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Les Indiens caraïbes étaient-ils anthropophages ?


A) La perception de l’Indien à travers le prisme de l’occidentalité.

Dès la découverte de l’Amérique, la question de l’anthropophagie  des Indiens se pose. Elle fait débat tout au long du XVIe jusqu’au XIXe siècle, devenant rapidement un enjeu civilisationnel, une confrontation entre l’Occident chrétien, persuadé qu’il s’est vu échoir, la réalisation par la colonisation  d’une  « mission imposée par Dieu », celle d’apporter le progrès et la lumière au reste de l’humanité : cette humanité païenne, idolâtre, composée de Sauvages et de Barbares, d’hommes non  encore advenus  en raison d’une socialisation partiellement  inachevée, qu’il faudra coûte que coûte, convertir aux valeurs du christianisme  ; la seule religion révélée, la seule qui soit porteuse de civilisation : « pendant la première, il (Colomb) cherchait une terre quelconque de l’ancien monde ; à la seconde, il prenait le rôle de civilisateur et entendait purger les îles des infâmes Caraïbes…  » Et sûr de son bon droit, nous verrons, le civilisateur dans toute sa morgue suffisance, s’entendre corriger l’œuvre de Dieu,  retranchant  de l’humanité, les êtres  qu’il juge à l’aune de son aveuglement comme une erreur de la nature, une infamie, une abjection.

Les Etats et les populations européennes investis dans le processus colonial, initialement se positionneront face à l’Indien, comme la norme. Ils  érigent un dogme, une construction idéologique autour de lui, le figeant dans un état d’inaltérabilité, que sa nature, son essence en fait forcément  autrui, un étranger à qui ils attribuent des valeurs négatives et lui dénient toute individualité.   L’Indien prend  alors la figure de l’Autre, il  ne se définit plus par son indianité, mais en fonction d’une communauté de référence, en l’occurrence occidentale,  de laquelle tout le sépare. La seule modification possible qu’il puisse apporter à son état, c’est finalement de renoncer à sa propre identité ; mais cela n’est  pas suffisant, ne pouvant changer ses caractéristiques génétiques et morphologiques.  Alors, l’Indien se retrouve  en permanence  en butte à  la critique des fidéistes, qui le jugent et évaluent ses progrès accomplis, devant l’inclure dans leur normalité, à l’image  de  l’abbé de Mably (1709-1789), faisant un parallèle entre les Grecs anciens et les Indiens écrit :  « L’histoire nous représente les premiers grecs comme des hommes errans de contrées en contrées, qui n’étoient liés par aucun commerce, et qui se défiant les uns des autres, ne marchoient qu’armés ; tels sont encore les sauvages d'Amérique, que la fréquentation des européens n'a pas civilisés . »  Cet exemple est significatif, car il montre que l’Indien n’est pas exclu de leur civilisation, c’est-à-dire de leur norme, mais que ce dernier  tarde simplement à y figurer, ce qui  infère que ces êtres sont susceptibles d’évolution : « Le troisième état, qui a été heureux pour des millions d’Indiens qui se sont sauvés, se sauvent encore, quoique malheureux ceux qui persistent dans leur ignorance, ou qui ferment les yeux à la lumière de l’Evangile, a commencé depuis que les armées de sa Majesté Catholique se sont mises en possession de ces deux vastes empires, et continue jusqu’aujourd’hui, la lumière de la foi augmentant de plus en plus dans les contrées reculées du nouveau monde, pour le bonheur éternel de cette infortunée postérité d’Adam.  ». Mais dans la réalité, l’Indien ne peut jamais être dans leur norme, si ce faisant, il concurrencerait directement les visées coloniales des édicteurs de cette norme, car le but de la manœuvre est de l’empêcher d’avoir prise sur son destin, la maîtrise des ressources de son territoire. En fait, le déposséder de la totalité de son pouvoir politique et économique, ce qui est encore malheureusement d’actualité de nos jours, dans la majorité des  pays de l’Amérique où il subsiste encore.

