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La cathédrale Saint-Louis (Fort-de-France)
cathedrale Saint Louis photo  Mardaye Tony

Lorsque ma mère  parlait  de la cathédrale Saint Louis[1], ce monument religieux prenait une importance démesurée, revêtant une dimension quasi-mythique et toute une série d’expressions aveignait de sa bouche : « y mayé la katédwal  (elle s'est mariée à la cathédrale) » comme pour signifier l'importance ou la réussite sociale de la personne ayant eu cet honneur.

Cette église  se chargeait de toutes les volitions des gens de sa classe, l’enjolivant non pas de ses espoirs,  consciente qu’elle ne gravirait jamais le perron  de la cathédrale Saint Louis, car elle symbolisait le summum  de la réussite économique  et sociale, inaccessible à 95 % de la population martiniquaise.  Là ne se rejouait pas l’animadversion des classes populaires contre les classes dominantes, mais une aversion des Nègres contres les Békés.

A cette époque, les  gens du peuple percevaient la cathédrale Saint Louis comme le lieu aristocratique par excellence,  réservé à l’élite dominante de la Martinique, les békés, les mulâtres et accessoirement à quelques Nègres ayant  trouvé un banc dans la dernière travée de l’édifice.

En définitif, le Nègre n’avait pas sa place,  cela se confirmait lors des télédiffusions de Grandes messes ou nous regardions dans le petit écran (pour les rares privilégiés pouvant s’acheter une télévision dans les années 60-70), ces Grands-blancs aux yeux morgueurs habituellement, qui en ce jour étaient plein de componction,  debout, tête baissée  lors de l’introït.

Nous pouvions aussi apercevoir  ces grands serviteurs de l’Etat, si prompts à remiser les droits de l’homme dans les soutes ou dans les cales des bateaux les amenant dans les colonies,  occuper le premier rang,  le visage illuminé comme compénétré des vertus civilisatrices de leur race.

Il fallait les voir  bomber le torse en respirant l‘encens,  que les enfants de chœur, blanc en aube blanche et surplis blanc,  répandaient  de l’encensoir, qu’ils balançaient  à bout de bras devant l’autel où le Monseigneur officiait.

La caste des argentés et des puissants de ce pays, se retrouvaient dans leur temple, aucun résipiscent parmi eux, ces gens ne portaient pas les crimes de  leur civilisation ou de leurs ancêtres, ils se contentaient de thésauriser dans les banques suisses, françaises ou d’ailleurs les intérêts générés par ce crime.

C’était un plaisir, une joie quand  elle apercevait un pareil à elle-même dans cette foule uniformément blanche où les rares Noirs détonnaient quelque peu. Ma mère communisante et chrétienne regardait toutes ces cérémonies  grandioses comme une compulsion  sur le Nègre et elle était dans l’expectation  de voir  un jour, cette vermine endimanchée  au sortir de la messe se colorer en noir. 

J’ai grandi en tenant ce lieu comme autre,  non pas à cause des supposées  impossibilités ou interdits,  mais  je me souviens qu’enfant ma sœur et moi, de temps à autre, lorsque  nous faisions un long  détour après l’école, pour acheter un délicieux gâteau de riz, vendu dans une boulangerie pas très loin de la cathédrale, et à son approche, l’un de nous  s’empressait de dire : « Mi kaye djab-la ! (Voilà la maison du diable !). »

Nous étions incurieux de la Maison du Seigneur,  nous ne la trouvions pas engageante, voire elle nous était dérangeante et hostile.

Quand  je la regardais, j’avais une perception  négative de la bâtisse, l’impression que la cathédrale m’observait de partout, elle m’épiait avec ses grands yeux inquisiteurs.

cathedrale Saint Louis photo  Mardaye Tony

Depuis, j’ai grandi, bien qu’en ayant une affection toute particulière pour les églises, dès que j’en rencontre une, j’ai une certaine propension à y entrer pour brûler un cierge et prier, mais cette cathédrale Saint Louis ne m’a  jamais attrait  et j’ai franchi  le porche  pour la première fois qu’en 2006,  dans des circonstances relativement anodines, il s’agissait de m’abriter d’une ondée tropicale.

Je ne me suis attardé en son sein, le temps que la pluie cesse.

J’en ai profité pour réaliser quelques photographies  à l’intérieur et me questionner sur le sentiment de répulsion  que suscitait  ce lieu en moi et j’ai fini par comprendre pourquoi cette cathédrale me rebutait. 

Regardez attentivement la partie de l’édifice,  je suppose  que c’est le clocher ou la tour, l’élément qui supporte la flèche,  à s’y méprendre,  il a la forme d’une chouette ou d’un hibou.

Comme vous le savez, il n’y a pas de chouette ou de hibou  en Martinique, toutefois on en trouve dans les grandes Antilles, en Haïti, à Cuba, en Jamaïque notamment le hibou  maître-bois ou le Hibou de la Jamaïque, mais cet oiseau nocturne reste perçu dans la plupart des sociétés humaines comme un symbole de laideur, dont sa relation avec la nuit et la lune contribue à le rendre antipathique et lui donne un aspect malveillant.

Dans la mythologie gréco-romaine,  la chouette est représentée par Ascalaphos, celui qui voit Perséphone   manger les sept graines de grenade, une action qui interdit à la déesse  de revenir complètement à la lumière du jour, au grand dam de sa mère Déméter.

Par ailleurs, dans les traditions amérindiennes, notamment aztèques, la chouette est  : « l’animal symbolique du dieu des enfers, avec l’araignée. Dans plusieurs codex, elle est représentée comme la gardienne de la maison obscure de la terre. Associée aux forces chthoniennes, elle est aussi un avatar de la nuit, de la pluie,  des tempêtes. Ce symbolisme l’associe à la fois à la mort et aux forces de l’inconscient luni-terrestre, qui commandent les eaux, la végétation et la croissance en général.[2] »

cathedrale Saint Louis photo  Mardaye Tony

Ce ressenti négatif vis-à-vis de la chouette, est sans doute lié au fait, qu’elle symbolise la mort ou le sacrifice.

J’avais pu voir un reportage, il y a de cela une vingtaine d’années  où  était dénoncé  le comportement de certains paysans français qui clouaient sur la porte de leur grange ou de leur maison  une espèce chouette (effraie) qu’ils considéraient comme un oiseau de mauvais augure afin de se préserver du mauvais œil, une pratique qui mettait en danger l’espèce.

Alors, nous pouvons légitiment nous interroger sur le choix d’un oiseau lunaire en relation avec la mort et les enfers pour personnaliser la tour de la cathédrale Saint Louis, qui est supposée être un lieu de vie, de lumière, le temple du Christ ressuscité.

De visu, il y a deux éléments sur cette cathédrale qui dénotent l’appartenance de l’architecte (Henri Picq) ayant réalisé les plans de cette cathédrale à une « secte, une confrérie ou un ordre ésotérique ».

Tout d’abord, dans  ces confréries occultes ou ésotériques, le hibou compagnon d’Athéna, est le symbole de la sagesse et de la connaissance.

Ensuite nous apercevons sur la porte de la cathédrale une étoile à cinq branches (pentacle). 

Pour les Pythagoriciens elle représente  l’harmonie, la beauté et la perfection, c’est un symbole païen qui s’inscrit dans un rapport direct avec la nature et la féminité sacrée.

L’étoile à cinq branches : « figure l’homme régénéré, rayonnant comme la lumière, au milieu des ténèbres du  monde profane.[3]».

 Par ailleurs, ce pentagramme est à rapprocher de l’étoile flamboyante de la maçonnerie.

Tout ceci  influe que la cathédrale Saint Louis a été créée à la gloire de l’homme, de cet homme qui se prend pour Dieu, cet être dont la vanité est d’être l’égal de Dieu.

