fleurs des iles

PYEPIMANLA LE MAGAZINE ANTILLAIS 



Lettre ouverte au peuple Guadeloupéen.

Vincent BEAUVARLET

De la « Profitassyon » dans le sport en Guadeloupe.

C’est en tant qu’athlète Guadeloupéen que je m’adresse à vous. Je me suis battu pendant des années pour représenter fièrement mon île en Planche voile à travers des titres nationaux et mondiaux. Puis j’ai eu la volonté - brisée localement- de démontrer que notre société multi raciale et culturelle est un exemple à travers un évènement comme la Route du Rhum 2002 avec une équipe à l’image de notre peuple. Il me semble aussi, que le sport a été le grand absent de tous les débats et revendications de ces derniers jours.

Les événements des semaines passées aux quels j’ai été attentif me poussent à écrire et sortir de ma réserve appliquée depuis la Route du Rhum 2006. Vincent Beauvarlet a disparu des grands évènements nautiques locaux et de la presse depuis 2006, frappé et choqué par des trahisons et des affrontements ; nous avons découvert les stigmates que porte le peuple Guadeloupéen. Je tiens à en faire part, en ces temps de crise, donc de remise en question afin de dénoncer certains abus et impostures intenables.

Je m’en explique maintenant publiquement, afin de révéler les raisons de mon retrait. Dans les médias de l’époque, en 2002, notre discours et celui du directeur de projet Mr Jacky Noc était le même : « Une équipe et un peuple métissé plus fort, le marin étant juste le bras et la continuité de ce peuple » c’était la ligne principale de notre combat original et originel. Après avoir récupéré notre projet lancé en 2002,  beaucoup ont profité pour la mise en avant d’individualité et la « starisation » d’un seul skipper désireux de se faire une place à l’ombre des grands professionnels de la course au large ce avec des fonds publics de la Région, ce qui nous parait être en inadéquation totale.

Hors le sport est le reflet de la société. Il suffit de regarder l’état de déclin du sport en Guadeloupe et plus particulièrement de la voile pour vous rendre compte que les systèmes de « pwofitassyon » frappent de plein fouet l’activité voile en particulier. Cette activité illustre bien les abus massifs dénoncés par le LKP. Certes le sport ne fait pas parti des priorités actuelles ce qui est dommage car il renferme une solution au chômage et l’inactivité des jeunes.

La voile locale est divisée en permanence entre des valeureux marins Guadeloupéens essayant de sortir la tête de l’eau comme Claude Bistoquet, Victor Jean-noel ou Philippe Fiston, d’autres et un lobbying métropolitain arrogant, enfermé exclusivement dans le ghetto de la marina bas du fort méprisant les skippers locaux les traitant subtilement d’incapables. La risée des pontons dirait ont ? Faudrait-il être d’origine Bretonne pour faire du bateau ? nous pensons tout le contraire.

Vincent BEAUVARLET- doute du rhumCes petit groupes profitent de la manne financière locale pour financer des bateaux en défiscalisation ou encore même récupérer un budget régional sportif tout les 4 ans à l’occasion de la Route du Rhum pour se balader dans une catégorie inexistante qu’est le 50 pieds monocoque ou autre, et financer ainsi la remise à neuf de leur bateau avec lequel ils travaillent sur le dos du contribuable guadeloupéen.

Cependant  l’auto flagellation du peuple Guadeloupéen à travers ses marins méritants et leurs échecs semble de mise en général dans notre société. Echecs qui incombent en grande partie aux incohérences des institutions (Etat et collectivités locales) incapables de comprendre qu’un programme Route du Rhum se gagne dans des projets à long terme, des expériences semé d’embûches et d’échecs comme les grands marins et non pas une vulgaire opération de communication d’une semaine.

N’est-ce pas ce que dénonce aujourd’hui haut et fort le mouvement social actuel ? Notre incapacité à voir nos compétences locale et qui nous fait plier sous le joug de traumatismes coloniaux. Ces lobby profitent de nos divisions, de la concurrence féroce entre Guadeloupéens et utilisent nos politiciens locaux qui ont une faible connaissance et un faible intérêt pour la voile.

Au niveau du sponsoring, les entreprises privées refusent de s’engager dans des projets sur le long et même le moyen terme. Lorsque nous cherchions les premiers sponsors en 2002 nous avons bien senti le malaise auprès des grands groupes locaux qui ne voulaient pas s’engager : premièrement sur un projet ou apparaissait toutes les diversités de notre peuple et surtout moi qui aurait put être assimilé à un béké aidé par les békés alors que beaucoup d’autres Guadeloupéens noirs avaient échoués par manque d’aides au par avant ! Cette vision fausse et déplacée m’a choquée, mes proches, mes amis, les Guadeloupéens me connaissent. Je l’ai prouvé en 2002 et durant toute ma carrière sportive.