Remarquons que nul en ces siècles du passé n’échappait à la dépréciation du Sauvage, pas même les humanistes qui participaient, certes dans une moindre mesure à la dévalorisation de l’Autre, mais participaient tout de même : « Les hommes plus que sauvages dans leur origine, arrière-branche cadette de l'humanité, et ne tirant de lumière que de la loi naturelle bien défigurée, ont fondé un empire immense de la sorte. Ils l' avoient tellemen Gouverné par ces principes, que le pays le plus éloigné de leur empire leur étoit aussi attaché que le pourroit  être sa banlieuë à un petit prince, et l'avoient consolidé de façon qu'il a fallu l'invasion d'ennemis miraculeux selon leurs foibles notions, jointe aux circonstances d’une révolution intérieure pour l'ebranler. Je parle de l'empire des incas . » Le processus de dénigrement étant cumulatif, la deuxième étape consiste à faire  peser un déterminisme biologique sur l’Indien et le positionner dans un champ sémantique, pour le comparer ,  le  hiérarchiser : « On remarquera que cette gradation s’observait autrefois à la rigueur, tant pour conserver l’égalité dans les mariages, que pour savoir jusqu’à quel degré de parenté on pouvait les permettre parmi les Néophytes. Mais le Pape Clément XI a déclaré par une bulle, qu’on ne doit reconnaître pour Néophytes que les Indiens et les Métis, et tenir pour blancs, les Quarterones et les Ochavones. Je suis bien aise de faire observer ici, que si la Métive se marie avec un Métis, l’enfant est Métis, et s’appelle communement Tente en el ayre, parce qu’il n’est ni plus ni moins que ses parents, et qu’il reste dans le même degré. Si la Métive se marie avec un Indien, l’enfant s’appelle Salta atras, parce qu’au lieu d’avancer il recule, ou passe d’un degré supérieur à un inférieur. » et  de le sanctionner, sanction qui dans le cas présent c’est d’être Indien.  Ce mécanisme pour fonctionner à besoin de l’aval des plus hautes autorités morales et politiques, ici c’est le pape qui décrète à tous, notamment à l’Indien, en fonction du niveau de sa blancheur de peau, s’il peut se considérer en tant qu’Indien ou en tant que Blanc. Ailleurs, ce sera l’autorité royale qui s’en chargera, mais généralement les deux pouvoirs fonctionneront en symbiose afin de produire la norme.

Etant en bas de l’échelle des valeurs, l’Indien sera regardé comme un être naturel, un être inférieur. A partir de ce moment, vers la fin du XVIII e siècle, on voit des religieux prendre sa défense, s’efforçant de  le «réhumaniser », cherchant à travers lui : « la rémanence universelle de la révélation divine faite aux premiers hommes.» d’où cette boutade du philosophe anticlérical de 1771 : « Les sauvages d'Amérique ne sont ni juifs, ni gentils, mais ils méritoient bien que le fils de Dieu leur déléguât un disciple au moins, et cette inattention est bien fâcheuse pour ceux qui sont morts entre le temps de la venue de Jésus-Christ et celui où la découverte de leurs terres fut faite .» Les laïcs ne seront pas en reste, dès le XVIe siècle, Montaigne inaugure le mythe du « bon sauvage », mais il ne culminera qu’à la fin du XVIIIe siècle avec Jean Jacques Rousseau. L’Indien est alors idéalisé, son mode de vie magnifié. Les philosophes prônent un retour à la nature, un état de nature qui exempte l’homme de tous les vices de la société moderne. Ce mythe du « bon sauvage » n’est qu’une allégorie et la quête du paradis perdu n’est qu’illusion, car dans les faits, l’Européen dénonce l’état inégalitaire et policé de sa société. Chateaubriand après son voyage en Amérique fera découvrir que les « bons sauvages » ont aussi leurs défauts, leurs vices et leurs guerres, en somme, qu’ils ne sont pas si différents des Européens. Toutefois, ce courant donnera naissance au XIX e siècle au romantisme.

Quant aux sauvages Indiens, dès la conquête, ils portèrent un regard critique sur  les civilisateurs, les renvoyant à leur barbarie, à leur inhumanité et  à leur insatiable cupidité : « Benzoni, historien milanais, nous récite en son histoire du Nouveau Monde, que les Indiens détestant l’avarice démesurée des espagnols qui les subjuguèrent, prenaient une pièce d’or, et disaient  Voicy le Dieu des Chrétiens ; Pour cecy ils viennent de Castille en nôtre païs, pour cecy ils nous ont rendus esclaves, nous ont bannis de nos demeures, & ont commis des choses horribles contre nous : pour cecy ils se font la guerre entr’eus ; pour cecy ils se tuënt les uns les autres ; pour cecy ils sont toujiours en inquiétude, ils se querellent, ils se dérobent, ils maudissent, ils blasfément : Enfin, pour cecy il n’y a ni vilenie, ni méchanceté où ils ne se portent .»  Il faut croire que ces « primitifs » avaient saisi l’essence de ceux qui s’étaient portés vers eux : « Dans les siècles où l'ignorance et la barbarie ont régné, les prêtres, comme le reste des hommes, étoient ignorantes et barbares. Uniquement occupés du soin d'aggrandir leur fortune et leur puissance… » et qu’à aucun moment ils ne furent dupes. 

L’Indien à cette période historique est nié  ou diminué en tant que  personne, son humanité n’est pas reconnue pleine et entière tant chez les zélateurs de la foi, que chez les partisans de la colonisation. Il ne fut jamais réellement appréhendé, ni vu objectivement, car le prisme culturel occidental lui a attribué des caractéristiques culturelles, naturelles, qui a déformé le sens de sa réalité. Les raisons sont en corrélation avec l’argumentaire développé précédemment, et aussi pour ne pas s’être plié aux règles qu’on lui imposait L’Indien survivant fut relégué en marge de la société, dans des délaissés  continentaux (désert vert, zones montagneuses, zones marécageuses, désert blanc, désert de pierre ou de sable.) où il ne put poursuivre son développement naturel.  Aujourd’hui, leur image dans les Amériques n’a pas beaucoup évolué par rapport au passé, ils sont toujours discriminés, ils restent l’autre, l’étranger, celui qui est différent, leurs communautés éprouvent toujours autant de difficultés à s’inscrire dans la modernité occidentale.


