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Faisant écho au reportage
de Luc Laventure
Noires Mémoires, l’article : Le traitement des Noirs de
France de Frantz
Jean-Baptiste (1999), publié dans le Diafrorama n°7 du mois
de juin 1999,
mettait en exergue les mêmes difficultés à
être Noir en France. Le texte date
et pourtant il est encore d’actualité et prend toute son
acuité
aujourd’hui car on s’aperçoit que rien n’a changé
depuis ou si peu !
« Le débat sur la
lutte des classes et des
« races » semble appartenir à un autre
temps. Pourtant, l’extrémise
du tout économique mine déjà l’architecture des
progrès sociaux réalisés dans
la plupart des pays industrialisés, depuis la seconde guerre
mondiale.
Aujourd’hui, le réveil du
nationalisme primaire
ponctué de violence barbare dans certaines régions du
monde, l’exclusion
visible ou latente de certaines catégories de populations de la
haute sphère
socio-économique (grande écoles, grandes entreprises, la
haute administration)
pour des liées à leurs origines, à leur couleur de
peau ou à leur religion,
sont la preuve tangible de l’existence d’une lutte permanente.
En Franc, le rapport de Jean Michel
Belorgey
(conseiller d’Etat) daté du mois de mars 1999
intitulé : Lutter contre les
discriminations, remis à la ministre de l’emploi et de la
Solidarité : Martine Aubry, tente de lever le tabou qui a
toujours servi
de contrepoids à toute tentative de recherche d’une
cohésion sociale objective,
souvent exprimé dans les discours officiels. Ce rapport fait
mention de plusieurs
autres rapports précédemment parus, comme celui du
Comité Consultatif des
droits de l’Homme en 1997 et celui du Haut Conseil de
l’intégration de 1998 qui
ont tous deux, lancé un cri d’alarme au sujet du
développement dans la société
française, des discriminations fondées sur des
critères de race, de
nationalité, ou de religion.
Suite à ce constat critique, le
Haut Conseil de
l’Intégration a proposé au gouvernement, la
création d’une autorité
administrative indépendante, afin de mieux observer le
problème, et par la même
occasion, de sensibiliser l’opinion publique sur la question.
Le Comité Consultatif des Droits
de l’Homme à quand
à lui, suggéré de mettre en place, un
médiateur dont la tâche serait de
s’attaquer directement et de façon concrète aux
discriminations… à l’embauche
ou sur les lieux de travail. Ce constat ne fait que confirmer la dure
réalité
vécue au quotidien par ceux qui en sont victimes et contre qui,
des
qualificatifs acerbes comme incompétents, paresseux ou
complexés viennent
s’ajouter à leurs longues listes d’épreuves sociales.
A la vérité, aussi
soucieux que puisse se montrer
le gouvernement face à ce problème, il faudrait pour
comprendre profondément la
question, être à la place d’un immigré facilement
repérable comme un Noir. Nombreux
sont-ils, ces hommes et ces femmes qui, après s’être
battus pendant quatre,
cinq, sept voire huit ans d’études, se retrouvent plus tard,
agents de sécurité
dans les grands magasins accompagnés d’un berger allemand, femme
de ménage,
caissières dans les grandes surfaces, ou encore chauffeurs de
taxi, quand ils
ne sont pas durement frappés par le chômage.
La France, ayant eu une longue tradition
monarchique, de nos jours son mode de fonctionnement, refuse encore de
trahir
cette conception passéiste de la société.
Championne des discours sur l’égalité
des chances, les universités sont accessibles à tous.
Pourtant dans la foulée,
les grandes écoles (ENA, Ecole Polytechnique ou encore HEC) sont
créées pour
former l’élite de la Nation, et desquelles les fils et filles
d’immigrés (sauf
par dérogation rarissime) sont exclus. Ce qui confirme que
l’Etat, est le
premier comptable de cette incohérence constatée.
Cependant, nous ne saurions manquer de
faire
remarquer, qu’en dépit de ce pas pertinent de l’arbitraire sur
le droit,
certains Noirs très courageux sont quand même parvenus,
à s’imposer de par leur
savoir-faire poussé. Ceci n’empêche qu’il reste beaucoup
de chemin à parcourir
pour que les jeunes noirs nés en France, se sentent vraiment
chez eux, car ce
sont des circonstances politiques, voire économiques qui ont
souvent conduit
leurs parents en France.
Quant à la
génération naissante elle-même, elle
devrait obtenir les mêmes droits que les autres citoyens du pays,
comme l’exige
la constitution. Déroger à ces principes
élémentaire, voue systématiquement à
former des citoyens de seconde zone.
Enfin, la notion de
préférence nationale,
serait-elle en train de céder du terrain à la
préférence de couleur ? Où
sont les grands ténors politiques de ce si grand pays qui
se sont
toujours montrés combatifs contre le fascisme ? (…).
Tout Etat dit civilisé, qui se
croit incarner un
certain idéal d’humanisme, se doit d’apporter des
réponses adaptées à cette
forme moderne de racisme stupide, qui oriente en silence, les mobiles
qui
gouvernent les rapports sociaux. »
Frantz Jean-Baptiste a
immigrés aux USA depuis, pays sans aucun doute l’un des plus
racistes du monde,
mais les élites noires éprouvent plus de facilité
à se réaliser qu’en France,
donc...
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