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-
Cela
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-
Le
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- Shoah: La
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rejette l'initiative Sarkozy sur les enfants
-
Shoah
: Les petits soldats mémoriels de Sarkozy
- Shoah:
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aussi, il faut un devoir de mémoire
- Sarkozy au
Crif, nos
enfants devraient encore faire les frais de la laïcité
-
Shoah
: Simone Veil dénonce l'initiative présidentielle
-
Un
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- La
Shoah sera au
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- Shoah au CM2:
Sarkozy
désavoué
-
L'idée
du parrainage d'enfants de la Shoah à l'école pas retenue A propos de ce qui se passe à Gaza un texte de Raphaël Confiant - Intellectuels occidentaux
Antilles
/Antillais
- Les
Antillais entrent en
campagne
- Jeunes homos
sans domicile fixe : crever
ou vendre son cul ?
- Marc
Pulvar : Un
Martiniquais vertical nous
a quitté
-Une
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-
Une
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-
Monsieur
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MARC PULVAR : UN
MARTINIQUAIS VERTICAL NOUS A QUITTES
En ces temps de confusionnisme
aigu, l’annonce du décès de ce grand militant de la cause des travailleurs et
de la Nation martiniquaise que fut Marc Pulvar ne peut qu’attrister tous ceux
qui n’ont pas abdiqué et qui refusent que notre pays soit transformé en un
vaste Club Med où aventuriers, caldoches et truands de toutes sortes se croient
désormais autorisés à nous dicter leur loi.
Nul doute qu’un chapelet de
commentaires laudatifs et hypocrites accompagneront Marc Pulvar jusqu’à sa
dernière demeure, chose dont, avec l’humour grinçant qu’on lui connaissait, il
doit bien se gausser. Personnellement, j’ai eu très peu de rapports personnels
avec celui qui demeura longtemps l’un des deux secrétaires de la CSTM, seul
vrai syndicat patriotique martiniquais avec l’UGTM. Pourtant, j’ai été, dans
les années 80, secrétaire de la section-Education de la CSTM, cela durant trois
ans. Ce n’est pas faire injure à la mémoire de l’homme que de dire qu’il était
d’un abord difficile. Marc Pulvar n’était pas, en effet, un militant et un
nationaliste à mi-temps comme beaucoup d’entre nous, hélas, y compris moi. Il
vivait dans une verticalité permanente, intraitable avec les patrons, en
particulier Békés, sans complaisance aucune avec ses camarades militants et
surtout intransigeant avec lui-même.
C’est cette verticalité qui l’a
poussé, une fois ses études de mathématiques terminées, à refuser d’enseigner
dans le système scolaire français ou à embrasser une carrière de professionnel
libéral. Il a d’abord enseigné dans l’école privée qu’il créa avec Edouard
Glissant, l’IME (Institut Martiniquais d’Etudes), puis, le syndicalisme et la
politique lui prenant sans doute trop de temps, il vécut de cours particuliers
de maths durant des décennies. Mais très rapidement, la défense des
travailleurs prit le pas sur son activité professionnelle et il devint la
figure de proue dans les années 1977-2000 du combat contre l’injustice sociale
régnant dans notre pays. Le mathématicien se mit à l’étude du droit et devint
vite un expert redoutable au Conseil des Prud’hommes où plus d’une fois, il lui
arriva de brandir tel ou tel texte qui démontait l’argumentation des juges ou
des avocats de la partie adverse. Certains, aigris de ses succès, le surnommait
« Monsieur Auroux » parce qu’il avait appris à connaître les lois
Auroux sur le bout des doigts et qu’il donnait ainsi du fil à retordre au patronat.
A les entendre, il y avait une énorme contradiction entre le fait d’être à la
fois militant du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) et syndicaliste
cherchant à faire appliquer à la lettre le droit du travail français à la
Martinique. Comme si un indépendantiste pouvait s’abstraire de la réalité et
ignorer le fait que pour l’instant la Martinique est toujours française et que
par conséquent, les Martiniquais, surtout les travailleurs, ont droit au
respect ! Comme si il fallait attendre le lendemain matin de l’indépendance
pour lutter contre les licenciements abusifs ou les salaires misérables !
Ce même reproche est fait à l’ASSAUPAMAR (Association pour la Protection de
l’Environnement de la Martinique) accusée d’être indépendantiste et pourtant
déterminée à faire appliquer chez nous le droit de l’environnement français.
Comme s’il fallait laisser les terres agricoles être bétonnées et les mangroves
détruites en attendant une hypothétique accession de notre pays à la
souveraineté ! Même reproche aussi envers le GEREC (Groupe d’Etudes et de
Recherches en Espace Créole) accusé d’accepter le statut de « langue
régionale » pour le créole et d’avoir demandé la création d’un CAPES de
créole. Comme si on devait attendre les lendemains qui chantent pour faire
entrer notre langue nationale au sein du système scolaire ! On connaît ces
critiques imbéciles. Marc Pulvar (tout comme l’ASSAUPAMAR et le GEREC) n’en
avait que faire !
