Caricaturant les humains
et
les établissant en sociétés
étiquetées
malgré eux,
reniant leurs originalités paradigmales, les comprimant dans le
moule d'une pensée par trop pensante
puisqu'éc¦urantiste,
Ecrasant et dévoyant, purgeant et désexprimant ce qui
faisait des mondes en cercles tangentiels.
Pour n'en faire qu'une ronde et plate boule lissée
Et faisant fi de la hauteur profonde de leur union avec leurs sources
et la nature,
Europe tu massacras dans son giron l'âme des élites
à élytres aux lumières sans venin,
Phares issus d'un passé étoilé,
Qui devaient bien plus que toi mériter de guider la
planète à travers le cosmos.
Ces peuples que le nantir ne concernait point, tu les écrasas de
ton propre anéantissement,
Par ta folle capacité à pilonner et envahir, à
piller sources d'eaux, de sèves et d'or,
Dans tes croisades à crosse et mitre tu t'emparas du souffle des
peuplades,
Sillonnant leurs espaces, des Indes aux Andes,
D'Africa qu'ainsi tu nommas en Mélanesia, qu'encor
plombés de ta soldatesque
Que tu nourrirais de tes germes, infectant leur agir et comprimant
leurs élans,
Pour n'en faire au bout du compte que ces pitres sans c¦ur
que nous nous honnissons d'être,
A ton image de plastique, de pétrole électrique, de
marbre foid,
De pomme fânée, et de relents fétides carambolant
dans l'âme.
22 avril 2005