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LA FECONDITE : La Justification d’un crime

Lorsque fonder une famille devient une source de malheurs et vecteur d’une chasse aux sorcières, lorsque avoir plusieurs individus constituant sa famille est synonyme de dénigrement et ouvre droit à la justification du crime, on est en droit de se poser la question sur la nature de la société, de cette société qui, au mépris de toute éthique morale trouve justification à l’injustifiable.

Fâcheuse coïncidence ou réelle volonté d’extermination, les feux qui aujourd’hui n’ont pour seule et toute destination que les foyers occupés par celles et ceux que l’on nomme les « familles africaines ou nombreuses » sont de nature à éveiller nos soupçons quant à leurs origines. Depuis le cri d’alarme dans lequel toute la France euh…tous les leucodermes ont la nécessité face à la fantasmagorique montée du racisme anti-blanc de faire union sacrée, force est de constater que les populations Africaines sont depuis lors, placées sous les « feux » de l’incendie.

Revenant dans le gouvernement de Jacques Chirac après une éviction de quelques mois de son poste de ministre de l’intérieur, Monsieur SARKHOZY annonçait sa volonté farouche d’éradiquer l’immigration dite clandestine et nul besoin de signaler que lorsque le terme immigration est évoquée en France, les populations venant de l’Afrique « subsaharienne » sont montrées du doigt avec les sempiternels poncifs : Bénéficiaires des prestations sociales, Sans papiers, Bruyants, Non productifs etc. D’autres n’ont pas hésité à associer la pestilence à cette population, comme certains le firent avec la misère. Aujourd’hui n’est-il pas légitime de douter même de leur compassion et de ne parler que d’hypocrisie ?
 Pourtant cette discrimination systématique et institutionnelle s’arrête lorsqu’il s’agit de taxer ces mêmes « pestiférés » afin de leur soutirer de l’argent sous quelque forme.

Le bouc émissaire est d’office trouvé afin de justifier l’incompétence des gouvernements successifs à satisfaire les besoins de sa population et qui ne brillent que par des affaires scandaleuses à répétition. Et dire que sur ce terrain, celui que l’on a désigné de facto comme le raciste de la république doit se tordre de rire face aux contradictions répétées des prétendus amis des Africains ou des « Noirs ».
 
Face à une politique discriminatoire du logement en plus de toutes les autres discriminations auxquelles est confrontée cette population vulnérable à plus d’égards, se développent une classe d’hommes et de femmes qui, ayant flairé le créneau, ne reculent devant aucun scrupule pour se faire la manne sur le dos de ces fragilisés de la république. D’ailleurs ces marchands de sommeil comme on les nomme bénéficient des faveurs d’un gouvernement qui, incapable ou réfractaire à toute idée de trouver une solution à ce problème de logement, voit là une aubaine, une panacée à l’épineuse question de la discrimination des populations dites minoritaires pour ne pas dire Africaines ou Noires.

Les drames que connaissent toutes les familles aujourd’hui éplorées et éprouvées par ces incendies meurtriers et pourquoi pas délibérés donc criminels, suscitent notre interrogation sur les réelles motivations des autorités à prendre en charge ce problème quand on connaît la ligne de défense qui est celle du gouvernement aujourd’hui face à son incapacité à trouver les vraies causes et raisons de ces incendies et partant les solutions afin que de tels drames ne se répètent plus. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge aurais-je tendance à dire.

La justification de l’incapacité du gouvernement, de la république à faire face à ses vieux démons tire sa source dans la culpabilisation des victimes. Nul ne sait jusqu’où ira cette infamie républicaine qui n’hésite pas à dénoncer les victimes sous le fallacieux prétexte de la natalité que dis-je de la fécondité.

Le ministre de l’intérieur comme toutes les personnes appartenant aux instances dirigeantes ou gestionnaires qui se sont exprimées sur ces tragédies n’ont pas manqué de ressortir le caractère, le nombre pléthorique des familles endeuillées comme si c’est de cela qu’il s’agit. On arriverait même à croire mieux à lire en filigranes chez certains que : « si vous brûlez et mourrez  aujourd’hui c’est parce que vous êtes des familles nombreuses »  et « si vous voulez vivre dans de conditions décentes, donc si vous souhaitez que l’on vous donne de logements décents, n’accouchez plus beaucoup d’enfants ». Bref le malheur de ces familles est d’avoir fait des enfants et rien n’étonne donc plus quand on sait que le nombre d’enfants qui ont péri est élevé facilitant ainsi notre compréhension. C’est l’ancien ministre du Budget qui s’en tire bien aurais-je l’envie de dire.

Le défilement, la technique de la parade, la politique de la distraction comme arme est de rigueur afin ne pas se poser les bonnes questions et trouver les bonnes solutions. Si c’est le nombre d’individus constituant une famille qui pose problème pourquoi la république décerne t’elle des prix pour ces autres familles dont la fécondité a été prouvée ? Pourquoi ces familles ne trouvent-elles pas les pires donc les mêmes difficultés que les familles Africaines à avoir des logements décents pour abriter les leurs ? D’ailleurs lorsqu’ils s’agit de ces autres familles, le terme « famille nombreuses ou à l’africaine » est usité et banni.

C’est à croire que les mêmes causes ne produisent décidément pas les mêmes effets selon que l’on est (naît) dans la république de la France. Car pour certains la fécondité est source de dénigrement, de malheur et pour les autres elle est signe d’honneur.

Jusqu’à quand et où va continuer cette tragédie et quels sont les prochains foyers africains en vue ? Jusqu’à quand la république poursuivra t-elle la gabegie qui paradoxalement la conduira vers sa ruine ?

Je citerai tout de même Aimé CESAIRE qui disait « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde (…) cette France (1) là est impuissante à se justifier et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins de chance de tromper (…) La France est indéfendable »


MBOA
(1) A.CESAIRE parlait de l’Europe, le mot France est volontairement utilisé et introduit dans cette citation.