Communiqué de presse de : L’Ethiopia
Africa Black
International Congress

L’Ethiopia
Africa Black
International Congress, siégeant en Jamaïque et possédant un bureau
officiel en
Martinique déclaré en tant qu’association, souhaite partager son
opinion par rapport
aux mouvements sociaux de protestation entamés tant en Martinique qu’en
Guadeloupe.
Il
va sans dire que les
revendications exprimées sont parfaitement légitimes. En effet, nul ne
peut
contester la cherté de la vie en Martinique. La comparaison des tarifs
pratiqués en Martinique à ceux de France, ou mieux encore à ceux en
vigueur
dans les pays qui nous avoisinent, ne laisse aucun doute :
nous sommes
victimes d’un système économique inique. Ce système est d’autant plus
méprisable qu’à la cherté de la vie, il faut ajouter l’extrême
précarité dans
laquelle une portion non négligeable du peuple est contrainte de vivre
(CDD,
salaires insuffisants au vu de la cherté de la vie, etc.).
Nous
ne pouvons que partager la colère du peuple face à un système atavique
qui
refuse de mourir. En effet, comme l’a fait ressortir le documentaire
« les
derniers maîtres de la Martinique » diffusé sur Canal +, le
pacte colonial
est toujours en vigueur. Ni l’abolition de l’esclavage, ni la
départementalisation, ni la décentralisation n’ont su y porter atteinte.
Par
conséquent, face à la résilience de ce système, il faut donc bien
davantage que
des réformes qui ne modifieraient que la modalité de la domination de
nos
oppresseurs. Car, les revendications posées tant par le comité du 5
février que
par le comité LKP ne sont pas de nature à mettre un terme au règne des
« profiteurs ». Augmenter les salaires ou baisser les
prix ne
changent en rien la structure économique : les acheteurs
seront les mêmes
et les vendeurs n’auront pas changé la disposition de leurs coeurs. A
quoi bon
obtenir davantage d’argent s’il s’agit de le reverser aussitôt gagné
aux mêmes
personnes qui abusent de notre faiblesse économique ?
La
seule solution consiste en la création d’une véritable alternative au
monopole
exercé par quelques familles et corporations européennes (nous
désignons par là
aussi bien les békés que les Français et autres Européens). Nous ne
pouvons pas
nous contenter d’attendre que la manne nous soit donnée par le bon dieu
blanc
de l’égoïsme capitaliste, nous devons dès maintenant créer un système
plus
juste. Si chacun d’entre nous sacrifiait quelques euros pour
l’établissement
d’entreprises que nous dirigerions nous-mêmes, nous n’aurions plus
besoin
d’attendre d’eux un quelconque geste altruiste, dont nous savons qu’ils
sont
incapables. Bref, si nous avons su nous unir pour exprimer notre
ras-le-bol,
nous devrions aussi faire un pour prendre en charge nos propres
affaires.
Toutefois,
nous n’appelons pas le peuple à la naïveté. Car à y regarder de plus
près, il
n’y a guère d’avenir en Martinique pour nous, Hommes noirs et Femmes
noires.
L’île est déjà surpeuplée et ne possède aucune richesse naturelle,
sinon le
peuple qui l’habite. D’autre part, la France n’est aucunement prête à
rompre les
liens coloniaux par lesquels elle tient captive la Martinique. Aussi
longtemps
que nous aurons à vivre dans ce pays, nous serons les péons et les
serfs d’un
système colonial inique. C’est pourquoi il n’y a à nos yeux qu’une
seule vraie
solution : la Liberté, la Rédemption, le Rapatriement
International.
En
tant qu’Africains de la diaspora, c’est vers l’Afrique qu’il nous faut
tourner
nos regards. Nous préconisons le rapatriement de tous les enfants
d’esclaves
vers leur véritable patrie. Nous devrions consacrer nos forces à la
construction d’une Afrique forte économiquement, politiquement,
financièrement
et même militairement s’il le faut. Car ce n’est pas à l’échelle de la
petite
Martinique que nous pourrons régler le problème de la domination
coloniale et
impériale des Etats occidentaux. Car
derrière cette oppression, c’est la face honteuse du racisme qui se
dissimule.
Seule une Afrique forte pourra imposer au monde blanc le respect pour
les Noirs
où qu’ils soient sur la planète. Exigeons donc que soient mis à notre
disposition les moyens de nous permettre de retrouver notre terre mère
et les
outils nécessaires à la Rédemption de l’Afrique.
Notre
frustration et notre colère nous ont unis. Mettons cette unité au
service de la
reconstruction d’une Nation noire puissante. Profitons des
circonstances
particulières auxquelles nous sommes confrontés pour retrouver les
valeurs
fondamentales de la solidarité, de l’amour fraternel, de la sobriété.
Retrouvons aussi notre Amour pour Dieu, car en Jah Rastafari nous
sommes tous
un. Dieu Est Amour, Aimons-Nous Donc Tous !!!
Bureau Officiel de
l'Ethiopia Africa Black International Congress.
Israel Prêtre
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