logo

Accueil  Actualités
Archives 

Forum Contact

   

Samuel Ajayi Crowther
Un père de l'Eglise en Afrique noir


Par Mardaye Tony et Nicol Lesaint
la découverte du Niger et de la quinine, ainsi  que l'utilisation des bateaux à vapeur permettant de remonter le fleuve, rend possible  de fonder :
- des fermes modèles ;
- des stations commerciales ;
- de traiter avec les chefs africains pour obtenir la cessation des razzias et faire en sorte que l'esclavage soit supprimé.

  Le soutien du prince Albert (époux de la reine Victoria) et les fonds réunis à Londres permirent de monter une expédition : 3 bateaux  à  vapeur quittèrent l'Angleterre le 14 octobre 1841 (le Wilberforce, l'Albert, le Soudan) pour atteindre dix semaines plus tard la Sierra Leone.
« Schön et Crowther choisirent parmi les esclaves libérés douze interprètes originaires des ethnies des bords du grand fleuve : Ibo, Yoruba, Eggara, Kakanda, Haousa, Bornoa, Laruba et Fula. »  De nombreux esclaves libérés voulurent faire partie de l'expédition et un bon nombre fut accepté. Le 2 juin les bateaux prirent la mer. Le 15 août ils franchirent la barre de la rivière Nun. Ils furent reçus amicalement par les rois (Obi, Atta) voyant des esclaves érudits, ils furent impressionnés et demandèrent que leurs fils  aillent en Angleterre « apprendre les secrets des Blancs » et ils voulurent que les missionnaires leur enseignent. Mais l'expédition tourna à la catastrophe, les marins blancs et les capitaines mourraient, le paludisme les tuait, car buvant une eau non filtrée. Cela fut vécut en Angleterre comme un désastre, mais :
 
1) La preuve était faite que le Niger était navigable sur plusieurs centaines de kilomètres et qu'on pouvait pénétrer  à l'intérieur de l'Afrique par cette voie d'eau.

2) Les populations riveraines étaient amicales et demandaient qu'on leur envoie des hommes pour les instruire.

3) Les chefs africains étaient prêts à recevoir des enseignants africains.

 Donc, former des enseignants africains devint l'un des buts du C.M.S (Church Missionary Society)

Samuel Ajayi Crowther, retourna pour la deuxième  fois en Angleterre et fut ordonné par l'Evêque de Londres, le Dr Blomfield présida la cérémonie. Pour la première fois (le 11 juin 1843) un noir devenait membre du clergé anglican. Le 2 décembre, de retour à Freetown, il célébra sa première messe et appris qu'une ville nouvelle avait vu le jour dans son pays natal : Abeokuta, de même que de nombreux libérés (Yoruba) retournaient pour s'y installer.

Abeokuta (la ville sous les rochers) était une agglomération  constituée de plusieurs villages,  avec chacun à leur tête, un chef politique (ogboni) et un chef militaire (balagun). Chaque village gardait son nom d'origine et ses coutumes, ses lois, ses tabous. Partageant la même langue et courant les mêmes dangers, ils s'unirent sous l'autorité d'un puissant chef (Shodeke) pour former une seule ville.

La Mission Méthodiste fut la première à prendre contact avec les habitants d'Abeokuta et ce à leur demande.  Le chef Shodeke reçut les missionnaires en présence des prêtes d'Ifa  et leur fit bon accueil. Il attendait d'eux bien plus qu'une église, mais une alliance avec l'Angleterre. Car, menacé par le puissant Ghezo, roi du Dahomey, marchand d'esclaves notoire.

suite