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Mythe ou réalité d´un amour qui n´ose pas dire son nom ?

gay

L’objectif de cet article est de retracer la réalité historique et contemporaine du vécu homosexuel dans plusieurs sociétés africaines. L’homosexualité dans toutes ses formes, a toujours été connue de l’Afrique, et ce, bien avant l’avènement des missions civilisatrices. De nos jours, elle tend à être de plus en plus visible dans les grandes zones urbaines africaines. Il apparaît donc intéressant d’un point de vue sociologique se saisir son sens, et voire, sa puissance au-delà des clichés mystificateurs admis. Il est aujourd’hui très difficile de discuter des questions de sexualités en Afrique en mettant en marge l’homosexualité/le lesbianisme sans risque de parcellisation de la réalité socio-sexuelle. Pour cause, les mœurs et les habitudes sexuelles constituent désormais l’un des aspects des comportements sociaux où l’on peut lire les dynamiques de changement, parfois les plus inattendus. En effet, notre société est entrée dans une ère de révolution et de ‘‘libération sexuelle’’ caractérisée fondamentalement par de nombreuses mutations : montée de la sexualité prénuptiale, développement du marché/commerce sexuel, mais aussi une « visibilisation » de l’homosexualité.

De plus en plus, les hommes comme les femmes choisissent de « vivre différemment leur vie sexuelle et « d’aller à l’encontre » d’une forme d’amour devenue traditionnelle et modèle conventionnel ». Dans ce sens, c’est une lapalissade que de dire que l’homosexualité en Afrique est sortie du champ des mythes, de l’imaginaire pour désormais tutoyer l’espace public au quotidien, entre clandestinité et visibilité homéopathique. C’est ce qui permet de poser la problématique de l’homosexualité en Afrique où les sociétés sont restées fondamentalement homophobes et hétérosexistes.

L’homosexualité est un terme dont les charges culturelles, idéologiques exigent, pour plus de prudence dans son usage, des éclaircissements. Ainsi, cette communication n’a pas la prétention d’intégrer un camp idéologique particulier (défenseur/répresseurs), mais veut simplement analyser un type de comportement sexuel en pleine effervescence dans nos sociétés jadis acquises presque exclusivement à la cause hétérosexuelle. Bozon disait que la sociologie de la sexualité à ce niveau sera un travail infini de contextualisation sociale et culturelle, qui vise à établir les relations multiples et parfois méconnues des phénomènes sexuels à d’autres processus sociaux . Elle permettra une construction sociologique de cette réalité socio-sexuelle en ressortant les logiques d’action qui motivent les personnes impliquées dans ces échanges particuliers pour le commun africain, la perception de ce « choix sexuel » autant par la société, les systèmes religieux que par les homosexuels eux-mêmes. Ce choix méthodologique se justifie par l’option de saisir dans sa complexité un phénomène aussi marginal : « du dedans » à partir du vécu des homosexuels, et « du dehors » à partir des structures sociales (familles, religions, institutions, etc.). Pour ce faire, une définition opératoire de ce qu’est l’homosexualité, il faut se méfier du piège des mots surtout la presse qui en utilise et abuse. La notion d’homosexualité : entre nature et culture.

Il n’est pas aisé de discourir sur l’homosexualité, surtout dans un contexte social comme celui de l’Afrique acquis aux valeurs pro-natalistes, et enclin à l’hétérosexualité, sans écueils. La notion et la pratique de l’homosexualité sont toujours entachées de beaucoup de convictions issues de multiples orientations psycho-idéologiques. Généralement l’hétérosexualité est toujours perçue à partir d’une construction tacite des identités de genre sur la base de tabous, de la supposée nature humaine ou en prenant pour prétexte les différences biologiques, les normes religieuses et les valeurs traditionnelles pour attribuer des trais essentiels de personnalité, des capacités et des rôles spécifiques à l’un et l’autre sexe. Elle traduit un passage du biologique au socioculturel . Elle a été formalisée sur la base des préjugés y relatifs et de la doxa. On comprend dès lors pourquoi les gens diront « on est né, on a trouvé que la norme c’est l’hétérosexualité et on s’y est habitué. C’est devenu le modèle que toutes les religions ont prôné ».

Dans chaque communauté, hommes et femmes sont toujours au cœur d’une spécialisation fonctionnelle bâtie sur la base du fait qu’on est homme ou femme. Etre femme veut dire qu’on est naturellement appelé à se livrer aux rôles associés à la reproduction, à la maternité de préférence. En revanche, les statuts masculins corroborent avec des activités liées au sexe fort, c’est-à-dire ‘‘pénibles’’ ou nécessitant de ‘‘grands efforts’’, de ‘‘grosses énergies’’, bref à la virilité, etc. L’accent est mis sur les compétences ou aptitudes physiques préjugées inégales entres hommes et femmes, par nature. Déjà enfant, le garçon reçoit du père ou de la mère un ballon de football alors que la fille une poupée. Inspirée de l’approche sociobiologique telle que définie et mise au point par E. O. Wilson, la construction sociale de la normalité sexuelle (notamment l’hétérosexualité) est une approche systématique des comportements sociaux et des identités masculine et féminine sur des bases essentiellement biologiques et naturelles, concevant toujours comme « normale » une attirance que peut avoir un homme pour une femme et vice versa (hétérosexualité). En effet dans son ouvrage L’humaine nature, Wilson met en exergue un déterminisme génétique des comportements sociaux à partir des différences liées soit à ‘‘la nature masculine’’ soit à ‘‘la nature féminine’’. Car la personnalité, les attitudes, les aptitudes, les rôles familiaux et sociaux des femmes comme ceux des hommes sont déterminés par leur nature biologique. Ces deux termes désignent alors des conduites sociales et des idées qui tablent sur des différences biologiques pour opérer une séparation entre les hommes et les femmes dans les domaines aussi variés que celui de la sexualité.

En effet pour Wilson, c’est à la fois la nature de l’homme et celle de la femme qui les prédisposerait différentiellement à s’attirer mutuellement et non l’inverse. Ainsi, sur cette base des caractéristiques biologiques et naturelles (émotion, tendresse, sentiments), les femmes seront orientées vers le sexe opposé, de même que les hommes, également par nature (tendance à l’affirmation de soi, agressivité, virilité, etc.). En fonction de ce portrait-robot, les femmes semblent peu aptes à mener une vie professionnelle, tandis que les hommes sont amputés d’une bonne partie de leurs sentiments. En claire, ‘‘Hommes et femmes se voient attribuer des tempéraments et des rôles étroitement déterminés par leur patrimoine génétique,’’ lesquelles régissent de fait leur nature sexuelle.

Ce sont ces stéréotypes qui définissent les attentes de la société à l’égard de chaque sexe en terme de comportement sexuel. C’est cette conception que l’on retrouve dans plusieurs sociétés, et qui prennent valeur de modèles avec des fondements religieux importants (islam, christianisme, judaïsme, animisme), car ces stéréotypes acquièrent une dimension normative et s’imposent finalement comme des modèles orientant les choix matrimoniaux et les orientations sexuelles des acteurs sociaux. Dès lors, et comme c’est la cas dans la plupart des sociétés africaines, l’instinct de maternité est assignée à la femme/féminité et être lesbienne est désormais perçu comme une négation de son identité féminine, de même qu’être homosexuel apparaît comme un rejet de sa virilité, une forme de bestialité. Cette conception, essentiellement culturaliste des identités de genre et des rapports sexuels ayant sous-tendu les comportements sexuels et nuptiaux, s’est reproduite par le processus de socialisation, les pratiques éducatives des parents en faisant aujourd’hui de l’hétérosexualité le plus grand bonheur des acteurs sociaux ou le modèle conventionnel de la vie sexuelle.

