Les Titres du magazine
- Il est
temps de dire
« Assez, c’en est assez du mépris ! »
- Juifs et
sionisme à la
télé : un sentiment de rejet et d’exaspération
- Le
mort saisit le vif
-
Cela
n'ajoute rien, hormis du pathos
-
Le
parrainage d'enfants juifs déportés crée la polémique
- Shoah: La
voix des Roms
rejette l'initiative Sarkozy sur les enfants
-
Shoah
: Les petits soldats mémoriels de Sarkozy
- Shoah:
pour la police
aussi, il faut un devoir de mémoire
- Sarkozy au
Crif, nos
enfants devraient encore faire les frais de la laïcité
-
Shoah
: Simone Veil dénonce l'initiative présidentielle
-
Un
enfant doit-il porter la mémoire d'enfants victimes de la Shoah ?
- La
Shoah sera au
programme des CM2 à la rentrée
- Shoah au CM2:
Sarkozy
désavoué
-
L'idée
du parrainage d'enfants de la Shoah à l'école pas retenue A propos de ce qui se passe à Gaza un texte de Raphaël Confiant - Intellectuels occidentaux
Antilles
/Antillais
- Les
Antillais entrent en
campagne
- Jeunes homos
sans domicile fixe : crever
ou vendre son cul ?
- Marc
Pulvar : Un
Martiniquais vertical nous
a quitté
-Une
étoile du combat
libérateur du peuple Martiniquais s’est éteinte.
-
Une
Photographie pour perpétuer le souvenir !
-
Monsieur
Henri nous a quitté !
-
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Les Antillais entrent en campagne C'est
fait ! La campagne électorale est lancée chez les Antillais. Le coup
d'envoi a été donné ce jeudi 14 février à l'Assemblée nationale. Neuf
candidats antillais*, à l'invitation du CM98, étaient venus présenter
leur candidature et nous parler de leur engagement politique.
Tous nés en 1998
Le
Pr serge ROMANA a ouvert la conférence en précisant quelques données. A
la fin des années 90, sur les 400 000 Antillais présents en France, 80
à 85% vivent en région parisienne. Pourtant ils comptent très peu dans
les décisions au niveau des villes où ils résident et ont très peu
d’influence sur les décisions nationales.

Conférence de presse du 14 février 2008 à l'Assemblée Nationale
Debout de g. à d. : Jean-Jacob Bicep, Manuel Allamellou, Jaklin Pavilla, Lidya Jean, Jean-Claude Beaujour Assis de g. à d. : Jocelyn Obertan, Firmine Richard, Serge Romana (CM98), Jean-Pierre Passé-Coutrin, Laury Laclef
Depuis
1998, une revendication a émergé dans le monde antillais : faire en
sorte que la République Française respecte la mémoire de nos parents
qui ont participé à sa construction, c’est le premier combat unitaire
du monde antillais au sein de la République.
Aujourd’hui,
des hommes et des femmes, cadres de ce pays pour les uns, issus de
l’immigration BUMIDOM pour d’autres, veulent prendre des places
d’influence dans la société française. Quelle que soit leur tendance
politique, tous sont unis pour dire que le monde Antillais doit être
respecté pour ce qu’il est, c’est-à-dire celui des Français descendants
d’esclaves.
La « commune » de Paris
Première
illustration de cette prise de conscience, la bataille des municipales
à Paris où les « grands partis » nationaux, UMP, PS ou les Verts, ont
enfin pris conscience qu'il était temps d'intégrer les Antillo-guyanais
dans le paysage politique hexagonal.
A
ce petit jeu, l'UMP a dégainé le premier en plaçant comme tête de liste
dans le 20e arrondissement, M. Jean-Claude BEAUJOUR. Ce jeune avocat de
44 ans, marié et père de trois enfants s'est déclaré sensible au passé
colonial des Antilles et a affirmé partager la philosophie du CM98.
Toutefois,
bien qu'ayant lutté au côté de Patrick KARAM sur le dossier des billets
d'avion, Jean-Claude BEAUJOUR ne souhaite pas se laisser enfermer dans
une communauté. Pour lui, il faut aller au-delà de la journée du 23
mai. « Oui, nous nous engageons, mais nous attendons de vous voir
derrière nous », a-t-il lancé à l'adresse des Antillo-guyanais.
Son
adversaire ultramarin dans le 20e, Jean-Claude BICEP, placé 5e sur la
liste des Verts, s'est réjoui de voir que « Pour la première fois, des
Antillais d’origines différentes, de partis différents se rencontrent
». Originaire de la Guadeloupe, Jean-Claude BICEP revendique sa
filiation de descendant d'esclave et s'enorgueillit d'avoir participé à
la Grande Marche des 40 000, qu'il qualifie de « formidable élan de
notre communauté ».
Après
15 ans de militantisme à la RATP, M. BICEP se présente avec l'objectif
affiché de faire que la ville de Paris reconnaisse le 23 mai comme jour
officiel de commémoration de la Mémoire des Victimes de l’Esclavage
Colonial.
Autre
candidat de marque, mais cette fois-ci dans le 19e arrondissement :
Firmine RICHARD. Après avoir refusé les appels du pied de Bertrand
DELANOE en 2001, pour cause d'absence d'ultramarins sur les listes du
candidat du Parti Socialiste, la comédienne se jette à l'eau.
«
Je fais partie de la génération Bumidom », clame-t-elle fièrement,
saluant au passage le travail du CM98 sur l'esclavage. Un sujet qui
était tabou, il n'y a pas si longtemps. Son rôle, en cas de réussite de
sa liste, sera tout simplement de représenter les ultramarins. -2, 9-3, quoi de neuf ?
