L'église
catholique à l'assaut de l'église du réveil

En Afrique,
l'église catholique est menacée par des mouvements
évangélistes, comme l'église du réveil. Lesquels répondent à des
demandes
concrètes, en échange d'offrandes et d'argent. Les catholiques comptent
bien
contrer cette progression.
Au Cameroun,
le pape Benoît XVI
est venu bénir une église ouverte à l'exorcisme et à la guérison
traditionnelle.
En incluant la fraternité Ephphata, l'église
catholique camerounaise a
développé un courant qui, comme les églises pentecôtistes en vogue en
Afrique,
propose guérison et exorcisme aux fidèles.
De nombreuses femmes qui confessent être visitées "par des
maris de
nuit" et se réveiller "mouillée(s)" se font ainsi exorciser
par des prêtres qui officient au sein de l'église catholique.
Prières, massages vigoureux de la poitrine et auscultation au crucifix
en métal
font partie des remèdes proposés par les prêtres.
"Ce courant permet, au passage, à l'église catholique d'éviter
la fuite
des fidèles vers les églises pentecôtistes", indique le Dr
Maud
Lasseur, spécialiste des religions du Cameroun.
Inspiré de courants charismatiques américains, le courant Ephphata
- qui
voudrait dire "Ouvre-toi", en hébreu ancien, paroles
que Jésus
aurait prononcé à un malade qu'il tentait de guérir - est né au
Cameroun, en
1976, et a été reconnu par l'église catholique, en 1980.
Nourri de pratiques animistes et de croyances en la sorcellerie, il
offre une
alternative aux pratiques de "guérisons", transes et
"miracles",
pratiquées par les églises pentecôtistes d'inspiration protestante qui
font une
percée sur le continent africain, notamment à partir du Nigéria.
L'archevêque de Yaoundé Tonye Bakot, président de la Conférence
épiscopale du
Cameroun, a dit la messe dans l'église Ephphata,
dimanche dernier, et y
a recueilli les offrandes des fidèles, avant d'accueillir le pape
Benoît XVI
lors de son premier voyage en Afrique.
Cependant, les églises évangélistes d'inspiration protestantes, dites "du
Réveil", prennent aussi pied au Cameroun.
Ainsi, dans un quartier périphérique de Yaoundé, on peut voir des
fidèles
assister aux "miracles" promis par un prêtre venu
d'Angola.
Ici, il n'est pas question de justice sociale ou de démocratie - comme
le
préconise une partie de l'église catholique en Afrique.
Dans ce courant évangélique venu des Etats-Unis, les fidèles font des
demandes
concrètes afin d'améliorer leur quotidien.
Avoir un mari, un emploi ou un visa pour l'étranger... Avec une prière,
un peu
d'huile d'olive et surtout une enveloppe pour le pasteur, tout est
possible, à
en croire le prêtre Jean-Louis Mbungate.
"Nous apportons la démonstration de la parole divine (...)
avec des
résultats concrets", ajoute-t-il.
Au Cameroun, où la population catholique va croissante, l'église
catholique a
trouvé son salut dans Ephphata.
Par Arnaud
ZAJTMAN (texte) / Arnaud
ZAJTMAN - Marlène RABAUD
source
Jeudi 19 mars
2009
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