A l’inverse de ce modèle, l’orientation homosexuelle est une forme de dépravation des mœurs, fortement réprimée dans la vie courante. Or, l’homosexualité a pour base une attirance pour une personne de sexe identique, comportement que les homosexuels perçoivent eux-mêmes comme un phénomène naturel, aussi normal que paraît le modèle hétérosexuel, d’ailleurs trop valorisé. L’homosexualité est une construction du plaisir sexuel non plus sur la base de valeurs traditionnelles, mais d’un ‘‘sentiment naturellement vécu’’. C’est l’envers d’un choix modélisé (hétérosexualité), mais qui est vécu dans la joie, la sérénité, ou bien comme la vie, avec ses joies, ses peines et ses souffrances, de tous ceux qui s’aiment et vivent ensemble.

L’homosexualité vue par les comportements extérieurs des individus Pour une certaine opinion commune africaine, l’homosexualité est liée au stéréotype sur le caractère efféminé des hommes et celui viril des femmes. Autrement dit, l’homasse serait lesbienne, tandis que l’efféminé serait homosexuel ou gay. Au Sénégal par exemple, le terme pour désigner les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH), et par extension les homosexuels, est en wolof « gor jigeen », ce qui veut dire littéralement « homme-femme ». Au Nigeria on parlera du « dan daudu » pour désigner la pratique (daudu) faisant référence aux hommes qui agissent comme des femmes et qui ont des rapports sexuels avec des hommes. En Guinée-bissau et au Cap-Vert, le terme portugais “viado” (référence à la gazelle avec sa manière féminine de sauter) définit l´homosexuel comme une femme. En Swahili, langue parlée dans plusieurs régions d’Afrique de l’Est, l’homosexualité est traduite par « mke-si mume », littéralement « femme et pas homme ». En somme, l’étiquetage des personnes comme homosexuelles et par extension la définition de l’homosexualité est fonction pour cette opinion de l’inversion dans les rôles de genre qu’il serait possible d’observer chez certains acteurs sociaux. Malheureusement, cette conception dépasse largement l’opinion commune. L’attitude externe à travers la gestuelle ; le fait d’assumer pour certains individus une part de leur féminité (métrosexuels pour les hommes) ou de leur masculinité (pour les femmes) ; l’adoption d’un code vestimentaire où la prédominance d’un caractère psychologique socialement labellisé comme du ressort du féminin et/ou du masculin est non seulement un facteur plein d’incertitudes pour définir l’homosexualité, et partant pour identifier un gay, un HSH, une lesbienne, mais surtout un facteur d’erreur de jugement.

L’homosexualité comme une pathologie et une maladie mentale D’après la doxa, l’homosexualité est également associée à une pathologie proche d’une névrose ou d’un état mental débile. Ce fut le cas pendant une très longue période en Occident avant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sous la pression du lobby homosexuel américain, ne raye l’homosexualité de la liste des maladies. En Afrique, l’homosexualité est surtout associée dans les imaginaires à la sorcellerie, tellement elle est jugée anormale. Qui mieux que les sorciers, en effet, ont le don d’agir en dehors de toute logique normative et de toute logique dans l’orthodoxie de ce que la société prescrit comme normale ? Cependant, il faudrait préciser que l’homosexualité est jugée pathologique ou paranormale parce qu’elle correspond davantage avec la manière dont les gens conçoivent et construisent de nos jours le comportement sexuel normal. Il n’y a donc aucune relation fondamentale entre la pratique homosexuelle et un désordre mental ou encore avec une pratique systématique liée à la sorcellerie. Certes dans la logique africaine, il y a une part qui peut être expliquée à travers les pratiques de la sorcellerie, lorsqu’il est prétendu que les sorciers ont deux sexes et qu’ils s’en serviraient, à l’occasion, pour nuire à leurs ennemis en fonction du phénotype (caractéristiques génitales) de ces derniers.

Homosexualité, pédophilie et pédérastie

L’homosexualité est souvent confondue à la pédophilie et à la pédérastie. En Afrique, l’apocope fort péjoratif « pédé » sert souvent d’appellation pour désigner les homosexuels masculins. Si le pédéraste étymologiquement désigne l’amant des jeunes garçons à peine pubères, le pédophile quant à lui sera l’individu qui a une préférence sexuelle pour les enfants, tout sexe confondu. Cependant, la pédérastie ne peut s’assimiler à l’homosexualité, même si le choix de l’objet sexuel enfant est homosexué. L’on peut préférer avoir des relations sexuelles avec des personnes de son sexe sans pour autant avoir une attirance pour les enfants. Il existe certes des exceptions de personnes qui ont ces tendances, mais cet état de chose, somme toute minoritaire, ne devrait pas pousser à postuler pour une généralisation définitionnelle de l’homosexualité en rapport avec la pédérastie. Dans l’appréhension classique de l’homosexualité, il est d’usage de privilégier l’activité, c’est-à-dire le rapport sexuel entre personne de même sexe. C’est cette approche que l’on va par exemple retrouver chez Kinsey ou encore dans de nombreuses approches juridiques prohibant l’homosexualité en Afrique comme le Sénégal (article 319, § 3 du code pénal sénégalais ou le Cameroun (art 342 bis du code pénal camerounais ) . A la lecture de ces codes, il ressort clairement que c’est l’activité confondue à l’homosexualité qui est condamnée ; or, l’homosexualité est cernée avant tout à partir de l’identité, c’est-à-dire la reconnaissance par le sujet ou la sujette de sa spécificité d’homme ou de femme, à laquelle sera associée une identité homosexuelle ou lesbienne.

Comment les homosexuels construisent-ils leur vécu ?

Bien qu’étant de plus en plus visible, l’homosexualité en Afrique n’est pas encore affranchie des contraintes « non sexuelles » et de la pression sociétale qui se dresse contre elle. Une vie truffée de difficultés. L’identité homosexuelle plonge presque toujours les homosexuel(le)s dans une ambiguïté constante d’exprimer leur création amoureuse à cause des pressions sociales, familiales et des religions. Ils font face à la répression sociétale et la maltraitance, à l’intolérance familiale, de l´entourage des violences verbales et physiques. Les homosexuels et les lesbiennes sont le plus souvent victimes d’injures. Quand les termes « pédé », « depso », « homo », « dunx », « toot », « yambar », « yossi », et lesbiennes sont utilisés, c’est parfois pour insulter. La marginalisation qui peut pousser à l’exode ou à la répudiation du cadre familial ou à la perte d’un emploi s´il y en a. La stigmatisation de l’homosexualité par l’entourage proche des homosexuels est souvent forte. Dans la rue, quand ils sont reconnus, ils font souvent l’objet d’insultes et des quolibets du genre : pédales, gouines, porteurs de couches et la liste est loin d’être exhaustive. Pour le sénégalais en général, toute relation homosexuelle n’est moralement pas concevable et ne devrait pas socialement être admise. Un fait complexe : examen de quelques facteurs explicatifs de l’émergence de l’homosexualité en Afrique

