fleurs des iles

PYEPIMANLA LE MAGAZINE ANTILLAIS 


Hommage à Jean Price-Mars

Jean Price-MarsÉtonnant ! Jean Price-Mars fait parler de lui à Montréal. Il est sur les rayons des librairies et au cœur du débat sur la condition noire. Avec la réédition de son ouvrage « Ainsi parla l’Oncle » (520 pages) paru chez Mémoire d’encrier, l’Oncle revient en force.

Mardi 24 février dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, le quartier Côte-des-Neiges est consacré à Price-Mars. Dans la coquette librairie Olivieri s’est déroulé l’hommage devant une assistance curieuse de (re)découvrir la parole de cet aîné capital.

Pour cette rencontre qui a rassemblé une centaine de gens de tous horizons, les auteurs Dany Laferrière, Joël Des Rosiers, Jean Morisset, et les chercheurs Françoise Naudillon, Christiane Ndiaye, André Corten ont tous rappelé le rôle essentiel qu’a joué Price-Mars dans l’évolution des mouvements de pensée du XXe siècle. La chanteuse Lody Auguste, avec des tours de chants folkloriques créoles, a créé une atmosphère conviviale.

Les intervenants, après avoir spécifié les circonstances qui leur ont fait découvrir Price-Mars, ont souligné l’importance de la réédition d’Ainsi parla l’Oncle qui met en valeur la pensée de cet intellectuel visionnaire dont l’œuvre demande à être mieux approchée.

L’écrivain et réalisateur Dany Laferrière a ouvert la soirée en situant « De l’égalité des races humaines » d’Anténor Firmin et « Ainsi parla l’Oncle » comme deux réponses proprement haïtiennes aux thèses racistes de De Gobineau dans son ouvrage « De l’inégalité des races humaines ». Laferrière a avoué admirer chez l’Oncle cette élégance d’esprit, et ce style si raffiné. Il a évoqué le côté passionné, dynamique et courageux de l’éditeur Mémoire d’encrier.

Pour Christiane Ndiaye (Université de Montréal), l’œuvre de Price-Mars a créé de nombreux malentendus. Elle souligne par exemple qu’« Ainsi parla l’Oncle » est souvent présenté comme un roman. Ndiaye estime qu’il n’y a pas de condition noire à proprement parler mais qu’il existe plutôt des conditions noires. Elle a mis l’accent sur la manière Price-Mars, cet esthète qui met des gants blancs afin de dire aux gens la vraie parole.

Le poète et essayiste Joël Des Rosiers a commenté pour sa part cette œuvre dans une perspective psychanalytique, en campant les rôles et fonctions de l’Oncle dans les cultures africaines. L’oncle est considéré comme cette figure tendre et discrète qui est responsable de la transmission… Il considère que l’Afrique constitue symboliquement un grand vide pour les Haïtiens.

André Corten (Université du Québec à Montréal)) a relaté la manière, dont il a découvert au cours d’un séjour en Haïti en 1969, la pensée de l’Oncle. Le premier texte de Jean Price-Mars q’il a lu est l’ouvrage « Haïti et la République dominicaine ». C’est seulement bien plus tard, en écrivant son ouvrage L’État faible qu’il s’est rendu compte du caractère essentiel de l’œuvre de Price-Mars.

Françoise Naudillon (Université Concordia) avec quelques anecdotes, montre comment le regard des gens peut construire l’identité. Tantôt prise pour une Asiatique, tantôt pour une hispanique, alors qu’elle est guadeloupéenne, elle montre la porosité de la question identitaire. Elle a insisté sur la rencontre au début du XXe siècle de Jean Price-Mars avec Booker T. Washington, figure majeure de la communauté afro-américaine des États-Unis. Elle s’est attardée sur l’importance que Price-Mars attache à l’éducation tant des hommes que des femmes.

L’auteur et géographe Jean Morisset a invoqué l’Oncle-Mapou, dans un grand élan lyrique, en faisant ressortir les liens existant entre les communautés haïtienne, québécoise, amérindienne et franco-américaine. Il a même cru voir dans le fleuve Missouri l’Artibonite. Pour lui, l’Amérique doit dire MERCI à Haïti.

L’éditeur-auteur Rodney Saint-Éloi a conclu l’hommage en soulignant l’importance de cet événement et en rappelant la nécessité de poursuivre le combat pour la dignité et le respect de l’homme quels que soient sa couleur, sa race et son origine. Il se dit heureux d’avoir mêlé ce soir nos différentes voix à celles de Jean Price-Mars, de Nelson Mandela, de Booker Washington, de Rosa Park, de Toni Morisson.

Frantz Voltaire, directeur du Cidihca, avoue que cet ouvrage est un remarquable travail d’édition. Une intuition géniale, qui universalise désormais la pensée de Price-Mars. Pour le professeur Adrien Bance, le moment est d’autant plus significatif que jeune étudiant, il a rencontré Price-Mars, qui l’a aidé à poursuivre ses études, et qui lui a même donné un livre en cadeau.

Lody Auguste, chanteuse, a ponctué les diverses interventions de chants folkloriques d’Haïti. Pour elle, la diversité des points de vue et cette grande présence des littératures francophones à la librairie Olivieri font de cette soirée un moment mémorable.

