logo de pyepimanla le magazine antillais d'informations
Actualités
Archives
Forum Liens Annuaire Boutique Contact

Les Titres du magazine

- Il est temps de dire « Assez, c’en est assez du mépris ! »

- Juifs et sionisme à la télé : un sentiment de rejet et d’exaspération

- Le mort saisit le vif

- Cela n'ajoute rien, hormis du pathos

- Le parrainage d'enfants juifs déportés crée la polémique 

- Shoah: La voix des Roms rejette l'initiative Sarkozy sur les enfants

- Shoah : Les petits soldats mémoriels de Sarkozy

- Shoah: pour la police aussi, il faut un devoir de mémoire

- Sarkozy au Crif, nos enfants devraient encore faire les frais de la laïcité

- Shoah : Simone Veil dénonce l'initiative présidentielle

- Un enfant doit-il porter la mémoire d'enfants victimes de la Shoah ?

- La Shoah sera au programme des CM2 à la rentrée

- Shoah au CM2: Sarkozy désavoué

- L'idée du parrainage d'enfants de la Shoah à l'école pas retenue

A propos de  ce qui se passe à Gaza un texte de Raphaël Confiant

- Intellectuels occidentaux

Antilles /Antillais

- Les Antillais entrent en campagne

- Jeunes homos sans domicile fixe : crever ou vendre  son cul ?

- Marc Pulvar : Un Martiniquais vertical  nous a quitté

-Une étoile du combat libérateur du peuple Martiniquais s’est éteinte.

- Une Photographie pour perpétuer le souvenir !

- Monsieur Henri  nous a quitté !

- Sortir et découvrir

Visitez l'édition spéciale dédiée au carnaval

pyepimanla le magazine special carnaval

Visitez l'édition spéciale dédiée à la saint Valentin

pyepimanla le magazine edition speciale saint valentin

Une Photographie pour perpétuer le souvenir !

marc pulvar photo de raphael confiant

(photographie de Raphaël Confiant)

Etant donné que nous consacrons une édition  spéciale à la « mémoire » de ceux qui ne sont plus, que « d’une manière ou d’une autre, nous tentons de les faire revivre », du moins, nous perdurons leur mémoire, car à une échelle ou à une autre, ils ont participé  à notre construction ou à celui de nos pays et c’est pour cela que nous leur rendons hommage,  que nous conservons leur souvenir, prenant le temps, parfois, d’écrire quelques mots de la perception  que nous avons d’eux et peut-être les resituer dans notre réalité, une façon pour nous de les remercier de ce qu’ils ont  été et de ce qu’ils nous ont apporté.

Alors, souvenons-nous de Marc Pulvar, mort lors des jours gras, lors des jours carnavalesques de février 2008, le dimanche gras à l’age de 71 ans des suites d’une longue maladie.

Raphaël Confiant nous a adressé  une photographie du syndicaliste martiniquais et militant anti-colonialiste  qu’il a pris un  1 er  mai « sur la place du Bord de Mer de la commune du Robert, en 1985 ou 87, alors que la CSTM et l'UGTM venaient de faire une grande alliance. » Il  ne s’agit  à notre propos de parler de Marc Pulvar, nous ne le connaissons, ni l’homme ni ses combats, mais simplement d’apporter notre regard sur une photographie et la lecture que nous en faisons.

Nous sommes en présence d’une photographie argentique,  numérisée,  dont les couleurs se sont altérées au fil du temps et la qualité s’en trouve dégradée, néanmoins, elle relate un événement  et fixe un moment qu’il nous est loisible de reconstituer.

Nous déduisons, lors  de cette rencontre que la couleur dominante du cadre de la manifestation  fut le rouge, symbolisant le combat, le sang et le peuple, ceci en raison de l’appartenance et de l’idéologie défendue  par les syndicalistes.

La photographie  est agencée  comme  une pièce de théâtre,  une mise en scène qui nous donne à voir en arrière plan des panneaux propagandistes, dont l’iconographie emprunte de beaucoup à l’art de la propagande  des communistes russes ou cubains, notamment cette affiche  située à  gauche de la photographie où nous voyons quatre hommes de ¾ face,  affublés d’une forte d’une détermination,  donnée par le sens de leur positionnement, dont le mouvement va vers la droite, que nous interprétons comme juste, positive et bénéfique, bien que trois d’entre eux portent leurs instruments de travail comme une arme.

L’affiche suivante est occupée à hauteur de 50 % par un message textuel, s’apparentant à un leitmotiv ou une sentence, il est sans appel et ne souffre d’aucune discussion : « Cessons de pleurer et battons-nous ». Par ailleurs, nous remarquons qu’au centre des deux propositions est positionnée une étoile,  ce qui n’est pas anodin, car l’étoile renvoie à une certitude, qu’en suivant  « le précepte » nous atteindrons notre Eden, tels les rois mages en suivant l’étoile du berger ont trouvé l’enfant Jésus, le messie « l’homme-dieu » devant racheter par son sang les péchés de l’humanité.

Le message  textuel vient conforter ou identifier le mouvement  syndicaliste ou politique, l’un imbriqué dans l’autre,  quand ils ne sont pas intrinsèquement liés, particularités plus affirmées des syndicats aux Antilles qui concourent à des buts politiques autres que la défense  salariale et des conditions de travail de leurs adhérents.

Les trois enfants prenant appui sur l’affiche tendent à rassurer et apaiser, bien que la quatrième affiche, présente  une personnification (de  la carte de la Martinique)  tenant en main un coutelas, dont la lame menace de s’abattre sur la tête de  la jeune fille, n’a rien de rassurant, d’autant que la direction donnée au mouvement va vers la gauche, ce qui renforce la menace et  la violence.

Inconsciemment cette affiche nous met face aux violences  et à l’ensanglantement  afférents à toutes les révolutions.

L’affiche suivante voit ses couleurs se réchauffer, le jaune et rose semble dominer, une tonalité de teintes plus chaleureuse qui mène  vers des perspectives infinies, que laisse présager la dernière affiche où nous voyons un homme levant sa houe  en signe de victoire, et juste derrière lui  s’ouvre un chemin sans fin.

Nous pouvons résumer la lecture que les affiches induisent,  en  les ramenant à : « Travailleurs unissons-nous, cessons de nous lamenter et battons-nous, après la victoire un avenir radieux s’offre à nous ! » Voici le message  sous-tendu par les panneaux.

Au milieu de la photographie se situe les personnages centraux, dont Marc Pulvar sur l’estrade harangue une « foule » dont ne voyons pas trace. L’homme a de la prestance, ses habits lui épousent le corps, ils ont l’air trop serré, soit il suit la mode de cette époque,  qui convenait de porter ses habits aussi près du corps, soit ils définissent le personnage, comme étant un être  dont les idées devaient être bornées, délimitées, voire rigides, probablement un dogmatique, un homme remplit de certitudes,  ne devant pas faire preuve d’une grande ouverture d’esprit et devant susciter une certaine distance.

La foule paraît « peu touffue », les personnes présentes ont l’air de l’écouter avec attention, la présence d’une famille et de la "jeunesse" rend l’instant convivial  et  donne un caractère bonne enfant à la manifestation.

Pour clore cette lecture, remarquons  au premier plan, la présence d’un homme faisant face au Leader syndical Marc Pulvar, l’homme est photographié  de dos, nous avons le sentiment qu’il s’annonce comme un rival ou un concurrent, à moins que son positionnement  de face indique qu’il est son égal, un autre leader syndicaliste.

Tony Mardaye