Crime
de Lourdes : «Élisabeth parlait souvent de
satanisme»
Elle a tué sa
mère à coups de crucifix avant de
décéder à l'hôpital. Les obsèques des 2 femmes sont célébrées ce matin.
Son
frère témoigne.
Les
obsèques de Thérèse D., 81
ans, et d'Élisabeth F., 34 ans, sa fille, sont célébrés aujourd'hui, à
10 h 30,
en l'église du Sacré-Cœur à Lourdes. La première est morte
tragiquement, dans
la nuit de dimanche à lundi dernier, tuée à coups de crucifix par sa
fille qui
partageait son petit appartement situé dans la cité mariale, rue de
l'église.
La seconde est décédée mystérieusement, dans sa chambre de l'hôpital
psychiatrique de Lannemezan où elle venait d'être internée après avoir
commis
cet acte terrible. Une autopsie a d'ailleurs été diligentée, en fin de
semaine
dernière, pour déterminer les circonstances précises de sa mort. Pour
l'heure,
les résultats de cet examen n'ont toujours pas été rendus public.
Les parents des
deux femmes, originaires du département de l'Aube, n'assisteront pas au
complet
aux funérailles. Depuis une vingtaine d'années déjà, l'entente ne
semblait
plus, en effet, régner dans cette famille et « les relations étaient
tendues »,
indique un de leurs proches. C'est après sa séparation d'avec son mari
que
Thérèse et Élisabeth avaient décidé de s'installer à Lourdes, après un
bref
passage à Paris et en Aveyron. Bien que ne les voyant plus depuis de
nombreuses
années, Claude, le fils aîné, était malgré tout resté en contact
téléphonique
avec sa mère et sa sœur.
elle était
fascinée par la sorcellerie
à propos
d'Élisabeth, il indique savoir, comme le savait d'ailleurs toute sa
famille, «
qu'elle était fragile psychologiquement et que sa vie avait été
ponctuée par
plusieurs épisodes psychiatriques ».
Toujours selon
lui, « elle s'intéressait depuis longtemps au satanisme et à la
sorcellerie.
Cela la fascinait et elle en parlait souvent ». Peu après avoir tué sa
mère,
elle aurait justement expliqué à un policier avoir vu dans un rêve
qu'elle
était le mal, et qu'elle devait donc en faire. Le meurtre de sa mère
est-il la
conséquence de sa fascination pour le diable sur son esprit malade ?
L'utilisation d'un crucifix pour accomplir son crime peut le laisser
penser,
même si rien ne permettra plus jamais de le savoir avec précision.
Toujours
est-il que ces temps derniers, comme l'avait confié, inquiète, sa mère
à un
membre de la Croix-Rouge de Lourdes, « son état mental s'était aggravé
». Comme
sa mère, elle n'en était pas moins très croyante et très pieuse. Pour
preuve,
elle se confiait régulièrement à un prêtre de Lourdes. Tous les objets
religieux que refermait leur appartement attestent tout autant de cette
grande
dévotion.
Les deux femmes
avaient d'ailleurs choisi de s'établir à Lourdes pour vivre pleinement
leur foi
et pouvoir se rendre régulièrement à la grotte Massabielle pour prier.
Élisabeth
répétait souvent qu'elle craignait de ne pouvoir payer un caveau à sa
mère si
elle venait à mourir. Il est vrai qu'elle et sa maman ne vivaient
qu'avec 700 €
de pensions par mois. Pourtant, sa mère avait contracté une convention
obsèques
pour, justement, la décharger de ces tracasseries financières et
administratives. Le savait-elle ? Ou bien avait-elle occulté cette
réalité ?
Unies dans leur
dérive, elles poursuivent désormais leur huis clos dans la mort.
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