Roselyne
Louisor, la femme aux mains
d’or

Le temps file
tellement vite,
que nous n’avons pas le temps de nous retourner, qu’il a décampé à
toute
vitesse. On pense
avoir le temps de
faire ce que l’on à faire, mais non, il faut reporter.
Les
aléas sont peut-être les
seules choses qui conduisent le temps.
Il
y a de cela 3 ou 4 ans, je mettais promis de faire un article sur une
jeune
femme, rencontré plusieurs fois,
précédemment à l’interview, élément préparatoire, mais non essentiel
pour
écrire l’article, car pour celui qui maîtrise les mots son ressenti ou
son
appréhension de l’autre suffisent, son seul frein c’est son
imagination.
Je ne sais
plus dans quelle
circonstance, ni où nous
fîmes
connaissance, mais je me souviens l’avoir rencontré lors d’une
manifestation
artistique où je fus son invité et la dernière fois pour l’interview.
J’étais
accompagné d’une amie,
en pareille circonstance mieux vaut être seul, car votre interlocuteur ou
interlocutrice, à partir de l’acceptation de
la rencontre,
vous signifie sa confiance, et l’introduction d’une tierce personne,
brise cet
élan, c’est la
méfiance et la prudence
qui prévaut.
Roselyne Louisor est une
artiste, pour avoir vu ses
réalisations, artiste est le terme idoine, nul autre ne peut être
employé pour décrire son travail, de véritable
chef-d’œuvres, ce n’est plus du maquillage c’est de
la peinture sur corps, du bodypainting encore
un barbarisme anglo-saxon.
Donc, notre maquilleuse
au talent certain et affirmé, (vous en aurez la confirmation en
visitant son book.) travaille de manière
« traditionnelle », mode et beauté, et à cela
s’ajoute la maîtrise des effets
spéciaux à
l’instar de ce l’on voit au cinéma, de l’évènementiel, des défilés, du makeup
enfant etc.
A l’époque,
elle faisait du relooking avec Astrid
Siwsanker et Luc Saint-Eloi, il y
a de cela 4 ans.
Mon Dieu comme le temps passe
vite ! Je
me serai cru hier et pourtant 4 ans déjà sont passés…
Parallèlement
à son activité
artistique, elle donnait des conseils de beauté sur planetantilles.com, sur Femmes Créoles et
ailleurs.
Je me suis
intéressé à
Roselyne, car son
talent
m’interpellait, et je voulus satisfaire
ma curiosité, savoir
qui elle était et le
chemin qui l’avait amené au maquillage.
Aujourd’hui,
sans doute
quadragénaire, Roselyne est née en Guadeloupe autrement nommée l’île
papillon et ayant
comme slogan
publicitaire, je ne résiste pas à
vous
le donner : Iles de la Guadeloupe, Archipel
de caractères.
C’est une
Lamentinoise (commune
se situant au nord-nord-est de la Basse-Terre), enfant d’une famille
nombreuse,
elle est venue en France vers l ‘âge de 9 ans, elle se
souvient que
c’était au mois de janvier, il neigeait et ce changement de paysage
l’avait
plu.
Roselyne
grandit à Langres –
dans la Haute-Marne, peu d’Antillais, plus tard à Nancy et là, il y en
avait.
Elle évoquait cette
période, sa
confrontation au racisme - il est peu probable que l’on ne s’en
souvienne pas –
elle me disait : « j’ai reçu des boules de
neige dans lesquelles
ils mettaient des pierres, ils m’appelaient Blanche-Neige… »
Roselyne se
ressouvenait de ces
camouflets ou de ces affronts, elle en parlait à l’imparfait et non au
passé
simple, laissant supposer qu’elle portait en elle, encore les blessures
d’enfance.
L’entrée au
collège se passa
mieux, il y avait deux ou trois Antillais avec lesquels elle noua des
relations.
Elle
grandissait, et ce fut
l’année de la deuxième communion (confirmation), puis à treize ans la
Renonce.
Elle menait une vie de catholique avec son père, église le dimanche,
suivie du
tiercé dominical, ce qui à cette époque relevait
de condition ouvrière, une habitude
profondément ancrée au
sein des
classes laborieuses.
Se
rendre au café après la messe du
dimanche, relevait de la sociabilité, le bar tabac ou le café
avait vocation à être un lieu de
convivialité et un facteur d’intégration. Jouer au tiercé dépassait le
simple
geste de remettre au « guichetier »
un ticket où était coché des
numéros, cet acte prenait la même importance
pour les Communistes, que de passer de maison en maison, vendre aux
camarades l’Humanité Dimanche, un acte relevant du civisme.
Toutefois,
l’un comme l’autre,
le turfiste du dimanche et le Communiste vendant l’Humanité Dimanche
tendait
vers le même point, à 12h45, ils titubaient dans la rue, ayant du mal à
se
porter, l’alcool
faisait son effet.
Après le BEPC, Roselyne entra dans
la vie active,
travaillant comme ouvrière dans une usine et à 19 ans vint à Paris,
elle
travailla dans une chocolaterie Suchard jusqu’à vingt-quatre ans,
démissionna
et rentra dans une école d’esthétique (drainage lymphatique, soin du
corps), un
an plus tard elle vivait de petit boulot, car confrontée au
racisme : « On ne travaille pas
avec les gens de couleur… »
Cette phrase, elle
ne se souvient plus
de combien de fois elle l’a entendue.
- Il y avait
une réticence du
blanc à être touché par une main noire, me dit-elle !
Lorsqu’elle
avait 31 ans, elle
rencontra son mari, l’épousa, par la suite effectua une nouvelle
formation en
stylisme beauté, affina
sa formation en
maquillage.
Attiré par
l’art et la création,
s’orienta vers l’activité spectacle, défilés avec des stylistes, mais
éprouvait
des difficultés à se faire connaître, passant de nombreuses heures à
rechercher
des contrats, notamment dans le secteur du cinéma.
Aujourd’hui,
je ne sais pas si
les circonstances professionnelles se sont améliorées, avec un tel
talent,
elles auraient dû, mais voilà nous sommes en France, si ce n’est pas le cas
nous ne
pouvons que l’encourager à tenter sa chance aux USA ou
en Grande-Bretagne, ou encore en Nouvelle
Zélande. Evariste Zephyrin
www.roselynemakeup.book.fr
www.pressbook.com/roselyne-louisor roselyne.divialle@wanadoo.fr
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Sophie en séance photo pour Olivier
Couturier styliste et photographe

Astrid
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