|
|
|
|
|
Pour
combattre la
misère, un seul refuge : L’association
CASODOM.
Dans
quelques mois, l’association pionnière
dans le soutien aux personnes originaires des départements
d’Outre-Mer vivant en Métropole - le CASODOM - fêtera ses
45 ans ! Un anniversaire qui démontre, ô combien, la
nécessité impérieuse d’une telle initiative
à l’écoute d’un public que la chance n’a pas toujours
croisé.
Mais qui ne
connaît pas le
célèbre CASODOM ? Créé au milieu des
années 50 pour apporter chaleur et réconfort aux
compatriotes désoeuvrés... Il contribue à
favoriser leur insertion et la valorisation de la culture dont ils sont
porteurs. „Un vecteur primordial“ souligne alors Georges
Dorion - son président depuis 1994. Or si la mission n’a pas
changé, le public accueilli a beaucoup évolué.
Dans l’immédiate après-guerre, les quelques
fonctionnaires et étudiants ont laissé progressivement la
place à un flux important de personnes à la recherche
d’un emploi en Métropole. „Aux particularismes de ces
Français des Antilles, de la Guyane ou de La Réunion
vivant dans l’Hexagone, s’ajoute souvent une grande
précarité“ ajoute amèrement le président de
ce Comité d’action
sociale. Si le filet qu’a représenté le revenu minimum
d’insertion
(RMI) a permis d’éviter une explosion des situations de
détresse, „il y a toujours aujourd’hui beaucoup de demandes
d’aides financières et d’hébergement“ constate Georges
Dorion. „Mais la conjoncture
aidant, et compte tenu de nos moyens actuels, ce ne sont que des
interventions
de dépannage.“ Quant à l’aide administrative, elle
constitue
également un pan important de l’activité du service
social.
Des actions
quotidiennes de soutien solidaire.
L’assistante
sociale accompagne les personnes dans leurs demandes
d’allocations diverses, la rédaction de leurs courriers (aux
créanciers, employeurs, etc...) et suit les transferts de
dossiers pour les titulaires du RMI et les bénéficiaires
des allocations familiales arrivant des départements
d’Outre-Mer. A cette occasion, elle effectue souvent un travail de
médiation afin de dépasser les blocages dus à la
méconnaissance mutuelle et aux à priori. „La question de
la discrimination revient régulièrement dans les
entretiens, reconnaît Maryline Rodrigues, assistante sociale. Il
est vrai qu’on est parfois confronté à des
réactions d’incompréhension de personnes se plaignant de
certaines attitudes, par exemple celles des Antillais. Je dois donc
quelquefois repositionner les choses avec des travailleurs sociaux et
leur expliquer que cette façon de se présenter est
caractéristique de cette population.“
Le public
reçu doit aussi faire face aux difficultés
liées à des structures familiales marquées par des
habitudes culturelles comme la mono-parentalité ou la
pluri-paternité. „Outre-Mer, les gens se marient moins qu’en
Métropole et la mère qui a trois ou quatre enfants avec
trois pères différents, ca existe encore“, note le
président. Parmi l’écrasante majorité des femmes
qui font appel aux services du Comité, figurent ainsi de
nombreuses mères seules avec enfants, confrontées
à tous les problèmes éducatifs dus à
l’absence de l’autorité paternelle. Le lancement depuis un an
d’une activité Internet pour les enfants et leurs parents a
permis parfois de renouer le dialogue et favoriser le rapprochement
entre générations. Un service d’aide juridique offre
également la possibilité au public de
bénéficier des conseils d’un avocat, en particulier pour
des questions de divorce, d’autorité parentale ou de droit de
visite.
Ainsi, en
1999, le Comité d’Action Sociale en faveur des
Originaires des Départements d’Outre-Mer en Métropole
(CASODOM) a accueilli un peu plus de 900 personnes, dont près de
90% sont originaires des Antilles. Aujourd’hui, l’association veut -
devant son succès grandissant - étendre son champ
d’action aux régions en développant ses relations avec
les services sociaux concernés et en mettant en place des
délégations dans les grandes villes abritant une
importante population originaire des départements d’Outre-Mer.
„Nous allons également examiner comment nous pouvons aller
au-devant des besoins des populations, explique Georges Dorion. Par
exemple, nous allons réfléchir à des actions comme
la possibilité d’envoyer les enfants en difficulté dans
des organismes de vacances.“ Autant de bonnes initiatives qui font de
cette association le „repère“ incontournable pour un public qui
ne sait souvent à quel Saint se vouer
!
Chantal GUIONNET
CASODOM
7 bis
rue du Louvre
75001 Paris
Tél
: 01-42-36-24-54
Fax :
01-42-36-14-46
|
|