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Ernest Pépin
s'affirme de plus en plus comme une voix majeure de la Guadeloupe et de
la Caraïbe. Une voix reconnue qui a été
couronnée par le prestigieux Prix Casa de las Americas pour son
précédent recueil «Boucan de Mots Libres» et
qui continue à émettre des signaux pour contrarier le
silence imposé par toutes les formes de déshumanisation.
Babil du songer est incontestablement un recueil qui marque un tournant
dans l'œuvre du poète. Sans rien perdre de son lyrisme habituel,
de
sa tonalité musicale, Ernest Pépin éprouve les
séductions
d'une poétique créole qui veut «cadencer le
monde»
et «envoyer la voix égale du répondeur».
Dès lors sa parole de «laveur de mots» se fait
«voyante comme une fusée de détresse».
dis leur que
nous passons d'île en île
sur le pont du soleil
mais qu'il n'y aura jamais assez de
lumière
pour éclairer nos morts
dis leur que nos mots vont de créole
en créole
sur les épaules de la mer
mais qu'il n'y aura jamais assez de sel
pour brûler notre langue
DIS LEUR ...
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