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Au regard des nombreux courriers et messages que vous m'avez
adressés, je vois et j'entends enfler une querelle qui n'a pas
lieu d'être.
La confusion semble se répandre, troublant bon nombre d'entre
vous.
Quoique je le regrette profondément, je me trouve dans
l'obligation
morale de vous soumettre, à défaut de réponse
à
vos questions, les éléments qui fondent mon point de vue
sur
le débat en cours.
Ce débat prend
l'allure d'une dispute et c'est le pire qui puisse nous arriver en ce
moment. La
loi 2001-434 (couramment appelée loi Taubira-Delannon) a
instauré un Comité de personnalités
qualifiées (le CPME) chargé de faire des propositions
relatives à divers aspects de son
application. En deuxième lecture à l'Assemblée
Nationale,
nous avions adopté un amendement réservant au sein de ce
Comité
un collège pour les associations. Elles représentent
ainsi
un tiers du Comité. Le CPME a remis son rapport au Premier
ministre
le 12 avril écoulé. Il y propose, entre autres
dispositions,
que la date du 10 mai correspondant à l'adoption
définitive
de la loi, soit retenue pour célébrer les mémoires
de
l'esclavage et de leurs abolitions. Le rapport contient par ailleurs de
nombreuses
propositions concernant la modification des programmes et manuels
scolaires,
telle que le prévoit l'article deux de la loi. En l'occurrence,
la
date de célébration fait l'objet de vives discussions
qui,
malheureusement, prennent parfois une tournure d'affrontement.
Je vais vous exposer,
un peu longuement par souci de précision, mais sans fioriture,
mon avis sur la question. En septembre 2004, répondant par
écrit au
CPME qui procédait à des consultations, j'ai
exprimé
mon opposition de principe à la date du 27 avril. Ayant
constaté que les Autorités françaises, toutes
sensibilités politiques confondues, entretenaient avec
l'histoire de la traite négrière et de l'esclavage un
rapport exclusivement basé sur l'abolition,
j'ai considéré qu'il ne fallait pas conforter ce lien,
à
un moment où nous avions créé les conditions pour
avoir notre mot à dire. En conséquence, et malgré
l'immense mérite de Victor Schoelcher rédacteur du
décret d'abolition du 27 avril 1848, je souhaite rompre avec ce
rapport qui glorifie un acte de la deuxième République
française et ignore aussi
bien l'horreur d'un système d'une extrême violence
à
laquelle la France a participé en occupant la deuxième
place
des puissances négrières, que la part déterminante
des
luttes, insurrections et résistances de toutes formes dans la
destruction
de l'économie esclavagiste. Hormis cette opposition de principe,
argumentée,
j'indiquais que je n'avais aucune préférence de date et
je
suggérais simplement une méthode transversale de
réflexion.
N'étant pas membre du Comité, je n'ai eu et n'ai aucune
connaissance
directe de ses travaux internes. J'ai été
auditionnée
par le Comité en mars 2005. J'ai, en substance,
répété mon opposition de principe à la date
du 27 avril, rappelé
que je n'avais aucune préférence et insisté pour
que
le Comité examine le bien-fondé de la date du 23 mai. A
aucun
moment, je n'ai sous-estimé la difficulté de trouver une
date
qui satisfasse tout le monde, pour témoigner de cette histoire
complexe et plurielle qui a englobé trois continents,
s'est étendue
sur quatre siècles et demi et fut émaillée de tant
d'évènements majeurs. J'en ai conclu que le plus
important résidait dans la signification de la date qui serait
choisie et le contenu des célébrations à
venir.