- Les médias

Les facteurs sociologiques explicatifs de la propension à l’homosexualité en Afrique sont nombreux. Pour les besoins de cette communication, il ne sera retenu que trois facteurs qui apparaissent capitaux. Le premier facteur explicatif de cette visibilité de la manifestation homosexuelle en Afrique est celui de l’influence des productions des médias, surtout les médias étrangers qui sont reçus en terre africaine. Ceux-ci irriguent d’images fortes et brutales, alimentent le subconscient et l’imaginaire des africains. Loin d’être neutres, ils amplifient ou valorisent certaines représentations au détriment d’autres. Les individus les plus exposés à l’impact des médias sont ceux qui sont en mesure de se procurer des journaux, un appareil récepteur de radio ou de télévision, parfois couplé aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Ceux-ci en s’y exposant, finissent par avoir un large champ de perception des réalités et schèmes de pensées présentés, qui ne sont pas toujours en harmonie avec les modèles de leur groupe d’appartenance. Ils sont ainsi considérés comme exutoire chez certaines catégories de la population, pour combler leurs insatisfactions. Ils s’entourent alors de l’illusion selon laquelle, dans le fond, les médias pensent comme eux. Autrement dit, les médias expriment tout haut, ce qu’ils auraient ou qu’ils ont toujours pensé tout bas. Toujours est-il que ces modèles nouveaux que proposent les médias, dans une époque idéologique de mondialisation des cultures, sont susceptibles d’influencer d’une certaine manière les représentations. Pour les individus, faire comme ils ont vu dans les médias apparaît comme la manifestation d’un alibi discursif, permettant de sortir de la double tactique dans laquelle sont entrés de nombreux africains pour masquer leur vie homosexuelle réelle. Ils sont, par la même, encouragés par ce qu’ils observent dans les médias, et par ce qu’ils croient, à tort ou à raison, être la réalité homosexuelle occidentale. Cette visibilisation de l’homosexualité qu’ont incité les médias en Afrique est aussi l’expression d’une reconnaissance sociale qui ne veut toujours pas dire son nom. Regardons les programmes locaux de nos télévisions ou des revues dakaroises ou les stars du show bis sénégalais et internationaux du football dictent la mode de s´habiller, de se comporter que la presse comme Icône et d´autres de cette même catégorie consacrent à eux. Et que dire des artistes des deux sexes qui assument leur dépigmentation sans problème alors qu´ils sont des formateurs d´opinion. Il y a l´adage en wolof qui dit :”Roy Dakh”. En copiant trop, on devient des experts de la matière.

- La crise

Le flux des productions médiatiques étrangères qui se déverse en Afrique a trouvé un champ social en état de crise. La crise sociale apparaît ainsi comme le deuxième facteur explicatif de la visibilité accrue de l’homosexualité dans la sphère sociale africaine. L’Afrique est en crise, elle vit la crise depuis les années quatre vingt. La crise ou le concept de crise se présente comme un moment de perturbations, de graves difficultés, de turbulences, de tensions et de conflits que connaît une société à un moment donné. En effet, l’étymologie du mot crise est en lui-même révélateur de ce qui précède. Il est issu du jargon médical et vient du grec « krisis » qui veut dire étape décisive, moment critique. C’est donc un moment décisif dans l’évolution d’une maladie, moment décisif qui à son tour détermine l’issue de l’évolution de ladite maladie. C’est pourquoi, transposée dans le champ social, la crise est cet état qui provoque une série de déséquilibres, de troubles, de malheurs ou de dysfonctionnements sociaux. Au plan économique, malgré quelques indicateurs encourageants pour certains Etats où la tendance économique est à la reprise, il en ressort que cette relance est encore au niveau macro-économique, le quotidien des individus étant pour la majeure partie, stable, c’est-à-dire économiquement très faible. En Afrique donc, certains individus confrontés à la misère sont parvenus à développer des tactiques de survie. Ainsi certains homosexuels, comme c’est le cas au Sénégal pensent que le « courir derrière un homme confortable donne l’argent », entendez l’homosexualité est source d’enrichissement, de capitalisation économique pour devenir riche matériellement. Cette croyance trouve son origine loin dans le temps et elle place ainsi l’homosexualité comme un fétichisme fallacieux, capable de procurer des gains. La crise a poussé certains individus homosexuels en Afrique, à se faire de plus en plus voir, notamment dans les grands hôtels, les plages, les boîtes de nuit à la recherche de clients, européens de préférence comme les prostituées d´ailleurs pour une conquête du plus offrant. C’est ce qui peut aussi être observé quand certains homosexuels africains vont surfer sur les sites de dialogue gays (sites sénégalais et français d´ailleurs. Assez faire un tour dans certains sites sénégalais comme seneweb.com et setsima.com dans le net et vous voyez combien de sénégalais font la « raquete » virtuelle, de même les étrangers en visite dans notre pays). Ils recherchent, pour bon nombre d’entre eux, des partenaires européens riches, susceptibles de leur faire vivre leur rêve et de leur permettre de libérer leur sexualité en Occident, sans plus avoir besoin d’user de la tactique de camouflage. Celle-ci consiste à se doter d’un partenaire de l’autre sexe, pour masquer à l’entourage social sa véritable identité homosexuelle. Le partenaire de camouflage est alors désigné dans certains milieux gays au Sénégal le « nebeutou » c’est-à-dire littéralement la couverture.

Quand Fatou Diome interpelle la société sénégalaise dans Kétala Le roman Kétala de Fatou Diome sorti en 2006 aux Editions Flammarion nous montre l´hypocrisie de la société sénégalaise face à l´homosexualité. L’héroïne, Mémoria, est mariée de force à Makhou, malgré l’homosexualité de ce dernier ? Il accepte cette union car elle l’arrange. Avec un père homme d’affaires et une mère médecin, il vit son homosexualité en cachette. Ses parents sont au courant mais se doivent de préserver l’image respectable de leur famille. Ils décident donc de le marier à une de ses cousines, Mémoria donc, qui refuse. Mais sous la pression de son père, elle finit par céder. Elle est même séduite et devient amoureuse, quand elle finit par découvrir son homosexualité et veut divorcer. Craignant ce qu’on va dire, ils décident de s’installer à Paris où Mémoria se met en tête de changer l’orientation sexuelle de Makhou. Malheureusement pour elle, ce dernier découvre les possibilités de vivre librement son homosexualité loin des yeux de la communauté. Combien d´hommes ou de femmes hétérosexuels, chefs de familles ont une double vie au Sénégal ? Au moins chaque sénégalais sait, connaît ou a un membre de famille dans cette catégorie. Pour Fatou Diome, c’était une façon de poser le problème. Il faut arrêter de sacrifier les filles pour protéger la virilité des hommes ainsi que l’image de la famille et accepter que l´homosexualité existe bel et bien dans la société sénégalaise. Eviter le cas du Cameroun en 2006 et l´impérieuse nécessité du professionnalisme de certaine presse

Il y a juste presque deux ans, trois journaux camerounais (La Météo, l´Anecdote et Nouvelle Afrique avaient publié une liste de plus de 50 présumés homosexuels. Un « outing » forcé de personnalités qui fait scandale à l´époque. Plusieurs personnalités camerounaises ont été classées dans trois journaux locaux comme étant homosexuelles. Il y avait des ministres, journalistes de la télévision, artistes (Manu Dibango) et sportifs (Yannick Noah) etc. La Météo avait amorcé l’outing une dizaine de jours avant, puis L’Anecdote et Nouvelle Afrique ont suivi. Cette affaire a eu à créer des suites judiciaires, et une explosion dans un contexte général d’homophobie, notamment prêchée par les chefs religieux chrétiens ou musulmans et surtout la population. Les cas des journaux camerounais et celui d´Icône, il n y a pas de différence. Si au pays de Paul Biya, on a osé donner des noms de présumés homosexuels, à Dakar les photos à l´appui sont synonymes d´une mort annoncée. L’impérieuse nécessité du professionnalisme dans certaine presse.