B) Anthropophagie supposée ou réelle des Caraïbes 

Si au départ, il ne s’agissait que d’une présomption de cannibalisme à l’encontre des Caraïbes, ces soupçons se transformèrent rapidement en une accusation formelle, qui devint  une évidence apodictique, une vérité indubitable et sans l’ombre d’un pyrrhonisme,  l’Occident pouvait affirmer : les Caraïbes sont des cannibales.  Une position  que les nations occidentales prendront systématiquement face aux populations récalcitrantes à leur domination ou qui tout bonnement refuseront l’asservissement, dont certaines à notre avis, par l’effet pygmalion, se surdétermineront et adopteront des pratiques anthropophagiques à des moments donnés de leur histoire, ceci, si nous nous référons aux dires de certains Indiens du Canada : Charlie Myers, sorcier ottawa, ancien combattant et détenteur d'un doctorat en pharmacologie, affirme qu'ils agissaient ainsi pour des raisons spirituelles et religieuses. «On mangeait les gens lorsqu'ils étaient particulièrement forts. Si le bras de l'ennemi était très puissant, on en mangeait les muscles, s'il était un coureur rapide, c'était le mollet, s'il était courageux et intraitable, on mangeait son cœur, et ainsi de suite», affirme monsieur Myers. Leur but était «de s'approprier le pouvoir de la personne tuée». Nous rapportons ces paroles  avec la réserve, qu’elles émanent d’une source internet, mais compte tenu qu’elles reflètent ce que nous avons pu lire par ailleurs sur le sujet, nous la maintenons, mais nous n’en faisons pas une vérité.

L’anthropophagie supposée ou réelle des peuples extra-européens alimentera pendant des siècles les peurs et les fantasmes de l’imaginaire occidental. Le Nouveau Monde n’y échappera pas,  cet imaginaire projettera une charge d’absurdités, des monceaux d’aberrations sur cette terra incognita, et l’Amérique sera dépeinte par les illustrateurs du XVI e siècle  comme la terre des sorcières, un lieu de sabbat, ce qui équivaut à dire, un lieu de débauche, le lieu de tous les vices possibles et inimaginables. A contrario, d’autres voyaient en elle, la terre des Félicités, le paradis perdu, une terre fabuleuse,  un lieu où les rivières charroyaient de l’or à  profusion, c’était la terre promise, l’eldorado qui leur tendait les bras, à un titre ou a un autre, elle le fut. Mais les uns comme les autres, cette terre et ses habitants échappaient à leur entendement. Comment aurait-il pu en être autrement, dans ce siècle où le diable  guettait  au coin de la rue, où l’on brûlait les sorcières, où une parole malencontreuse pouvait valoir d’être soumis à la question, dans ce siècle où l’Inquisition pesait sur ces nations, dans ce siècle ou le mal régnait en maître dans les esprits et dans les corps ?

En ces temps d’obscurantisme profond ou le mal et le diable gouverne le monde, l’Amérique est mentalisée comme étant une résurgence du chaos dionysien, où les Caraïbes à l’instar des ménades qui mettaient en pièce leurs victimes, dans une fête macabre ou (vin) qui s’achevait dans la communion sanglante des initiés, ces êtres affranchis de tout interdit et de tout  tabou. La confusion entre les mythes dionysiens sous les avatars du dieu (Phallen et Iakchos) ainsi que la pratique de ses mystères, ont été posés par les observateurs sur les peuples Indiens, jusqu’au Dionysos (dieu chtonien) initiateur et conducteur des âmes qui  a libéré sa mère Sémélé  des Enfers, pour la conduire au séjour des dieux. C’est en quoi ce mythe dionysien,  ouvre la porte à la mission des Révérends Pères, curés, vicaires, abbés et de tous les évangélistes, qui fait que tous les enfants de la terre peuvent avoir accès à l’immortalité de l’âme, pourvu qu’ils se convertissent.

On pourrait rapprocher le mythe cosmogonique de Cronos (dieu cannibale qui dévora ses enfants avant d’être contraint par son fils Zeus de les régurgiter.)  symbolisant le chaos primordial, un état de dégénérescence du cosmos, conduisant irrémédiablement à sa prochaine régénérescence, à cette phrase :  la foi en Christ  sortira ces êtres des ténèbres, pour les conduire à la lumière   . Charles Buet, en parlant de la mission que Christophe Colomb s’était octroyée, ne dit pas autre chose : « Cette avant-garde de l’ancien monde pouvait jouer un rôle important auprès des peuplades primitives dont elle était entourée, elle pouvait les amener à la civilisation par l’exemple, et commencer ainsi une régénération qui était et dans les projets de l’ambassadeur de Dieu .» Voilà à notre avis les logiques qui prévalurent à la constitution du bon et du mauvais Sauvage dans l’inconscient européen, un inconscient chrétien encore fortement empreint des mythes de l’antiquité greco-romaine, dû à la lecture répétée des auteurs classiques et de l’obligation pour les élites d’étudier le grec et le latin.

