La
cathédrale Saint-Louis (Fort-de-France)

Lorsque ma mère parlait de la cathédrale Saint
Louis, ce monument religieux
prenait une importance démesurée, revêtant une dimension quasi-mythique et
toute une série d’expressions aveignait de sa bouche : « y mayé la
katédwal (elle s'est mariée à la cathédrale) » comme pour signifier
l'importance ou la réussite sociale de la personne ayant eu cet honneur.
Cette
église se chargeait de toutes les volitions des gens de sa classe,
l’enjolivant non pas de ses espoirs, consciente qu’elle ne gravirait jamais
le perron de la cathédrale Saint Louis, car elle symbolisait le
summum de la réussite économique et sociale, inaccessible à 95 % de
la population martiniquaise. Là ne se rejouait pas l’animadversion des
classes populaires contre les classes dominantes, mais une aversion des Nègres
contres les Békés.
A cette époque, les gens du peuple percevaient la
cathédrale Saint Louis comme le lieu aristocratique par excellence,
réservé à l’élite dominante de la Martinique, les békés, les mulâtres et accessoirement
à quelques Nègres ayant trouvé un banc dans la dernière travée de
l’édifice.
En définitif, le Nègre n’avait pas sa place, cela se
confirmait lors des télédiffusions de Grandes messes ou nous regardions dans le
petit écran (pour les rares privilégiés pouvant s’acheter une télévision dans
les années 60-70), ces Grands-blancs aux yeux morgueurs habituellement, qui en ce
jour étaient plein de componction, debout, tête baissée
lors de l’introït.
Nous pouvions aussi apercevoir ces grands serviteurs de l’Etat, si prompts à remiser les droits
de l’homme dans les soutes ou dans les cales des bateaux les amenant dans les
colonies, occuper le premier
rang, le visage illuminé comme compénétré des vertus civilisatrices de
leur race.
Il fallait les voir bomber le torse en respirant
l‘encens, que les enfants de chœur, blanc en aube blanche et surplis
blanc, répandaient de l’encensoir, qu’ils balançaient à bout
de bras devant l’autel où le Monseigneur officiait.
La caste des argentés et
des puissants de ce pays, se retrouvaient dans leur temple, aucun résipiscent
parmi eux, ces gens ne portaient pas les crimes de leur civilisation ou
de leurs ancêtres, ils se contentaient de thésauriser dans les banques suisses,
françaises ou d’ailleurs les intérêts générés par ce crime.
C’était un plaisir, une
joie quand elle apercevait un pareil à elle-même dans cette foule
uniformément blanche où les rares Noirs détonnaient quelque peu. Ma mère
communisante et chrétienne regardait toutes ces cérémonies grandioses
comme une compulsion sur le Nègre et elle était dans l’expectation
de voir un jour, cette vermine endimanchée au sortir de la messe
se colorer en noir.
J’ai grandi en tenant ce
lieu comme autre, non pas à cause des supposées impossibilités ou
interdits, mais je me souviens
qu’enfant ma sœur et moi, de temps à autre, lorsque nous faisions un
long détour après l’école, pour acheter un délicieux gâteau de riz, vendu
dans une boulangerie pas très loin de la cathédrale, et à son approche, l’un de
nous s’empressait de dire : « Mi kaye djab-la ! (Voilà la
maison du diable !). »
Nous étions incurieux de
la Maison du Seigneur, nous ne la trouvions pas engageante, voire elle
nous était dérangeante et hostile.
Quand
je la
regardais, j’avais une perception négative de la bâtisse,
l’impression que la cathédrale m’observait de partout, elle m’épiait
avec ses grands yeux inquisiteurs.
Depuis, j’ai grandi, bien qu’en ayant une affection toute
particulière pour les églises, dès que j’en rencontre une, j’ai une certaine
propension à y entrer pour brûler un cierge et prier, mais cette cathédrale
Saint Louis ne m’a jamais attrait et j’ai franchi le
porche pour la première fois qu’en
2006, dans des circonstances relativement
anodines, il s’agissait de m’abriter d’une ondée tropicale.
Je ne me suis attardé en son sein, le temps que la pluie
cesse.
J’en ai profité pour réaliser quelques photographies à l’intérieur et me questionner sur le
sentiment de répulsion que
suscitait ce lieu en moi et j’ai fini
par comprendre pourquoi cette cathédrale me rebutait.
Regardez attentivement la partie de l’édifice, je
suppose que c’est le clocher ou la tour, l’élément qui supporte la
flèche, à s’y méprendre, il a la forme d’une chouette ou d’un
hibou.
Comme vous le savez, il n’y a pas de chouette ou de
hibou en Martinique, toutefois on en trouve dans les grandes Antilles, en
Haïti, à Cuba, en Jamaïque notamment le hibou maître-bois ou le Hibou de
la Jamaïque, mais cet oiseau nocturne reste perçu dans la plupart des sociétés
humaines comme un symbole de laideur, dont sa relation avec la nuit et la lune
contribue à le rendre antipathique et lui donne un aspect malveillant.
Dans la mythologie gréco-romaine, la chouette est
représentée par Ascalaphos,
celui qui voit Perséphone manger les sept graines de grenade, une
action qui interdit à la déesse de revenir complètement à la lumière
du jour, au grand dam de sa mère Déméter.
