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Interrogations sur des responsabilités françaises en Martinique
PARIS (Reuters) - De nouvelles associations se sont portées partie civile dans l'enquête sur l'accident de l'avion de la compagnie West Caribbean la semaine dernière au Venezuela qui a coûté la vie à 152 Martiniquais.
Elles n'excluent pas de demander à la justice d'examiner d'éventuelles responsabilités françaises dans cet accident.

"Comment se fait-il que le gouvernement français n'ait pas interdit le survol, la desserte, de son territoire à cette compagnie colombienne puisqu'elle a fait l'objet d'appréciations négatives ?", a demandé Me Philippe Missamou.
L'avocat a souligné lors d'une conférence de presse qu'il "s'intéressait à la question de la responsabilité" de l'aéroport de Fort-de-France et le cas échéant de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), sans cacher les difficultés juridiques d'une telle démarche.

Le ministre français des Transports, Dominique Perben, a reconnu que la West Caribbean, dont l'avion s'est écrasé le 16 août, faisant 160 morts, avait été contrôlée deux fois par les antennes de la DGAC à Fort-de-France, qui n'avaient rien relevé d'anormal.

"Si nous avions eu connaissance des incidents antérieurs de la West Caribbean, y compris des sanctions que l'administration colombienne avait prises contre cette compagnie, il est évident que les contrôles à l'escale auraient été différents", a-t-il déclaré jeudi.

Me Missamou, qui représente notamment la Fédération des associations d'Outre-Mer et le Collectif des filles et fils d'Africains déportés (Coffad), a précisé que ces associations n'entendaient pas se substituer aux familles dans la procédure pénale, mais accompagner leur action.

Il a souligné les difficultés qui les attendaient tant sur les plans civil que pénal pour obtenir des indemnisations compte tenu de la complexité du dossier, qui concerne plusieurs pays, et de la nature de la compagnie impliquée.
LE TRANSPORTEUR SOLVABLE ?

A ce jour, plusieurs dizaines de familles de victimes, dont une cinquantaine à Saint-Esprit, la commune de Martinique la plus touchée, se sont portées partie civile dans l'instruction confiée à deux juges de Fort-de-France.
Un collectif d'Outre-Mer en a fait autant "pour s'assurer que toute la lumière soit faite sur le crash".

Sur le plan civil, les associations ont eu connaissance d'informations selon lesquelles la West Caribbean "ne serait pas assurée".

En outre, les causes de la catastrophe ne sont pas encore connues et la compagnie, qui a une obligation de sécurité, pourrait, selon les résultats de l'enquête, invoquer un cas de force majeure.

D'autre part, si le transporteur était poursuivi au pénal et condamné à de fortes indemnités par un tribunal français, se poserait "la question de sa solvabilité et de l'exécution du jugement", a souligné Me Missamou.
L'avocat doute que la Colombie ait prévu un fonds d'indemnisation susceptible de se substituer à un transporteur défaillant et espère que l'Etat colombien pourra jouer ce rôle.

"S'il y a insolvabilité, l'action judiciaire en France apparaît comme un remède", a-t-il dit, soulignant que les familles pourraient alors saisir un fonds d'indemnisation français, sans garantie de résultat.

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