B) La perception de l’anthropophagie dans les sociétés humaines

L'anthropophagie est ressentie comme une abomination au sein des sociétés « civilisées », et suscitant par là même une répulsion, un rejet absolu, bien qu’elle suscite une certaine curiosité malsaine. Considérée telle une ignominie caractérisée, l’acte le plus inconcevable et  plus ignoble pouvant exister, parce que c’est un acte annihilant  toute dignité, tout progrès et développement des communautés humaines. En tant que telle, l’anthropophagie renvoie à l’individu des réminiscences ataviques de comportements ancestraux, remontant à la genèse de l’humanité, dans ces âges insécuritaires où l’homme n’était qu’une proie pour l’homme, et où l’homme chassait l’homme pour s’en nourrir. C’est en cela qu’elle acquiert une dimension ontologique  dans les schèmes de la pensée humaine, car être mangé  par un autre, constitue la plus grande peur, la terreur absolue. 


     La pratique du  cannibalisme est attestée dans de nombreuses parties du monde. On suppose que le phénomène remonte au Néolithique. Hérodote ainsi que d’autres auteurs de l’Antiquité décrivent quelques peuples qu’ils qualifient d’anthropophages, de même qu’au moyen Âge, Marco Polo rapporta que des tribus, du Tibet jusqu’à Sumatra, pratiquaient l’anthropophagie et de nos jours, il n’est pas rare qu’un fait de cannibalisme ou de sacrifice humain se déroulant en Afrique soit rapporté par les médias. Quelle est la véracité de ces témoignages ? Nous n’en savons rien. 

Quant à l’anthropophage, il est perçu soit comme un barbare, un primitif, un malade mental, un monstre ou un animal. Il est celui qui se situe en dehors de la culture, de la civilisation, incarnant l’homme primitif qui s’abandonne à tous les excès de sa nature déréglée, c’est l’individu qui est affecté de tous les dérèglements et de tous les vices.  Quoi qu’il en soit, l’image de l’indien cannibale s’est diffusée sans discontinuité à travers les siècles, étant acceptée jusqu’à récemment par de nombreux anthropologues. Mais depuis, un certain nombre d’historiens, d’ethnologues et anthropologues admette, que l’anthropophagie des Caraïbes ne fut qu’un  prétexte  pour éliminer des indiens  qui résistaient  bec et ongles  aux expéditions des nations européennes et une astuce afin de pouvoir les asservir (esclavagiser) car l’Eglise catholique permettait l’asservissement des peuples païens.


C) Les légitimations morales de l’infériorité des nations dites païennes

En effet, au XV e siècle,  Tomaso Parentucelli ou Tomaso de Sarzana devenant en 1447  Pape  sous le nom de Nicolas V, délivra le 8 janvier 1455, la bulle Romanus Pontifex au roi Alfonso V du Portugal  : qui concédait à ce dernier  la faculté pleine et entière d'attaquer, de  conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu'ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle (…) de s'attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins et païens. Il est établi que  cette bulle papale  déclarait la guerre à tous les infidèles de la planète,  sanctionnait et  promouvait expressément la conquête, la colonisation et l'exploitation des nations non chrétiennes et de leurs territoires et à pratiquer le « juste commerce » des païens Noirs, en clair l’esclavage des nègres. D’aucuns  voient dans cette bulle le texte initiant (le monstrueux trafic, l’infâme commerce) l’esclavage des Nègres, préalablement, n’omettons pas qu’en 1441, des esclaves Noirs furent offerts au pape Eugène IV. 

En 1493, le pape Alexandre VI délivra la bulle Inter Caetera au roi et à la reine d'Espagne , suite à la découverte de l’Amérique qui instituait l’emprise du catholicisme sur les îles et les terres nouvellement découvertes, elle invitait à soumettre les habitants indigènes et à revendiquer les « terres inoccupées » (terra nullius) ou les terres appartenant aux  païens et permettait de réduire en esclavage tous les Amérindiens avec pour contrepartie  de les nourrir et de les convertir au catholicisme et ce furent les Amérindiens qui serons  les premiers esclaves des Européens sur ce continent : «Alonzo Pinzon fit enlever de vive force quatre hommes et deux jeunes filles qu’il garda comme esclaves . » remarquons qu’il n’a pas eu besoin de la bulle papale pour se positionner  au regard de l’histoire comme le premier esclavagiste du Nouveau Monde.  