L´attitude de ces principaux quotidiens privés est à questionner. Celui de Ícone qui déclare qu´il veut rendre service à la société devait en premier lieu se préoccuper sur d´autres choses beaucoup plus importantes pour les sénégalais à savoir la cherté de la vie, la misère de la population et la bonne leçon. Maintenant il a beaucoup d´équation à résoudre le concernant. Qui sommes-nous pour juger ? Dans le cas camerounais comme sénégalais, il existe le non-respect de l’éthique et de la déontologie professionnelle. Même si Ícone a déclencher le débat, les autres journaux ne sont pas en reste. Assez voir leurs titres pour voir qu´ils alimentent sans le savoir l´homophobie de la population avec des mots qui sonnent comme de l´insulte (toot, dunx, gorjiggen, pédés, yambar, etc.

C’est pourtant depuis le 2 février que le sujet est pratiquement sur toutes les lèvres dans les grandes villes, et même dans l’arrière-pays. L’organe de régulation des médias sénégalais et le Synpics doivent rappeler à l’ordre les journaux privés à scandale ou journalisme marron qui ont publié les photos ou des noms d’homosexuels présumés, mais cette dénonciation publique de l’homosexualité continue à faire débat obscur au Sénégal. J´invite mes confrères à faire usage de leur capacité de discernement et de responsabilité. Je les appelle également à faire preuve de prudence dans le traitement de questions susceptibles de créer ou d’agrandir la fracture sociale. Parait-il qu´il y a beaucoup de familles qui ont rejetés leurs fils impliqués dans le “fameux mariage de petit-Mbao”. Ce week-end, dans les colonnes du journal Le Quotidien, un partisan du Parti démocratique sénégalais (Pds) se défoule comme dans le cas du Cameroun de que le gouvernement de Me Abdoulaye Wade regorge d´homosexuels. La vie privée des hommes publics doit être respectée. Si les journaux continuent sur cette lancée, on est pas loin du cas camerounais ou on étalait les noms de plusieurs ministres supposés gays. Que vont devenir leurs familles ? Je me rappelle en 2000 quand je voulais traiter ce sujet au nivau du Sud Quotidien, on m´avait déconseiller à l´époque que le sujet est tellement sensible et une moindre imprudence, peut condamner à “mort” la personne citée. On ne peut pas, sous prétexte de la liberté d’écrire, dire n’importe quoi sur n’importe qui, n’importe quand. Ici au Sénégal, la pire des injures qu’on puisse faire à un homme est de le traiter d’homosexuel, parce que chez nous c’est un délit. Ce n’est pas accepté et ce n’est pas acceptable et c´est plus grave encore pour le ministre. Le véritable problème qui se pose est celui du mérite. Je crois qu’il (le propriétaire de Icône) voulait dénoncer des pratiques condamnables dans certains cercles qui pourrissent le climat au Sénégal, mais il est tombé dans un piège (avec des problèmes qu´il affronte) car ce genre d’information est très difficile à traiter.

Où se trouvaient les imam Mbaye Niang et moralisateurs quand une proxénète était élue députée à l´Assemblée Nationale ?

Qui ne dit rien consent dit l´adage. Je suis loin de défendre l´homosexualité encore une fois de plus. Depuis un certain temps, on nous tympanise sur la morale, les bonnes mœurs, les coutumes et traditions en commençant par les soi-disant moralisateurs comme les Imam Mbaye Niang, Latif Guèye, Iyane Sow et autres associations religieuses. Même vivant loin du pays, je suis attentivement toutes les actualités politiques, économiques, sociales ou sportives de mon pays. Et une non participation à ces débats signifie qu´on est sûrement aveugle. Depuis “Goudi Ton, Teuguel Down” au “mariage gay”, les sénégalais de toute couche sociale confondue font leur sermon. Mais il y a beaucoup des choses qui sont pires et que personne n´en parle. On dit même dans le jargon des sénégalais que la nuit tous les chats sont noirs.

J´aimerai que ces soi-disant Imams et moralisateurs se défoulent pour crier le mal vivre des sénégalais, des marabouts violeurs, de la corruption qui gangrène la société et l´administration publique, la marasme de nos hôpitaux, les milliards de l´argent public distribués çà et là, le “nouveau système de corruption connu comme petit-fils de tel chef religieux ou domou Sokhna” pour avoir les bénédictions du pouvoir, etc. Ma question est de savoir où ils se trouvaient quand une grande dame de la société qui accueille dans sa demeure de jeunes prostituées avait été élue députée à l´assemblée nationale sur la liste nationale du parti socialiste à la 19º position ? Pourquoi la bonne moralité n´avait jamais fait échos à l´époque ? Pourquoi ils ne parlent pas de la dépigmentation comme phénomène de société et même dans les grandes familles religieuses ? Comment expliquez alors la présence d´un travesti très connu à Fatick dans les loges de la tribune d´honneur à coté du gouverneur de la région, du commandant de la zone et de quelques dignitaires le jour de défilé de l´indépendance dans la ville de Macky Sall sous le régime socialiste en 1984 ou 85 ? Pourtant il y avait pas mal de chefs religieux et d´hommes de la république. La tolérance aux homosexuels a toujours existé depuis le gouvernement de Senghor en passant par Abdou Diouf. J´ai été surpris dans une contribution de Souleymane Jules Diop quand il souligne que des ministres sous Senghor disputaient un homologue comorien en visite au palais de l´Avenue Roume. Quant á la réaction de la police lors de cette manifestation du vendredi dernier n´est qu´une continuité de ce qu´elle a toujours fait sous le règne de l´alternance. Rappelons que l´opposition, les syndicalistes, les étudiants ont subi la même répression de cette police.

Dans ce contexte, le débat sur l’homosexualité couvre un autre débat et une autre césure entre « le haut » et « le bas » de la société. Ce clivage pourrait se résumer par cette question : comment se produit et se reproduit l’ordre public au Sénégal ?

Le jour ou les gays brésiliens étaient hostiles aux chefs d´états africains Le 12 juin 2006 avant l´ouverture de la 2ª Ciad (Conference des Intellectuels africains et de la Diaspora), environ plus de 50 intégrants du mouvement gay du Brésil avaient réalisé une manifestation contre 24 pays africains qui criminalisent l´homosexualité. Avec des banderoles et pancartes hostiles, ils ont demandé au président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva de rompre les relations diplomatiques avec les « pays homophobiques » et avaient comparé les lois qui combattent l´homosexualité À l´esclavage. « En Afrique, les gays sont traités somme des esclaves », disait une des pancartes. Le mardi 11, leur président avait remis une lettre critique à Lula sur la criminalisation de l´homosexualité en Afrique. Selon les slogans qui se lisaient sur les pancartes, il y avait « Il ne suffit pas de faire venir des intellectuels africains et de la diaspora noire pour discuter sur la renaissance africaine, si dans le continent les gays et lesbiennes sont traités comme des animaux jusqu´à la peine de mort. Devant les caméras des télévision, le président des gays du Brésil ne cessait de dire : »Il ne suffit pas de transmettre aux africains la connaissance brésilienne sur la prévention du Sida ou pardonner les dettes, mais aussi de les Donner une expérience gouvernementale du programme Brésil sans homophobie. C´était une manifestation surprise à la conférence et à quelques dizaines de mètres à l´arrivé des chefs d´Etats et de gouvernements africains à leur tête, Me Abdoulaye Wade, John Kuffor du Ghana, Pedro Pires du Cap-Vert, Alpha Oumar Konaré du Mali, des dizaines d´ambassadeurs africains accrédités au Brésil, artistes et étudiants africains. On lisait chez les africains, une certaine nervosité puisqu´à un moment donné, on avait oublié la conférence pendant Presque 30 minuit devant la police et les gardes du corps. Une situation qui a laissé encore plus le comité d´organisation et le président Lula sans explication envers les africains.

