanique sur 297 sont en prison, contre une sur 355 femmes blanches, relève l’étude. Un durcissement de la loi, avec notamment des mesures augmentant nettement la durée d’incarcération pour les récidives, a fait exploser la population carcérale, davantage qu’une augmentation de la criminalité, indique le rapport.

La prison, une alternative au chômage ? 

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C'est apparemment ce qu'ont trouvé les Etats-Unis, où le taux de chômage reste bas.

En France, on accorde des minima sociaux et on bidouille les statistiques. Au Royaume-Uni, on est plus malin et on verse à 2,5 millions de personnes considérées comme «invalides», ainsi escamotées du chiffre officiel, une «allocation d'incapacité» au travail... Mais aux Etats-Unis, pays viril par excellence, on raisonne à la dure : outre ses légions de working poors qui marchent ou crèvent, avec un total de 2,3 millions de personnes mises à l'ombre (+ 25.000 en 2007) il se trouve qu'aujourd'hui 1% de la population adulte américaine est derrière les barreaux ! Dont - comme par hasard… - 90% de Noirs et d'Hispaniques (leurs "racailles" à eux). Ça en fait, de la main d'œuvre pas chère !

D'ailleurs, il paraît que c'est non seulement un record dans l'histoire des Etats-Unis mais aussi dans le monde : la Chine, pour une population cinq fois supérieure à celle des USA, arrive en deuxième posture avec 1,5 million de taulards, suivie de la Russie avec 890.000 détenus pour 142 millions d'habitants. A noter que le point commun de ces charmantes nations est la scrupuleuse application de la peine de mort.

En vingt ans, le budget pénitenciaire des USA a quadruplé (mais pas celui de la protection sociale !). Et il ne faut pas croire que l'augmentation de la criminalité y est pour quelque chose, bien au contraire : c'est le durcissement des lois et l'allongement des peines qui est responsable de ce phénomène, selon le rapport du Pew Center, à l'origine de toutes ces affligeantes infos.

C'est là qu'on se souvient de notre bon vieux Victor Hugo (qui disait : «Celui qui ouvre une porte d'école, ferme une prison») et qu'on préfère finalement être Français, même si on se coltine la «politique de civilisation» de Rachida Dati, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy.