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Les Noirs en France

J-M, Deveau
On prétend qu’en 1413 Anselme d’Ysalguier aurait ramené la fille d’un roi du Niger et l’aurait épousé (Hoffmann, le Nègre romantique, p.28)

Vers la fin du siècle sous le règne de Henri IV, les premiers actes de baptême de noirs apparaissent dans les archives portuaires. Peu à peu au XVIIe siècle il devient de bon ton chez les souverains africains d’envoyer un de leurs fils à la cour de France. Là on les regarde avec curiosité, puis on apprend que « les Noirs ne diffèrent des blancs que par la couleur, qu’ils sont des hommes et que l’esprit ne leur manque pas 1 ».

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En 1738,  on en voit plusieurs se marier, tandis que les maîtres en affranchissent d’autres, si bien que la crainte d’une vague migratoire suscite des réactions racistes. En 1740 Maurepas ne mâche pas ses mots aux officiers de l’Amirauté qui n’ont pas l’air de réagir alors que, dit-il, « ces Nègres se multiplient tous les jours de plus en plus dans les différents ports du royaume  2

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Le 3O juin 1763 Choiseul écrit à Bernier, Intendant de Dunkerque, qu’au cours de ce conflit « un si grand nombre de nègres esclaves que les habitants des colonies ont emmenés soit en qualité de domestiques, soit pour leur apprendre des métiers que le Roi a jugé indispensable de les faire tous sortir du Royaume non seulement pour les rendre aux cultures qui souffrent de leur absence, mais encore pour faire cesser le désordre qu’occasionne leur communication sur les blancs dont il est résulté un sang mêlé qui augmente tous les jours 3 ». Les officiers ont trois mois et demi pour rembarquer tout ce petit monde.

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Le duc de Penthièvre, grand Amiral de France, parle d’un « déluge de nègres ». A l’en croire Paris est devenu un marché public où on a vendu des hommes au plus offrant et dernier enchérisseur, il n’est pas de bourgeois ni d’ouvrier qui n’ait eu son nègre esclave 4 »

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On trouve à Nantes en 1768, sur une affiche placardée  par les soins de l’Amirauté « Le plus grand nombre des esclaves qui sont à Nantes est inutile et même dangereux. On voit dans les places publiques et sur les ports que nègres attroupés, qui poussent l’insolence jusqu’à insulter les citoyens, non seulement le jour mais pendant la nuit.5 »

Les Nantais dénoncent « l’abus porté au point que ces esclaves se marient ensemble et forment même des unions mixtes qui répugnent à nos mœurs et dont le fruit ne peut manquer d’être entaché des vices d’une espèce d’homme qu’on aurait jamais dû permettre d’introduire dans ce climat 6.  »

Toutefois des recensements assez précis en ont toujours montré le caractère marginal, limité à Paris et aux grands ports français. Le dénombrement de 1777-1778 relève cinq mille Noirs pour toute la France.

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L’ordonnance du 5 avril 1778 interdisant aux Blancs d’épouser des Noirs restant toujours sans effet on essaye de contrôler la présence des Noirs pour mieux l’endiguer.7


J-M. Deveau est l'auteur de la France au temps des négriers


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1  - Chambon, Traité général du commerce de l’Amérique
2 - J. Valin, Nouveau commentaire, t. I, p. 438
3 - Archives de la Marine Cherbourg 3 P2 2O.
4-  Archives départementales de Charente-Maritime B 5592.
5 - Gaston-Martin, L’Ere des négriers, p.162
6-  idem
7-  Merlin, Répertoire, t I, p.474