Modérer les mots pour un apaisement au niveau de la presse

Comme d´habitude, je dévore chaque jour avant d´aller au travail tous les journaux nationaux et étrangers sur le net. Mais en lisant quelques journaux du samedi 16 février dans le net, les quelques titres me font peur sur la question qui fait alimente depuis le début du mois de février la presse. Avec la marche interdite contre l´homosexualité la rivalité de la une est choquante. Il parait que c´était une guerre entre l´islam et l´état du Sénégal. Répression d´une manifestation contre les homosexuels : l´état lapide les fidèles écrit Le Quotidien, Marche contre les goorjigeen avorté, à moins d´un mois du sommet de l´Oci, le Sénégal mate ses religieux avait titré l´Observateur, Quant à Walfadjri qui titrait : « Manif contre les homosexuels : La police réprime et ferme la Grande Mosquée de Dakar », « La police transforme la grande mosquée de Dakar en champ de tirs » d´après l´Office. On discute pas ici sur la position de l´islam concernant l´homosexualité, mais le rôle de la presse. Sans avoir l´intention, une révolte générale pourrait naître à partir de ce point de vue. L´exemple de la radio des 4 collines est là au Rwanda même si les contextes ne sont pas les mêmes. Celui qui réprime l´homosexualité peut se baser de que l´état du Sénégal est contre l´islam et l´homophobie peut faire le jour sans se préoccuper avec la justice du pays. On ne doit pas faire la justice avec ses propres mains, mais l´homophobie peut gagner sa place. Loin de critiquer la position de la presse ou de donner des leçons de l´éthique et de la déontologie, mais elle est essentielle pour avancer notre société. A lire les réactions des internautes dans divers journaux nationaux, j´ai peur pour les homosexuels tellement que les discours sont violents envers tous ceux qui défendent le droit et la justice sans parler des homosexuels qui sont devenus des proies faciles. L’homophobie peut se définir comme toute attitude ou tout acte qui va dans le sens d’un rejet, d’une injustice ou d’une violence envers une personne homosexuelle ou identifiée comme telle. Lutter contre cette forme de discrimination contribue à un mieux être physique, mental et social de tous les jeunes.

Pour conclure, l’homosexualité en Afrique à travers l’histoire ou de nos jours, est loin d’être une construction mythique. C’est une réalité palpable et visible. C’est le fait de vouloir nier son existence au début par les occidentaux, ensuite par les africains eux-mêmes, qui relève d’une construction mythique dont le but de cet article était de dé-« mythifier », mais aussi d’essayer de donner une sens sociologique à ses manifestations dans les sociétés africaines contemporaines

MOZAMBIQUE: Destination inconnue pour les enfants du trafic

JOHANNESBOURG, 4 février 2008 (IRIN) - Un camion avec, à son bord, 40 enfants, serrés les uns contre les autres, a été intercepté dans la province centrale de Manica, au Mozambique cette semaine, suscitant des préoccupations sur la recrudescence du trafic d’enfants et le besoin urgent d’adopter une législation efficace pour lutter contre ce phénomène.

« Tous les enfants sont aujourd’hui sous la protection des services sociaux de Chimoio [dans la province de Manica]. Parallèlement aux enquêtes en cours, les autorités tentent de contacter leurs parents », a déclaré à IRIN Thierry Delvigne-Jean, du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« Un certain nombre d’adultes ont été appréhendés », a-t-il ajouté. Selon un communiqué publié par les Nations Unies au Mozambique jeudi, le camion a été intercepté lundi par la police à Inchope et l’affaire fait actuellement l’objet d’une enquête.

On ignore précisément où ces enfants devaient être conduits. « Les détails de l’affaire restent vagues – il y a beaucoup d’informations contradictoires », a déclaré Carmen Ramos, directrice des bureaux mozambicains de Save the Children Norvège.
« Le chauffeur a dit qu’il emmenait les enfants dans des écoles de Tete [une province du Mozambique occidental] et de Maputo [la capitale] pour qu’ils étudient le Coran, et qu’il avait déjà fait 10 fois ce voyage avec d’autres enfants », a-t-elle poursuivi.

Il semblait que les enfants n’aient pas été enlevés, leurs parents ayant consenti à les laisser partir, « mais les parents ne savent pas où se trouvent ces écoles », a ajouté Mme Ramos, ce qui laisse penser que les enfants se trouvaient peut-être à bord du camion pour d’autres raisons que l’école.

« Cet incident attire notre attention sur le grave problème du trafic d’enfants et le besoin urgent d’adopter des instruments juridiques destinés à faire respecter la protection des enfants contre les maltraitances et l’exploitation », a déclaré Ndolamb Ngokwey, Coordinateur résident des Nations Unies, dans le communiqué.

Abandonnés par la loi

La loi mozambicaine ne prévoit pas de poursuites à l’encontre des trafiquants présumés d’êtres humains ; en conséquence, aucun individu soupçonné de se livrer au trafic n’a jamais été jugé pour ce délit, bien que cette pratique soit illégale au regard du droit international.

Malgré tout, les individus soupçonnés de trafic d’êtres humains ont été poursuivis en justice par l’Etat et Rede Came, une organisation non-gouvernementale (ONG) mozambicaine de protection de l’enfance, aux termes de lois contre les enlèvements, la corruption de mineurs et les braquages de véhicules, mais ces infractions sont passibles de peines bien moins lourdes que les violations des lois contre la traite adoptées dans d’autres pays.

Le projet de loi sur les droits des enfants, approuvé par le Conseil des ministres en mars 2007, n’a pas encore été promulgué. « Ce projet de loi attend l’approbation du Parlement et devrait être adopté d’ici peu, dans le courant de l’année », selon le communiqué des Nations Unies. « Une loi spécifique contre le trafic de personnes a également été approuvée par le Conseil des ministres en 2007 et attend l’approbation du Parlement ».

Lorsqu’il sera promulgué, le projet de loi sur les droits des enfants inclura un article en vertu duquel l’Etat sera tenu de prendre des mesures juridiques et administratives spéciales visant à mettre un terme aux enlèvements, à la vente et à la traite de mineurs.
 
« Les Nations Unies prient instamment le Parlement d’inscrire cette législation à l’ordre du jour de la session législative qui doit commencer en mars », a déclaré Leila Pakkala, représentante de l’UNICEF.

« Une fois qu’ils auront été approuvés par le Parlement, le projet de loi sur les droits des enfants et les lois contre le trafic renforceront le cadre juridique et de protection des enfants, et notamment des victimes de trafic et de maltraitances ».