L’homme n’était pas un
syndicaliste de bureau. Il était tout le temps sur le terrain, au premier rang
dans les grèves lorsqu’il fallait parfois affronter les policiers ou les gardes
mobiles. Si bien qu’un beau jour, il finit par se retrouver coincé entre quatre
containers sur le port de Fort-de-France où une bande de « dogs »,
payés par les Békés, tentèrent de le tuer. Pour sauver sa peau, Marc Pulvar fit
feu et fut évidemment emprisonné pendant quatre mois. Son courage et sa dignité
à cette époque impressionnèrent tous les Martiniquais, y compris ceux qui
d’habitude le vouaient aux gémonies. Bien entendu, les commanditaires de cette
tentative d’assassinat ne furent jamais inquiétés ! Comme dans l’affaire
André Aliker, seuls les exécutants payèrent la note.
Je ne suis pas en train de
tisser une couronne de lauriers post-mortem à Marc Pulvar. En effet, lorsque
ses camarades du MIM et lui évincèrent Frantz Agastha, père fondateur de la
CSTM, la section-Education, dont j’étais le responsable, et la section de
l’Hôpital de Colson furent les seules à voter contre. Mais ce fut, à
l’évidence, une erreur de notre part car Agastha était vieillissant et sa
manière de diriger le syndicat dans les dernières années de son règne était
souvent incohérente. Pulvar et ses camarades eurent raison de procéder à ce que
certaines personnes qualifièrent, à l’époque, d’OPA sur un syndicat qui avait
le vent en poupe et qui était le fer de lance de la lutte des travailleurs. Mea
culpa, donc…
Marc Pulvar fut donc longtemps,
très longtemps, l’homme à abattre. Comme il était difficile à attaquer de
front, ses ennemis l’accusèrent d’être un avocat marron et de recevoir des
rémunérations occultes des mains de ceux qu’il défendait aux Prud’hommes. Une
cabale fut même montée contre lui l’an dernier, alors même qu’il était en proie
à un cancer généralisé, et alors qu’il était hospitalisé à La Meynard, il en
fut extrait manu militari, transféré au SRPJ et interrogé sévèrement durant
deux jours, ce qui aggrava son état de santé. Il s’avère que certaines
personnes haut placées téléphonaient à tous les travailleurs que Pulvar avaient
défendus dans le passé pour savoir si ce dernier leur avait demandé une
quelconque rémunération et ainsi ils trouvèrent deux-trois « lapia »
pour témoigner que oui. Notre pays possède beaucoup plus de « lapia »
bipèdes que de « tilapia » dans nos fermes aquacoles. Cela chacun le
sait ! Toujours est-il qu’il fut difficile à ces « lapia » de
prouver leurs dires puisque la cabale finit par tourner en eau de boudin. Mais
le mal était fait ! Les ennemis de la cause martiniquaise se frottaient
les mains désormais d’avoir réussi, selon eux, à salir la réputation d’un
patriote martiniquais. C’était sans compter sur la mobilisation des patriotes
de tous bord justement et de l’indignation de bon nombre de Martiniquais.
Je ne sais pas si Marc Pulvar
demandait parfois des rémunérations aux travailleurs qu’il défendait, mais ce
que je sais, c’est qu’en prenant leur défense devant les Prud’hommes, il
accomplissait une tâche ingrate que nombre d’ avocats martiniquais (mais pas
tous heureusement !) dédaignaient. Avocats dont on se souvient d’ailleurs
qu’ils refusèrent l’accès de Pulvar au barreau de Fort-de-France au motif que
pour pouvoir exercer cette profession, on ne peut pas avoir été condamné par la
justice et avoir fait de la prison. Rappelons que Pulvar n’avait fait que
défendre sa vie devant une meute de « dogs » envoyée par le patronat
béké ! Bien que muni de tous les diplômes et toutes les qualifications
nécessaires pour l’exercice de cette profession, Pulvar se vit donc barré par,
cette fois-ci, la petite-bourgeoisie mulâtre et nègre. Celle pour qui, tout
Martiniquais un tant soit peu vertical est un homme à abattre.
Marc Pulvar restera pour nous,
en tout cas, un grand patriote martiniquais et un homme de cœur sous des
dehors, nous l’avons dit, difficiles. Je me souviendrai toujours de ce jour où
il mobilisa près de deux cent personnes pour investir la plage de l’Anse
Couleuvre dont mon épouse, mon bébé d’à peine six mois et moi-même avions été
chassés, en 1985, par le fils d’une certaine dame, pseudo-békée, qui se disait
propriétaire des lieux. Devant mon refus d’obtempérer, le fils haussa le ton et
me lança : « Cet endroit nous appartient depuis le 17è siècle. Vous
n’avez rien à faire ici ! Dégagez ! ». Puis, il retourna à la
villa qui jouxtait la plage et se mit à tirer des coups de fusil en l’air
pendant une bonne vingtaine de minutes, ce qui contraignit ma petite famille et
moi à effectivement nous retirer. Mais, le dimanche d’après, militants de la
CSTM, menés par Pulvar, et de l’ASSAUPAMAR les investirent toute la journée et
à dater de ce moment-là, les soi-disant propriétaires de la plage comprirent
qu’ils ne pourraient plus jamais l’interdire au peuple.
Enfin, je sais qu’au fond
d’eux-mêmes, beaucoup de travailleurs martiniquais et de nationalistes, ont un
immense regret s’agissant de Pulvar : le fait qu’il n’ait pas pu figurer
sur une liste électorale aux élections régionales, ce qui, au cas où il aurait
été élu, lui aurait encore offert une tribune supplémentaire pour défendre la
cause martiniquais. Mais ça, c’est une autre histoire…
HONNEUR ET RESPECT, CAMARADE
PULVAR ! Raphaël Confiant
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