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Réaction à l'article de Harry Mephon :
Après Singapour quelle Guadeloupe sportive en 2012 ?
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Monsieur MEPHON,
Avec un grand intérêt j’ai lu votre article «
Après SINGAPOUR Quelle GUADELOUPE SPORTIVE en 2012 ?
»
Je ne réagis pas ici sur le constat de l’échec, de la
défaite de Paris, car je pense que votre analyse rejoint
à plus d’un point la mienne et je vous avouerai même que
j’ai été soulagé (ce n’est qu’un
euphémisme) de cette déconvenue qu’une fois de plus vient
de subir la France en ce qui concerne la perte de ces jeux.
Car et je vais citer ici ce grand Monsieur dont il m’importe de savoir
s’il est de la Guadeloupe, de la Martinique, la seule chose à
mes yeux c’est
sa force de frappe : sa pensée.
Parlant de l’Europe euh de la France bref tout cela est la même
chose, ce monsieur disait :
« Une civilisation qui ruse avec ses principes est une
civilisation moribonde (…) cette France (1) là est impuissante
à se justifier et que, de plus en plus, elle se réfugie
dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins
de chance de tromper (…) La France est indéfendable »
La France est tellement indéfendable que tout est contingent
dans ce qu’elle fait, dans ce qu’elle est. Sans vouloir offenser
monsieur Aimé CESAIRE, trouver des principes à la France
ou à l’Europe est déjà en soi un exploit dans ce
pays où la
tricherie, la fourberie, la mesquinerie, la Negrophobie dirigent le
quotidien ; si nous concevons que les principes peuvent êtres
orientés dans le mauvais sens alors je suis d’accord pour parler
de principes. Donc, que L’Europe ou la France ruse avec ses principes
devient facile à comprendre et concevable.
L’enchaînement étant trouvé, Monsieur MEPHON, votre
article m’a plus interpellé sur l’aspect discriminatoire que
j’ai
pu saisir dans quelques uns de vos passages, je vous cite :
« Depuis une décennie, les Guadeloupéens
disparaissent de manière progressive des équipes
nationales aux profits d’autres minorités (africaines et
Arabes). »
N’ayant pas l’intention de vous affubler de manière
péremptoire du surnom d’Africanophobe sans vous avoir
donné l’occasion de vous expliquer, j’ai
préféré la démarche qui est la mienne pour
une meilleure compréhension de votre propos.
Je ne sais pas si vous regrettez le choix délibéré
de la métropole de favoriser les Africains au détriments
des
Guadeloupéens qui, comme les premiers cités ont les
mêmes
valeurs sportives sinon plus en plus d’ailleurs d’être
Français
de fait ou alors vous mettez l’accent sur la déliquescence du
sport
en Guadeloupe et que partant de ce constat, les Africains damnent le
pion
aux Guadeloupéens.
J’aime à vous faire remarquer déjà que : dans les
deux cas, c’est toujours pour moi une honte que a) l’autre vienne ou
continue à
décider sur le sort des Guadeloupéens, des Martiniquais
ou
des Africains b) Guadeloupéens, Martiniquais, Africains à
mes
yeux font un.
J’aime à vous dire que voir Aaron Christine, Perec Marie-jo
gagner me rend et me comble de fierté, comme quand je vois
Eunice Barber ou
Doucouré gagner car je me reconnais dans ces victoires, dans ces
personnes.
Ecouter Kassav, Malavoi, Dédé St-prix ou autre est pour
moi aussi naturel que me demander de marcher ou respirer.
Savez-vous pourquoi quand je pratiquais encore le football, je me
faisais surnommer Marius TRESOR ? Parce que je me reconnaissais en lui
sans même savoir qu’il était Guadeloupéen ou
Martiniquais, d’ailleurs à ce jour je suis incapable de dire
s’il est Guadeloupéen ou Martiniquais je n’ai vu que mon grand
frère NEGRE et qui plus est, meilleur à son poste.
Pourtant je suis Africain.
Savez-vous que je me reconnais plus dans les écrits de monsieur
Aimé CESAIRE ou Frantz FANON que ceux de SENGHOR ? Parce que les
deux premiers ont à mes yeux défendu la cause NEGRE que
l’autre ; pourtant je suis Africain
Alors j’ose croire que le constat que vous faites est plus une invite
à la redynamisation du Sport chez les Guadeloupéens
(comme il faut bien appartenir à un groupe) et non une invite
à la division (déjà installée hélas
et le Maître rigole en nous voyant ainsi) entre frères et
sœurs, car nous sommes les membres du même corps (NEGRE, KAMITE)
mais surtout une prise de conscience pour que Martiniquais,
Guadeloupéens, Africains cessions de nous voir sous le prisme de
la Métropole.
Parlant de Haïti dans « la Tragédie du roi Christophe
» Aimé CESAIRE disait ceci « pauvre Afrique, que
dire
Pauvre Haïti bref tout cela c’est la même choses »,
j’ai
envie de dire Guadeloupéens, Guyanais, Martiniquais, Africains
tout
cela est le même individu.
Très cordialement,
MBOA
(1) Aimé CESAIRE parlait de L’Europe, intentionnellement
j’utilise le mot France.
2 mo 4 pawol
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