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8 mars 2005 : que s'est-il vraiment passé ?
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Le 8 mars 2005, plusieurs centaines
d’individus fondent sur une manifestation de lycéens contre la
loi Fillon. Avec une brutalité inouïe, ils agressent,
volent, dépouillent de nombreux jeunes garçons et jeunes
filles, semant la panique dans le cortège. Finalement, devant
leur détermination et leur nombre, la manifestation doit
carrément s’interrompre.
Avant de
se précipiter dans un débat où s’opposent des
lectures politiques, sociologiques ou « ethniques » sur la
signification de tels événements, encore convient-il d’en
prendre la mesure, sans les éluder.
Comment,
après trois années de vantardise gouvernementale sur le
thème « nous avons fait baisser l’insécurité
», en sommes nous arrivés à cela ? Comment dans la
France de 2005, des bandes peuvent elles organiser un tel raid? Les
services de l’Etat n’ont ils rien vu venir, alors que des violences, de
moindre ampleur mais identiques dans leur nature, avaient eu lieu le 15
février ? Pourquoi la police nationale, présente sur les
lieux, a-t-elle été impuissante à empêcher
ces agressions, incapable d’interpeller un nombre significatif de
« cogneurs » ? Combien y a-t-il
eu de victimes ? Y avait il oui ou non un climat raciste autour de ces
violences et si oui dans quelles proportions ? Une information
judiciaire
a-t-elle été ouverte par le parquet de Paris ? Si non,
pourquoi
? Comment faire pour que les mouvements sociaux ne soient plus
désarmés pour faire face à un tel
phénomène ? Les syndicats, les associations et les partis
politiques doivent-ils se coordonner pour
protéger efficacement les manifestations ?
Ces
questions, nous voulons qu’elles soient posées, débattues
publiquement. Ces agressions ont été vécues,
constatées par des centaines de personnes. Elles ont
également été filmées. Tous ces
récits, ces témoignages devraient être
rassemblés, étudiés, décortiqués.
Sans céder à l’émotionnel mais sans
angélisme non plus…
C’est
précisément parce que nous nous reconnaissons
dans les valeurs de gauche que nous refusons de nous laisser enfermer
dans l’alternative du catastrophisme ou du déni, à propos
de faits dont la gravité ne devrait échapper à
personne. Les brutalités du 8 mars font le jeu de
l’extrême droite et de la démagogie sécuritaire.
Mais pour combattre les unes et les autres, il ne faut pas commencer
par fermer les yeux.
Voila
pourquoi nous exigeons avec force une enquête parlementaire sur
les événements du 8 mars. Mais si la majorité
UMP au Parlement fait la sourde oreille à cette demande, il
appartient à tous les syndicats et partis de gauche de mettre en
place un
comité d’enquête indépendant et pluraliste,
chargé
de recueillir les témoignages (lycéens, policiers,
parents
d’élèves, enseignants, journalistes, magistrats,
médecins),
de chercher et de collecter les documents, d’étudier les
récits
et de recenser les plaintes, d’interroger les autorités, puis de
livrer ses conclusions au public, afin de stimuler un échange
informé
et citoyen : un débat républicain.
Pour apporter
votre signature à
cet appel, écrivez à 8mars2005@free.fr. Merci de préciser, le cas
échéant, votre profession.
http://www.pyepimanla.com
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