 Fort de leur légitimation morale, les deux empires (portugais et espagnols) sous la contrainte ou l’égide du pape Alexandre VI se partageront le monde au traité de Tordesillas en 1494 : «Ferdinand et Isabelle, par la grâce de Dieu, Roi et Reine de Castille, de Léon, d'Aragon, de Sicile, de Grenade, de Tolède, de Galice [...]. Ainsi, son altesse, le sérénissime Roi de Portugal, notre frère bien aimé, nous a dépêché ses ambassadeurs et mandataires [...] afin d'établir, de prendre acte et de se mettre d'accord avec nous [...] sur ce qui appartient à l'un et à l'autre de l'océan qu'il reste encore à découvrir. Leurs altesses souhaitent [...] que l'on trace et que l'on établisse sur ledit océan une frontière ou une ligne droite, de pôle à pôle, à savoir, du pôle arctique au pôle antarctique, qui soit située du nord au sud [...] à trois cent soixante-dix lieues des îles du Cap-Vert vers le ponant [...]; tout ce qui jusqu'alors a été découvert ou à l'avenir sera découvert par le Roi de Portugal et ses navires, îles et continent, depuis ladite ligne telle qu'établie ci-dessus, en se dirigeant vers le levant [...] appartiendra au Roi de Portugal et à ses successeurs [...]. Et ainsi, tout ce qui, îles et continent [...], est déjà découvert ou viendra à être découvert par les Roi et Reine de Castille et d'Aragon [...], depuis ladite ligne [...] en allant vers le couchant [...] appartiendra aux dits Roi et Reine de Castille [...]." » ce traité   réglait les différends  territoriaux des deux nations impliquées dans les Découvertes, il succédait au  traité d’Alcoçavas de 1479 et à celui de Tolède de 1480, il  sera confirmé et modifié par le pape Jules II. Les deux couronnes seront réunis sous le règne de Charles Quint. De même qu’à l’initiative de Las Casas, prenant la défense des indiens, qui furent dès l’établissement des Espagnols à Saint Domingue  massacrés , asservis, domestiqués, vus comme des animaux qui serviront de nourriture aux chiens des conquistadors ou dans des cas extrêmes aux conquistadors  eux-mêmes . L’indianophagie, dès le second voyage de Colomb, pointe le bout de son nez : « exposés à la faim. A vrai dire, ils en étaient arrivés à l’éprouver si cruellement que plusieurs avaient proposé de manger les Indiens à la façon des Caraïbes…  » L’empereur   interdira l’esclavage des Indiens, sauf celui des Indiens anthropophages, d’où la nécessité économique pour les conquérants de se trouver des peuples anthropophages afin de perpétuer leur domination, leur colonisation et l’exploitation des mines aurifères et argentifères, puis des ressources agricoles (canne à sucre, café, indigo, coton, cacao, etc.) du Nouveau Monde.

