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Les statistiques de
Pyepimanla montrent que des recherches sont effectuées, quant
à savoir le prix qu’un esclave africain vendu aux temps de
l’Infamie. Nous disposons d’informations pouvant répondre
à cette question, il est bien entendu que le prix était
fonction de l’offre, de la demande, de la rareté, des
qualités intrinsèques, age, sexe, physique du bois
d’ébène ou du mulet de race et qu’il variait sans doute
d’un comptoir à l’autre. Toutes ces ventes donnaient lieu
à un vaste marchandage, la monnaie d’échange de
cette transaction était symbolisée par le pagne. Dans
d’autres comptoirs le principe de l’échange restait le
même, même si le nom de la valeur de compte changeait.
Exemple : Prix de vente d’un esclave de sexe masculin vendu au
Bénin vers 1789
Le pagne est l’unité de compte
composée d’un certain nombre de marchandises.
1 pièce de mouchoir de Cholet
= 12 pagnes
1 pièce de soie de
Nîmes
= 12 pagnes
1 pièce de cotonnade de Rouen
= 6 pagnes
1 pièce de tissu des
Indes
= 10 pagnes
80 livres de tabac à
chiquer
= 20 pagnes
1 collier de
corail
= 8 pagnes
1
fusil
= 7 pagnes
1 barre de
fer
= 3 pagnes
1 bassin en
cuivre
= 7 pagnes
1 baril de
poudre
= 5 pagnes
1 baril d’eau de vie (18,62 litres) = 8
pagnes
Soit le prix de
l’esclave
= 98 pagnes
Chacun d'entre vous
aurait remarqué le prix relativement faible des fusils, de la
poudre, de la
barre de fer et de l'eau de vie. Les raisons se comprennent
aisément : ils armaient les négriers africains afin
qu'ils alimentent les comptoirs en bois d'ébène, en
procurant à leurs pourvoyeurs une supériorité par
les armes.
Source Hubert
Deschamps : Histoire de la traite des Noirs (1971)
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