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Trois Haïtiens brûlés vifs à Santo
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P-au-P, 24 août
05 [AlterPresse] --- Les corps des 3 haïtiens
décédés les 22 et 23 aoüt 2005 à Santo
Domingo, des suites de graves brûlures causées par des
inconnus, pourraient être rapatriés durant la
journée du 25 août en Haïti, selon les informations
obtenues par AlterPresse auprès du Groupe d’Appui aux
Réfugiés et Rapatriés (GARR).
Les cadavres de Gilbert Dominique (22 ans), Willy Pierre (20 ans) et
Paul Marc (19 ans) devraient laisser la capitale de la
République Dominicaine vers 10 :00 locales, le 25 août, en
direction de la frontière de Malpaso / Malpasse, à une
quarantaine de kilomètres au nord-est de Port-au-Prince,
après les démarches effectuées par l’ambassade
haïtienne à Santo Domingo et des organismes dominicains de
défense des droits humains.
Une messe en leur mémoire doit être
célébrée avant leur rapatriement, a fait savoir le
GARR citant une source du Ministère des Affaires
Etrangères dans la capitale haïtienne.
Contrairement à ce qui a été annoncé
précédemment de la République Dominicaine, Gilbert
Dominique, Willy Pierre et Paul Marc seraient originaires de La
Chapelle (Artibonite, Nord), où leurs dépouilles
devraient être acheminées à leurs
parents, a appris AlterPresse.
Les trois jeunes ressortissants haïtiens, qui se reposaient
après leur journée de travail, avaient été
attaqués à l’aube du 16 août 2005 dans un atelier
d’ébénisterie à Haina (périphérie de
Santo Domingo). Les agresseurs avaient ligoté les jeunes et
versé sur eux un liquide inflammable avant de mettre le feu.
Malgré les efforts consentis par l’Unité de
Brûlures de l’Hôpital Luis Eduardo Aybar (MORGAN), les
trois jeunes Haïtiens ont succombé des graves
dégâts enregistrés dans leur système
cardiovasculaire et respiratoire.
C’est seulement une semaine après le drame que le gouvernement
intérimaire d’Haïti a officiellement condamné l’acte
criminel perpétré sur les 3 compatriotes à Santo
Domingo.
« Le Gouvernement Provisoire de la République d’Haïti
déplore que de pareils agissements se soient produits à
un
moment où des efforts considérables sont
déployés
dans le cadre de l’amélioration durable des relations entre les
deux
pays », indique le ministère des Affaires
Etrangères
dans un communiqué rendu public dans l’après-midi du 23
août.
« L’Ambassade d’Haïti en République Dominicaine a
été instruite par la Chancellerie de rencontrer les
autorités dominicaines compétentes et d’assurer le
meilleur suivi de ce dossier pour rendre justice aux victimes et
prévenir de tels actes », précise le
communiqué du Ministère des Affaires Etrangères.
Les autorités dominicaines n’ont encore donné, à
date, aucune information relative aux résultats de
l’enquête
initiée le 18 août sur les circonstances du drame
enregistré
le 16 août à Haina.
Différents organismes de défense de droits humains, des
deux côtés de l’île d’Haïti, ont appelé
les
autorités dominicaines à faire cesser la tendance aux
sentiments
discriminatoires, véhiculés dans certains médias
sur
le territoire voisin et utilisés par des ultranationalistes
contre
des ressortissants haïtiens résidant en République
Dominicaine.
Ces organismes demandent aussi aux dirigeants de l’île de prendre
les dispositions adéquates pour respecter l’accord conclu en
1999
entre les deux Etats sur les rapatriements (y compris les conditions)
de
sans papiers en direction d’Haïti.
Entre mai et août 2005, plusieurs milliers de personnes, dont des
ressortissants dominicains à la peau noire, ont
été
déportées vers Haïti. Cette semaine, le GARR a
dénoncé
les cas de deux jeunes ressortissants dominicains,
réfugiés
depuis quelques semaines à Port-au-Prince à la suite de
leur
expulsion par les autorités dominicaines. [rc gp apr 24/08/05 13
:00]
Source : AlterPresse
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