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La discrimination appliquée aux arts et à la culture au Royaume-Uni
L'Arts Council of England (ACE), une institution britannique financée par l'Etat et qui accorde une assistance financière aux projets artistiques, a décidé de promouvoir la discrimination positive dans le domaine de la culture, rapporte un éditorialiste de l'International Herald Tribune.

"Nous invitons les établissements qui reçoivent régulièrement nos subventions à oeuvrer avec nous pour la promotion de l'égalité des races dans le domaine des arts et pour montrer que la société cosmopolite et multiculturelle britannique s'enrichit des diverses traditions et cultures qui la composent", a déclaré Sir Christopher Frayling, le président du Conseil, en annonçant l'initiative.

Ainsi, l'ACE espère "que les 1 100 établissements culturels recevant ses subventions emploient des personnes issues de minorités, présentent des œuvres provenant notamment d'Afrique et d'Asie, et touchent un public qui n'est pas habitué à ces événements culturels", note le journal américain. Il s'agit d'un changement radical dans la politique de l'ACE, doté d'un budget de 753 millions d'euros. "Jamais cette organisation n'avait conditionné ses subventions de manière aussi spécifique".
 
 En tout cas, cela illustre le rapport particulier que le Royaume-Uni entretient avec ses minorités. Le pays suit un modèle qu'il partage avec les Etats-Unis : celui d'une approche communautariste de l'intégration. De fait, "les immigrés sont déjà relativement représentés dans la culture ou dans le show-business, et notamment à la télévision et dans le théâtre. La BBC en est un exemple, mais aussi la Royal Shakespeare Company et le National Theater qui donnent à des acteurs noirs des rôles clés, y compris pour jouer des rois anglais."
 
Le pari de l'ACE est que "si la législation contre les discriminations peut s'attaquer directement au racisme, la culture peut véhiculer de façon positive l'intégration ethnique". En fait, souligne le journal, "aucun autre pays européen n'a lié de façon ausi ouverte la culture et la race".

Reste que, avec un virage aussi radical, l'Arts Council of England prend "le risque d'être taxé de 'stalinisme culturel' s'il refuse des subventions à des établissements qui ignore sa politique. Cela dit, il dispose désormais d'un instrument qui peut aider les gens de toutes conditions à accepter les différences de couleurs, de voix, de coutumes et de rythmes d'un Royaume-Uni en pleine transition. La question est de savoir si cela va marcher."

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