Des préoccupations de plus en plus vives

Bien que l’on ne dispose pas de statistiques récentes sur le trafic de personnes au Mozambique, cette pratique serait en pleine recrudescence. Selon une étude sur la traite dans la région, menée en 2003 par l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), chaque année, un millier de femmes et d’enfants mozambicains seraient victimes du trafic vers l’Afrique du Sud, essentiellement à des fins d’exploitation sexuelle

« Certaines études ont révélé que le Mozambique était à la fois un pays de provenance et de transit dans le cadre du trafic d’enfants. Maputo, la capitale, est la principale destination du trafic interne, tandis que l’Afrique du Sud est la destination principale des enfants emmenés par les trafiquants hors du Mozambique ou des pays voisins », pouvait-on lire dans le communiqué des Nations Unies.

La plupart des enfants qui tombent entre les mains des trafiquants sont âgés de 13 à 18 ans. « Les enfants et les adolescents sont particulièrement vulnérables à l’exploitation du fait de leur âge et de leur dépendance », explique l’UNICEF.

Les 19,8 millions d’habitants que compte le Mozambique sont désespérément pauvres : 40 pour cent d’entre eux vivent avec moins d’un dollar américain par jour, et le rétablissement du pays est lent depuis la fin, en 1992, d’une guerre civile qui avait duré 16 ans. Selon l’UNICEF, le pays compte 1,6 million d’orphelins, dont 380 000 ont vu leurs parents emportés par le VIH/SIDA.

Selon un rapport publié par Amnesty International en 2005, le trafic dans cette ancienne colonie portugaise serait également lié à l’extraction d’organes humains à des fins de rituels et de sorcellerie, une pratique qui a lieu dans les provinces nordiques de Nampula et Niassa, affirme l’organisation.

Le tourisme sexuel, une industrie prospère au Maroc  “Grâce” à la misère

enfants 

Pour combattre la pédophilie, il faut rappeler sans cesse la législation internationale en vigueur, informer et soutenir les populations vulnérables mais aussi sévir contre les tueurs d’innocence. L’État doit s’impliquer, politiquement et financièrement.

Une bourgade balnéaire au sud d’Agadir. Un touriste européen âgé d’une soixantaine d’années, vêtu d’un short kaki et d’une chemisette, chaussé de sandales marocaines marche tranquillement en adressant quelques mots, de temps en temps, à un jeune garçon d’une quinzaine d’année au plus qui marche à côté de lui. De temps en temps, le « touriste » passe une main dans les cheveux de son « compagnon ». Cela se passe en plein jour, et il faut être aveugle pour ne pas comprendre les raisons de leur promenade dans la rue principale du village. Les commerçants du village ne regardent même plus, les adultes et les vieillards sont dépassés par un mal qu’ils ne comprennent pas. Ils sont de toutes nationalités, ces touristes amateurs de chair prénubile.

Abus

Depuis 30 ans, les touristes ont acquis leur facilité de contact avec les enfants miséreux entre Tanger et Marrakech. Ils sont arrivés ici, maintenant. Il suffit à un touriste européen de faire cent mètres dans le centre ville, à Casablanca ou sur la Place Jamaâ Lefna de Marrakech pour qu’on lui propose tout un échantillon de produits destinés à procurer de l’extase à celui qui paie. «Cocaïne, haschisch, jolies filles ?».

Nous comptons parmi les pays qui comptent le plus d’enfants des rues, la misère peut même mener à l’abandon des enfants, le tissu social s’est fragilisé, les enfants ne savent plus comment ils vont se payer de quoi manger le lendemain, alors ils se laissent prendre dans les filets de négriers locaux. Comment peut-on en arriver à s’exhiber sans honte avec un ou plusieurs enfants transformés en objets ? Pour ne pas indisposer les touristes d’Europe, d’Amérique et du Golfe, on a laissé faire, on a toléré. Le Maroc a acquis une solide renommée de paradis sexuel où même les jeunes filles qui ont pu effectuer une scolarité normale se prostituent, elles représentent la seule source de revenu pour des familles entières. Et toute cette jeunesse mutilée n’a pas 16 ans. Alors le temps aidant, le laisser-faire et l’indifférence des pouvoirs publics ont jeté des marmots sur « le marché » du sexe, ces touristes dont la sexualité est pathologique peuvent ainsi faire leurs emplettes pour des soirées orgiaques. Personne ne semble y trouver à redire.

Quand un adulte abuse d’un enfant, il le traumatise à jamais. La gravité de l’abus sexuel est doublée par l’ascendant de l’adulte sur l’enfant.

 Fléau

Pour le Dr Ismaïl Harakat, tout pédophile est un malade.

Il se trouve qu’en plus de nos pédophiles à nous, nous avons hérité des pédophiles des pays riches. Le Maroc, exotique et miséreux, est comme de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, un paradis sexuel. Le niveau de vie de la population est si bas qu’un smicard européen peut tout se payer au Maroc, en Tunisie, en Égypte, en Thaïlande, au Sri Lanka, dans le sud de la Chine, en Birmanie, au Laos, au Cambodge, au Vietnam et au Népal. Ce sont les pays où un sexagénaire peut s’offrir non seulement toutes les fillettes qu’il veut mais aussi des garçonnets.

Le tourisme sexuel, massif et affiché, est un fléau spécifique des pays pauvres où se trouve la majorité des enfants prostitués.

D’où viennent les « clients », des États-Unis, de France, d’Allemagne, d’Angleterre et des pays du Golfe. Mais s’il y a « le pédophile occidental, qui voyage à seule fin d’avoir des relations sexuelles avec des enfants non-pubères, selon Agnès Fournier, chef du service de la traite des êtres humains à Interpol, il y a aussi les pédophiles locaux. Puis il y a des touristes qui ressemblent en tous points à des vrais touristes qu’on a du mal à les repérer, en effet, ces déviants peuvent souvent être de bons pères et de bons maris.

Ceux-là sont en quête de nouveaux plaisirs, de nouvelles sensations et ils font taire tous leurs éventuels scrupules, résistent un jour ou deux et descendent dans les quartiers réservés pour détruire psychologiquement des enfants innocents.

Détruire une personnalité confiante, fragile et sans défense est un crime contre l’humanité. Les spots télévisés sur la prévention de la pédophilie sont la preuve qu’il suffit de volonté pour que la société prenne conscience du malheur qui la frappe pour commencer à en parler.

maroc-hebdo.

Recrudescence des viols et autres violences sexuelles  sur les enfants

jeune africaine

Le déviant sexuel, un malade qu’il faut soigner

Au vu du rythme auquel on enregistre les cas de viols, l’on est tenté de se demander ce qui peut bien se passer dans la tête des auteurs de tels actes. Exposant sur les causes de déviances sexuelles, le psychologue Omar Ndoye nous apprend que certains violeurs sont des malades qu’il faut soigner.

