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Alors que nos compatriotes
se désintéressent généralement des affaires
européennes, aujourd’hui, nous insistons pour qu’ils
débattent, votent et disent non à la ratification du
traité constitutionnel car le moment est d’une grande
importance. En adoptant ce traité, la France et ses partenaires
continuent un partenariat et des politiques qui ont
accéléré notre déclin. Directement
inspiré de l’expérience institutionnelle
française, le statut de région
ultrapériphérique fondé sur l’adaptation des
politiques et règlements européens pour tenir compte de
notre situation , au lieu de nous donner des moyens d’utiliser l’appui
européen pour la seule chose qui compte pour nous à
savoir notre
développement , a au contraire accéléré
notre destruction , notre marginalisation et notre régression.
Le
marché unique expression directe du libéralisme a
étranglé nos productions et notre volonté de
produire faisant de notre pays un supermarché assisté qui
profite de la baisse des prix des produits en provenance d’Asie. La libre circulation des personnes est entrain
de modifier la composition de notre population avec l’installation sur
notre territoire de travailleurs en provenance de partout. La libre circulation des biens et des capitaux
a favorisé l’appropriation du capital des guadeloupéens
par des étrangers. La liberté du
commerce entre les pays a favorisé nos voisins qui
peuvent exporter chez nous sans payer de droits de douane alors que nos
exportations chez eux
sont fortement taxées. Quant à
l’autonomie de décision régionale
prônée par l’Europe , elle n’a pas résisté
à l’ambiguïté du statut et à la
réticence des Autorités françaises qui
récemment encore ont refusé de constitutionaliser
l’intervention du Département et de la Région lors de
l’adoption de directives européennes . En réalité
l’adaptation qui est de la compétence de la Commission
Européenne gardienne de la pureté juridique communautaire
nous a simplement contraint de nous fondre dans l’Europe et non aux
règles européennes de s’adapter à nous .Pour faire
bonne figure les autorités européennes ont permis aux
collectivités locales de percevoir un octroi de mer qui a perdu
son essence à savoir sa capacité à défendre
et promouvoir notre richesse économique. Les politiques qui ont
approuvé ce coup bas se sont rendus responsable d’un
véritable crime contre notre pays que nous payons très
cher en, chômage, inégalités et en retard. Par
ailleurs, les fonds européens, qui selon certains coulent
à flot chez nous , ne sont qu’une restitution puisque les
contribuables guadeloupéens et français financent
l’Europe et
la France reçoit moins que ce qu’elle donne .Ils ont
été exclusivement affectés à la
construction d’infrastructures qui
n’ont pas assuré notre décollage économique tout
en
générant des coûts d’entretien qu’il nous faudra
bien payer un jour. Ils sont devenus un des éléments du
système d’assistance imposé à notre pays.Vingt ans
«d’ultrapériphérisme»
ont engendré un pays fragile et agonisant à qui l’Europe
s’apprête à donner le dernier coup de poignard en
négociant naturellement sans nous puisque de toute
évidence nous ne sommes pas capable de comprendre ces enjeux un
marché caraïbe unique.
Dire non à
ce traité
c’est dire non à une mondialisation libérale dont
l’Europe
est un des pivots qui favorise les puissants et étouffent les
petits
comme nous.
Dire non au traité c’est refuser
une démocratie fondée exclusivement sur un homme une voix
qui
nous voue à la disparition.
Dire non au traité c’est dire non
à une stratégie économique aberrante qui nous
étouffe au lieu de nous développer.
Dire non au
traité c’est dire non à notre mise sous tutelle par des
fonctionnaires situés à Bruxelles et à Paris.
Dire non au
traité c’est aussi dire oui au sursaut de notre pays, à
une renégociation de notre position au sein de l’Union
européenne, à l’abandon des fausses solutions de
l’assistance généralisée mâtinée de
mépris et à la construction d’ un ensemble solide et
exemplaire.
CONVENTION
POUR UNE GUADELOUPE
NOUVELLE
22 BIS ALEXANDRE ISAAC – POINTRE-A-PITRE
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