La
banlieue n'est pas en reste avec quatre candidats pour le 92 et le 93 :
deux hommes et deux femmes. Un seul politique à proprement parler,
Jocelyn OBERTAN, à Epinay-sur-Seine, qui se présente sous les couleurs
du MoDem et confiant de la victoire de ses idées dans sa ville. Pour le
reste, la place est largement occupée par des personnes issues du
mouvement associatif.
Dans
le 92, à Clichy-la Garenne, Manuel ALLAMELOU s'est engagé au côté de
Gilles CATOIRE sur une liste de rassemblement de gauche. A 37 ans, le
président de l'association Agora Karayib se fixe comme objectif de
faire passer le message du 23 mai, de venir en aide à ses compatriotes
mais aussi de faire rimer la politique avec les mots sincérité et
respect.
En
Seine-Saint-Denis (93), ce sont deux femmes qui tiennent le flambeau :
Jaklin PAVILLA à Saint-Denis, sur la liste divers gauche et Laury
LACLEF à Bobigny pour le PC. Leur point commun, elles sont toutes les
deux connues et reconnues pour leurs actions au sein de leurs
associations respectives.
Installée
à Saint-Denis depuis 1977, Mme PAVILLA s'est impliquée dans la vie de
la cité depuis 1982 à travers la fédération des parents d'élèves, les
actions catholiques et le milieu associatif. Elle crée l'association
Bay Lanmen. Après avoir décliné l'offre du maire de l'époque 2001,
Jaklin décide de sauter le pas en 2008.
La
raison de ce changement ? La Guadeloupéenne dit avoir mûri. Son
adhésion au CM98 l'a aidée à comprendre, à évoluer. Elle a passé un DU
(diplôme universitaire) d’ethnopsychiatrie, et est désireuse
aujourd'hui de construire un monde meilleur au-delà du message du 23
mai.
Autre
ville, autre engagement. Laury LACLEF habite à Bobigny depuis 38 ans.
Marie-Flore, de son vrai prénom, est tombée dans la politique étant
petite. Avec une tante membre du Comité central du Parti communiste et
une mère ardente militante pour les congés bonifiés, elle n'a jamais
cessé de s'impliquer dans la vie publique.
En
1993 elle crée avec un groupe de femmes l’association Hibiscus. Elue
depuis 1995, elle oeuvre pour la continuité du devoir de mémoire. Le
conseil municipal a voté l’an dernier le 23 mai : journée du souvenir
des victimes de l’esclavage. Une étape importante. « On a besoin d'une
journée pour nos parents, continue-t-elle plein de fougue, sé pou yo,
sé pou nou osi ».
Le 95 n'est pas en reste
Lydia
JEAN oeuvre dans une autre ville : à Villiers-le Bel. Mère de deux
enfants, Mme Jean figure sur la liste Divers Gauche. C'est
l'aboutissement d'une longue vie de lutte qui a débuté en 1969. Lydia
Jean est une femme active qui se bat sur plusieurs fronts : école
(présidente FCPE), association (parcours associatif et culturel), et
les évènements récents de sa ville la confortent encore dans ses
positions.
A
Sarcelles, Jean-Pierre PASSE-COUTRIN, 50 ans, assure avoir toujours
revendiqué, dès son plus jeune âge. D'une voix lente, il explique sans
sourciller qu'il est l'un des derniers à être arrivé via le BUMIDOM.
Une confession rare. Et ne peut s'empêcher de se remémorer les
conditions d’accueil dès la descente de l’avion et d’acheminement vers
le centre d’hébergement.
Pour
lui, ce 14 février 2008 marque « un mouvement caractérisé par la
rigueur et le sérieux ». M. PASSE-COUTRIN évoque également l'aide
apportée par M. STRAUSS-KAHN pour l'inauguration de la statue la «
Gardienne de Vie » (qui se trouve à Sarcelles, ndlr), réalisée par
l'artiste plasticien aujourd'hui décédé, Henri GUEDON. Inscrit sur la
liste de Gauche du maire PS François PUPPONI, son souhait le plus cher
est de « conduire nos enfants qui ont actuellement 10-12 ans vers un
avenir meilleur ».
Rendez-vous
est pris dans les urnes pour le 9 et 16 mars. Mais avant de passer dans
l'isoloir, vous pourrez retrouver ces candidats lors de la réunion
publique organisée par le CM98, le vendredi 22 février à 19 heures à la
Bourse du travail de Saint-Denis.
*Les candidats sont les suivants : Manuel
ALLAMELLOU, candidat sur la liste PS de Clichy-la-Garenne, Jean-Claude
BEAUJOUR, tête de liste UMP dans le 20e arrondissement de Paris,
Jean-Jacob BICEP, candidat sur la liste des Verts dans le 20e
arrondissement de Paris, Lydia JEAN, candidate sur la liste divers
gauche de Villiers-le-Bel, Lory LACLEF, candidate sur la liste du PC de
Bobigny, Jocelyn OBERTAN, candidat sur la liste UDF d’Epinay-sur-Seine,
Jean-Pierre PASSE-COUTRIN, candidat sur la liste PS de Sarcelles,
Jaklin PAVILLA, candidate sur la liste du rassemblement de la Gauche à
Saint-Denis, Firmine RICHARD, candidate sur la liste PS du 19e
arrondissement de Paris. Janine
MAURICE-BELLAY, candidate sur la liste divers gauche à
Neuilly-sur-Marne, Georges MELANE, candidat sur la liste UMP de
Saint-Denis, Félix ZELPHIN, candidat sur la liste divers gauche de
Villiers-le-Bel ont été excusés.
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