Cette édition de « Ainsi parla l’Oncle » est publiée avec des photos de l’Afrique et d’Haïti. Elle est suivie du collectif « Revisiter l’Oncle » qui réunit les articles de vingt-quatre auteurs et chercheurs du monde entier : Maryse Condé, Dany Laferrière, Jean-Daniel Lafond, Raphaël Confiant, André Corten, Laënnec Hurbon, Jean Bernabé, Léon-François Hoffmann, Maximilien Laroche, Jean Morisset, Romuald Fonkoua, Alain Asselin, Carlo A. Célius, Asselin Charles, J. Michael Dash, Lilian Pestre De Almeida, Milagros Ricourt, Joëlle Vitiello, Eloise A. Brière, Kunio Tsunekawa, Joël Des Rosiers, Françoise Naudillon, Hérold Toussaint, Christina Ndiaye.

Geneviève Lamothe
Montréal, 25 février 2009

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Narcisses


photo : Francesca Palli 



Narcisse


Narcissus
est un genre de herbacées vivaces de la famille des Amaryllidaceae (ou des Liliaceae), selon la classification classique. La classification phylogénétique propose de ranger ce genre de la sous-famille des Amaryllidoideae de la famille des Alliaceae.

C'est le genre des narcisses véritables et de la jonquille véritable.

Il existe plusieurs espèces et de nombreuses variétés horticoles. Ce sont en effet des plantes à bulbes dont la beauté est très appréciée dans les jardins mais qui sont le plus souvent toxiques.
Leur floraison a lieu en mars ou avril, les fleurs étant de couleur blanche ou jaune selon les espèces. Leur odeur forte peut donner la migraine, à l'exemple du narcisse jaune.

Le nom de ce genre provient de la mythologie grecque : il est lié à l'histoire de Narcisse, un beau jeune homme orgueilleux qui ne s'intéressait qu'à sa seule personne et repoussait les avances de toutes les jeunes filles. Désespérée d'avoir été rejetée par le vaniteux, la nymphe Écho adressa une prière à Némésis, la déesse grecque de la Vengeance. Arrivé devant une source, Narcisse y vit son reflet et s'agenouilla devant sa propre image. Piégé par son trop grand amour-propre, il resta immobile devant cette source jusque à sa mort. À l'endroit où il mourut, son sang fit pousser la fleur haute et courbée qui porte son nom.

Les narcisses sont des plantes bulbeuses, à feuilles basales et à tiges creuses, portant de une à plusieurs fleurs. Les fleurs comportent six pépales pétaloïdes. Les étamines, au nombre de six, sont insérées dans une couronne (ou paracorolle) en coupe ou en trompette. Le fruit est une capsule trilobée contenant généralement de nombreuses graines.

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narcisse narcisse narcisse

 


Mythologie

Dans la mythologie grecque, Narcisse (en grec ancien Νάρκισσος / Nárkissos) est le fils du dieu fleuve Céphise et de la nymphe Liriope. Son nom semble lié au grec ancien narkê : sommeil.

L'histoire est notamment rapportée dans Les Métamorphoses d'Ovide : à sa naissance, le devin Tirésias, à qui l'on demande si l'enfant atteindrait une longue vieillesse, répond : « Il l'atteindra s'il ne se connaît. » Il se révèle être, en grandissant, d'une beauté exceptionnelle mais d'un caractère très fier : il repousse la nymphe Écho ainsi que de nombreuses autres prétendantes et prétendants amoureux de lui.

Un jour qu'il s'abreuve à une source, il voit son reflet dans l'eau et en tombe amoureux. Il y reste alors de longs jours à se contempler et à désespérer de ne jamais pouvoir rattraper sa propre image. Il finit par dépérir puis mourir, et est pleuré par ses sœurs les naïades. À l'endroit où l'on retire son corps, on découvre des fleurs blanches : ce sont les fleurs qui aujourd'hui portent le nom de narcisses.

L'histoire de Narcisse est passée dans le langage courant ; en effet, on dit d'une personne qui s'aime à outrance qu'elle est narcissique.

Autre version 

Narcisse était originaire de Thespies en Béotie ; il était le fils de Liriopé la Nymphe bleue que le dieu-Fleuve Céphise avait un jour violée. Le devin Tirésias dit à Liriopé : « Narcisse vivra très vieux à condition qu'il ne se voie jamais. » Narcisse fut l'objet de l'ardente passion de très nombreux jeunes gens et nymphes. Mais il restait insensible à leur amour.

Parmi ses amoureuses se trouvait la nymphe Écho qu'il repoussa brutalement. Elle passa le restant de sa vie dans des vallons, se laissant dépérir, au point que ne subsista que sa voix qui répétait le dernier mot d'une phrase.

Un autre jour, Narcisse envoya, en présent, une épée à Ameinias, le plus fidèle de ses soupirants qui se tua devant sa porte, faisant appel aux Dieux pour venger sa mort.

Artémis (ou Némésis) l'entendit. En Thespies, elle lui fit voir son reflet dans l'eau claire d'une source, et il tomba amoureux de sa propre image reflétée dans l'eau. Devant cette passion désespérée il préféra se suicider.

Selon une autre légende, il avait une sœur qui lui ressemblait beaucoup et dont il tomba éperdument amoureux ; quand la jeune fille mourut, il se rendit tous les jours près d'une source pour y retrouver son image en se mirant dans l'eau limpide.depuis ce jour il tomba amoureux de lui même.

Écho, bien qu'elle n'eût pas pardonné à Narcisse, souffrait avec lui ; elle répéta, en écho à sa voix : « Hélas ! Hélas ! » comme il se plongeait un poignard dans la poitrine. Son sang s'écoula dans la terre et ainsi naquit un narcisse blanc à corolle rouge.

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