Nous avons ressentis très fortement le malaise décrit par le LKP maintenant et ce, dès 2002, ce qui nous avait révoltés. Les sociétés les plus entreprenantes qui nous ont permises d’aligner le bateau (avec l’aide incontournable de la Région) furent une association de petites entreprises tenues par des Guadeloupéens qui croyaient en notre projet. Ces hommes avaient le VRAI cœur Guadeloupéen et pas celui des profiteurs saignant à blanc la population par un capitalisme exacerbé et radical dénoncé aujourd’hui qui n’avaient que faire d’un projet important pour la fierté de notre peuple.

Notre équipe ayant fait un énorme travail, sortant renforcé de sa réussite à la Route du Rhum 2002. Envers et contre tous les pronostics pessimistes locaux motivés par les échecs successifs précédents.

Cette même équipe à su, à la suite du succès de 2002, regrouper tous les grands marins guadeloupéens de l’époque sur un grand projet de développement global de la voile en Guadeloupe: « Challenge Guadeloupe multi océans 2006». C’est-à-dire, un chantier naval, des centaines d’emplois, la création et le développement du tourisme nautique pendant l’hiver localement avec des produits innovants, ainsi qu’une représentation internationale dans tous les évènements de course au large. Nous proposions de monter une catégorie de bateaux (des multicoques 40 pieds) de course au large en monotype. Cette catégorie serait devenue autonome financièrement sous 3 à 4 ans, ce pour le budget d’un trimaran 60 pieds type région Guadeloupe actuel qui démontre depuis son acquisition son inutilité.

Nous avions donc raison en 2006, car notre projet anticipait l’évolution de la course au large et la crise économique. Voyez maintenant la plus grande et grosse classe de bateaux au large pour la prochaine Route du Rhum est la nouvelle classe monotype 40 pieds !

A propos du trimaran Région Guadeloupe actuel : Un véritable scandale, un trou financier pour l’argent public régional, puisque totalement inadapté à la formation des jeunes, ayant un coût d’exploitation bien supérieur à la capacité locale, un classement médiocre à la dernière Route du Rhum car dépassé technologiquement (un rossignol, le bateau à plus de 10ans !!), mais surtout sachez que la catégorie de Trimaran dis : « ORMA » 60 pieds n’existe plus depuis 2 ans maintenant ; donc ce bateau est de fait inutilisable . Il ne peu courir la prochaine Route du Rhum que dans la classe des bateaux de 10 m à 20m plus longs. Il n’a aucune chance contre les bateaux de son ancienne catégorie, encore moins contre les nouveaux géants des mers. Pire, des bateaux plus petits comme notre bateau de 2002 de nouvelle génération le concurrence directement. Plus sordide !  Allez vous maintenant découper l’actuel Région Guadeloupe pour en faire un 50 pieds afin qu’il appartienne à une vraie catégorie ? 10 pieds à la poubelle soit 50 000€ le pied c'est-à-dire 500 000€ à la poubelle ?  Appréciez le choix judicieux de la part de l’exécutif du conseil régional en 2006 !

En 2006, envers et contre toute logique sportive, technique, économique, le conseil régional décida brutalement alors même que notre équipe travaillait en groupe avec les services régionaux de choisir un dossier, monté à la vas vite notre insu par Claude Thellier lui-même étant partie prenante avec nous. L’histoire prouve l’erreur par les faits depuis 2006. Ce ne sont pas les quelques sorties médiatisées avec 10 jeunes Guadeloupéens qui vont faire baisser le chômage de manière durable !

De la politique : des politiciens qui utilisent le sport en Guadeloupe comme un vecteur purement électoral. Voilà une des raisons pour lesquelles les grands sportifs locaux ne sont pas plus impliqués en Guadeloupe, pire on les chasse ou ils sont obligés de se déchirer comme nous l’avons fait. Tant que les politiques mélangent politique, campagne électorale, et sport au détriment du sport on court à la catastrophe. Mais l’appât du gain facile, en manipulant les réseaux sportifs à leur guise leur assurent leurs élections. Egalement au gré d’accords commerciaux tel que, pour ce qui est de la voile par exemple, la manne financière de la marina de Bas du Fort est détenue par un grand groupe local bien connu.

Avons-nous été victimes d’une décision purement politique parce que le projet de 2002 que nous avions mené à bien (le premier bateau Gwada à passer la ligne d’arrivée) avait été suivi par l’ancien exécutif et sa présidente Mme Lucette Michaux-Chevry ?  Avons-nous fait les frais de la chasse à la sorcière de l’époque ?

Décision injustifiée, car notre organisation n’avait et n’a jamais eu de relations politiques, loin de là. Nous ne sommes et restons des techniciens du sport ! Donc non manipulables par des politiciens. Il n’y a pas de place pour des « petits nègres !»  Voilà ce qui nous a été dit à l’époque !

