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Nous sommes, la
plupart du temps, à côté
de nous-mêmes, à côté de notre parole, à côté de la parole. D’où la
nécessité,
pour nous rejoindre, de faire un pas de côté, de
faire un écart. Il
faudrait sortir du fond de
la caye, de derrière (ou de devant) l’écran, se sortir
des discours qui nous
constituent et nous assujettissent, qui nous font même,
faisant mine de nous
différencier, ne parvenant qu’à nous
« individualiser ». Se sortir du
fond de la caye, c’est accomplir la
démarche d’aller dehors, se tenir sur le pas de la
porte pour prendre vent,
pour « laisser parler le vent ».
Ainsi, il y a un
lakou là
où la parole se
déploie, se redéploie dans sa fluidité.
L
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Z
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M
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SANMDI
GLORYA 11
AVRIL 2009, 11H -23H,
Pitt
Thomassin à
Barrière La-Croix, Sainte-Anne.
« Dé-zéronèf
(fevrier 2009)... Nou ka vansé toujou, PA NI LIMIT, Autosuffisance
intégrale »
o
Débats
:
Monchoachi, Gérard
Nicolas, Jean-Marc Terrine, Sylvana Rangoly, Roland Pavila
o
Musique
: ChyenFèmyizik,
Léon Sainte-Rose, José Marie-Rose
o
Danse
: Christiane
Emmanuel
o
Pawol nan bouch: Neg Madnik, Simone, Papa Slam
o
Projection
de
films
: Christian FORET
o
Théâtre
: Patrick
Womba,
o
Atelier
pawol
: Alin
Légares
o
Atelier
pour enfants
:
Emmanuel Sarrotte
o
Travaux
in situ de
Plasticiens : Yvan
Manuel, Bruno Pédurand, Christian Romney
o
Atelier audiovisuel : Christian FORET &KEN
Menu
par J.C Brédas
(15 euros)
Entrée
libre, Mandé
pou sav: 06 96 82 14 42 Version pdf
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Débat
D’évidence la politique n’est pas en mesure d’apporter réponse à la crise…
MONCHOACHI |
D’évidence
la politique n’est pas en mesure d’apporter réponse à la crise qui
secoue et va continuer de secouer durablement les sociétés modernes que
ces dernières soient développées ou non. Elle en est réduite à faire de
la gesticulation, ce que dans un premier temps, au début de la crise
financière mondiale, on a pris à tort pour un «retour du politique».
Quant aux sociétés, elles sont désormais dans un état de révolte latent
ou manifeste qui va se révéler chronique. Les sociétés modernes
semblent progressivement mais irrésistiblement gagnées par le chaos.
L’impuissance
de la politique tient à son étroite adhésion et subordination aux
logiques accumulatives ainsi que le révèle la crise actuelle. Celle-ci
ne se laisse pas appréhender par l’un des termes de la classification
binaire classique: soit crise conjoncturelle, soit crise structurelle,
l’une requérant une régularisation cyclique, l’autre des réaménagements
d’instances et des amendements de procédures. La crise révèle que la
politique, l’économique et la finance même, sont assujetties à de
puissantes logiques accumulatives qui à la fois les englobent et les
surpassent. Elle révèle encore que le cours des sociétés n’obéit pas à
des choix opérés par la libre délibération de ses membres, ce qui est
pure illusion. Mais que ceux-ci, du plus riche au plus pauvre, sont
constamment soumis à l’impérieuse contrainte de ces logiques
accumulatives. Elle fait apparaître de même soudain ce que ces logiques
ont de sourdes et d’aveugles : loin d’être au service des sociétés, ce
sont elles qui les soumettent entièrement à sa loi discrétionnaire. Non
seulement elle asservit les hommes à ce qu’ils produisent mais elle les
contraint, par une logique implacable et sans terme, à produire
toujours plus pour le seul résultat avilissant de consommer ou d’être
rationné toujours plus. Enfin, elle active l’éveil des esprits quant à
l’insondable absurdité de logiques qui se réclament de la raison et
quant à la ruine du monde à laquelle mènent des sociétés censées y
propager les Lumières.
