La précarité n’épargne pas les
fonctionnaires : c’est le message transmis mercredi au maire de
Paris Bertrand Delanoë par une délégation de la
CFTC, saisie des cas de plusieurs agents municipaux contraints
malgré leur
emploi de dormir dehors.
La CFTC estime à une
trentaine le nombre d’agents municipaux dans cette situation, tandis
que de nombreux autres sont mal logés, souvent loin
de leur lieu de travail, a expliqué à l’Associated
Press François Vitse, délégué du syndicat
pour
les administrations parisiennes.
Il cite le cas d’un
fonctionnaire de la Ville qui a dormi pendant plus de deux mois
à
la gare du Nord. Le chef de service de cet agent de 49 ans
lui a trouvé une solution provisoire de logement, jusqu’en
novembre, dans la mairie où il travaille. "M. Delanoë
a demandé qu’il se rapproche des services de la mairie pour lui
trouver quelque chose", a ajouté M. Vitse.
"On a d’autres cas", comme
celui
"d’un agent travaillant à la direction des parcs et jardins et
qui dort dans un jardin public", précise-t-il. Dans un autre
atelier des parcs et jardins, "10% des gens sont sans domicile fixe".
La rencontre avec Bertrand
Delanoë était prévue de longue date, mais elle a
été l’occasion de "montrer à l’opinion publique"
qu’on peut être fonctionnaire mais aussi être touché
par la précarité, souligne M. Vitse.
Les fonctionnaires ont la
réputation d’être des privilégiés mais
"aujourd’hui à la mairie de Paris, vous avez 70%" d’agents de
catégorie C, "smicards", gagnant 1.217 euros par mois. "Au
moindre problème", accident, endettement, séparation avec
le conjoint,
expulsion, "ils se retrouvent à la rue". Et, souvent, ne
tiennent pas à le faire savoir à leurs collègues.
Bertrand Delanoë, a
ajouté M. Vitse, s’est dit "très concerné par
ces situations". "Il nous a précisé que 800 logements
avaient été prévus cette année pour le
personnel de la mairie de Paris et qu’il nous demandait
expressément de communiquer à la mairie de Paris les
(coordonnées des) agents dans cette situation" afin de mettre en
place des "mesures d’urgence" puis des solutions durables. PARIS (AP)