L'idée du parrainage d'enfants de la Shoah à l'école pas retenue
La proposition de Nicolas Sarkozy de
confier la mémoire d'un enfant juif victime de la Shoah à chaque élève de CM2
n'a pas été retenue par la mission pédagogique installée mercredi par le
ministre de l'Education nationale.
En revanche, ses seize membres ont accepté à l'unanimité
de faire des propositions dans les deux mois pour améliorer la transmission de
la mémoire de la Shoah dans les écoles, a déclaré la présidente, Hélène
Waysbord-Loing. Il s'agirait "d'inciter à faire des travaux qui
permettent aux enfants de se grouper dans une classe, non pas vers un enfant en
particulier, mais telle situation dans telle ville" pendant la guerre, a
déclaré pour sa part Simone Veil.
L'idée de faire parrainer une victime par un enfant était
"enterrée avant même qu'on se réunisse", a précisé pour sa part le
réalisateur Claude Lanzmann.
Hélène Waysbord-Loing a confirmé qu'il n'avait pas été
question des parrainages d'enfants lors de la réunion.
Nicolas Sarkozy avait déclenché une vive polémique, en
déclarant le 13 février : "Chaque année, à partir de la rentrée 2008, tous
les enfants de CM2 se verront confier la mémoire d'un des 11.000 enfants
français victimes de la Shoah".
Simone Veil, une proche du chef de l'Etat, ancienne
ministre et rescapée des camps nazis, avait fustigé cette idée, la qualifiant
d'"inimaginable, d'insoutenable et d'injuste", des critiques
largement partagées dans le monde politique et enseignant.
"NE PAS PERTURBER LES ENFANTS"
Depuis, le ministre de l'Education nationale, Xavier
Darcos, a amorcé un recul en douceur, les propositions de la mission installée
mercredi ne visant qu'à améliorer les programmes, qui recommandent déjà de
faire de la Shoah un point fort de l'enseignement d'histoire en fin d'école
primaire.
"Il n'y a rien de très précis décidé, mais la volonté
de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les
professeurs", a expliqué Simone Veil.
Elle a souligné que l'objectif était de "ne pas
perturber les enfants" tout en faisant en sorte qu'il y ait "un
enseignement très précis."
"On est tous d'accord sur ce qui doit être préparé
d'ici deux mois", a-t-elle insisté, en niant toute divergence sur la
démarche retenue avec Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et
filles de déportés juifs de France.
Xavier Darcos a souligné que les membres de la mission
s'étaient efforcés d'harmoniser leurs analyses et d'appréhender l'ensemble des
difficultés pour prévenir tout "refus de ce travail nécessaire" par
les professeurs.
Il a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas
d'appliquer "un formatage unique" à toutes les classes mais de
proposer "des démarches diverses adaptées aux circonstances" et de
"respecter la liberté pédagogique" des enseignants.
Pour Xavier Darcos, ces travaux permettront de faire en
sorte que "la bonne idée du président de la République soit transformée en
démarche pédagogique."
Gérard Bon
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