La remarque est générale et crève davantage les yeux chaque jour que les médias relatent une énième affaire de viol très souvent perpétré sur un enfant sans défense. Ces bourreaux des enfants sont-ils toujours conscients du mal fait ? La victime se relèvera-t-elle de ce cauchemar ? Il a été question des causes de déviances sexuelles, leurs manifestations et leur prise en charge au cours du séminaire organisé les 19 et 20 février, à Saint-Louis, par le Groupe d’action contre les violences d’enfants (Grave) dirigé par le journaliste Adama Sow, en partenariat avec le Projet de lutte contre la traite et les pires formes de travail des enfants (Pltpfe) du ministère de la Famille, de l’Entreprenariat féminin et de la Microfinance. Et pour faire voyager les participants dans ce qui pourrait se passer dans la tête des violeurs et des victimes, le docteur Omar Ndoye a tenu son monde en haleine pendant près d’une heure. La question était : « quelles sont les causes de déviances sexuelles ? » La réponse a été plurielle. D’abord, nous qui nous croyons sains et incapables de descendre si bas, sommes-nous à l’abri ? N’y a-t-il pas en nous des choses qui sommeillent et susceptibles de se réveiller un jour ?

afro amricaines

Heureusement, comme l’a rappelé le psychologue, « nous nous sommes imposé des règles sociales. Si on en sort, on parle de déviance ». Le docteur Ndoye a rappelé les étapes de la sexualité qui commencent chez l’enfant lors de la tétée. Comme le dit Sigmund Freud, père de la psychanalyse moderne, téter le sein est la première forme de sexualité, car le bébé tête aussi pour avoir du plaisir. Et, à défaut du plaisir trouvé avec le sein, il se rabat sur le doigt, « c’est la première activité masturbatoire de l’individu », fait savoir Dr Ndoye. Ensuite, il y a le stade anal où l’enfant joue de son anus avec ses défections. Le complexe d’Œdipe, créant une attirance poussée de l’enfant vers le parent du sexe opposé au sien est une étape très importante dans la sexualité future de l’individu, souligne le psychologue. Il se situe vers cinq ans. « Tout ceci va définir la sexualité adulte. Beaucoup de choses que l’on néglige », regrette-t-il. Et d’attirer l’attention : « les six premières années (de l’enfance) sont d’une importance capitale pour l’enfant. S’il les rate, ce sera très difficile de se rattraper ». Par exemple, à la place du complexe d’Œdipe, si l’enfant est attiré par le parent du même sexe, il pourrait voir sa sexualité virer à l’homosexualité (lesbianisme chez les femmes)

« Nous avons tous des fantasmes »

Le docteur Omar Ndoye distingue deux types d’individus : les personnes instruites et celles mal insérées socialement. « Toutes ces personnes sont dans une activité perverse silencieuse », dit-il en rappelant les escapades parfois furtives dans des sites internet pornographiques, les cassettes pornographiques visionnées par les dames en cachette, etc. Et puis, demande-t-il, « qui ne nourrit pas de fantasme ? Qui n’en a pas nourri ? » La réalité est que « nous avons tous des fantasmes visibles ou cachés », ajoute-t-il. Au chapitre des déviances sexuelles, la liste est longue et... surprenante. L’abasiophilie, attirance sexuelle envers les personnes ayant des difficultés à marcher et utilisant des béquilles ou chaises roulantes), l’acotomoclitisme (attirance envers les pubis rasés), la coprolalie (faire des téléphones obscènes), le frotteurisme (frotter ses organes génitaux contre quelqu’un) la knissophilie (être excité sexuellement par l’encens), la pictophilie (attirance sexuelle envers les images pornographiques), etc.

Le rôle du journaliste, estime Omar Ndoye, est « d’amener les gens à prendre conscience qu’il y a une pathologie latente qui peut se réveiller à tout moment si les conditions sont réunies. Il y a des pervers qui ne peuvent être satisfaits que si l’objet de la perversité est là, maîtrisé. Quand on est là-dedans, on est anormal », dit-il. L’homme de science de se demander : « dans nos sociétés, accompagnons-nous toujours nos enfants dans des rites initiatiques des modèles positifs ? Ou bien avons-nous délégué cela à une série de substituts occidentaux ? Dans quelle société ont grandi ces violeurs ? ». Même si une partie des causes des déviances sont à chercher dans les étapes de développement de l’individu dans son enfance, il ne faut pas oublier qu’il y a ce qui est de l’ordre de l’horizontalité, c’est-à-dire tout ce qui se passe dans une société, ajoute Dr Ndoye. A son avis, ce sont des facteurs favorisants. « Il y a parmi nous des gens qui devraient être aidés. Dès fois, on peut ne pas être conscient de la pathologie », ajoute-t-il. D’où le rôle du journaliste d’éveiller les consciences. Entretenir une relation sexuelle avec un enfant alors qu’on a la possibilité d’assouvir sa libido sur une personne adulte relève du cas pathologique, dit-il. « Il s’agit de gens malades qu’il faut soigner », ajoute-t-il. Pour le cas des enseignants abusant de leurs élèves, Dr Ndoye explique le phénomène par un phénomène de transfert dans une relation duelle. Ici, l’élève prend en modèle son enseignant jusqu’à lui déclarer son amour pour lui. Malheureusement, « si l’enseignant ne le comprend pas, il passe à l’acte », prévient-il.

D’autre part, l’enfant victime de violence sexuelle voit sa vie bouleversée. Les victimes d’inceste vivent intérieurement un terrible drame avec le « silence coupable des parents, souvent les mères, complices silencieuses ». Le psychisme de l’enfant peut aussi être heurté par de « petites choses » comme le cas de cette fille témoin de l’infidélité de sa mère à chaque fois que l’époux de ce dernier s’absentait. Interpellé au cours des débats sur le lien entre la fréquence des cas de viol et l’habillement osé des filles, le docteur Omar Ndoye répond que c’est là un « facteur stimulant ». N’empêche, déclare-t-il, « le sexe est la parcelle du corps qui n’est pas négociable ».

MALICK CISS
source


Quelle a été la situation des femmes en 2007 ?

indienne

Quelques progrès et revers

 par Kathambi Kinoti, AWID

L’année dernière, nous avons été témoins de l’accession à la présidence de trois femmes. En Argentine, la dirigeante de gauche Cristina Fernandez a été élue présidente et est devenue la deuxième femme à atteindre ce poste dans l’histoire du pays. Lors de son discours inaugural, Cristina Fernandez a juré que les nombreuses affaires relatives aux violations des droits de l’homme perpétrées pendant la dictature, de 1976 à 1983, seraient menées à terme.

Son élection signifie que l’Amérique du Sud compte à présent deux femmes présidente : Fernandez et Michelle Bachelet au Chili. Pratibha Patil a été élue présidente de l’Inde en juillet 2007. En tant que candidate du compromis, son élection n’était pas considérée par tous comme synonyme de progrès en matière de droits de la femme. Un chroniqueur du journal Asian Age a écrit : "Ne vous moquez pas de notre intelligence en déclarant qu’il s’agit d’une victoire pour les femmes. Il s’agit d’une victoire égoïste pour le parti du Congrès et ses dirigeants."(1) Patil a néanmoins établi un précédent en devenant la première femme présidente de l’Inde. La Suisse a élu Micheline Calmy-Rey présidente.

