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Dans les
années 80, nous eûmes à
faire face,
à maintes
reprises à des
sollicitations féminines. Des
trentenaires qui moyennant finances espéraient une relation sexuelle. C’étaient dans leurs mœurs
pas dans
les nôtres. Ces femmes accortes, contrairement à ce que
vous pourriez présumer,
n’étaient pas que des
Européennes mais des Antillaises
voire des Asiatiques. Nous n’avons jamais cherché à comprendre leurs
motivations
réelles, juste une impression qui émergea et
nous
fîmes croire que ces dames,
bien souvent mariés, recherchaient une relation physique sans
lendemain, sans
attache émotionnelle et sans doute performante.
Elles trouvaient dans
des discothèques
fréquentées par des hommes d’origine antillaise,
des individus pour satisfaire leurs
désirs et répondre à leur demande. D’aucuns en
avaient fait leur profession, on
les surnommait avec mépris les
« Petits-Julots ». Pour l’anecdote, une de nos
connaissances, julot
de profession, s’est retrouvée dans l’incapacité d’honorer
son épouse, s’il n’y
avait pas sur la table de nuit, un
Pascal, un billet de 500 F de
l’époque.
Ce qui se
déroulait dans des
lieux bien déterminés, semble aujourd’hui avoir pris une
autre ampleur, un
dossier du Nouvel Obs (18 au 24 août 2005), Une enquête
sur les ravages du
tourisme sexuel, nous donne à lire : «
L’arrivée des femmes,
comme consommatrice, sur le marché du sexe est une tendance
récente, notée par
tous les intervenants. Selon certaines études, elles
représenteraient 5 % des
clients, et plus de 20 % en Thaïlande, au Sénégal,
en Gambie ou en république
dominicaine. La rançon de la solitude, sans doute, et aussi de
l’autonomie
financière de ces dames. En apparence, accorder des faveurs
payantes à une
femme apparaît moins traumatisant pour un jeune homme
nécessairement
consentant, physiquement parlant. « C’est une
idée fausse,
poursuit Carole Bartoli, car l’homme se trouve ici aussi en
situation de
dominé. Il se prostitue pour les mêmes raisons qu’une
femme : par manque
d’argent. Or c’est l’argent qui crée le rapport de force.
S’avilir pour accéder
à une vie meilleure ne se fait pas dans le plaisir. Même
s’il y a, au passage,
un plaisir sexuel. »
Dire que cette
pratique est récente,
nous ne partageons pas
entièrement
cette
analyse ( Le phénomène préexiste bien avant
qu’il ne soit interrogé
par le sociologue), cette forme de prostitution est connue aux
Antilles
françaises depuis
de nombreuses années. Sur certaines plages de la Guadeloupe vous trouverez des
jeunes hommes en string, bien de corps, bien
membrés, affichant la « marchandise » aux
yeux des touristes
canadiennes, pouvant choisir à la
volée celui sur lequel elles
jetteront leur dévolu. Donc, ce n’est pas
tant cette
forme de prostitution qui est nouvelle, mais la démocratisation
de la demande. En
effet, elle est
désormais ouverte à une clientèle de classe
moyenne, la baisse des coûts de transport, le célibat, la
solitude et la
libéralisation des mœurs dans nos
sociétés ne sont pas étrangers à
l’extension de ce marché, car il s’agit bien
d’un marché : celui du sexe.
Quant aux effets psychologiques
sur le prostitué, nous ne partageons pas non plus le point de
vue de Carole Bartoli, car l’analogie
entre la
prostituée et le prostitué conduit
à une
erreur d’analyse, dans le sens :
1 – qu’il est
valorisant pour un homme d’être désiré
par une femme, cela renforce sa virilité ;
2 -
Contrairement
à la prostituée qui utilise des
lubrifiants, pour pallier à la sécheresse vaginale, afin
de permettre la
pénétration, si l’homme n’a pas le désir de la
femme aucune érection n’est
possible.
3 –
Dans la relation,
même
monnayée, l’homme reste le
dominant, celui capable de violence. Et pour finir, quant au plaisir
qu’éprouverait
l’homme, ce n’est pas toujours le cas, tout dépend de la
durée de la relation,
s’il s’agit d’une heure, l’homme n’éjaculera pas se
réservant pour la prochaine
cliente.
Donc, il est faux de
placer sur le
même pied d’égalité, la
prostitution d’un nouveau genre et la prostitution féminine,
même si les
raisons qui la motivent finalement, sont dans une grand mesure, la
pauvreté et le
besoin d’argent..
Tony
Mardaye
10/10/05
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