
WASHINGTON (Reuters) - A
Washington, 3% des
habitants sont séropositifs, un pourcentage équivalent à celui observé
dans
certains pays d'Afrique comme le Nigeria ou le Tchad, selon un rapport
officiel
diffusé cette semaine.
Les chiffres
publiés par les services de santé municipaux révèlent que le nombre de
personnes séropositives dans la capitale des Etats-Unis a progressé de
22% de
2006 à 2007, pour s'établir à 15.120 personnes.
Certains
spécialistes estiment que les véritables chiffres de l'infection
pourraient
être encore supérieurs.
"Je pense
que le taux de prévalence réel (la proportion de séropositifs dans la
population de la ville) pourrait être 30 à 50% plus élevé", dans la
mesure
où nombre d'habitants sont probablement contaminés par le VIH sans le
savoir, a
déclaré lors d'un entretien téléphonique le Dr Shannon Hader, qui
dirige les
services municipaux chargés de la lutte contre le VIH/sida.
Avec 6,5% de
séropositifs, les hommes afro-américains représentent la population la
plus
concernée par l'infection par le VIH. Globalement, 76% des habitants de
Washington infectés par le VIH sont des Afro-Américains, alors que
ceux-ci ne
représentent que 53% du demi-million d'habitants de la ville.
D'après les
Centers for Disease Control and Prevention (CDC), les organismes
chargés de la
veille sanitaire aux Etats-Unis, Washington est la ville confrontée à
l'épidémie la plus sévère du pays.
"C'est une
épidémie qui affecte toutes les populations de la ville. Ce n'est pas
l'épidémie d'un seul groupe. Elle ne touche pas seulement les
homosexuels ou
les Noirs", relève Donald Blanchon, directeur de la clinique
Whitman-Walker, un centre de santé fondé par et pour la communauté
homosexuelle.
Selon lui, il
ne se dégage pas de population particulièrement à risque, ce qui rend
plus
complexe la mise en oeuvre de stratégies de prévention.
En effet,
d'après les données du rapport, 37% des séropositifs auraient été
contaminés
lors de rapports homosexuels masculins, 28% lors de rapports
hétérosexuels et
18% des infections seraient liées à l'utilisation de matériel contaminé
par des
consommateurs de drogues injectables.
"En fin de
compte, il faut faire appel à la responsabilité individuelle. Peu
importe qui
vous êtes, où vous vivez, d'où vous venez, ou quelle est votre
orientation
(sexuelle)", il faut avoir des rapports protégés", rappelle Donald
Blanchon.
Will Dunham, version française Myriam
Rivet
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