« J’eusse voulu que
demain ravive aujourd’hui d’une lueur d’espoir »
Le
29 septembre 2005, il fut présenté dans les locaux de
France Télévision une avant-première du
documentaire : Noires Mémoires
réalisé par Luc Laventure. Un peu plus de cent
cinquante personnes assistaient à la projection, bon nombre de
célébrités : des écrivains, des artistes,
des journalistes et j’en passe.
Le documentaire Noires
Mémoires s’attache à lier hier à aujourd’hui,
une traversée de notre histoire depuis les temps de la
Guinée à l’échouage sur une terre d’Europe.
Il aborde le thème de l’esclavage, une histoire d’hier,
une configuration du passé qui obère nôtre
présent : c’est comme une tare, une tache
indélébile qui nous marque d’un sceau d’infamie.
Le documentaire
revient sur le passé colonial, esclavagiste et
de la mémoire enfouie de la traite des Noirs. Il aborde les
questions des discriminations anti-noirs, ainsi que du supposé
«racisme anti-blanc », en donnant la parole aux
communautés noires, antillaises ou africaines.
Les
témoignages furent émouvants et tristes « Quoi
que vous fassiez, quoi que vous fûtes, quoi que vos talents font
de vous, vous restez un Nègre. Les participants
portaient un regard lucide sur leur condition et les difficultés
à se trouver ou être acceptés dans ce pays
où un racisme insidieux, ce fameux syndrome du mur de verre
freine les velléités de vivre son humanité
pleinement et sereinement.
Le film dresse un pont entre l’histoire de l’esclavage et la
réalité des Noirs : celle du racisme qui
découle de cette page d’histoire, car quoi qu’on en dise, le
Nègre est né de la traite négrière et de
l’esclavage du 18 e siècle. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui
désirent que leur souffrance soit reconnue, car la
mémoire est vivace et le traumatisme prégnant.
Outre cela, je
fus interpellé par la présence incongrue dans le
documentaire de Pêtre-Grenouilleau, je ne pense pas que sa
personne s’imposait, et il est plus que regrettable que Luc
Laventure lui ait donné cette tribune, même s’il
était dans une posture d’historien.
Une dernière
remarque, Claude Ribbe a longuement parlé du nombre
d’esclaves ayant été transvasé ou
transplanté dans les Amériques : 11 millions
d’individus furent déportés, ce qui fait
55 000 d’individus prélevés par an pendant quatre
siècles, ce n’est pas très important et ce chiffre
n’explique pas le retard de développement de l’Afrique, ni la
situation qui prévaut actuellement sur ce continent.
Claude Ribbe n’est pas sans savoir que pour un esclave arrivé en
vie aux Amériques, vingt ou vingt-cinq africains avaient
été tués auparavant. Car les razzias
étaient des opérations de guerre, de massacres, et bon
nombre de captifs mourraient lors du trajet les amenant vers les
comptoirs négriers, sans omettre les pertes
« acceptables » dans les cales du bateau
négrier lors de la traversée.S’il n’y a eu que onze
millions de déportés, ce fut deux cent cinquante millions
d’êtres humains qui furent pris dans les lacs de cette
ignominie.
Il est juste de le rappeler, sinon on ne comprend rien à la
tragédie.
Mardaye
Tony