Je continue à penser que la date du 23 mai porte en
elle une légitimité. Sans pour autant induire plus de
consensus
qu'une autre. Je sais bien que le plus grand obstacle demeure cet
impossible
consensus. Certains d'entre vous m'ont fait part de leur
préférence
pour d'autres dates, telles que le 8 janvier (évènement
religieux), le 27 avril (décret Schoelcher), le 18 mai (adoption
du drapeau de la République d'Haïti, première
colonie libre), le 21
mai (date de promulgation de la loi), le 22 mai (insurrection à
la
Martinique), le 25 mai (sacrifice d'Ignace), le 28 mai (sacrifice de
Delgrès),
le 23 août (insurrection de Saint-Domingue-Haïti) en
indiquant
qu'en dépit de cette préférence, vous vous ralliez
à la date proposée par le Comité. Le mois de mai
est un mois
qui nous est prolifique, même si nous savons que souvent, les
évènements qui ont abouti en mai ont commencé en
février.
La date du 10 mai ne me semble pas
aberrante, si l'on entend l'argumentation du Comité sur son
souci de retenir
une date contemporaine plutôt qu'une date du passé, et de
prendre en considération la dimension universelle de la
définition
du « crime contre l'humanité ». Si l'on consent
à
voir dans l'adoption de la loi l'aboutissement de luttes (même
lorsqu'elles ne furent pas articulées entre elles) et
l'expression de la parole solennelle de la République
française, cette date se trouve à la croisée de la
mobilisation civile et d'un acte institutionnel.
Dès lors que, même
sans nous procurer la plus grande satisfaction, cette date
n'écorche rien de ce qui nous est cher et ne nous renvoie pas,
une fois de plus, dans les coulisses passives d'une Histoire qui se
ferait pour nous sans nous, je donne acte au Comité de
cette proposition et n'y trouve plus rien à redire. Il y a un
temps pour le débat, un temps pour la
décision, un temps pour l'action.
Est-ce à dire que la date du
23 mai en serait invalidée ? La Martinique continuera à
célébrer cette mémoire le 22 mai en hommage
à sa grande insurrection, la Guadeloupe le 27 mai pour les
mêmes raisons, la Réunion
le 20 décembre et la Guyane le 10 juin, dates de la mise en
application du décret d'abolition. Ces dates sont
protégées par
la loi de 2001. Il n'est pas inconcevable que le 23 mai soit en France
une
date de mobilisation.
L'essentiel est qu'il existe une
date officielle à laquelle le Gouvernement, quel qu'il soit,
contraint
par la loi, invite la Nation française à se souvenir de
cette
longue période abominable, à s'incliner devant la
mémoire
de ses victimes et de ses héros, à mobiliser ce
jour-là toutes les institutions de la République, qu'il
s'agisse des ministères, des universités, des
établissements scolaires, des bibliothèques et
musées, des centres de recherche, des structures d'art vivant,
des logistiques multiples qu'il lui est possible d'actionner. A charge
pour
nous d'ajouter à cette célébration officielle une
dimension populaire, culturelle, artistique, festive ou même
spirituelle, de
le faire le même jour ou de choisir une autre date pour le faire.
La
date officielle n'étanche aucune liberté d'initiative.
Mais
elle donne injonction à la Nation de se souvenir et d'agir. Et
c'est
le CPME, structure institutionnelle, qui devra faire des propositions
de
contenu afin de fournir substance et consistance à cette date
officielle.
C'est ainsi que fonctionne une démocratie. Il reviendra à
ce
CPME d'entendre et d'harmoniser les offres d'action émanant
d'associations. Il sera temps alors de faire son procès, s'il
s'avérait incapable d'accomplir sa mission. Il devra être
la caisse de résonance du dynamisme et de l'imagination des
associations et personnalités (Universitaires, Artistes*) qu'il
lui faudra consulter. Nous devrons nous donner les moyens d'exercer
à son égard la plus ferme vigilance et dénoncer
ses insuffisances éventuelles. Mais c'est au CPME que la loi
octroie cette responsabilité, donc cette force face au
Gouvernement. Il convient de ne pas le fragiliser. Car, même si
nous
parvenions à mettre en place un vrai pouvoir économique,
à
le mobiliser de façon constante et durable en rassemblant
d'année
en année les moyens, à même hauteur que les
pouvoirs
publics, pour donner à cette célébration
l'épaisseur
qu'il convient, nos actions, fussent-elles hautement civiques,
demeureraient
d'initiative privée. Elles ne s'imposeraient pas à la
Nation,
dont les institutions ont montré plusieurs fois leurs profondes
réticences.
