Rama Yade, politique préférée
des Français
photo : Evariste Zephyrin
La
secrétaire d'Etat aux droits de l'homme a
pris la tête du classement Ipsos/Le Point des personnalités politiques
avec 60%
de bonnes opinions. Elle détrône son ministre de tutelle Bernard
Kouchner.
Les
sondages n'apporteront pas d'éclaircie à
Bernard Kouchner. En pleine tourmente, après la sortie du livre-pamphlet de Pierre
Péan qui accuse
le chef de la diplomatie française de conflits d'intérêt, le ministre
des
Affaires étrangères se voit ravir, cette semaine, le titre de
personnalité
politique préférée des Français, par sa secrétaire d'Etat Rama Yade.
Avec 60%
de bonnes opinions, un score en progression de deux points, la
secrétaire
d'Etat aux droits de l'homme, un des symboles de la diversité au
gouvernement,
prend la tête du baromètre Ipsos/Le Point (1).
Consolation
toutefois pour Bernard Kouchner, il
enregistre une baisse limitée d'un point, ce qui le place avec 59%
d'opinions
positives à égalité avec le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë.
La
secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara arrive en 4e position, à 56%,
devant
le directeur du Fonds monétaire international (FMI), le socialiste
Dominique
Strauss-Kahn, crédité de 53%. La première secrétaire du PS Martine
Aubry gagne
2 points à 48%, alors que le leader du MoDem François Bayrou perd un
point
(45%) et la Garde des Sceaux Rachida Dati baisse d'un point également
(44%). La
ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie dévisse elle de 7 points à
48 %,
et le leader du NPA Olivier Besancenot de 4, à 48%.
Une
phase de disgrâce
Cette
popularité est d'autant plus appréciable
pour Rama Yade que celle-ci a parfois entretenu des relations tendues
avec son
ministre de tutelle. En décembre dernier, Bernard Kouchner avait admis
dans une
interview au Parisien que la création du secrétariat d'Etat aux droits
de
l'Homme était une «erreur». «Il y a
contradiction permanente entre les
Droits de l'homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France»,
faisait-il valoir. Face au début de polémique, le patron du quai
d'Orsay avait
entrepris de nuancer ses propos soulignant que ses déclarations
visaient «la
structure, pas des personnalités. Rama Yade a fait, avec talent, ce
qu'elle a
pu». Ce cafouillage avait valu au ministre des Affaires Etrangères une première chute dans les enquêtes
d'opinion.
Sur
le plan politique, ce plébiscite apporte une
bouffée d'oxygène bienvenue à la secrétaire d'Etat des droits de
l'homme. Rama
Yade traverse une phase de disgrâce auprès de
Nicolas Sarkozy, après
avoir refusé de se présenter aux élections européennes. Lors de son
intervention télévisée de jeudi dernier, le chef de l'Etat confiait «
trouver dommage qu'elle ne joue pas cette carte,
qu'elle ne prenne
pas cette chance ». Après l'avoir presque ignorée pendant deux mois, il
poursuivait « Amertume, rancune, ça ne fait pas partie de mon
vocabulaire. Je
crois qu'elle a elle-même compris qu'elle avait eu tort». Un signe
peut-être
que la jeune femme est déjà à moitié pardonnée.
(1)
Enquête Ipsos réalisée sur un échantillon
national représentatif de la population française de 940 personnes
âgées de 18
ans et plus, interrogées par téléphone les 6 et 7 février (méthode des
quotas).
Notice détaillée disponible à la Commission des sondages. C.J avec
AFP
Source
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