D) Au source de la construction du cannibalisme des Indiens

La première source faisant état de l’anthropophagie des Indiens caraïbes, émane de Christophe Colomb lors de son premier voyage, qui relate dans son Journal de Bord, les dires d’Indiens rencontrés dans la mer des Antilles, fuyant les Caraïbes qui  lui aurait exprimé (du moins à ses interprètes arabes) : « la terreur d’être mangé les rendait muets et qu’il ne pouvait les délivrer de cette peur. Ils disaient que les canibas n’avaient qu’un œil et une face de chien . » Il est écrit qu’il ne prit pas ces propos au sérieux, mais au cours de son deuxième voyage, débarquant en l’île de la Guadeloupe, il rencontra un groupe de femmes qui s’approchant d’eux  : «les mêmes femmes vinrent le supplier qu’on les conduisit aux navires, indiquant par signes que les gens de l’île ne les retenaient en esclavage que pour le  manger. […] Les femmes faisaient entendre qu’elles préféraient se confier à des étrangers, quels qu’ils puissent être, que de rester au milieu de ces barbares qui avaient dévoré leurs maris et leurs enfants . » les marins à la recherche de vivres, poursuivant l’inspection des lieux, ils remarquèrent que : «Ces cabanes étaient carrées d’ailleurs, et non rondes comme la généralité de celles que les Espagnols avaient vues jusque-là. Ils trouvèrent de grands perroquets, du miel, de la cire, des instruments tranchants, des espèces de métiers destinés à tresser les nattes dont étaient faites les parois de leurs demeures, et enfin un bras d’homme embroché pour être rôt i. » s’appuyant sur les archives de son père voilà les éléments pouvant conforter l’anthropophagie des Caraïbes qu’il apporte. Quelle est la part de vérité dans ces témoignages, pouvons nous prendre en compte les propos des femmes essayant de fuir la servitude des Caraïbes, sachant que les Espagnols ne comprenaient pas leur langage, seul le bras prêt à être rôti, pourrait retenir l’attention, et faire penser que l’intrusion des marins avait interrompu un festin cannibale, mais tout cela paraît bien léger. Le traducteur du texte (Muller), faisait remarquer : « Pour suppléer sans doute au peu d’étendue que l’Amiral donne par lui-même à l’observation des mœurs et coutumes des Indiens, notre auteur imagine de placer ici un cahier qu’il dit avoir trouvé dans les papiers de son père. C’est l’œuvre d’un pauvre moine hiéronymite, qui connaissait la langue du pays, et à qui l’Amiral avait, paraît-il ordonné de rassembler tout ce qu’il pouvait apprendre des traditions et des croyances des Indiens. En somme, maigre et indigeste ramassis de fables sans intérêt, que Fernand Colomb aurait dû ne pas insérer dans son livre. Nous croyons bien faire en l’oubliant dans notre traduction .»  Les éléments imputant aux Caraïbes des pratiques anthropophagiques, ne sont guères fiables et pourtant ils seront repris amplifiés, pour construire la fable du Caraïbe cannibale. En France, ce mythe se popularise - entre autres - en France au XVI e siècle, avec  la parution de l’Histoire d’un voyage fait  en la terre du Brésil dite Amérique,  de Jean de Lery , écrit en 1578, la première édition que nous avons consulté étant pratiquement illisible, nous utiliserons les textes de la cinquième édition (1611) publiée à Genève, où il est écrit à la page 230 et suivantes : « guerre mortelle contre plusieurs nations de ce pays-là : tant y a que leurs plus prochains & capitaux ennemis sont, tant ceux qu’ils nomment Margaias que les Portugais Peros leurs alliez : comme au réciproque lesdits Margaias n’en veulent pas seulemĕt aux Tououpinambaults, mais aussi aux François leur confederez. Nó pas, quant à ces Barbares, qu’ils se fassent la guerre pour conquérir  les pays & terres les uns des autres, car chacun en a plus qu’il ne lui en faut : moins que les vainqueurs prétendent de s’enrichir  des dépouilles, rançons & armes des vaincus : ce n’est pas, di-ie, tout cela qui les meine. Car, comme eux-mêmes confessent, n’estans poussez d’autre afection que de venger, chacun de son costé, les pares & amis, lesquels par le passé ont esté prins & mangez, à la façon que ie dirai au chapitre suiuant, ils sont tellement acharnez les uns à l’encontre des autres, que quiconque tombe  en la main de son ennemi, il faut sans autre composition il s’attĕde d’estre traité de même ; c’est à dire, assomé, boucanné & mangé.» La suite de ce texte est bien plus explicite, il décrit les guerres, la capture, les préliminaires à la guerre, c’est à dire les fameuses harangues des vieillards récapitulant tous les maux, les souffrances et les afflictions causés par leurs ennemis héréditaires : « gens de ma nation, puissans & et tres-forts ieunes hommes, ce n’est pas ainsi qu’il faut faire : plustost, nous disposans de les aller trouuer, faut-il que nous-nous facions tous tuer & manger, ou que nous ayons vengeance des nostres», le retour des guerriers avec leur butin humain, et la manière dont-ils  boucaneront leurs prisonniers : « tout ce qui se fera empoigné, soit hommes, femmes ou enfans, non seulement sera emmené, mais aussi quand ils seront de retour en leur pays tous seront assommez, puis mis par pieces sur le boucan, & finalement mangez. ». Ce texte est à notre avis la grande source historique des  chroniqueurs français du XVII e et du XVIII e siècle, qui chacun à son tour, y puisera son inspiration et l’adaptera  en fonction des besoins de leur propre propagande, en y apportant des réserves ou des témoignages visuels, nous en citerons deux exemples, de la vision des chroniqueurs, en prenant celui qui est sans doute le moins connu : Jean de Clodoré (16..-1731) et le plus connu : Jean Baptiste Labat (1663-1738), sachant que tous  les autres ont écrit sur le sujet.