L'enjeu n'est pas seulement de remporter une victoire symbolique. Il
est
d'inscrire dans la conscience collective française la
légitimité de notre présence au monde, sur nos
territoires et sur le territoire français, de notre part dans
l'identité nationale, de notre appartenance à la
communauté nationale, de notre exigence
de la plus stricte égalité des droits et des chances.
Sont
en cause nos enfants dont l'univers familial et culturel est nié
dans
un grand silence scolaire, et par conséquent leur existence
disqualifiée. Sont en cause nos adolescents suspectés de
ne pas être d'ici, car avec ou sans passeport européen
c'est, comme ceux qui viennent d'autres parties de l'ancien empire
colonial français, sur leur apparence physique qu'ils sont
soumis aux contrôles, aux humiliations, aux coups, aux abus de
toutes sortes comme l'ont rappelé récemment quelques
évènements dramatiques. Sont en cause nos artistes en
toutes disciplines dont le talent, monumental, est
relégué aux circonstances qu'ils sont obligés de
créer eux-mêmes à force d'obstination et
d'autosubsistance. Que vaut la maîtrise de tant de métiers
du spectacle par un immense comédien comme Greg Germain ? Que
vaut la ténacité d'Euzhan Palcy, astreinte finalement
à exercer aux Etats-Unis, tandis que les années
s'écoulent inexorablement ? Que vaut la puissance qui
émane de Jacques Martial si les occasions lui sont si rarement
offertes de donner sa mesure et de
l'amplifier ? Que vaut le génie musical d'Alain Jean-Marie, la
profusion
créatrice de Mario Canonge, la ferveur lyrique de Joby
Bernabé,
l'extraordinaire habileté d'Henri Guédon, quand nous
devons
recevoir si rarement et si parcimonieusement un peu du bonheur qu'ils
fabriquent
? Que valent l'excellence de Firmine Richard, la virtuosité
d'Eric
Bonheur et de Romain, la douceur enveloppante de Sylviane Cedia,
la
flûte enchantée de Max Scylla et l'éclat vocal de
Josy
Mass, la persévérance mélodieuse d'Emmanuel
Lucenay,
la luxuriance du verbe de Marijosé Alie, la poésie de
Chris
Combette, la mélancolie d'Edith Lefel, l'ardeur de Kali, la
fertile
fantaisie de Xavier Orville, la clairvoyance philosophique d'Yves
Leborgne,
le panache et le courage de Félix Eboué, la force morale
de
Mortenol, l'inépuisable énergie des
bénévoles irréductibles comme Luc Saint-Eloy et
d'autres militants culturels ? Que vaut ce foisonnement de prouesses si
leurs exemples relèvent de l'exception alors que nous avons tant
besoin de modèles ? Et ce n'est là qu'une petite
poignée de ceux qui ont ou auraient
réussi leur vie dans ces métiers et ces engagements
choisis.
A quel prix ! Avec quelles privations, quelles pesanteurs et quelles
inerties
contre leur créativité et leur épanouissement !
Quel
chemin s'ouvre pour nos artistes en fleur et pour ceux qui bourgeonnent
déjà ? Comme leurs aînés, seront-ils
condamnés à être magnifiques et sacrifiés ?
Alors qu'il nous faut changer d'échelle et passer de l'exploit
individuel au succès collectif. Je ne veux
pas avoir à m'infliger les reproches que le poète se
faisait
à lui-même : « de n'avoir rien fait, détruit,
bâti, osé pour l'évasion organisée en masse
de l'infériorité, c'est en vain que je cherche le creux
d'une épaule où cacher mon visage, ma honte de la
réalité » (1).