Ces élus qui, lorsque nous leur expliquions les enjeux importants en terme d’emplois, d’économie et de promotion de la destination avaient manifestement d’autres intérêts politico politiciens.

Sans réelle politique globale insufflée par les instances régionales la voile est devenue un petit clan d’amis pour la plupart métropolitains, ce n’est pas un secret ;  ils se retrouvent à la marina de Bas-Du-fort fiers de montrer qu’ils sont devenus les, soit disant, seuls acteurs, les  « incontournables » du mouvement voile et nautisme en Guadeloupe. Ils continuent même à poser des dossiers aux instances régionales sans aucune dimension de développement régional pour les Guadeloupéens ; Alors que les marins locaux sont contraints de quitter leur île ou recherchent des partenaires à l’étranger.

Non avons été attaqués injustement, avant, pendant et après par les détracteurs métropolitains du ghetto de la marina de Bas du Fort, qui se sont finalement tus lorsque l’un des leurs ou considéré par eux, a été choisi, il s’agît du Skipper de Région Guadeloupe qui a rempli son rôle très professionnellement, montrant déjà au sein du groupe des velléités individualistes.  Choix dont j’assume la responsabilité totale : ayant été jugé inapte psychologiquement, d’après les médecins, suite à des raisons personnelles tristes quelques jours avant le départ.

Ces mêmes détracteurs sont apparus brutalement sur les quais de St Malo et devenus serviables, ceux qui critiquaient a gorge déployée les marins Guadeloupéens et mon équipe. Quelques Guadeloupéens  résistent à leur manières et forment avec les écoles des jeunes : à St Anne à goyave, à St François et quelques personnalités esseulés.

A l’exemple de Philippe Fiston parti prenante dans le dossier original de 2006,  il a été obligé de trouver des fonds à l’étranger aidé par la région 92 en banlieue parisienne.

Fallait-il que le premier et seul black originaire de la Guadeloupe qui passe la ligne d’arrivée le fasse avec des sponsors privés et partenaires institutionnels étrangers !

Dorénavant devront nous faire comme Philippe Fiston et son directeur de projet Joel Octuvon l’on fait courageusement en 2006 : aller chercher des partenaires étrangers ?

Exploit passant presque inaperçu, localement étouffé par le rouleau compresseur de la propagande du Conseil Régional, du grand groupe commercial local détenteur de la concession de la marina de Bas-du-Fort et également comme par hasard un des sponsors privé du bateau région Guadeloupe en 2006.

En conclusion : Cette apologie de la médiocrité amène la Guadeloupe de manière permanente à casser ses enfants performants. Au lieu d’encourager et suivre ses athlètes qui ont tant donné pour son image et sa représentation, qui se sont battus comme nous l’avons fait en 2002 pour amener le premier bateau à l’arrivée dans les pires conditions. Les grandes annonces et les grandes fêtes à l’arrivée de la Route du Rhum 2006 masquent en fait une réalité : les sportifs guadeloupéens sont laissés en marge de cette grande course, au lieu d’être utilisé comme un vecteur de développement sportif, social et économique.

Cette compétition a profité jusqu’à maintenant qu’à quelques individualités persuadées après leur « victoire » ils assurent une main mise sur la voile en Guadeloupe. Les budgets régionaux allant vers l’un ou vers l’autre en fonction des couleurs politiques présumées sans efficience.

Utilisons notre diversité pour faire avancer le bateau dans la même direction, forts de toutes nos expériences et connaissances qu’elles soient locales ou importées grâce à tous les marins présents dans l’île qui veulent apporter et partager avec la population. Il est temps de travailler tous ensemble dans le même sens, les bagarres entre les groupes sociaux, les ethnies, les personnes ne sont plus à l’ordre du jour. Ceux qui n’arrivent pas pour des raisons raciales, politiques, communautaires, par handicap mental, ou par des égaux surdimensionnés se mettent d’eux mêmes en marge du progrès et des avancées. Pour que le sport guadeloupéen redevienne un biais de cohésion sociale, de fraternité et d’épanouissement, loin des affrontements de tous genres.

Vive la Guadeloupe vive les grands sportifs Guadeloupéens.

Vincent BEAUVARLET

Multiple champion de la Guadeloupe planche à voile, Champion de France jeune 1991 – du monde 1991- Vice championn  du monde 1992.  Semi-professionel Funboard entre 1993 et 1997 (plus nombreuses places d’honneur pendant différentes semaines olympiques internationales et Chp D’Europe) Skipper et chef de projet Route du Rhum 2002 trimaran Région Archipel  Guadeloupe, Chef de projet « Challenge Guadeloupe multi Océans 2006 ».