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« L’Hôtel
du Bon
Plaisir » : le nouveau roman de Raphaël Confiant
(éditions Mercure de
France)
Le 17
avril prochain, le nouveau roman de
l’écrivain martiniquais Raphaël Confiant sera en librairie. Son
titre :
« L’Hôtel du Bon Plaisir ». Son éditeur : le
Mercure de France.
Ce texte raconte l’histoire d’une bâtisse du quartier des
Terres-Sainvilles, à
Fort-de-France, entre 1922 et 1955, bâtisse appartenant à trois
vieilles filles
békées et longtemps dénommé « Hôtel de la Charité
Saint-François de Salles ».
Ces dernières, en rupture de couvent, décide de créer un havre pour les
malheureux du quartier, manière pour elles de racheter les crimes
commis par
leur caste pendant les trois siècles d’esclavage.
C’est
l’occasion pour R. Confiant de nous brosser
toute une galerie de portraits, ceux des locataires de cet immeuble de
quatre
étages surmonté d’une casemate où vivote un jeune nègre brillant, tombé
fou à
cause de « l’abus de livres » et qui pourtant récite
de tête le
« Cahier d’un retour au pays natal ». Chaque étage
comporte deux
appartements où vivent des personnages emblématiques de la société
martiniquaise : le premier est occupé par Man Florine,
marchande pistaches
grillées et par Me Florimont, avocat mulâtre déchu ; le second
par Romuald
Beausivoir, « entrepreneur en travaux divers » et
Jean-André
Laverrière, clarinettiste au « Petit Balcon », qui
fut l’un des
grands musiciens du Bal nègre de la rue Blomet à Paris aux côtés de
Stellio et
de Léardée ; le troisième par Victorin Helvéticus,
« laïc »
c’est-à-dire instituteur dans le style IIIe République, persuadé
d’avoir une
mission, celle d’élever « la race nègre » à l’égal de
celle des
Blancs et ainsi de suite. Au dernier étage, on trouve une famille
indienne, les
Andrassamy, enfuie de leur lointaine commune de Basse-Pointe, suite aux
événements dits des « seize de Basse-Pointe ». Sans
compter le
dénommé Syrien, syndic de l’Hôtel du Bon Plaisir, et dans la rue d’en
face, le
Chinois Hoang-Ho, boutiquier énigmatique qui rêvasse sur une édition
jaunie des
pensées de Confucius.
A travers 33 ans d’existence
d’un bâtiment qui sera
détruit par un incendie, R. Confiant nous donne à voir de quelle façon
nous
sommes intimement liés aux murs qui nous abritent, à quel point aussi
ceux-ci
savent recueillir nos rêves, nos chagrins ou nos peines. Fresque de la
Martinique du milieu du XXe siècle, ce livre est aussi une méditation
mélancolique sur le rapport entre les hommes et les choses.
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