Le débat
sur le piratage reprend à l'occasion de la nième tentative de
réglementer la
copie des oeuvres de l'esprit (c'est comme ça qu'on dit, je crois). Et
les
mêmes arguments reviennent sous la plume des adversaires de la copie
sauvage
comme sous celle des pirates au long cours.
Si j'avais à
soutenir le droit que nous avons de
prendre sans vergogne ce qui ne nous appartient pas et de copier tout
ce que
nous pouvons, jusqu'à en faire éclater notre disque dur, voilà ce que
je dirais
:
Les gens qui
créent le font pour la beauté de l'art
et sont par nature totalement désintéressés. Ils ont même sans doute en
horreur
tout rapport à l'argent, et le piratage, en empêchant qu'ils gagnent de
l'argent, leur rend finalement un fier service.
Ces mêmes
créateurs sont sous la coupe de
véritables négriers, qui les réduisent à un odieux chantage économique,
producteurs, agents, éditeurs, de livres, de disques ou de films. En
acquérant
à titre gratuit les oeuvres des créateurs, on leur rend l'immense
service de
les délivrer de l'esclavage dans lequel ils sont tenus.
Les oeuvres
de l'esprit sont naturellement appelées
à être diffusées le plus largement possible, et toute entrave à cette
diffusion
est une atteinte aux droits que tout homme a de se cultiver. L'argent
ne doit
jamais être un obstacle entre l'homme et le bien culturel dont il
désire jouir,
oeuvre de Kant ou roman de Frédéric Beigbeber, musique de Brahms ou
chanson de
la Star Ac'.
La société
capitaliste traite de la même manière
les produits culturels et les produits sidérurgiques, comme si un
disque ou un
film était comparable à un rail d'acier ou à du fil métallique. La
culture est
nécessairement un bien non marchand, comme sourire ou donner l'heure -
tous
biens que nul, je l'espère, ne souhaite voir soumis à la loi de
l'argent. Une
chanson, c'est comme un sourire, c'est un cadeau qui allège le malheur
des
hommes. En faire un bien marchand, c'est la prostituer.
Beaucoup
d'artistes font un bien mauvais usage de
l'argent que leur travail leur rapporte, après que les rapaces du
système de
production les a dépouillés de la plus grosse part du gâteau. Les uns
se
droguent, les autres font des dépenses inconsidérées, d'autres encore
investissent l'argent qu'ils ont gagné en faisant la promotion chantée
de
lunettes dans l'adoption de jeunes enfants venus d'Asie. Priver les
artistes
d'argent, c'est leur donner l'occasion de sortir de la vie avilissante
qu'ils
mènent souvent, c'est contribuer à leur rachat.
L'argent que
les consommateurs économisent en ne
payant pas les biens culturels, ils peuvent ensuite l'investir dans
d'autres
biens, plus utiles que des disques, des DVD ou des livres. L'économie
mondiale,
aujourd'hui très ébranlée, n'a pas besoin que les consommateurs
gaspillent leur
argent pour faire des achats aussi coûteux qu'inutiles.
Les nouvelles
technologies permettent le piratage.
Ne pas prendre cette avancée technique, c'est vouloir vivre au Moyen
Âge, c'est
proposer de limiter la vitesse des voitures ou d'interdire l'usage des
armes à
feu. Nous ne voulons pas vivre dans une société répressive : l'Etat n'a
pas à
se mêler de ce que nous faisons de notre connexion internet.
De petits esprits soutiennent
que le piratage est
un risque pour la création, sous prétexte qu'il prive les créateurs de
tout
moyen de gagner leur vie. Voilà qui manifeste un grand manque
d'imagination,
surtout quand on sait qu'on parle de créateurs, et donc de gens aptes à
inventer des idées nouvelles. Au lieu de gémir, ils n'ont qu'à chercher
d'autres ressources pour leurs créations.
Ces mêmes
petits esprits affirment encore que le
piratage ne peut se justifier par la lutte contre les grandes sociétés
de
production de disques, et que, s'il est en effet un moyen de priver des
gros
capitalistes d'argent, il a un effet encore plus dévastateur sur les
producteurs indépendants ou les artistes en devenir. Mais tout le monde
sait
que l'art ne se nourrit pas de pain, mais d'idéal, et les jeunes
artistes
savent bien que c'est l'amour de leurs fans, mesuré en nombre de copies
pirates, qui les rend riches, non d'argent, mais de gloire.
On
ne peut imaginer que Dieu, qui a créé les
artistes et les nouvelles technologies, a créé les unes pour faire le
malheur
des autres. L'art et la technique ne s'opposent pas, au contraire : la
technique est un formidable moyen de diffuser l'art, et sans gaspiller
d'argent
pour rémunérer les artistes.
Ho conosciuto
un vecchio ricco,
ma avaro: avaro a un punto tale che
guarda i soldi nello specchio per
veder raddoppiato il capitale.
Allora
dice: - Quelli li do via perché
ci faccio la beneficenza; ma
questi me li tengo per prudenza... - E
li ripone nella scrivania.
Traduction: J'ai
connu un vieux avare qui
regarde ses sous dans un miroir pour les voir doubler. Il dit
alors: -Je
donne argent du miroir aux pauvres mais ceci je le tiens pour prudence.
Et il
remis ses sous dans le bureau.
Le poème commandé
par le matérialiste
-
Et voici
le
moment
du
poème
commandé
par
le
matérialiste
qui ne
paiera
pas!
Nous
sommes
en
période
de
transformation
les
cerveaux
des
serfs
les
cerveaux
des
veaux
re-
fonctionnent.
Les
gens
re-
commencent
à
penser,
c'est
le
moment
de
faire
comprendre
aux
enfants
qu'il
n'y a
pas
que
les devoirs
d'école,
qu'ils
nous
ré-
apprennent
comment
observer,
poser
des
questions,
réfléchir
nous-mêmes...
Pourquoi
les
monben
les
surettes
les
kénèt
ne sont
pas
dans les
livres
qui
donnent
aux
enfants
de
l'athsme.
la
différence
entre
un
saintois
un
matignon
un
blanc-pays
un bon
un moins
généreux
un pire
un métis
chinois
un indien
sans
plume
bref un
être
humain
et une
naissance
Un
vol
de
lendenden
nous
rallume
la tête
observer
les
couleurs
d'un arc-en
ciel
et
pour
ne plus
vivre
que
pour
des
cartes
de
crédit,
de la
pacotille
et du
bric-à
brac
Voilà Monsieur le
matérialiste,
vous
avez
bien
mangé ?
vous
n'êtes
pas
poète
vous
n'êtes
pas
prophète
vous
n'ête
pas
ascète
vous
n'êtes
pas
prêtre
vous
n'êtes
pas
prêt!
Ou
avez-vous
la
tête ?
nous
sommes
en
période
de
transformation
les
cerveaux
re-
fonctionnent
et il
serait
temps
de vous
laver
la
tête
de vous
gratter
la
tête