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« Maraboutées ?
Elles le sont
toutes ! » A l’instar de
cette militante associative, tous les intervenants partagent ce
même point de
vue : les Africaines qui se prostituent sur le territoire
français ont
subi des séances de sorcellerie avant de quitter leur pays
d’origine.
« Ce
maraboutage les maintient dans un état de servitude et de
crainte qui exclut
toute confidence lorsque la police mène ses
interrogatoires », raconte Guy
Parent, le patron de le BRP (brigade de répression du
proxénétisme). Ces
cérémonies de sorcellerie sont destinées à
dissuader les femmes de fuir, sous
peine de mort, de folie ou de maladie pour elles ou pour leurs proches.
Promesses d’être
« reconnaissante et obéissante »
« On
nous prend des ongles, des cheveux, du sang. On y ajoute des os de
volaille ou
d’animaux. Les mêmes prélèvements sont
réalisés sur une personne qui nous est
chère. Souvent, c’est la mère ou une sœur. Après
une longue série
d’incantations, la sorcière à tout réduit en
poudre et m’a demandé de sauter
dessus en promettant d’être fidèle, reconnaissante et
obéissante, sans quoi il
arriverait un malheur à ma mère », raconte
Nathalie une jeune Nigériane,
dans le livre d’Amély-James Koh Bel « la
Prostitution africaine en
Europe ».
A
l’issue des ces séances très impressionnantes, ces jeunes femmes sont convaincues de courir
à
leur perte si elle trahissent les « mamas »africaines qui
les mettent sur le
trottoir et qui ont souvent payé cher pour les faire venir en
Europe. Le coût
peut osciller entre 20 000 et 30 000 euros et ce rituel
permet à ces
femmes proxénètes de s’assurer que les filles leur rembourseront les sommes investies.
Au passage, cette emprise
psychologique évite d’avoir recours à la violence
physique et se révèle d’une
plus grande efficacité. <>
Reste
que, pour de nombreux observateurs, ces séances ne sont qu’un
détournement de
la culture africaine subsaharienne : une sorcellerie de
façade constituée
de rituels factices qui a pour conséquence de rendre les filles
muettes et qui
complique le travail des associations, mais aussi de la police et de la
justice.
Enquête de Pascale Egré et
Frédéric Gouaillard. Le Parisien du Mercredi 2 Novembre
2005.
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