Par ailleurs, dans les traditions amérindiennes,
notamment aztèques, la chouette est : « l’animal symbolique
du dieu des enfers, avec l’araignée. Dans plusieurs codex, elle est représentée
comme la gardienne de la maison obscure de la terre. Associée aux forces
chthoniennes, elle est aussi un avatar de la nuit, de la pluie, des
tempêtes. Ce symbolisme l’associe à la fois à la mort et aux forces de
l’inconscient luni-terrestre, qui commandent les eaux, la végétation et la
croissance en général. »
Ce ressenti négatif vis-à-vis de la chouette, est sans
doute lié au fait, qu’elle symbolise la mort ou le sacrifice.
J’avais pu voir un reportage, il y a de cela une vingtaine
d’années où était dénoncé le comportement de certains paysans
français qui clouaient sur la porte de leur grange ou de leur maison une
espèce chouette (effraie) qu’ils considéraient comme un oiseau de mauvais
augure afin de se préserver du mauvais œil, une pratique qui mettait en danger
l’espèce.
Alors, nous pouvons légitiment nous interroger sur le
choix d’un oiseau lunaire en
relation avec la mort et les enfers pour personnaliser la tour de la
cathédrale Saint Louis, qui est supposée être un lieu de vie, de lumière, le
temple du Christ ressuscité.
De visu, il y a deux éléments sur cette cathédrale qui
dénotent l’appartenance de l’architecte (Henri Picq) ayant réalisé les plans de
cette cathédrale à une « secte, une confrérie ou un ordre
ésotérique ».
Tout d’abord, dans ces confréries occultes ou
ésotériques, le hibou compagnon d’Athéna, est le symbole de la sagesse et de la
connaissance.
Ensuite nous apercevons sur la porte de la cathédrale une
étoile à cinq branches (pentacle).
Pour les Pythagoriciens elle représente l’harmonie,
la beauté et la perfection, c’est un symbole païen qui s’inscrit dans un
rapport direct avec la nature et la féminité sacrée.
L’étoile à cinq branches : « figure
l’homme régénéré, rayonnant comme la lumière, au milieu des ténèbres du
monde profane.».
Par ailleurs, ce pentagramme est à rapprocher de
l’étoile flamboyante de la maçonnerie.
Tout ceci influe que la cathédrale Saint Louis a été
créée à la gloire de l’homme, de cet homme qui se prend pour Dieu, cet être
dont la vanité est d’être l’égal de Dieu.
Et peut être que la fonction de cette cathédrale
en Martinique est de marquer la domination d’un groupe sur un autre ou
elle concrétise cette domination effective d’un groupe humain sur un autre
groupe humain.
Tony Mardaye (texte et photo)
C'est
Pierre Henry Picq qui construisit l'édifice de 1895. La maison
Moisant-Laurent-Savey réalisa de façon industrielle, les différentes
pièces(poutrelles, chapiteaux, arcs etc...) de l'église, ensuite elle est expédiée
en Martinique et est montée sur les anciennes fondations de la première église.
C'est un édifice dont la façade principale animée par quatre arcs boutants qui
soutiennent le clocher est de style néo-gothique dépouillé tandis que
l'intérieur est plutôt de style romano-byzantin par l'emploi d'arcs en
plein-cintre et de la coupole octogonale. Elle est composée d'une grande nef et
de 2 berceaux collatéraux, elle a une charpente métallique pour prévenir les
risques d'incendies et des séismes… Source
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Cathédrale
de la Résurrection (Évry)
La cathédrale de la
Résurrection d'Évry a été construite de 1992 à 1995 par l'architecte suisse
Mario Botta. Elle est dédiée à Saint Corbinien né en 680 à Saint-Germain de
Châtre, premier évangélisateur de la Bavière
Elle
se présente comme un cylindre tronqué de 38 m de diamètre et culmine à
34 m. Le toit est couronné de 24 tilleuls symboles de vie. Elle est
recouverte de 800 000 briques formant un dessin géométrique.
La
nef est un cylindre vertical de 29 m de diamètre qui peut contenir
1 200 fidèles. Elle est éclairée par des verrières situées entre le toit
triangulaire et les murs. Le sol est en granit noir. Des bancs en chêne
assurent 800 places assises. Au dessus du chœur une volute de briques abrite le
Centre National d'Art Sacré et le Musée Paul Delouvrier. L'autel,
dont le pied descend jusque dans la crypte, est en marbre de Carrare tout comme
le baptistère cylindrique. La cathèdre, siège de l'évêque, est mise en valeur
par une disposition particulière des briques.
Accessible
dans le fond de la nef, la chapelle de Jour octogonale a été décorée par
Gérard Garouste. À l'intérieur de cette cathédrale, un tabernacle moderne, de
forme cubique, est l'œuvre de Louis Cane. Il est recouvert sur cinq faces de
mosaïques inspirées de celles de la primitive Église. Les thèmes de la
décoration sont les symboles utilisés par les premiers chrétiens :
colombe, raisin, pain, poisson.
Ouverture
au public le mardi 11 avril 1995. Elle a été inaugurée le jour de Pâques 1996,
et a reçu la visite du pape Jean-Paul II le 22 août 1997.
D'après
l'auteur Dominique Setzepfandt, la conception de la cathédrale d'Évry ressemble
fortement à celle des temples maçonniques. En fait, l'architecte explique que
le biseau du cylindre n'a pour but que de donner une orientation à l'édifice et
n'est nullement une "colonne tronquée". D'autre part la forme
triangulaire du toit rappelle le symbole de la Trinité.
Source
La Cathédrale d’Évry
La dernière cathédrale
construite en France, dans une forme architecturale
dont on ne retrouve trace nulle part ailleurs,
ce qui a occasionné un ouvrage de Dominique Setzepfandt : La Cathédrale
d’Évry, église ou temple maçonnique ?
Cathédrale
de la Résurrection (Évry)
photographies Evariste zephyrin
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