LE CODE NOIR ET LES
ESCLAVES
(15 déc. 1860)
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I. The Barbarism of
Slavery,by Charles Summer, Boston 1860. II. Maryland Slavery and
Marylan Chivalry,by R. G.S. Lame, Philadelphia 1860. III. Slavery
doomed,by Frederick
Milner Edge, London 1860 IV. The Impending Crisis,by Hinton
Rowan Helper, New York 1858. V. Sociology of the South,by George
Fitzhugh,
richmond 1854. VI. The Negro-law of South-Carolina,collected and
digested
by John Belton O'Neall, Columbia, 1848. VII. Code Noir de la
Louisiane,etc.
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Il y a vingt-cinq ans, le
parti abolitionniste n'existait pas en Amérique. Les whigs et
les démocrates recrutaient également leurs partisans dans
les états libres et dans les états à esclaves.
Lors des élections générales, ce n'était
point la question du travail libre qui passionnait les masses ; des
intérêts d'un ordre secondaire, tels que le tarif
douanier, les banques, le droit de visite, avaient seuls le
privilège d'entraîner les esprits. Çà et
là s'élevaient quelques discussions théoriques sur
la légitimité de l'esclavage, les citoyens
éclairés envisageaient l'avenir
avec un certain effroi ; mais nul ne protestait au nom des droits de
l'homme,
au nom de la conscience outragée, contre l'asservissement des
noirs.
Sans comprendre que les meilleures causes ne peuvent triompher seules,
et
qu'il leur faut aussi d'héroïques défenseurs, les
meilleurs
esprits se contentaient d'attendre des progrès du siècle
une
heureuse solution du formidable problème.
Les commencements du parti
qui vient de l'emporter dans l'élection présidentielle de
1860 furent plus que modestes. Un imprimeur pauvre et sans instruction,
mais
doué d'une indomptable énergie, William Lloyd Garrison,
eut
le courage d'entreprendre seul la croisade contre l'esclavage.
Réfugié dans un bouge de Boston, il fonda en 1835 le
journal le Liberator, il réclama la liberté des noirs ;
il osa dire que les descendants de Cham et
ceux de Japhet étaient frères et pouvaient
prétendre
aux mêmes droits. Le scandale fut immense. Garrison fut saisi,
traîné, la corde au cou, dans les rues de Boston,
poursuivi par les huées de la populace, et jeté en prison
comme un vil malfaiteur. Il en
sortit plus résolu que jamais, et bientôt se
groupèrent
autour de lui quelques sociétés d'abolitionnistes.
Dispersées par la force, ces sociétés se
reformèrent plus nombreuses. Le parti commençait à
poindre çà et là dans les grandes villes ; il osa
présenter ses candidats aux élections locales, il
réussit à faire nommer un représentant
au congrès, puis un sénateur. En 1850, quinze ans
après la fondation du Liberator, la question de l'esclavage
dominait déjà toutes les autres, et le congrès
était transformé
en un club où on la discutait sans cesse. En 1856 enfin, les
anciens partis se brisaient pour laisser le champ libre à la
grande lutte
des abolitionnistes et des républicains unis contre les
esclavagistes
; les états du nord adoptaient solennellement une politique
différente de celle des états du sud. Vaincus dans
l'élection présidentielle de 1856, ils ont
été vainqueurs dans celle de 1860. Ce que Washington,
à son lit de mort, prévoyait avec un instinct
divinatoire semble près d'arriver. Déjà la
république
est scindée en deux grandes fractions séparées par
une frontière géographique ; pour maintenir l'union entre
ces deux moitiés hostiles, il ne reste plus que les traditions
d'une
gloire et d'une prospérité communes, des
intérêts
commerciaux, et les conseils presque oubliés du père de
la
patrie.