Les Titres du magazine
- Il est
temps de dire
« Assez, c’en est assez du mépris ! »
- Juifs et
sionisme à la
télé : un sentiment de rejet et d’exaspération
- Le
mort saisit le vif
-
Cela
n'ajoute rien, hormis du pathos
-
Le
parrainage d'enfants juifs déportés crée la polémique
- Shoah: La
voix des Roms
rejette l'initiative Sarkozy sur les enfants
-
Shoah
: Les petits soldats mémoriels de Sarkozy
- Shoah:
pour la police
aussi, il faut un devoir de mémoire
- Sarkozy au
Crif, nos
enfants devraient encore faire les frais de la laïcité
-
Shoah
: Simone Veil dénonce l'initiative présidentielle
-
Un
enfant doit-il porter la mémoire d'enfants victimes de la Shoah ?
- La
Shoah sera au
programme des CM2 à la rentrée
- Shoah au CM2:
Sarkozy
désavoué
-
L'idée
du parrainage d'enfants de la Shoah à l'école pas retenue A propos de ce qui se passe à Gaza un texte de Raphaël Confiant - Intellectuels occidentaux
Antilles
/Antillais
- Les
Antillais entrent en
campagne
- Jeunes homos
sans domicile fixe : crever
ou vendre son cul ?
- Marc
Pulvar : Un
Martiniquais vertical nous
a quitté
-Une
étoile du combat
libérateur du peuple Martiniquais s’est éteinte.
-
Une
Photographie pour perpétuer le souvenir !
-
Monsieur
Henri nous a quitté !
-
Sortir
et découvrir
Visitez l'édition
spéciale dédiée au carnaval

Visitez l'édition
spéciale dédiée à la saint Valentin

|
Le
parrainage d'enfants juifs déportés crée la polémique
Proposée
par le président de la République, cette mesure est contestée par des syndicats
et des associations de parents d'élèves.
«Bienvenue»
pour les uns, «irrecevable» pour les autres, l'idée que «chaque élève de CM2 se
voie confier la mémoire d'un enfant victime de la Shoah» a suscité hier des
réactions nuancées, tant parmi les enseignants et les parents d'élèves que sur
la scène politique. Chargé d'expliquer l'annonce faite, la veille au soir par
le chef de l'État, le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, a lui-même
concédé que «l'idée est un peu normative», avant d'inviter chacun à «faire
confiance aux enseignants». Dans le même temps, plusieurs voix se sont élevées
pour dénoncer les effets pervers susceptibles d'être induits par ce nouvel
outil pédagogique.
Si
personne ne remet ouvertement en cause le bien-fondé de cette initiative, qui
vise à «confier» chaque année la mémoire d'un des 11 000 enfants juifs déportés
depuis la France à chacun des 700 000 élèves scolarisés en CM2, afin de
perpétuer le souvenir de la Shoah, plusieurs dérives possibles sont d'ores et
déjà mises en avant.
Sur
le terrain strictement pédagogique, certains représentants de parents d'élèves,
tel le président de la FCPE, Faride Hamana, jugent que l'idée, certes
«louable», serait plus adaptée à des élèves de collège ou de lycée. «Si on veut
que cette expérience profite réellement aux enfants, il faut qu'ils aient la
maturité d'encaisser ce choc émotionnel et d'assimiler ce qu'ont vécu les
enfants déportés», explique-t-il. Secrétaire général du Snuipp-FSU, majoritaire
chez les enseignants du primaire, Gilles Moindrot estime pour sa part qu'«en
liant artificiellement un enfant victime du nazisme à un élève de CM2, on
risque de développer chez celui-ci un sentiment de culpabilité qui ne favorisera
pas sa compréhension du phénomène historique».
«Concurrence
mémorielle»
Sur
le plan politique, par ailleurs, on peut craindre que l'initiative du chef de
l'État n'attise la «concurrence mémorielle» qui sévit déjà entre diverses
communautés. Maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi avertit ainsi :
«Certaines communautés trouvent déjà que la République ne prend pas
suffisamment en compte leur propre souffrance. C'est le cas des Antillais, qui
voudraient voir reconnu le drame de l'esclavage, ou celui des Arméniens pour ce
qui concerne le génocide de 1915.» Inspecteur de l'Éducation nationale en
Seine-Saint-Denis, Alain Seksig complète : «Les parents pourraient avoir le
sentiment qu'on ne s'intéresse qu'aux juifs sans prendre suffisamment en compte
leur mémoire. Faudra-t-il ensuite que l'on écrive le nom de toutes les victimes
de la guerre d'Algérie ?»
Interrogé
sur Radio Classique, Dominique de Villepin s'est insurgé pour sa part contre
l'idée même que l'on puisse «décréter ou légiférer dans le domaine de la
mémoire». Implicitement, l'ancien premier ministre relance ainsi la controverse
ouverte il y a quatre mois, lorsque Nicolas Sarkozy avait imposé la lecture,
dans chaque lycée, de la lettre écrite par Guy Môquet avant d'être fusillé.
Balayant
ces objections, Serge
Klarsfeld, qui s'est longuement consacré à la recension des 11 000 enfants
déportés depuis la France, s'est dit «profondément touché» par l'initiative du
président. Chargée par Xavier Darcos de mettre en œuvre ce projet, Hélène
Waysbord entend, quant à elle, dissiper les malentendus : «Il s'agit de
raconter la peur, la traque, la vie qui tient à un petit miracle, une famille
qui vous cache ce qui n'est pas inutile quand certains enfants pensent que
Rambo a existé. En revanche, nous ne raconterons ni l'extermination ni les
chambres à gaz.» Une voix s'est également élevée à gauche pour défendre la
proposition du président. Celle de Ségolène Royal, qui a estimé que cette
initiative allait «dans le bon sens.
Cécilia Gabizon et Cyrille Louissource
Zemmour et Domenach reviennent
sur le projet mémorielle de Nicolas Sarkozy
|
|