Affectant
à présent notre société martiniquaise cette donnée générale des
logiques accumulatives a un effet d’inhibition notoire sur l’expression
identitaire singulièrement sur la volonté d’Indépendance. Le poids et
la pression des logiques accumulatives dans les sociétés modernes sont
tels qu’ils ont pour conséquence de tirer celles-ci vers le
nivellement, vers la ressemblance (la non-différenciation) puisque
renvoyant toutes au même modèle, obéissant aux mêmes normes, repoussant
aux marges leur tradition, leur culture, leur «couleur», leur teinte ou
leur tonalité. Bien moins pesantes à l’époque des indépendances ces
logiques n’exerçaient pas de véritable contrainte sur le mouvement qui
portait celles-ci, de sorte qu’ils pouvaient aisément mobiliser le
sentiment identitaire, voire en appeler à un modèle distinct du
capitalisme, le socialisme. Aujourd’hui une expression identitaire
forte, une volonté d’Indépendance réelle ne peut faire fond que sur la
rupture avec les logiques accumulatives. Seule cette rupture en appelle
en effet à la fois à ce qui est à venir, à savoir une société établie
sur des fondements non productivistes, et au renouement avec la parole
créole et sa vision du monde. Or cette rupture, les partis politiques
(indépendantistes ou autres) ne sont pas en mesure de l’opérer du fait
justement de leur subordination absolue aux logiques accumulatives, ce
qui justifie leur existence même, les caractérise en propre et ne
manque pas à se manifester à travers l’orientation de leurs actes de
gestion. Sans être à proprement parler sans enjeu lorsqu’elle est
centrée sur la question identitaire, leur action ne se ramène en
définitive qu’au seul jeu politique, ne proposant qu’un nouvel
habillage du productivisme qui a montré ailleurs ces limites et pour
lequel nombre de compatriotes ne perçoivent pas le gain mais bien
plutôt la déperdition à l’aune de la mise à disposition de biens de
consommation. D’où il résulte la paralysie de la force d’Indépendance.
D’où peut venir dès lors l’élan visant le dessein d’une réforme telle de nos modes de vies?
Cette force pourrait naître de la rencontre, de la conjonction et de la conjuration de trois souffles.
Le
premier se constituant de ce que l’on pourrait dénommer les animateurs
organiques de la société. Ils sont, à travers la variété de leur
situation, ceux qui recueillent et font l’épreuve de la parole commun:
travailleurs sociaux et éducatifs, animateurs de vie associative et de
médias… expérimentent et vérifient, et l’étrangeté et la perversion des
dispositifs, l’inanité des réponses toujours et à jamais quantitatives
apportées à cette parole comme pour la châtier d’aspirer au très peu.
Le
second souffle est le souffle des jeunes. Placides, ils portent à
merveille tous les simulacres comme toutes les mutilations de ce monde,
s’apprêtent à en porter aussi les attentes, en particulier celle-ci: de
la privation de travail à la négation du travail comme vérité fiévreuse
de l’homme («travailler plus pour gagner plus»); à faire œuvre de
dépuration et de révélation; tirer l’homme, occulté par le travail, du
côté par où l’on voit en lui ; s’initier de vivre d’un rien et de se
consommer plutôt tout en œuvre de présence.
Chant
d’épousaille, le troisième souffle, à l’épure du monde qui a trouvé
refuge dans les plis et dans les laps de la terre natale. Qui l’épelle,
le convoque, le convoie, le loue. Se formant des artistes, le troisième
souffle est, en un sens, augural. Car il ouvre à la terre natale, le célébrant-célébré,
qu’il consacre et enjoint de croître et de s’accroître tout en
requérant d’elle la garde et la grâce. Et paix aux dissidents.
Augural,
le troisième souffle se doit d’être orienté. Et il se doit d’être
orienté en considération première d’épouser le rythme essentiel, la
tonalité et les formes fondamentales de la terre natale. C’est de ce
mouvement et de nul autre que ressortit la création d’un monde. Croire
qu’un artiste, en quelque domaine qu’il soit, réussit à créer ex-nihilo
son univers propre n’est que sotte illusion moderne. Il ne parvient à
élaborer sa propre modalité d’inscription qu’à l’intérieur de rythmes,
de tonalités, et de formes qui lui pré-existent et qui attestent d’une
terre et d’une culture. Dès lors que celles-ci ne sont pas siennes,
c’est que, de façon ou d’autre, elles lui sont étrangères et qu’il s’y
aliène à son insu ou de son plein gré. La langue créole est le modèle
accompli de ce mariage du ciel et de la terre auquel tout art doit
prétendre entre rythme, tonalité et formes d’une terre. Et la parole de
ceux qui restent.
DEBAT LAKOUZEMI
Samedi 11 avril 2009, 11h-23h
Pitt Thomassin Barrière-Lacroix Sainte-Anne
(Direction Cap Chevalier, puis Cap Ferré)
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Tel : 06 96 74 88 99 |
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