Et peut être que la fonction de cette cathédrale  en Martinique est de marquer la domination  d’un groupe sur un autre ou elle concrétise cette domination effective d’un groupe humain sur un autre groupe humain.

 Tony Mardaye
(texte et photo)



[1] C'est Pierre Henry Picq qui construisit l'édifice de 1895.   La maison Moisant-Laurent-Savey  réalisa de façon industrielle, les différentes pièces(poutrelles, chapiteaux, arcs etc...) de l'église, ensuite elle est expédiée en Martinique et est montée sur les anciennes fondations de la première église. C'est un édifice dont la façade principale animée par quatre arcs boutants qui soutiennent le clocher est de style néo-gothique dépouillé tandis que l'intérieur est plutôt de style romano-byzantin par l'emploi d'arcs en plein-cintre et de la coupole octogonale. Elle est composée d'une grande nef et de 2 berceaux collatéraux, elle a une charpente métallique pour prévenir les risques d'incendies et des séismes… Source

 
[2] Dictionnaire des symboles, de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, ed… Seghers

[3] Idem



Cathédrale de la Résurrection (Évry)

Cathédrale de la Résurrection (Évry)

La cathédrale de la Résurrection d'Évry a été construite de 1992 à 1995 par l'architecte suisse Mario Botta. Elle est dédiée à Saint Corbinien né en 680 à Saint-Germain de Châtre, premier évangélisateur de la Bavière

Elle se présente comme un cylindre tronqué de 38 m de diamètre et culmine à 34 m. Le toit est couronné de 24 tilleuls symboles de vie. Elle est recouverte de 800 000 briques formant un dessin géométrique.

La nef est un cylindre vertical de 29 m de diamètre qui peut contenir 1 200 fidèles. Elle est éclairée par des verrières situées entre le toit triangulaire et les murs. Le sol est en granit noir. Des bancs en chêne assurent 800 places assises. Au dessus du chœur une volute de briques abrite le Centre National d'Art Sacré et le Musée Paul Delouvrier. L'autel, dont le pied descend jusque dans la crypte, est en marbre de Carrare tout comme le baptistère cylindrique. La cathèdre, siège de l'évêque, est mise en valeur par une disposition particulière des briques.

Accessible dans le fond de la nef, la chapelle de Jour octogonale a été décorée par Gérard Garouste. À l'intérieur de cette cathédrale, un tabernacle moderne, de forme cubique, est l'œuvre de Louis Cane. Il est recouvert sur cinq faces de mosaïques inspirées de celles de la primitive Église. Les thèmes de la décoration sont les symboles utilisés par les premiers chrétiens : colombe, raisin, pain, poisson.

Ouverture au public le mardi 11 avril 1995. Elle a été inaugurée le jour de Pâques 1996, et a reçu la visite du pape Jean-Paul II le 22 août 1997.

D'après l'auteur Dominique Setzepfandt, la conception de la cathédrale d'Évry ressemble fortement à celle des temples maçonniques. En fait, l'architecte explique que le biseau du cylindre n'a pour but que de donner une orientation à l'édifice et n'est nullement une "colonne tronquée". D'autre part la forme triangulaire du toit rappelle le symbole de la Trinité.

Source


La Cathédrale d’Évry

La dernière cathédrale construite  en France, dans une forme architecturale dont on ne retrouve trace  nulle part ailleurs, ce qui a occasionné un ouvrage de Dominique Setzepfandt : La Cathédrale d’Évry, église ou temple maçonnique ?

Cathédrale de la Résurrection photo evariste zephyrin


Cathédrale de la Résurrection photo evariste zephyrin


Cathédrale de la Résurrection photo evariste zephyrin


Cathédrale de la Résurrection (Évry)

Cathédrale de la Résurrection photo evariste zephyrin


Cathédrale de la Résurrection photo evariste zephyrin


Cathédrale de la Résurrection photo evariste zephyrin

photographies Evariste zephyrin