Dans sa : Relation de ce qui s’est passe dans les isles & Terre-Ferme de l’Amérique, pendant la dernière Guerre avec l’Angleterre, & depuis en exécution du traitté de Breda , chez Gervais Clouzier, t.,I, Paris 1671. Jean de Clodoré  qui dans son sommaire indique : « Depuis les Espagnols pretendans avoir reconnu que les naturels de ces isles estoient antropophages, ils demanderent persmission aux roys de Castille de les captiver, c’est à dire de les prendres & d’en faire des esclaves, (ce qu’ils pratiquerent en beaucoup d’autres endroits sans permission) de sorte qu’ils n’aborderent plus les Antilles que les armes à la main, & en qualité  d’ennemis declarez, & que les Indiens qui les habitoient se preparoient à leur faire la plus cruelle guerre qui leur estoit possible.» L’auteur officiel de cette relation, car d’aucuns supposent qu’il est en réalité l’œuvre du sieur de la Barre, ne confirme pas l’anthropophagie  des Caraïbes, mais l’avance comme un prétexte trouvé par les Espagnols afin de se procurer des esclaves. Quant à  Jean Baptiste Labat,  le chroniqueur le plus connu et sans doute le plus contesté, car certains voyant en lui l’auteur qui a le plus plagié les textes de ses prédécesseurs et  de ses contemporains ; sur le sujet, il avance à la page 320 à 324 de son quatrième tome (1722), de son Nouveau voyage aux isles de l’Amérique, : « Si c’est une partie de guerre qu’on propose, quelque vieille femme ne manque pas de se produire & de haranguer les conviez pour les exciter à la vengeance. Elle leur fait un long détail des torts & des injures qu’ils ont reçûs de leurs ennemis, elle y joint le denombrement de leurs parens & amis qui ont esté tuez ; & quand elle voit que toute la compagnie déjà fort échauffé par la boisson, commence à donner des signes de fureur, & qu’ils ne respirent plus que le sang & la mort de leurs ennemis, elle jette au milieu de l’assemblée quelques membres boucannez de ceux qu’ils ont tuez à la guerre, sur lesquels ils fondent aussi tôt comme des furieux, les égratignent, les coupent en pieces, les mordent & mâchent avec toute la rage dont ils sont capables des gens lâches, vindicatifs & ivres. »  Ce texte recèle quelques similitudes avec celui de Jean de Lery ; mais il  apporte une explication de  ce qu’il dit avoir été témoin : « C’est une erreur de croire que les Sauvages de nos isles soient antropophages, & qu’ils aillent à la guerre exprès pour faire des prisonniers, afin de s’en rassasier, ou que les ayant pris, sans avoir cette intention, ils se servent de l’occasion qu’ils ont en les tenant entre leurs mains, pour les dévorer. J’ai la preuve du contraire plus claires que le jour. Il ost vrai que j’ai entendu dire à plusieurs de nos Flibustiers que vers l’Isthme de Darien, Bocca del Toro, l’isle d’or, & quelques autres endroits de la côte, il y a des nations errantes, que les Espagnols appellent Indiens Bravos, qui n’ont jamais voulu avoir de commerce avec personne, qui mangent sans miséricorde tous ceux qui tombent entre leurs mains. Cela peut être & peut être aussi faux ; car s’ils n’ont point de commerce avec personne, comment le peut-on sçavoir ? Et quand cela seroit vrai, qu’est-ce que cela prouveroit par rapport à nos Caraïbes des isles si éloignez de ceux-là, & par la distance des lieux , par leur manière de vivre. Pourquoi se ressembleroient-ils plûtôt en ce point que dans les autres ?
Je sçai que le Marquis de Maintenon d’Angennes, qui commandoient la Frégate du roi la Sorciere en 16 perdit sa chaloupe avec dix-huit ou vingt hommes qui estoient dedans, qui furent enlevez par ces Indiens, en voulant prendre de l’eau dans une rivière & on peut conjecturer qu’enlevant comme ils dirent, les hommes morts & les vivans, c’estoit pour se rassasier de leur chair, comme certains Nègres de la côte d’Afrique qui en tiennent boucherie ouverte, du moins à ce que disent quelques historiens. Je jçai encore, & il est très vrai que dans les commencemens que les François & les Anglois s’établirent aux isles il y eut plusieurs personnes des deux nations qui furent tuées, boucannées & mangées par les Caraïbes ; mais c’estit une action toute extraordinaire chez ces peuples : c’estoit la rage qui leur faisoit commettre cet excès, parce qu’ils ne pouvoient se venger pleinement de l’injustice que les européens leur faisoient de les chassez de leurs terres, qu’en les faisant perir, quand ils les prenoient, avec cruautez qui ne leur sont pas ordinaire ni naturelles ; car si cela estoit dans ce  tems-là il le feroit encore aujourd’hui & c’est pourtant ce qu’on ne voit pas qu’ils pratiquent, ni sur les Anglois avec lesquels ils sont presque toûjours en guerre, ni même avec leurs plus grands ennemis les Alloüagues qui sont des Indiens de Terre ferme du côté de la rivière d’Orénoque, avec lesquels ils sont continuellement en guerre. Il est vrai que quand ils tuent quelqu’un, ils font boucanner ses membres, & remplissent des calebasses de la graisse, qu’ils emportent chez eux ; mais c’est comme un trophée & une marque de leur victoire & de leur valeur, à peu près de même que les Sauvages de Canada emportent les chevelures de leurs ennemis quand ils les ont tuez, & de leurs prisonniers, après qu’ils les ont fiat mourir avec des cruautez inoüies. Nos sauvages sont plus humains.» Premièrement, le père Labat témoigne d’une scène d’anthropophagie, pour ensuite écrire au chapitre suivant que les Indiens caraïbes n’étaient pas des Anthropophages, il semblerait que nous soyons face à une aporie, dont certains historiens s’en sont sortis  à l’instar de P. Labat en développant  la  thèse du « anthropophagie rituelle » que bon nombre d’historiens ou de sociologues ont repris ensuite, le définissant  en tant que  : «  corollaire symétrique de l’interdit anthropophage. Quand l'anthropophagie est reléguée hors de toute culture, soit qu'elle se situe en marge de celle-ci, soit qu'elle se situe en amont de sa constitution par le biais du mythe, le cannibalisme au contraire est la forme policée des même faits lorsqu'ils sont institués dans le corps de la civilité du groupe.  Le changement de nature emporte ici changement de degré: de l'inconcevable absolu, l'absorption de chair humaine devient une transgression acceptée car gérée par un ordre dogmatique et encadré par la force édifiante du rituel. Intégrer pour mieux contrôler, telle est la stratégie de l'institution cannibale. Ceci contribue encore à isoler l'anthropophagie. Elle relève alors ontologiquement de l'autre, de celui qui se situe hors du champ de la culture. Il permet donc d'instituer la culture puisqu'il en délimite l'étendue. De plus, il contribue à construire les membres du groupe comme êtres humains et comme les seuls à pouvoir prétendre à ce titre.» Ce texte reflète une réalité dans laquelle se sont  engouffrés pratiquement tous les anthropologues, archéologues, historiens, sociologues, qui ont eu à travailler sur la question. L’anthropophagie et le cannibalisme rituel ne diffère que parce que l’un est géré par un « ordre dogmatique », plus prosaïquement, l’acceptation du cannibalisme rituel est du fait que pendant des siècles, les momies  égyptiennes, réduites en poudre  ont servi de médicament aux populations occidentales, vu comme une panacée universelle, cette poudre a trôné pendant des siècles sur les étagères des apothicaires. Donc, l’ingestion de chair humaine, fusse t’elle vieille de plusieurs siècles ou millénaires ou tous les onguents composés à partir de la graisse humaine ou des viscères  humains  utilisés à des fins thérapeutiques ne peuvent pas être considérée  comme de l’anthropophagie par ces populations. En créant cette théorie du cannibalisme rituel, ils répondaient en faite à leur propre contradiction. Cette idée était simplement acceptable pour les occidentaux. 