Que reste-t-il des voies royales
ouvertes par nos illustres aînés qui surent imposer leur
cri et leur
superbe à un monde abasourdi de découvrir notre
contribution
aux civilisations d'avant et à celles d'après ? Nos
enfants
auront à parcourir le même chemin si nous
n'avançons
pas.
Voilà pourquoi je pense que la priorité est dans la
durée. J'ai, pour ma part, fidèlement accompli le rituel
du 23 mai. Ceux
qui, chaque année s'y etrouvaient, le savent. Nous étions
de
moins en moins nombreux. Cela n'enlève rien à la force de
l'évènement fondateur en 1998. Mais cela nous renseigne
sur nous-mêmes. D'avoir donné prise à un
essentialisme privilégiant l'origine des uns et des autres pour
en faire des facteurs de division plutôt que la polysémie
du mouvement, nous avons dispersé nos forces au lieu de les
multiplier. Et nos enfants ont continué d'être
exposés aux mêmes violences symboliques ou réelles
parce que, pour ceux qui nous réduisent à leurs
préjugés, nos enfants se ressemblent et méritent
le même traitement de méfiance et de rejet, qu'ils
viennent des Amériques, de l'Océan indien ou d'Afrique.
D'avoir répété à l'envi
que la loi de 2001 était sans contenu, nous avons fourni au
gouvernement une ambiance propice aux manoeuvres dilatoires sur son
application. C'est ainsi que, malgré le concours René
Cassin en 2001-2002 (2), la mise en place d'un premier CPME en 2002 et
la rencontre avec les cinq
principaux éditeurs de manuels scolaires, l'attribution de deux
bourses
de recherche en mars 2002, il fallut attendre deux ans avant que soit
remis
en place le CPME, avec moins de moyens que précédemment.
Et
les bourses, qui encourageaient la recherche en amont furent
transformées
en un prix, en aval, dont l'effet stimulant sera bien moindre. Quatre
ans
pour que l'article quatre conduise au premier rapport du CPME avec des
propositions sur la date nationale et sur les programmes scolaires.
Pourtant, une fois la dynamique lancée, il apparaît bien
que nous disposons avec cette loi d'un instrument dont la force ou la
faiblesse dépend de
l'usage que nous voudrons en faire. Car, c'est l'article cinq qui a pu
rendre
Max Gallo inquiet et l'inciter à effectuer un revirement
magistral
après des propos équivoques sur la nature de ce crime
contre
l'humanité. C'est aussi en prenant appui sur la loi que le
Tribunal
de Paris a pu statuer sur une vente aux enchères. C'est
également
la loi qui par son article trois, contraindra tôt ou tard le
gouvernement
français à se rapprocher des pays du Conseil de l'Europe
et
de l'ONU pour une reconnaissance universelle du crime et un engagement
à
célébrer à l'unisson la mémoire des
victimes
de la traite négrière et de l'esclavage.
En nous querellant aujourd'hui, nous armons tous ceux qui veulent
différer ou contester ces acquis. Et nous aurions tort de sous
estimer le test auquel se livre le gouvernement en décidant de
réserver sa réponse au rapport du CPME. Comme nous
serions coupables de ne pas prendre au sérieux les coups de
boutoir déjà lancés contre la loi de 2001 par les
défenseurs de la loi du 23 février 2005 qui recommande
l'enseignement du « rôle positif de la France » dans
la colonisation. Et nous serions fautifs de manquer d'attention aux
intentions des auteurs d'ouvrages relativistes qui visent à
minimiser l'impact de la traite européenne. Quelle triste ironie
si, grâce à l'article deux maintenu de haute lutte durant
les débats parlementaires, des thèses folkloriques,
exotiques ou révisionnistes pénétraient les
écoles parce que nous sommes plus occupés à nous
pourfendre qu'à participer à la production de livres
scolaires.
