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La création d'une réalité
virtuelle raciste, antiouvrière et anti-peuple pour saboter la
cohésion sociale
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L'État
échoué des États-Unis est d'abord et avant tout un
État raciste, antiouvrier et anti-peuple. Il fut
érigé sur la dépossession des peuples autochtones
et sur le dos des esclaves africains, des immigrants et de la classe
ouvrière dont on a nié l'humanité et qui
continuent de subir les conséquences du refus de l'État
de garantir les droits de tous. Pour la classe dominante des
États-Unis, les pauvres et les Afro-Américains de la
Nouvelle-Orléans et de la côté du Golfe du Mexique
sont une population devenue superflue qui, plutôt que de nourrir
les maîtres, comme avant, doit être nourrie par eux. Cela
prouve le contraire: que ce sont les maîtres qui
sont devenus superflus et que le peuple doit s'organiser pour affirmer
son
droit d'être.
Les
médias monopolisés projettent l'image d'un peuple
d'esclaves d'origine africaine, soit la vieille conception coloniale
d'un peuple sans dignité et incapable de comportement
civilisé. Ces gens sont à toute fin pratique
déclarés réfugiés dans leur pays — des
non-citoyens, des personnes sans droits civils imposables par la loi.
La
réalité virtuelle des masse-médias, selon
laquelle c'est la faute des Afro-Américains s'ils sont
restés à la Nouvelle-Orléans pendant et
après l'ouragan, et qu'ils sont devenus le problème
principal parce qu'ils se livrent au pillage, recèle
un racisme si palpable que toute prétention à l'effet du
contraire
est futile.
L'image de
«la cavalerie qui s'en vient à la
rescousse» évoque un millier de films racistes et l'aspect
le plus crasse de la
mythologie américaine. Le sauveur, les soldats
américains, arrive
à la rescousse, pour nous sauver et pour protéger nos
possessions
contre les Indiens sauvages et les dangereuses bandes latino et noires.
La
cavalerie arrive en trombe, armes dégainées, clairons
criant,
alors tout reviendra dans l'ordre. Le peuple est nié,
politiquement
et socialement, et sa dignité est foulée au pied. Les
masse-médias
«prouvent» à force de répétition que
le
peuple est incapable de s'organiser et de pourvoir à ses
besoins. Il
y a dans le peuple des «éléments dangereux»
qui
menacent le peuple et la propriété privée. Il faut
donc
priver le peuple de tout pouvoir pour son propre bien.
La vraie
cause des problèmes, l'existence de rapports de
production dépassés, est complètement
ignorée et ensevelie dans les masse-médias par une fausse
contradiction entre le chaos d'un
peuple abandonné à son sort et l'«ordre» du
pouvoir
militaire.
L'Associated
Press écrit: «Des victimes de la
tempête ont tiré des coups de feu sur les secouristes, les
représentants de la loi et les hélicoptères
d'évacuation. Il y a eu des altercations violentes et des
incendies au Superdome, où des milliers de personnes attendent
dans la chaleur et la puanteur les autobus qui vont les transporter
à l'Astrodome de Houston. Des corps étaient
abandonnés dans des fauteuils roulants et des draps. Le pillage
continue.»
Le
président Bush a dit: «Nous allons rétablir
l'ordre dans la ville de la Nouvelle-Orléans. [...] Le peuple
américain s'attend à voir régner la loi et l'ordre
et c'est ce que nous allons faire.»
Au lieu de
s'occuper des évacués abandonnés
à leur sort, les masse-médias parlent constamment
d'anarchie et de chaos. On a eu droit à de très rares
commentaires au sujet du rapport évident entre d'une part
«le pillage, l'anarchie et le chaos» et d'autre part la
politique publique de l'État échoué des
États-Unis qui oblige ses citoyens à se
débrouiller tout seuls, qui empêche la création des
conditions matérielles nécessaires pour que les masses de
dépossédés surmontent leurs difficultés,
qui bloque toute cohésion sociale et toute mise à
contribution du facteur humain/conscience sociale et
qui refuse de renouveler les rapports de production
dépassés.www.pccml.ca
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