fleurs des iles

PYEPIMANLA LE MAGAZINE ANTILLAIS 


Mercredi des cendres dans la commune du Moule

mercredi des cendres au Moule en Guadeloupe
photo de Jean S. Sahaï


La Marque des cendres

marque du mercredi des cendresEt le jeune se tient debout  les bras ouverts vers je ne sais quoi, est-ce une invitation à venir à sa rencontre ou me signifie-t’il qu’il se positionne dans ce monde.

Il tient à la main un fouet, sans doute l’un de ceux que les conducteurs de cabrouet, jadis utilisaient pour faire avancer les bœufs dans les champs de cannes.

Ce geste anodin, que l’on retrouve dans bien des îles et pays de la Caraïbe, renvoie par ailleurs à cette cérémonie religieuse de la Grèce antique ou de l’antique Rome  où des hommes nus parcouraient la cité le fouet à la main, et fouettant toute personne se trouvant à leur proximité, non pas pour leur faire  du mal, mais les rendre féconds.

Les millénaires passent, les siècles défilent et pourtant pour celui qui sait, il ne voit qu’immobilité et constance.

Un mercredi des Cendres à la mémoire d’Adam, que chaque année depuis des siècles voire des millénaires nous nous ressouvenant de notre père,  le premier des hommes.

Evariste Zephyrin

Annou lité !

À la question que l’on se pose
sur ce que l’avenir sera,
sûr qu’il ne sera pas tout rose
même si "qui vivra, verrat…"

Car ce n’est pas comme des porcs
que nous voulons vivre en tous cas !
C’est pourquoi nous sommes au combat :
on veut arriver à bon port

par un vent d’révolte poussés,
on en a marre de ramer
car aujourd’hui, on a la rage.
Comme jadis en esclavage

sur leurs navires négriers,
on ne veut plus être menés
en bateau par tous les békés
et si l’île est un bateau ivre

dérivant sur l’amer en crise,
ce n’est pas, quoi que l’on en dise,
de rhum mais de vraie liberté
qu’ici les hommes veulent être ivres !

 Refusant d’accepter de voir
notre avenir toujours plus noir,
nous voulons l’éclairer d’espoir,
être le phare du peuple noir.

Mais par la crise submergé,
si notre bateau doit sombrer,
que ce soit dans des flots de joie
s’il faut à tout prix qu’on se noie…

 Conservant notre dignité
mais généreux dans le combat,
debout ensemble pour nos droits :

ASÉ PLÉRÉ, ANNOU LITÉ !

Patrick MATHELIÉ-GUINLET (dit Abd-el-Slam)