Cette loi n'est pas parfaite. Ayant rédigé le texte
originel, j'éprouve plus que tout autre ce que furent ses
mutilations. Mais
il n'y a pas de place ici pour mes nostalgies. Il ne peut être
question ici que de nos responsabilités face à notre
mission. Fanon
nous enseignait que « chaque génération doit, dans
une
relative opacité, découvrir sa mission, l'accomplir ou la
trahir
» (3). Et il sera bien lourd d'assumer, en contestant le CPME, la
responsabilité de rendre vulnérable la structure investie
du rôle d'Exécuteur légal. Nos aversions et nos
sympathies personnelles envers les uns et les autres n'ont rien
à faire ici.
Nous n'existerons pas
les uns contre les autres, mais tous ensemble. Je ne perçois que
des
prémisses de dégâts dans les stratégies de
la
terre brûlée. Je n'y vois que la promesse d'une
défaite
collective. Je souhaite que nous soyons nombreux, à toutes les
places,
à démontrer que ceux d'entre nous qui brillent
déjà
ne sont pas des exceptions mais le reflet de nos capacités
collectives.
Je nous voudrais multiples à rayonner dans les sciences, les
arts,
les lettres, les techniques, les professions libérales, la
politique,
la haute administration, l'artisanat et que sais-je encore. C'est
à
ce prix que nous obtiendrons non pas des situations de prestige,
fussent-elles
méritées, mais la garantie de préserver les plus
vulnérables
et de nous assurer que chacun des nôtres aura la chance de
devenir
le meilleur de ce
qu'il est capable d'être.
Si nous avions su
faire masse pour exiger l'application de la loi dès
l'année 2001, nous aurions sans doute été en
mesure d'obtenir que ce jour de célébration soit
férié et chômé. La conjoncture actuelle
autour de la suppression du lundi de Pentecôte a
considérablement réduit nos chances. Nous devrions exiger
au moins que ce jour soit déclaré férié,
même s'il est travaillé. Et nous aurons à batailler
pour faire
en sorte que des actions émanant des communautés
scientifiques, universitaires, scolaires, culturelles, artistiques,
associatives, visant l'ensemble de la Nation, et se déployant
progressivement dans les
autres pays grâce à des partenaires engagés,
installent
cette Histoire et ses conséquences de toute nature dans la
conscience
des peuples et des Etats, en ce qu'elle est : une part significative,
douloureuse et féconde de l'Histoire de l'Humanité et
l'acte de maturation du monde moderne.
Je suis prête
à me joindre cette année encore aux manifestations du 23
mai. A l'unique mais incontournable condition qu'elles ne soient pas
l'expression d'une
confrontation et d'une remise en cause du Comité pour la
Mémoire
de l'Esclavage.
Quand donc
cesserons-nous d'être « cette étrange foule qui ne
s'entasse pas, ne
se mêle pas : habile à découvrir le point de
désencastration, de fuite, d'esquive. Cette foule qui ne sait
pas faire foule » ? (4)
Ch.TAUBIRA
N.B. * Le rapport du
Comité est disponible sur Internet. Par le moteur de
recherche Google, cliquer sur CPME. Le
téléchargement est possible.
(1) Léon-Gontran Damas in Pigments
éditions Présence Africaine
(2) Le concours René Cassin est le
plus prestigieux concours sur les droits
de l'homme. Il est organisé par le
ministère de l'Education Nationale et
concerne tous les collèges et
lycées en France et outre-mer et tous les
collèges et lycées
français à l'étranger. Par application de
l'article 2 de
la loi de 2001, il eut pour thème
en 2001-2002, « L'esclavage d'hier et
d'aujourd'hui ».
(3) Frantz Fanon in Les Damnés de
la terre éditions La Découverte
(4) Aimé Césaire in Cahier
d'un retour au pays natal éditions Présence
Africaine
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