Et
le jeune se tient
debout les bras ouverts vers je ne
sais quoi, est-ce une invitation à venir à sa rencontre ou me
signifie-t’il
qu’il se positionne dans ce monde.
Il tient à la main un
fouet, sans doute l’un de ceux que les conducteurs de cabrouet, jadis
utilisaient pour
faire avancer les bœufs dans les champs de cannes.
Ce geste anodin, que l’on
retrouve dans bien des îles et pays de la Caraïbe, renvoie par ailleurs
à cette
cérémonie
religieuse de la Grèce antique ou de l’antique Romeoù des hommes nus
parcouraient la cité le
fouet à la main, et fouettant toute personne se trouvant à leur
proximité, non
pas pour leur faire du
mal, mais les
rendre féconds.
Les millénaires passent,
les siècles défilent et pourtant pour celui qui sait, il ne voit
qu’immobilité et constance.
Un
mercredi des Cendres à
la mémoire
d’Adam, que chaque année depuis des siècles voire des
millénaires
nous nous ressouvenant de notre père, le premier des hommes.
Evariste
Zephyrin
Annou
lité !
À la
question que l’on se pose
sur ce
que l’avenir sera,
sûr
qu’il ne sera pas tout rose
même si
"qui vivra, verrat…"
Car ce
n’est pas comme des porcs
que nous
voulons vivre en tous cas !
C’est
pourquoi nous sommes au combat :
on veut
arriver à bon port
par
un
vent d’révolte poussés,
on en a
marre de ramer
car
aujourd’hui, on a la rage.
Comme
jadis en esclavage
sur
leurs navires négriers,
on ne
veut plus être menés
en
bateau par tous les békés
et si
l’île est un bateau ivre
dérivant
sur l’amer en crise,
ce n’est
pas, quoi que l’on en dise,
de rhum
mais de vraie liberté
qu’ici
les hommes veulent être ivres !
Refusant
d’accepter de voir
notre
avenir toujours plus noir,
nous
voulons l’éclairer d’espoir,
être le
phare du peuple noir.
Mais par
la crise submergé,
si notre
bateau doit sombrer,
que ce
soit dans des flots de joie
s’il
faut à tout prix qu’on se noie…
Conservant
notre dignité
mais
généreux dans le combat,
debout
ensemble pour nos droits :