Benazir Bhutto, ancienne première ministre pakistanaise de retour d’exil depuis peu, a été assassinée le 27 décembre 2007. Benazir Bhutto, la première femme à occuper le poste de Premier ministre au Pakistan, était résolue à se porter candidate aux élections qui se tiendront tout prochainement dans le pays. Son assassinat a provoqué des émeutes et des problèmes politiques. Au mois de février, Zil-e-Huma Usman, ministre au Conseil provincial de la région du Pendjab au Pakistan, a également été assassinée. Son assassin, qui a avoué le crime, a déclaré à la police que "les femmes ne devraient pas occuper des positions importantes."(2) En mai, la ministre du Tourisme, Nilofar Bakhtiar, a été contrainte de démissionner après que "le noyau dur de l’autorité religieuse islamiste l’ait taxée d’’obscène’ à la suite d’une accolade donnée à un parachutiste qui avait sauté pour une oeuvre de charité."(3) Une autre femme politique en Afghanistan, Malalai Joya, a été suspendue à la suite de ce qu’elle décrit comme un complot politique, après avoir déclaré que le parlement afghan était "pire qu’une étable."(4)

afgane

La participation des femmes à la vie politique a fait l’objet d’une fatwa (décret religieux) du grand mufti d’Égypte en février 2007. Dans cette fatwa, qui a engendré un débat houleux, le grand mufti déclare que "rien, dans les principes islamiques, n’empêche les femmes d’occuper des positions institutionnelles importantes et même de devenir présidentes...l’Islam offre des droits politiques et sociaux égaux aux hommes et aux femmes."(5) Le président de la Commission de la fatwa de l’Université al-Azhar a cependant attiré l’attention sur les réalités sociopolitiques, en déclarant que "même si la fatwa de Gomaa repose sur des arguments valables, ce qu’il dit n’est pas faisable dans la réalité au vu de la situation politique et sociale." (6)

Quinze femmes ont été élues au parlement lors des élections générales au Kenya en décembre 2007. Il s’agit là d’un record pour ce pays dont le précédent parlement ne comptait que neuf femmes parlementaires élues et neuf nommées sur un total de 222 membres. Il est probable que le nombre de femmes au sein du parlement augmentera quand les partis politiques nommeront plus de femmes comme l’exige la Constitution de l’État. Malgré ce relatif progrès, en termes de représentation des femmes au parlement, le Kenya reste bien loin derrière ses voisins d’Afrique centrale et orientale.

Viols et autres violences

Les femmes ont continué à payer un lourd tribut aux conflits dans le monde en 2007. La situation au Darfour est loin d’avoir été résolue et ce sont majoritairement les femmes qui subissent la mort, la destruction, le viol et la faim qui découlent de ce conflit. La République démocratique du Congo continue d’être le théâtre de violences sexuelles à grande échelle contre les femmes et les jeunes filles. La Commission interaméricaine des Droits de l’Homme a fait état du viol et du recrutement de filles et de jeunes femmes par des forces armées irrégulières, telles que les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) d’extrême-droite ou les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) de gauche. On a signalé que les dirigeants de ces groupes para-militaires forçaient ces femmes à fournir des services sexuels ou à effectuer des tâches domestiques.(7) En février, on a signalé que l’armée du Myanmar avait perpétré, en toute impunité, des meurtres, viols et tortures sur les femmes Karen.(8) Les différends à propos du résultat des élections présidentielles au Kenya ont provoqué des troubles politiques. Des centaines de personnes ont été tuées, des dizaines de milliers ont été déplacées et le nombre de viols à l’encontre des femmes et des filles a connu une forte augmentation.(9)

ethiopienne

En avril 2007, le tribunal des Nations Unies pour les crimes de guerre a rendu un jugement qui peut être considéré comme un point de repère. Il a condamné un Serbe de Bosnie, membre de la police militaire, pour avoir participé à la célèbre campagne de viols contre les Serbes musulmanes dans la ville de Foca, en 1992. L’esclavage sexuel et le viol ont pour la première fois été considérés comme des crimes contre l’humanité dans l’acte d’accusation prononcé contre le policier.

L’année 2007 a été tumultueuse pour les défenseurs des droits des femmes en Iran, en particulier à partir du début juillet. Certain-es d’entre eux ont pris part à la campagne "Un million de signatures" qui vise à informer les femmes iraniennes sur leurs droits et à réformer les lois discriminatoires à l’égard des femmes. Plusieurs militantes ont été arrêtées alors qu’elles tentaient de récolter des signatures afin de soutenir la campagne. Lorsque certaines d’entre elles ont refusé de signer un accord les obligeant à mettre fin à leurs activités, elles ont été accusées d’exercer des "activités contre la sécurité nationale" et emmenées en prison. D’autres activistes ont été arrêtées tandis qu’elles participaient à des manifestations pacifiques pour les droits de la femme. La pression internationale a contribué à la libération de la plupart de ces activistes, mais sous des conditions draconiennes pour la majorité d’entre elles. (10) On a également rapporté que les forces de sécurité, au Zimbabwe, ont régulièrement torturé ou abusé sexuellement de militantes pour les droits de la femme qui manifestaient contre les violations des droits fondamentaux, les expulsions forcées et les pénuries alimentaires dans le pays. (11)

latina

L’avortement

L’avortement a continué d’être un enjeu important en matière de droits fondamentaux de la femme en 2007. Les groupes favorables à l’avortement au Nicaragua ont vainement tenté de faire pression sur leur Congrès pour qu’il élimine une loi adoptée en 2006, n’admettant aucune exception et interdisant les avortements y compris lorsque la vie de la femme est menacée. On a signalé que cette interdiction avait eu des "conséquences dévastatrices pour la vie et la santé des femmes", certaines d’entre elles craignant même d’avoir recours aux services de santé légaux. (12)

Au Portugal, les lois en matière d’avortement ont été réformées après référendum. L’avortement est à présent autorisé pour les femmes qui sont enceintes depuis au maximum dix semaines. En cas de viol, l’avortement est autorisé jusqu’à 16 semaines de gestation et jusqu’à 24 semaines s’il s’avère que le foetus est atteint d’une malformation congénitale ou d’une maladie incurable. Certaines femmes n’ont cependant pas pu tirer profit de ces nouvelles lois puisque certains médecins ont émis une "objection de conscience". (13) La Cour européenne des Droits de l’Homme a contesté les lois restrictives en matière d’avortement en Pologne en octroyant des dommages et intérêts à une Polonaise après qu’elle se soit vu refuser le droit d’avorter malgré le fait que sa santé soit en danger. Le corps législatif de Mexico a donné son accord en avril pour autoriser les avortements durant les trois premiers mois de grossesse. Poussé par son ministre de la santé, le Mozambique a également envisagé la légalisation de l’avortement. Selon lui, les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions constituent la troisième cause de mortalité maternelle dans le pays. Le Togo avait amendé ses lois à la fin de l’année 2006 afin d’autoriser l’avortement en cas de viol ou d’inceste.

L’Arabie saoudite est le seul pays du monde où les femmes ne sont pas autorisées à conduire. En septembre, un groupe de Saoudiennes a formé un comité ayant pour objectif de changer cette situation. L’action de ce groupe, bien qu’il ne soit pas encore parvenu à changer la loi, met en exergue le fait qu’aucun progrès en matière de droits de la femme ne devrait être considéré comme acquis.

Source : Dossier du Vendredi de l’AWID, 4 janvier 2008 (Traduit de l’anglais par Monique Zachary).

Notes

1. Cité dans "India’s first female president sworn in." Reuters Afrique, 25 juillet 2007.
2. "Cabinet Minister Killed in East Pakistan." Guardian Unlimited, 21 février 2007.
3. "Female Afghan and Pakistani politicians forced from office." Guardian Unlimited, 23 mars 2007.
4. Voir note 3.
5. Cité dans "Fatwa over women in politics stirs controversy." AKI Italie, 5 février 2007.
6. Voir note 5.
7. "Women Suffer Abuse Behind the Front Lines." Inter Press Service News Agency, 23 janvier 2007.
8. "Myanmar military accused of raping ethnic Karen women." Guardian Unlimited, 12 février 2007.
9. "Scores in hospital after rape ordeal." Daily Nation, 2 janvier 2008.
10. Radio Free Europe, 17 novembre 2007.
11. "Zimbabwe police torture women activists." Reuters Afrique, 10 octobre 2007.
12. "Over their Dead Bodies", Human Rights Watch, 2007.
13. "Epidemic of Conscientious Objection to Performing Abortion."
Inter Press Service, 20 juillet 2007.