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Assez ! Assez ! Haïti saigne ! Abraham dit c'est
assez
de
E. W. Vedrine
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Messieurs, Mesdames,
la société honneur et respect! En Haïti, il ne se
déroule pas un jour sans que le vacarme de nos gigantesques
problèmes parvienne à nos oreilles.
Si nous pouvons en parler, c'est que, d'une façon ou d'une
autre, chacun de nous aime notre terre natale. Bien que beaucoup
d'entre nous ne s'engagent pas encore suffisamment pour la
défendre.
Nous avons trop tendance à blâmer les (pays)
étrangers, alors que nous devrions prendre conscience de notre
situation et assumer enfin
nos propres responsabilités.
Il est grand temps que chaque Haïtien fasse son examen de
conscience et se confronte aux sources réelles des
problèmes d'Haïti (qui résident dans l'Haïtien
lui-même). Ainsi, je tombe par hasard sur un bon texte (en ligne)
d'un certain JOPHIMANA (jophimana@aol.com)
que j’ai traduis en
français. Son texte incarne cette «prise de
conscience» dont nous avons tant besoin pour parvenir à
changer le visage négatif d'Haïti.
Quand vous aurez fini de lire ce texte en paix, ne penserez-vous pas
qu'il serait obligatoire de l'incorporer dans le programme
d'éducation civique en Haïti ? Je réponds
«oui!», parce que je pense qu'il
faut un tuteur à un arbre dès sa prime croissance si l'on
veut
qu'il s'élève bien droit.
De même, il est important que l'école en Haïti
commence à injecter dans les têtes de nos enfants de
bonnes «doses de conscience», pour les préparer
à devenir de bons et utiles citoyens utiles dans l'avenir. Je
prends plaisir à traduire le texte ci-dessous en français
pour que tous les Haïtiens le comprennent, et prennent quelques
minutes pour réfléchir là-dessus.
[Dans l'histoire d'Haïti, l'histoire ne se répète
pas mais est plutôt un mouvement perpétuel. De
Dessalines à
Aristide, on a tué la majorité de nos présidents,
ceux
qui ont été renversés par des coups d'Etat et ceux
qui
n'ont pas pu terminer leur mandat ni régler aucun
problème. Quant à ceux qui ont eu la chance
d'achever leur mandat, leurs successeurs font toujours en sorte de les
dénigrer et d'effectuer un
long «déchoucage» de leur travail; et le pays
recommence
donc toujours à zéro.
Et encore, le problème de notre pays n'est pas purement
politique. Ce n'est pas non plus une absence de leader, car nous avons
déjà trop de chefs. Notre problème, c'est
plutôt l'Haïtien, et le problème de l'Haïtien
c'est le fanatisme.
Nous n'avons pas la patience de donner suite aux choses; et c'est
pourquoi après chaque «révolution»
il ne se passe absolument rien et rien ne change.
Certes, nous savons nous réunir et former des groupes, mais nous
ne parvenons pas à nous unir pour construire. C'est cette
routine
partisane que nous devons éliminer.
Quelques uns d'entre nous sont tellement fiers d'énumérer
depuis quand ils sont en combat ou combine de révolutions ils
portent
au-dessus de leur ceinturon, lors que ça ne compte pour rien au
regard
de leurs maigres résultats. Ce serait une tristesse pour moi de
m'appeler
«révolutionnaire», alors que rien ne le prouve.
Nous nous lamentons constamment des crimes que les Duvalier ont commis
contre les Haïtiens. Mais je veux vous rappeler qu'ils ne
sont pas allés à Cuba ou en République
Dominicaine à la recherche de quelqu'un pour les commettre; ce
sont des Haïtiens qui les ont commis contre d'autres
Haïtiens. Ce sont des frères qui ont dénoncé
leurs frères de la même famille, des voisins qui ont
tué leurs voisins pour un petit peu d'argent, dans un seul but
mercantile et égoïste.
Il est vraiment temps de d'arrêter de blâmer autrui pour
notre problème, et de croire qu'une seule personne peut tout
solutionner. La racine du mal est mêlée à notre
éducation, elle
provient de la mentalité destructive que nous avons
héritée de nos ancêtres. Nous n'avons pas
grandi avec un sens du patriotisme; personne ne nous a appris comment
aimer notre pays. Nous avons toujours pensé que l'herbe est plus
verte de l'autre côté. Et ainsi beaucoup de nos
générations n'ont eu qu'un seul but: abandonner le pays
pour trouver une vie meilleure. Et même quand ces mirages ont
disparu, nous n'avons jamais eu le courage de retourner chez nous.
Les choses changeront quand nous apprendrons à respecter chacun.
La solution est peut être ardue, mais nous pouvons
déjà
commencer par respecter l'autre. Le premier pas, c'est d'accepter que
quelqu'un
puisse avoir des convictions différentes des nôtres. Nous
devons
apprendre à vivre plus sereinement nos désaccords. Nous
sommes
tous conscients des problèmes d'Haïti. Malheureusement, si
nous
admettons qu'il existe quelques solutions à ces
problèmes,
personne d'entre nous ne va prendre l'initiative pour essayer
d'apporter
une solution concrète.]
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