Mais qu’en est-il réellement des actes de cannibalisme  imputés aux  Caraïbes ? Comme nous avons pu le remarquer, les deux chroniqueurs ne se montrent  pas particulièrement convaincants, ni donner excessivement crédit à cette possibilité. En dehors de la justification morale pour la conquête et la réduction en esclave des peuples indiens  ou des témoignages, pour le moins douteux des chroniqueurs et des historiens que se sont copiés les uns les autres, quelles sont aujourd’hui les éléments objectifs qui  permettent de conclure à l’une ou l’autre thèses  en dehors des écrits, d’autres disent des élucubrations de Christophe Colomb  (Xpoferens), cet homme qui se prenait pour un envoyé de Dieu, celui grâce à qui  la Jérusalem terrestres sera délivrée de la domination des Musulmans. Nous ne disposons d’aucun élément tangible qui permette  d’affirmer que les Caraïbes furent un peuple anthropophage, les anthropologues, les ethnologues ne disposent pas de la moindre preuve en ce qui concerne les Petites Antilles, pas d’ossements, pas de squelettes qui puissent confirmer cette thèse.

Mais par contre, ils ont apporté une « preuve tangible » de pratiques cannibales chez les Indiens d’Amérique du nord. L’équipe du Pr Richard Marlar, de Université du Colorado, a trouvé les restes de sept corps dans un foyer, dont les os portent des marques de coups de couteau, et dont l’analyse biochimique à révélée des traces de myoglobine dans des excréments humains trouvé sur le site. Cette protéine présente dans les muscles ne peut se retrouver dans les excréments que si la chair humaine a été ingérée. Les chercheurs ne savent pas les raisons ont conduit cette population de ce village situé sur la Mesa Verde à commettre des actes de cannibalisme. Certains chercheurs avancent l’idée qu’une période de chaos social en raison d’une terrible sécheresse en serait la cause. Mais, ces éléments ne sont pas probants, car toutes les nations humaines à un moment donné de leur histoire (guerre, famine, disette), un groupe humain a  eu recours à des actes de cannibalisme. Et en analysant les fèces humaines de  ces périodes précises où l’histoire des nations est chahutée ou chaotique, il est vraisemblable que l’on trouverait les traces de cette protéine dans les déjections humaines de toutes les nations du monde et tous les continents, de l’Europe à  l’Asie en passant par  l’Afrique. Les témoignages ne manquent pas en Europe sur cette question (Les populations soviétiques touchées par  famine des années 1932-1933 se seraient nourries de cadavres, et récemment en Russie un boucher à été arrêté parce qu’il vendait de chair humaine en la faisant passer pour de la viande de bœuf, Nous savons que dans les campagnes françaises, en tant de crise ou de famine, on constatait une forte recrudescence des loups, qui fort à propos expliquer la disparition de certains villageois.) , mais est-ce pour autant on imputerait à l’Européen de cette époque d’être des anthropophages ? 






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