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Quand le Temple
adventiste I fête
ses 80 ans
Le 22 février 2009 le
Temple adventiste I a fêté ses 80 ans d'existence. Une occasion de
«puiser dans
le passé pour éclairer le présent».
«
Entre le passé avec
ses souvenirs et l’avenir avec ses espoirs, il y a le présent avec ses
devoirs
». Ces propos d’Honoré de Balzac, cités par l’officiant principal,
Pasteur
Sylvain Blaise, le 22 février 2009 au Temple adventiste I, illustrent
bien
l’esprit qui a animé les membres de cette église de Port-au-Prince en
célébrant
leurs 80 ans d’existence.
La commémoration a été riche
et belle.
Elle a commencé le samedi (sabbat) 14 février et couvert une semaine de
festivités, de souvenirs et d’actions de grâce au Dieu des chrétiens.
Une église
restaurée et embellie pour la circonstance, deux championnats de
football et de
basket inter-églises adventistes, un concours de textes poétiques, des
récitals
de chansons et de poèmes évangéliques, des cérémonies d’hommages aux
anciens
pasteurs de l’église et aux membres ayant rendu des services louables à
cette
communauté, homélies de souvenirs et d’encouragement, la planification
de
l’ouverture d’une école supérieure…, autant d’activités qui ont retenu
l’attention des fidèles et des riverains et qui ont débordé le cadre
des neuf
jours ‘’d’honneur et de gloire à l’Eternel’’.
Pourquoi fêter ? L’homélie du
22 février
2009 a répondu en ces termes : « Puiser dans le passé pour éclairer le
présent
est une action de bon aloi. Un peuple qui met en oubli son passé perd
peu à peu
son identité, son origine, ses racines, et tombe dans l’acculturation.
Une
église qui oublie son histoire, son passé, voit son christianisme se
transformer en syncrétisme, son austérité en compromission, et perd la
foi dans
la direction, l’assistance et l’intervention divines. Il est donc
impérieux de
se souvenir du passé ».
L’histoire a commencé le 22
février 1929,
avec la cérémonie de dédicace du Temple adventiste I de Port-au-Prince,
au
numéro 60 de la rue de la Réunion. Louis Borno était lors président de
la
République d’Haïti. Et l’église a grandi, comme pour symboliser le
pouvoir
ecclésiastique ou pour servir de guide spirituel par rapport au pouvoir
exécutif (Palais national, Casernes Dessalines, palais des ministères,
DGI) et
au pouvoir judiciaire (palais de justice), si l’on tient compte de la
configuration du quartier en termes de bâtiments publics. Elle est la
mère de
toutes les églises adventistes de Port-au-Prince ou de toutes les
institutions
adventistes du grand Sud d’Haïti. Elle est un monument historique et
constitue
un important élément du patrimoine ‘’adventiste‘’, du patrimoine
d’Haïti.
Le Temple I de Port-au-Prince,
comme il
est appelé par les riverains, s’est en effet taillé une place
importante dans
la capitale. Il a accueilli environ huit mille membres depuis sa
fondation. Il
compte à son actif de nombreuses années d’œuvres sociales relatives à
l’alimentation (distribution d’aliments crus et cuits (500 plats
chauds) sur
une base hebdomadaire), à la santé (mini centre de santé avec accès
gratuit,
distribution de médicaments…) et à l’encadrement scolaire (paiement de
frais de
scolarité et appui au bénéfice d’enfants défavorisés, une dizaine au
moins
chaque année) ; il a construit et financé une école primaire en faveur
de la
communauté de la Cité militaire ; il a formé, dans divers domaines, des
générations d’hommes et de femmes et a élevé des milliers d’enfants, de
jeunes,
de pères et de mères de famille dans le respect des valeurs chrétiennes
dont
l’honnêteté, la loyauté, la vérité, la franchise, le respect de la vie,
le
respect du bien d’autrui, le respect de la parole donnée, la
tempérance, la
générosité, la charité… La perspective immédiate, qui constitue
également un
élément des festivités, est l’ouverture, dans les meilleurs délais,
d’une école
d’études supérieures en vue de contribuer à satisfaire la demande des
jeunes
haïtiens, toutes tendances religieuses confondues.
Chaque soir, du 14 au 22
février,
dirigeants et membres de cette église ont rappelé les souvenirs d’antan
et ont
ressourcé leurs âmes pour mieux aborder l’avenir, à travers des chants
de
louanges à leur Dieu, des textes de circonstance, des sermons sur les
80 ans.
Anciens et nouveaux pasteurs ont insisté sur la nécessité de rendre
gloire et
louanges à Dieu, de garder la foi et les principes chrétiens pour des
familles
adventistes unies, une jeunesse forte et éduquée, une Haïti réconciliée
avec
elle-même.
Le jour du 22, le dimanche
gras, a servi
de prétexte à l’officiant principal pour rappeler que le carnaval a été
également introduit à Port-au-Prince pour la première fois en 1929.
Pasteur
Blaise a confié que le terme carnaval vient de deux mots latins ‘’Carne
levare’’ qui signifient retirer la viande (des repas). Cette fête a été
instituée par le pape Grégoire I le Grand en l’an 600 (apr. J.-C.).
Celui-ci a
décrété, lors, trois jours gras (pour manger gras, de la viande) et le
mercredi
des Cendres (pour faire pénitence, imposition de cendres au front du
pénitent)
avant les 40 jours de carême (période pendant laquelle les gens
devraient
s’abstenir de nourritures grasses...).
De nombreux invités, dont les
représentants de la hiérarchie de l’église adventiste d’Haïti (Union de
missions des Adventistes du 7e jour d’Haïti, Mission centrale des
Adventistes du
7e jour d’Haïti (MICASH), une délégation du ministère des Cultes, des
délégations d’autres églises de dénominations différentes ont pris part
à la
grande cérémonie de commémoration du 80e anniversaire. L’officiant
principal a
attiré l’attention sur le symbolisme des chiffres dans la Bible, en
particulier
80, 9, 7…, : souligné l’importance de ce temple à Port-au-Prince,
appelé les
participants à manœuvrer les sept clés de la victoire en Christ et à
remplir
les devoirs du temps présent. En terminant, il a invité toute
l’assistance à se
préparer pour jouir de la victoire chrétienne finale : le retour du
Fils de
Dieu, Jésus-Christ. A la fin de la cérémonie et pour clore la semaine
de
festivités, tous ensemble, membres de l’église, dirigeants et invités,
enfants,
jeunes et vieux, ont fraternisé en partageant un riche repas. Pour se
souhaiter
bonne fête. Pour se dire merci. Pour dire merci au Seigneur de leur
avoir
conservé le souffle de vie jusqu’ici, en reconfirmant les mots de
Samuel dans
la Bible (1er livre de Samuel, chapitre VII, verset 12) : … Eben-Ezer,
Eben-zer, jusqu’ici l’Eternel nous a secourus. C.S
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